Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé

Bilan de session: virage à droite, dénonce l’opposition

Pour l’opposition, la CAQ va trop vite, sans consulter. Mais n’y voyez pas d’improvisation, préviennent les autres partis. Québec solidaire constate là «une idéologie conservatrice», tandis que le Parti québécois compare le gouvernement actuel à l’Union nationale!

À l’avant-dernière journée des travaux parlementaires, Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont livré leur bilan de session, vendredi.

Les deuxième et troisième oppositions à l’Assemblée nationale du Québec ont tiré à boulets rouges sur les erreurs faites par la CAQ au cours des derniers mois. À commencer par la «désastreuse réforme du PEQ» (Programme d’expérience québécoise) en immigration, comme l’a dit le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Jolin-Barrette dans la mire

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, s’avère la cible privilégiée des critiques de l’opposition. Pas seulement pour son rôle dans le PEQ, mais aussi à titre de leader parlementaire du gouvernement, après une session aux travaux houleux et parfois acrimonieux.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, souligne que «les réponses robotiques» de M. Jolin-Barrette «manquai[en]t d’humanisme». Humanisme que les députés péquistes, passés de dix à neuf durant l’année, ont apporté aux débats toute la session, croit-il.

Son coéquipier Martin Ouellet propose de son côté à M. Jolin-Barrette d’adresser le vœu suivant au père Noël : «Donne-moi des oreilles, donne-moi un cœur et je serai meilleur.»

Québec solidaire affirme pour sa part que les caquistes «ont déclaré la guerre aux contre-pouvoirs». «En démocratie, les contre-­pouvoirs, ce n’est pas des décorations. C’est pour freiner les mauvais réflexes des politiciens, c’est pour empêcher les abus, c’est pour garder le public informé», rappelle M. Nadeau-Dubois.

Continuer de déranger

Pour 2020, QS vise à imposer davantage l’enjeu des changements climatiques dans le débat public. On reconnaît aussi que cette première année complète à titre de groupe parlementaire officiel, avec 10 députés, a forcé une courbe d’apprentissage ultra rapide. «On mange nos croûtes vite», illustre la co-porte-parole Manon Massé, dans son langage coloré.

Pas question toutefois pour les solidaires de s’adoucir ou d’exiger davantage de conformité vestimentaire de leur députée de Taschereau, à Québec, Catherine Dorion.

«Québec solidaire dérange, a dérangé et va continuer de déranger. C’est dans notre ADN de bousculer, et Catherine est une de nos députés qui bousculent. Mais ça ne nous a pas empêchés de faire notre travail et les gens nous ont entendus. À la longue, on va se rendre compte que Québec solidaire marche toujours dans le même sens», prédit Mme Massé.

Fier des sondages en hausse, le PQ doit amorcer 2020 avec une course à la chefferie réussie, selon M. Bérubé.

Le Parti libéral (PLQ) s’était livré au même exercice la veille, jeudi. Quatorze mois après avoir perdu le pouvoir, le PLQ et ses 28 élus se sont posés en «défenseurs des intérêts des gens». Si l’année 2019 se termine sur un revers amer à l’élection partielle dans Jean-Talon, à Québec, lundi dernier, les libéraux veulent profiter de leur course à la chefferie pour retrouver un élan positif en 2020.

Tout ce beau monde participera à une période de prolongation des travaux parlementaires, samedi, pour voter sous bâillon le projet de loi numéro 34 sur les tarifs d’Hydro-­Québec. Les parlementaires reviendront ensuite au Salon bleu le 4 février.