Le premier ministre a été questionné sur bien des aspects de sa vie par l'humoriste Marie-Lyne Joncas

Couillard se prête au jeu à Zoofest

Seul le temps dira si le pari de Philippe Couillard de prendre part un spectacle d’humour à l’aube des élections portera ses fruits, mais c’est avec un air confiant que le premier ministre est apparu devant le public du Monument National, mardi soir.

Le chef libéral n’a pas semblé déstabilisé par les questions toutes plus décomplexées les unes que les autres de Marie-Lyne Joncas, qui l’a immédiatement surnommé «Philou».

Avez-vous déjà fait des mauvais coups? Savez-vous c’est quoi un «meme»? Comment s’appelait votre première blonde? Qui est votre personnage préféré dans «Game of Thrones»? Est-ce que vous allez au Costco le dimanche?

Lors d’une entrevue avec La Presse canadienne ce week-end, l’humoriste avait dit vouloir faire découvrir l’homme derrière le politicien et elle est restée, tel que promis, dans la légèreté mardi soir.

La soirée a aussi eu son lot de moments plus sérieux, lorsque la diplômée de l’École nationale de l’humour a touché à des sujets comme les électeurs qui le détestent et les anciens patients qu’il n’a pas pu sauver.

Aucun sujet n’a été épargné, sauf le principal: la politique. Celle qui, de son propre aveu, n’y connaît rien s’amusait d’ailleurs à désigner son invité comme «le président du Québec».

Marie-Lyne Joncas comptait d’abord faire ressortir le contraste entre son style cru et la personnalité plus sobre de M. Couillard, mais ils se sont finalement surtout trouvé des points communs: du nombre de personnes qui suivent leur page Facebook à leur attachement au Lac-Saint-Jean.

La trentenaire a néanmoins conclu la soirée avec une question moins complaisante: «Dîtes une qualité de François Legault et un défaut de Gaétan Barrette.»

En réponse, M. Couillard a reconnu la «persistance» de son adversaire caquiste et le caractère «un peu bourru» de son ministre de la Santé.

En mêlée de presse à sa sortie de scène, le chef du gouvernement québécois a reconnu être «sorti de sa zone de confort».

«Aujourd’hui, c’était une façon différente de communiquer et je l’ai fait avec beaucoup de sincérité. Je ne me suis pas fait de scénario, pas de script», a-t-il avancé.

Il a aussi nié avoir consenti à cet exercice pour se défaire de son image plutôt cérébrale en vue du scrutin de l’automne.

«Les gens qui me connaissent vous diraient que je suis toujours comme ça dans ma vie privée», a-t-il tenu à souligner.

Les profits de l’événement «Joncas reçoit le premier ministre», tenu dans le cadre du Zoofest, seront versés à l’organisme Le Grand Chemin, qui vient en aide aux adolescents aux prises avec des problèmes de toxicomanie, de jeu excessif ou de cyberdépendance.