Martine Ouellet a également dénoncé «le salissage» dont elle dit avoir été l’objet, non seulement de la part des démissionnaires, mais de certains animateurs dans les médias.

Crise au Bloc: Ouellet propose un référendum pour les membres

MONTRÉAL — C’est par un référendum auprès des membres du parti que la question du rôle et de la mission du Bloc québécois doit être réglée, estime sa chef, Martine Ouellet.

Mme Ouellet, la vice-présidente du Bloc et le Bureau national du parti ont rencontré la presse, jeudi à Montréal, pour soumettre cette idée afin de tenter de résoudre la crise qui divise le parti depuis plusieurs jours. Sept députés ont quitté le caucus du Bloc, insatisfaits du leadership de Mme Ouellet.

D’abord, le prochain conseil général du Bloc québécois, qui devait avoir lieu à la mi-mai, sera devancé à la mi-avril.

Il sera alors proposé au conseil général de tenir un référendum auprès de tous les membres du parti pour déterminer «une fois pour toutes» le rôle que devra jouer le Bloc québécois.

Et il ne s’agirait pas d’une consultation qui donnerait le choix entre la défense des intérêts du Québec et la promotion de l’indépendance, puisque «les deux sont indissociables», a réitéré Mme Ouellet.

Les modalités de cette future consultation - la question qui sera posée; depuis quand il faudrait être membre du parti pour avoir le droit de vote - seront déterminées par le Bureau national du Bloc. Celui-ci doit se réunir samedi prochain.

Le Bloc québécois compte «une vingtaine de milliers de membres», a précisé Mme Ouellet.

Mme Ouellet et le Bureau national ont aussi réitéré leur offre de médiation aux sept députés qui ont démissionné du Bloc, contestant ainsi son leadership.

«Nous tenons à dire aux membres que nous les avons entendus», a affirmé la vice-présidente du parti, Kedina Fleury-Samson, debout à ses côtés.

D’ailleurs, Mme Ouellet a rejeté toute idée de devancer le vote de confiance envers la chef, comme certains l’ont proposé. «Ça ne réglera pas la question», puisque c’est plutôt la question de la mission du Bloc qui est en cause par la contestation dont elle est l’objet, soutient-elle.

Elle a martelé que l’article 1 du programme du parti stipulait qu’il doit «faire la promotion de l’indépendance sur toutes les tribunes» et que ce sont plutôt les contestataires qui ont décidé de remettre en question cet état de fait pour promouvoir plutôt la défense des intérêts du Québec.

Mme Ouellet a également dénoncé «le salissage» dont elle dit avoir été l’objet, non seulement de la part des démissionnaires, mais de certains animateurs dans les médias. «Il y a un côté de la médaille qui a été pas mal plus montré que l’autre», s’est-elle plainte.

Elle assure qu’elle a reçu «beaucoup d’appuis» pour avoir tenu bon dans sa défense de la mission fondamentale du Bloc québécois.

Les 7 répliquent

En réplique, les sept députés démissionnaires ont accueilli froidement la proposition de Mme Ouellet et du Bureau national, estimant que ceux-ci continuent à nier le fond du problème.

«Depuis plus d’une semaine, il nous apparaît clair que madame Ouellet est dans le déni, rejette du revers de la main toute remise en question de son leadership et tente de nous discréditer en remettant en question nos convictions indépendantistes», ont-ils affirmé dans un communiqué.

«Nous sommes indépendantistes et nous croyons que le débat actuel entre intérêts du Québec et promotion de l’indépendance est en train de sombrer dans le ridicule et ne sert ni le mouvement indépendantiste ni les Québécois», ont-ils ajouté.

Les sept du «Groupe parlementaire québécois» sont Michel Boudrias, député de Terrebonne, Rhéal Fortin, député de Rivière-du-Nord, Simon Marcil, député de Mirabel, Monique Pauzé, députée de Repentigny, Louis Plamondon, député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Gabriel Ste-Marie, député de Joliette, et Luc Thériault, député de Montcalm.