À la veille de l’adoption du budget de la Ville d’Ottawa, un groupe d’environnementalistes ont demandé aux élus d’augmenter le financement à la lutte aux changements climatiques.

Changements climatiques: Ottawa accusée de traîner de la patte

Des militants d’une dizaine de groupes prônant le développement durable ont cogné à la porte du maire d’Ottawa Jim Watson mardi. Leur objectif : réclamer, à 24 heures de l’adoption finale du budget 2018 par les élus, que la capitale investisse davantage dans ses stratégies de lutte contre les changements climatiques.

Dans une lettre ouverte signée entre autres par Écologie Ottawa, la Coopérative d’énergie renouvelable d’Ottawa et l’Alliance des espaces verts de la capitale du Canada, on exhorte la Ville de réserver une somme additionnelle minimale de 1,5 million $ dans le programme Énergie Évolution, la stratégie de transition énergétique de la municipalité. 

À l’heure actuelle, à moins d’un changement de cap mercredi, un montant de 500 000 $ est alloué à cette stratégie environnementale dans le budget provisoire. C’est insuffisant, clament les organisations signataires du document, qui déplorent la lenteur des progrès en cette matière à Ottawa. 

« On demande à la Ville d’avoir davantage de leadership sur l’enjeu des changements climatiques, car à l’heure actuelle, on a l’impression qu’il n’est pas pris au sérieux. Ça fait des mois qu’on envoie des lettres au maire, aux conseillers municipaux et aux résidents. Il faut une meilleure mobilisation de la société pour lutter contre ce phénomène. Cet argent permettrait aussi de créer deux postes permanents à temps plein pour cet enjeu », affirme l’organisateur du programme Ville renouvelable à Écologie Ottawa, Anthony Garoufalis-Auger. 

Ce dernier cite l’exemple de Toronto, qui a récemment approuvé une stratégie qu’il juge « ambitieuse » pour les changements climatiques, s’étant fixé des cibles pour 2030 et 2050, en plus de mener des consultations publiques afin de déterminer les investissements nécessaires. Ottawa devrait aussi s’inspirer de Vancouver, qui souhaite être la ville la plus verte d’un océan à l’autre, de dire M. Garoufalis-Auger. 

Dans la capitale fédérale, plus de la moitié (57 %) des émissions de gaz à effet de serre sont produites par l’énergie utilisée dans les bâtiments, alors que le tiers (34 %) sont causées par le transport, selon l’organisme.

Par le biais de son attachée de presse, le maire Watson a reconnu qu’il était important d’investir dans ce domaine, mais réplique que la Ville ne reste pas les bras croisés. 

« C’est précisément pourquoi nous investissons actuellement des montants records dans le train léger sur rail. [...] Nous verrons un changement radical dans la façon dont nous nous déplacerons lorsque la première étape de la Ligne de la Confédération ouvrira en 2018. Elle devrait transporter jusqu’à 10 700 passagers par heure, peu après son ouverture. Le remplacement des trajets en autobus et en voiture par les trains électriques sans émissions devrait éliminer environ 94 000 tonnes de dioxyde de carbone par année d’ici 2031 », dit-il, ajoutant que le tout représente 9,4 millions de nouveaux arbres. 

Il soutient que la Ville prendra diverses mesures environnementales en 2018, injectant par exemple deux millions $ dans la conservation de l’énergie et l’écologisation de notre parc.