Le chef de l'opposition fédérale a été critiqué sur certains médias sociaux pour ne pas avoir corrigé le tir lorsqu'un participant à une rencontre à Kitchener, en Ontario, a parlé de «pizzagate».

Andrew Scheer dit qu'il n'a pas entendu la référence au «pizzagate»

ROSSER, Man. — Le chef du parti conservateur, Andrew Scheer, assure qu'il n'a pas entendu un homme mentionner une théorie du complot largement démentie alors qu'il répondait à des questions lors d'une assemblée publique plus tôt cette semaine.

Le chef de l'opposition fédérale a été critiqué sur certains médias sociaux pour ne pas avoir corrigé le tir lorsqu'un participant à une rencontre à Kitchener, en Ontario, a parlé de «pizzagate».

Pizzagate est une théorie du complot non fondée qui affirme que les démocrates américains cachent des esclaves sexuels dans une pizzeria de Washington, D.C.

La référence était cachée dans une question embrouillée lancée à M. Scheer, qui concernait l'immigration, l'aide étrangère, l'itinérance et les dons passés du Canada à la Fondation Clinton.

La réponse de M. Scheer portait sur Justin Trudeau qui dépensait l'argent des contribuables sur ses projets personnels, tels que la Fondation Clinton. Il a ensuite offert une réponse concernant les règles d'immigration.

M. Scheer dit qu'il n'a pas relevé la référence au pizzagate parce qu'il ne l'a pas entendue.

«J'ai entendu dire que la question était liée à la décision du gouvernement - celle de Justin Trudeau - d'octroyer une subvention à la Fondation Clinton. C'est à ça que j'ai répondu, a déclaré M. Scheer vendredi à Rosser, au Manitoba. Je n'ai rien entendu à propos de l'autre aspect.»

Le préambule à la question du participant a duré près de deux minutes.

Après avoir évoqué les milliards consacrés à l'immigration clandestine et suggéré que M. Trudeau devrait être accusé de corruption, l'homme a mentionné l'aide étrangère apportée à l'Afrique et au Moyen-Orient et déclaré que «M. Trudeau doit fumer lui-même de l'herbe».

Il s'est ensuite tourné vers la Fondation Clinton.

«La Fondation Clinton fait partie de la traite d'enfants et du sacrifice d'enfant si vous l'étudiez. C'est dans le pizzagate, a déclaré l'homme aux applaudissements de la foule. Comment pouvons-nous récupérer cet argent?

M. Scheer a déclaré à l'époque qu'il appréciait les préoccupations de l'homme.

«Je peux vous assurer que, lorsque vous regardez où Justin Trudeau a dépensé de l'argent, il est clair qu'une portion énorme des sommes qu'il a prises aux contribuables canadiens est allée à ses propres projets - vous avez mentionné la Fondation Clinton, vous avez mentionné d'autres exemples où le gouvernement de Justin Trudeau a octroyé des subventions pour embaucher des personnes pour des groupes qui défendent leur idéologie particulière», a déclaré M. Scheer.

Le Canada a fait un don de 20 millions $ à la Clinton Health Access Initiative en 2017. L'argent est destiné à aider les jeunes femmes du Nigéria en matière de planification familiale.

Alimentée par les théoriciens du complot, la rumeur pizzagate a gagné un tel élan sur internet qu'elle a conduit un homme armé à tirer avec une arme d'assaut dans la pizzeria de Washington en 2016.

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SNC-LAVALIN: LES CONSERVATEURS NE PRÉSENTERONT PAS DE MOTION DE CENSURE

ROSSER, Man. - Le chef conservateur Andrew Scheer a annoncé vendredi qu’il ne présentera pas une motion de censure contre le gouvernement de Justin Trudeau, même s’il a dit que le premier ministre n’avait plus l’autorité morale de gouverner en raison de l’affaire SNC-Lavalin.

En conférence de presse à Rosser, au Manitoba, M. Scheer a affirmé qu’il appartenait aux libéraux de se prononcer sur le sort de M. Trudeau.

Les conservateurs proposeront plutôt des motions qui viseront à «aller au fond de cette affaire», mais l’option d’une motion de censure n’est pas sur la table, a affirmé M. Scheer.

Selon le chef conservateur, si M. Trudeau respectait le poste qu’il occupe, il démissionnerait.

Le poste de premier ministre est «plus grand qu’un seul individu», a-t-il plaidé.

Le premier ministre Trudeau est embourbé dans une controverse sur le dossier SNC-Lavalin depuis plusieurs semaines. Selon les allégations en question, le bureau du premier ministre aurait fait des pressions indues sur l’ex-procureure générale, Jody Wilson-Raybould, pour que l’entreprise montréalaise évite un procès pour corruption et fraude.

Jeudi, M. Trudeau a affirmé qu’il n’était pas au courant, à ce moment-là, qu’il y avait eu une érosion de confiance entre ses représentants et Mme Wilson-Raybould. Il a dit qu’il continuait de croire qu’il n’y avait pas eu de pressions inappropriées sur l’ancienne ministre.

Mme Wilson-Raybould, qui avait depuis été mutée au ministère des Anciens combattants, a finalement démissionné de son poste. L’ancienne présidente du Conseil du trésor, Jane Philpott, lui a emboîté le pas cette semaine.

SNC-Lavalin a été déboutée en Cour fédérale, vendredi, pour infirmer la décision de la directrice des poursuites pénales qui avait refusé de négocier une entente avec l’entreprise pour lui éviter un procès criminel.

Interrogé à savoir s’il aurait offert un «accord de poursuite suspendue» à l’entreprise montréalaise, M. Scheer a affirmé qu’il n’interviendrait jamais dans un dossier judiciaire.

«Ce dont Justin Trudeau est accusé, c’est d’avoir franchi cette ligne à des fins politiques. C’est un chemin très sombre et dangereux dans lequel nous ne voulons pas aller en tant que pays»,

Le chef de l’opposition était au Manitoba pour annoncer qu’il ne prélèverait plus la TPS sur le chauffage et les coûts énergétiques si les conservateurs étaient élus en octobre prochain. Kelly Geraldine Malone, La Presse canadienne