Le premier ministre Philippe Couillard était accompagné de Jacques Tanguay lors de sa visite de l’entrepôt d’Ameublements Tanguay, dans le parc industriel Armand-Viau à Québec, mercredi.

Budget fédéral: Couillard se désole pour la Davie

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, se désole que le budget fédéral soit demeuré muet sur l’avenir du chantier maritime Davie.

«J’aurais aimé qu’on se penche sur le secteur naval chez nous, la Davie. Je répète encore une fois que je ne considère pas normal que la Davie ne soit pas incluse maintenant dans la stratégie navale canadienne. Au début, c’était compréhensible parce que l’entreprise avait des enjeux financiers importants. Mais ils viennent de livrer un navire dans les temps et dans les budgets. On demande que la Davie soit réintégrée, pour une simple question de justice et d’équité, dans la stratégie navale canadienne», a déclaré le premier ministre mercredi avant-midi, lors d’une visite à l’entrepôt d’Ameublements Tanguay, dans le parc industriel Armand-Viau à Québec.

En point de presse au même moment au musée de la Civilisation, le ministre fédéral Jean-Yves Duclos, a fait valoir qu’il fallait attendre le résultat des négociations entamées avec la Davie pour la fourniture de brise-glaces avant d’avancer des montants. Il a recommandé de «ne pas considérer» les 29 millions $ sur cinq ans consentis à la Garde côtière canadienne pour le renouvellement de sa flotte et plutôt redirigé l’attention vers les «besoins considérables» des prochaines années.

À la CSN qui dit craindre la mort du chantier et en tient déjà les libéraux responsables, M. Duclos a répondu que Davie se devait de travailler pour sa survie. «La Davie et le syndicat savent, et tout le monde s’entend là-dessus, que les opportunités qui se présentent avec un renouvellement de la relation entre le gouvernement fédéral et le chantier Davie doivent être complémentées par d’autres exercices […] Chantier Davie doit en profiter pour aller chercher d’autres contrats à l’étranger et je sais qu’ils travaillent très fort pour éviter évidemment que l’entièreté du futur du chantier dépende de l’octroi de contrats d’un seul gouvernement, le gouvernement fédéral», a-t-il commenté.

Équilibre budgétaire

Dans sa réaction au budget Morneau, le premier ministre Couillard a également relevé la différence d’approche des gouvernements quant à l’équilibre budgétaire.

Selon lui, les revenus et les dépenses doivent s’équivaloir, surtout quand la croissance économique est au rendez-vous. En même temps, le politicien provincial convient que «la situation fiscale des deux paliers de gouvernement est très différente».

«Notre dette brute, vous allez le voir bientôt, est en chute quant à son poids dans notre PIB, mais elle occupe une place beaucoup plus importante que pour le fédéral», soit 50 % contre 30 % environ, a-t-il spécifié.

«Notre marge de manœuvre pour affronter des inconnus économiques ou des imprévus budgétaires est beaucoup restreinte à cause du poids de la dette mais aussi du service de la dette. Chaque année, chaque mois, il faut faire des chèques pour rembourser cette hypothèque-là», a analysé le premier ministre québécois.

De son côté, le ministre Duclos affirme que le gouvernement Trudeau a fait «le choix de la relance et de l’économie plutôt que le choix de la réduction à tout prix et à tout coût du déficit et ça a donné les résultats qui étaient espérés». Il en veut pour preuve la forte création d’emplois et la baisse du taux de chômage ces derniers mois.

De plus, les libéraux fédéraux se rabattent sur la diminution du ratio dette/PIB, qui atteindra un creux en 2020.  Avec Patricia Cloutier