Maxime Bernier se targue de faire de la politique autrement, d’être «authentique». Il croit que cela lui attirera des votes en octobre prochain alors qu’il promet de présenter 338 candidats.

Bernier reproche à Trudeau de continuer à parler du massacre en Nouvelle-Zélande

OTTAWA — Maxime Bernier accuse Justin Trudeau «d’exploiter honteusement» la tuerie du 15 mars dans deux mosquées de la Nouvelle-Zélande.

«Trudeau exploite honteusement depuis plus d’une semaine le massacre de NZ. Les médias trouvent ça normal. Entre-temps, il y a eu attentats ou complots terroristes en Italie, Pays-Bas, Somalie, Mali, Allemagne, etc., avec des dizaines de morts. Les médias restent silencieux», a lancé sur Twitter, dimanche, le chef du Parti populaire du Canada.

Il a repris son reproche au cours d’une conférence de presse convoquée lundi matin pour dire où en est son nouveau parti.

«Après une semaine, (M. Trudeau) en parle encore dans ses rassemblements pour faire des gains politiques», a-t-il dit en réponse à une question de journaliste.

Invité à expliquer pourquoi il a choisi, lui, de ne pas condamner publiquement la tuerie dans les mosquées de Christchurch, M. Bernier a préféré rappeler sa politique sur l’immigration.

Il est contre «l’immigration de masse», contre «les frontières ouvertes», mais pas contre toute immigration. Il veut diminuer le nombre d’immigrants accueillis annuellement au Canada à 250 000.

Déjà, le 16 mars, au lendemain du massacre dans les mosquées de Christchurch, il répondait à un internaute qui demandait sur Twitter pourquoi on ne parlait pas d’une attaque dans une église du Nigéria où 32 chrétiens auraient été assassinés.

«Parce que ça ne correspond pas au discours de la gauche multiculturaliste et ses supporters des médias. Ils ne peuvent pas utiliser pareille tragédie pour gagner des points politiques», avait-il lâché.

M. Bernier se targue de faire de la politique autrement, d’être «authentique». Il croit que cela lui attirera des votes en octobre prochain alors qu’il promet de présenter 338 candidats.

«Cinquante-deux pour cent de la population est prête à voter pour un nouveau parti à la prochaine élection. Donc, c’est très encourageant pour nous. Il s’agit d’être présent. Il s’agit de parler le plus possible de nos idées sur différentes plateformes et c’est ce qu’on fait», a-t-il dit.

Les éventuels candidats populaires devront se manifester d’ici le 23 avril. Les candidats approuvés par les instances du parti se soumettront à des assemblées d’investiture début mai. Le chef du Parti populaire veut des candidats qui partagent ses «valeurs».

Est-ce que ça annonce une vaste majorité d’hommes blancs cinquantenaires?

«Ça me surprendrait beaucoup», répond M. Bernier qui dit que ses associations de comtés rassemblent hommes et femmes, jeunes et vieux.

Mais pas question de faire un effort pour avoir une brochette de candidats reflétant la diversité du pays.

«Nous ne ferons rien de spécial pour attirer des gens d’origines diverses. Je pense que ces gens viennent déjà vers nous. (...) J’espère que nous aurons beaucoup de diversité (...) mais je n’imposerai rien», a-t-il dit, s’en remettant aux décisions des militants.