Erin O’Toole, âgé de 47 ans, a rencontré en privé des membres du Parti conservateur du Canada en Alberta et a choisi de faire son annonce directement à la population dans une vidéo publiée lundi sur les médias sociaux.
Erin O’Toole, âgé de 47 ans, a rencontré en privé des membres du Parti conservateur du Canada en Alberta et a choisi de faire son annonce directement à la population dans une vidéo publiée lundi sur les médias sociaux.

Course à la direction des conservateurs: Erin O’Toole lance sa campagne

OTTAWA — Le député ontarien Erin O’Toole a officiellement lancé lundi sa campagne à la direction du Parti conservateur du Canada, promettant notamment d’unir la droite, qui a échoué à reprendre le pouvoir l’automne dernier.

M. O’Toole, âgé de 47 ans, a rencontré en privé des membres du parti en Alberta et a choisi de faire son annonce directement à la population dans une vidéo publiée lundi sur les médias sociaux. Dans la version française de cette vidéo, qui se termine par le slogan «O’Toole : un vrai bleu», l’ancien militaire promet de défendre non seulement les travailleurs de l’automobile, les travailleurs forestiers et les membres des Forces armées, mais aussi les électeurs des villes et des banlieues, un électorat que les conservateurs risquent fort de devoir séduire aux prochaines élections.

«Nous avons besoin d’un leader fort qui va unir notre parti, mettre fin aux divisions et grossir notre mouvement», soutient-il dans un français correct. «Nous devons montrer à plus de citoyens des villes et des banlieues que leurs valeurs de liberté, de famille et d’égalité ont toujours été au cœur de notre parti.»

Les conservateurs sont en train de débattre de la position du parti sur un certain nombre d’enjeux sociaux comme l’avortement et les droits des personnes LGBTQ, après les positions maladroites du leader sortant Andrew Scheer, qui ont semble-t-il contribué à l’échec du parti l’an dernier, notamment dans les régions urbaines du Québec et de l’Ontario.

Sur des images du déboulonnage d’une statue de l’ancien premier ministre conservateur John A. Macdonald devant l’hôtel de ville de Victoria en 2018, M. O’Toole s’en prend par ailleurs à la «gauche radicale» et au «politiquement correct» (la cancel culture, en anglais), qui auraient «mis à mal nos institutions et notre histoire».

«Il est grand temps que les Canadiens aient un gouvernement qui s’occupe de leurs affaires plutôt que des besoins de célébrités mondiales et de gens d’affaires corrompus», ajoute-t-il plus loin, sur des images de SNC-Lavalin et de l’acteur et militant écologiste Leonardo DiCaprio.

L’ancien ministre fédéral Peter MacKay, qui a lancé officiellement sa campagne samedi, a déjà obtenu jusqu’ici le soutien d’au moins 15 députés, dont trois qui avaient appuyé la candidature de M. O’Toole lors de la course à la chefferie en 2017. M. O’Toole avait alors terminé troisième derrière Andrew Scheer et Maxime Bernier.

Exigences du parti

Pour s’inscrire, les candidats doivent, d’ici le 27 février, déposer une première tranche de 25 000 $ sur des frais d’inscription de 300 000 $, et présenter une première liste de 1000 signatures sur les 3000 requises. L’organisation de M. O’Toole a indiqué lundi que le député avait déjà satisfait aux deux exigences.

M. O’Toole souligne dans sa vidéo qu’il n’est pas un politicien de carrière et qu’il a passé 10 ans dans le secteur privé et 12 dans l’armée avant de se porter candidat à une élection partielle en 2012. Le député de Durham, près de Toronto, était devenu ministre des Anciens Combattants en janvier 2015, 10 mois avant les élections générales.

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FRANÇAIS: DES DÉPUTÉS QUÉBÉCOIS À LA DÉFENSE DE MACKAY ET O'TOOLE

La qualité du français de l'ancien ministre Peter MacKay, qui a lancé sa campagne samedi, a été critiquée par plusieurs.

Des députés québécois se portent à la défense des deux principaux candidats déclarés dans la course à la direction conservatrice, même s'ils ne sont pas bilingues.

La qualité du français de l'ancien ministre Peter MacKay, qui a lancé sa campagne samedi, a été critiquée par plusieurs. Elle a même fait la première page du Journal de Montréal qui a relevé ses fautes de prononciation et a mis pour titre «Good luck mister!».

Le député Bernard Généreux a trouvé la première page du journal «très ordinaire».

M. Généreux, qui a annoncé son appui à M. MacKay lundi, estime que, «hormis» la langue, l'ancien ministre a toutes les qualités pour devenir premier ministre du Canada. Il assure que M. MacKay a un niveau de compréhension du français «très élevé» en privé.

«Ça ne vient pas du jour au lendemain quand on apprend une seconde langue», a-t-il déclaré.

Son collègue Pierre Paul-Hus, qui appuie également le candidat, admet que M. MacKay a trébuché lorsqu'il lit des mots parce qu'il veut «mieux prononcer». Mais il n'y a aucun problème lorsque les deux ont une conversation, juge-t-il.

Il assure que «l'équipe Québec» de sa campagne va bien l'entourer pendant les prochains mois afin qu'il s'améliore.

Le lieutenant conservateur du Québec, Alain Rayes, reste neutre dans la course à la direction qui se dessine. Mais il s'attend à ce que les candidats fassent la démonstration qu'ils veulent s'améliorer en français pour aspirer à devenir chef.

«Je ne m'attends pas à ce qu'ils soient bilingues, parfaitement, mais si j'ai le sentiment réel que ces gens-là sont conscients que c'est important de s'exprimer à l'ensemble des Canadiens, qu'ils font les efforts nécessaires. Même si ce n'est pas parfait au début, je suis prêt à laisser la chance au coureur», a-t-il dit.

Les députés conservateurs du Québec se sont toutefois dissociés des propos de leur collègue albertaine Michelle Rempel Garner, qui disait vendredi dernier que le bilinguisme prend trop de place dans la course à la direction qui se dessine.

«Jean-Paul II a été un pape qui a été très populaire et il parlait huit langues, alors il connectait avec le monde entier pas mal plus que s'il avait parlé une langue!» s'est exclamé le député Richard Martel.

Jusqu'à maintenant, M. MacKay ainsi que le député Erin O'Toole ont lancé leur campagne dans les derniers jours. Une troisième candidate, la députée Marilyn Gladu, a elle aussi déposé les documents requis et les signatures lundi.

Questionnée à savoir qui, des trois candidats, parle un meilleur français, Mme Gladu a offert cette réponse : «Moi, je pense que je parle la meilleure! (sic)»

Les conservateurs choisiront leur prochain chef le 27 juin prochain à Toronto.

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LISTE DES CANDIDATS ET DES PRÉTENDANTS

Voici la liste de ceux qui ont annoncé officiellement qu’ils se lanceront dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada — et ceux qui y songent encore.

Les candidats ont jusqu’au 27 février pour s’inscrire et répondre aux exigences initiales.

Les candidats déclarés:

  • Richard Décarie
  • Marilyn Gladu
  • Peter MacKay
  • Erin O’Toole
  • Rick Peterson
  • Aron Seal
  • Bobby Singh
  • Derek Sloan

Ceux qui songent à se lancer:

  • Michael Chong
  • Michelle Rempel Garner
  • Vincent Guzzo
  • Rudy Husny