Seulement 2 % des clients de la SQDC sont âgés de 18 à 20 ans, et 10 % ont entre 18 et 24 ans, a révélé mardi le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant.

Cannabis: flammèches à la consultation sur l’âge légal

Seulement 2 % des clients de la Société québécoise du cannabis (SQDC) sont âgés de 18 à 20 ans, et 10 % ont entre 18 et 24 ans, a révélé mardi le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant.

Au premier jour des consultations publiques sur le projet de loi visant à faire passer de 18 à 21 ans l’âge légal pour consommer du cannabis, le ministre Carmant a tenu à «déboulonner» certains mythes «tenaces».

Par exemple, selon lui, il est faux de prétendre que le gouvernement livrera les jeunes au crime organisé s’il rehausse l’âge légal à 21 ans.

Il est également faux, selon le ministre, de prétendre que la drogue vendue à la SQDC est «sans danger». Sa concentration de THC peut atteindre plus de 20 %.

À une telle concentration, le produit augmente de manière spectaculaire les risques de psychose, un dérèglement physiologique qui peut conduire à la schizophrénie.

Le législateur a donc le «devoir» de retarder le plus possible l’âge d’initiation au cannabis, a-t-il plaidé.

Passe d’armes

M. Carmant s’est aussitôt buté au porte-parole libéral en matière de santé, André Fortin, qui, dans ses remarques préliminaires, a qualifié la consultation de «frime» et de «bâillonnement».

«Je reste disposé à prendre en considération tout moyen qui nous sera proposé qui pourrait parvenir aux mêmes fins : tenir nos jeunes loin du THC», a soutenu le ministre.

Les deux hommes ont croisé le fer et causé des flammèches, M. Fortin dénonçant le fait que le gouvernement a refusé que certains groupes participent aux consultations publiques.

«Ce qu’on amorce aujourd’hui, c’est un exercice bidon, une frime, un bâillonnement des groupes qui veulent s’exprimer. Cette consultation-là, elle est fausse, elle est limitative et c’est un exercice de relations publiques», a-t-il martelé.

Pour sa part, le député péquiste Sylvain Gaudreault a dénoncé le manque de cohérence du gouvernement. Pourquoi ne pas arrimer l’âge légal pour consommer du cannabis à l’âge de la majorité et à celui pour consommer de l’alcool, s’est-il demandé.

Sol Zanetti, député de Québec solidaire, a renchéri en disant que le projet de loi du gouvernement caquiste était tout simplement «infantilisant». Les jeunes «ont un cerveau» et sont capables de réfléchir et faire des choix, a-t-il signifié.

Les centres de désintoxication Portage ont quant à eux fait savoir qu’ils accueillaient, bon an mal an, 500 adolescents de 14 à 18 ans.

De ce nombre, 88 % ont des problèmes de dépendance au cannabis, selon le vice-président, opérations et administration, Marc Berwald, qui appuie le gouvernement dans sa démarche.

«Nous sommes confrontés quotidiennement aux impacts dévastateurs de l’utilisation abusive du cannabis», a-t-il relaté.

De son côté, la Fédération étudiante collégiale du Québec a plaidé pour que l’âge légal soit maintenu à 18 ans.