La ministre déléguée à l’Éducation Isabelle Charest à Montréal, le 11 février dernier

Abolition des bagarres: la ministre Charest met de la pression sur la LHJMQ

À la veille du vote des équipes sur l’abolition des bagarres dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), la ministre Isabelle Charest applique de la pression pour concrétiser ce «changement de culture nécessaire».

Mercredi matin, entre le caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ) et la période de questions au Salon bleu du parlement, la ministre déléguée à l’Éducation, ce qui inclut le volet loisirs et sports, a tenu à s’exprimer sur la question.

«Pour faire en sorte que le milieu du hockey soit sain et sécuritaire pour les athlètes, ça doit passer par l’interdiction ou la sanction [sévère] des bagarres. Le hockey est l’un des seuls sports où on réglemente encore les bagarres. C’est une façon archaïque d’évoluer!» a-t-elle affirmé.

«Le sport, c’est compter des buts, déjouer, monter un jeu. La bagarre ne fait pas partie du jeu. Il y a un changement de culture nécessaire. On est rendu là comme société», a insisté Mme Charest, comme une évidence.

Les 18 clubs du circuit dirigé par le commissaire Gilles Courteau se réunissent jeudi, à Montréal. Un vote positif aux deux tiers, c’est-à-dire des représentants d’au moins 12 formations, s’avère nécessaire pour implanter un nouveau règlement. La possibilité d’abolir les bagarres dans cette ligue impliquant des hockeyeurs âgés de 16 à 20 ans sera à l’ordre du jour.

«J’ai fait un peu de sport dans ma vie et ça n’a jamais été une avenue de se battre. Je ne vois pas en quoi on montrerait son leadership en se battant», continue la ministre Charest, ancienne championne du monde et médaillée olympique de patinage de vitesse sur courte piste.

«La ligue, les spectateurs, la population est rendue là! Tout le monde est conscient de la dangerosité [des bagarres]. Et c’est une belle façon pour la ligue de devenir un chef de file dans le domaine», croit la ministre.

Mme Charest réfute les arguments des probagarres, selon qui l’abolition fera baisser les assistances dans certains marchés.

«La LNH en a de moins en moins et personne ne s’en plaint. On veut aussi attirer les femmes comme spectatrices, c’est une part importante du marché. Ils vont rejoindre une autre clientèle qui est tannée de ces comportements-là. Et si on veut voir du monde se battre, on va regarder un combat de boxe!»

Quant au fait que les joueurs seront moins bien préparés pour intégrer la Ligue nationale de hockey (LNH), où les bagarres ne sont encore sanctionnées que par une pénalité de cinq minutes, elle parle d’un «faux argument».

«C’est une très faible proportion [des joueurs de la LHJMQ qui atteignent la LNH]. Et à ce que je sache, les autres joueurs dans le monde sont bien préparés à la LNH sans se battre», conclut la ministre Charest.