Politique

Lac-Mégantic: la ministre Roy reproche à Netflix d'avoir franchi une limite dangereuse

MONTRÉAL — La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a écrit une lettre au président-directeur général de Netflix pour lui faire part de «la stupéfaction et de la consternation du gouvernement du Québec» devant la décision du géant américain d'utiliser des images de la tragédie de Lac-Mégantic ayant coûter la vie de 47 personnes en 2013.

Dans cette lettre datant de 18 janvier, mais diffusée samedi, Mme Roy écrit à Reed Hastings que le gouvernement québécois «s'explique mal comment un géant mondial comme Netflix peut avoir jugé bon d'utiliser de telles images dans ce contexte». Selon elle, ces images ne devraient être utilisées qu'à «des fins d'information ou de documentaires».

Dans sa lettre, la ministre semble remettre en cause l'emploi du réel dans la fiction qu'elle juge «inadmissible» tant sur le plan moral qu'éthique. Pour Mme Roy, on ne peut «en aucun cas» tolérer l'utilisation des tragédies humaines, quelles qu'elles soient, pour du divertissement.

Plus loin, elle reproche à Netflix et à ses partenaires d'avoir franchi «une dangereuse limite» en utilisant les images d'une tragédie réelle et dont les impacts sont toujours bien tangibles dans un contexte de fiction. Elle reproche aussi à Netflix d'avoir «en quelque sorte floué, voire même trahi, ses millions d'abonnés» en ne divulguant pas clairement la provenance de ces images.

Mme Roy se demande s'il ne serait pas temps «que les géants du cinéma, de la télévision et du Web s'interrogent sur la nécessité de se doter d'un code d'éthique afin que de telles aberrations ne se reproduisent plus jamais».

Elle dit que le gouvernement québécois veut faire appel au «discernement et [au] sens des responsabilités» de M. Hastings pour retirer les images de la tragédie apparaissant dans le film Bird Box et dans une autre production. Ajoutant que la population de Lac-Mégantic mérite mieux comme traitement, elle mentionne que le gouvernement espère maintenant «que votre entreprise saura enfin reconnaître ses erreurs avec toute l'humilité et la sincérité que commande une telle situation, et qu'elle fera preuve ne serait-ce que d'un soupçon d'humanité et de compassion dans ce dossier.»

La lettre de Mme Roy fait écho aux propos de la mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, qui disait souhaiter que Netflix visionne son catalogue en entier pour s'assurer que les images de la tragédie ne soient pas utilisées dans un contexte de divertissement.

Netflix a indiqué la semaine dernière qu'il n'a pas l'intention de retirer de son film Bird Box les images de l'explosion de Lac-Mégantic, mais le diffuseur aurait indiqué à Mme Morin qu'il travaillerait avec ses partenaires pour que les images ne soient plus utilisées dans de futures productions.

Politique

Assemblée publique relativement houleuse pour Trudeau à Saint-Hyacinthe

SAINT-HYACINTHE — La décision d’Ottawa de signer le Pacte mondial sur les migrations des Nations Unies ne limite en rien la souveraineté du Canada ni sa capacité de choisir ses propres immigrants, a réitéré le premier ministre Justin Trudeau lors d’une assemblée publique animée à Saint-Hyacinthe.

Le premier ministre a été applaudi et parfois chahuté lorsqu’il répondait aux questions lui étant adressées sur divers sujets, allant de l’environnement à l’immigration, en passant par les accords de libre-échange, lors de la rencontre de deux heures.

L’échange le plus vif a eu lieu sur le thème de l’immigration, après qu’une femme eut demandé à M. Trudeau pourquoi son gouvernement avait signé le Pacte mondial sur les migrations des Nations Unies sans consulter les Canadiens.

Justin Trudeau a répondu que le monde entier était plongé dans une crise migratoire et que la signature de l’accord permettrait au Canada de partager son approche et de coopérer avec d’autres pays en matière d’immigration.

«Il s’agit d’un pacte qui ne limite en aucun cas la souveraineté du Canada de déterminer comment et qui on acceptera comme immigrants», a rappelé le premier ministre.

«Il y a beaucoup de fausses informations qui se répandent sur le sujet», a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a dû élever la voix pour se faire entendre par-dessus les cris accusateurs. Il a qualifié les critiques du pacte de pratiquer une «politique de division» et a souligné la générosité des Canadiens envers les 25 000 réfugiés syriens accueillis au cours des dernières années.

«Oui, madame, je pense que nous avions raison de continuer à faire preuve de leadership en matière d’immigration dans le monde entier», a martelé M. Trudeau, attirant à la fois des huées et des applaudissements.

Dès l’ouverture de l’assemblée publique, le premier ministre a été mis au défi en matière de changement climatique.

Plusieurs des premières questions ont porté sur l’environnement. Un homme a notamment demandé à M. Trudeau comment il pouvait prétendre être favorable à l’environnement après que son gouvernement eut décidé d’acheter l’oléoduc Trans Mountain.

Justin Trudeau a répondu que le développement économique et la protection de l’environnement doivent aller de pair.

Il a cependant ajouté que les Canadiens vont continuer de dépendre des combustibles fossiles dans un avenir prévisible et que, dans ce cas, le pays a besoin d’oléoducs pour acheminer le pétrole vers les marchés.

M. Trudeau a également été interrogé au sujet de l’opposition autochtone aux oléoducs et aux gazoducs en Colombie-Britannique, qui a abouti à l’arrestation de 14 personnes dans le nord-ouest de la province.

Il a reconnu que la façon dont la situation a été gérée représentait «une erreur» et il a déclaré que le processus de réconciliation demeurait cahoteux.

«On fait de notre mieux, mais on fait toujours des erreurs», a-t-il dit qualifiant la situation à Wet’suwet’en de «ni idéale ni positive».

Cette assemblée publique est la dernière d’une série de rassemblements populaires sous la forme questions-réponses organisée à travers le pays.

Justin Trudeau a été confronté à des questions difficiles sur des sujets allant des oléoducs aux relations avec les Peuples autochtones lors de rencontres publiques en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et en Ontario.

Politique

Test des valeurs: Justin Trudeau veut le voir avant de se prononcer

Le premier ministre Justin Trudeau a évité de dire, vendredi, s'il permettrait au gouvernement du Québec de soumettre les nouveaux arrivants à un test des valeurs.

«Par rapport aux différentes propositions, y compris l'idée de tests, on va continuer de discuter avec la province et voir c'est quoi leur proposition, a-t-il indiqué. Encore, ils parlent de différentes choses et on n'a pas vu encore quelle forme ça pourrait prendre et on ne va pas réagir avant de comprendre exactement ce qu'ils sont en train de proposer.»

Le test des valeurs est l'une des nombreuses demandes formulées par François Legault lors de leur rencontre la veille. Le premier ministre québécois avait soumis une liste, profitant ainsi de l'année électorale qui se dessine au Canada pour tenter d'obtenir le plus de concessions possible pour le Québec. Outre le test des valeurs, M. Legaultveut également imposer un test de français aux immigrants.

Le premier ministre québécois n'avait pas voulu indiquer jeudi le type de questions que contiendrait son test des valeurs. Cet examen s'appuierait sur les principes de la Charte québécoise des droits et libertés comme l'égalité entre les hommes et les femmes.

Québec doit obtenir l'accord d'Ottawa pour pouvoir ajouter ces questions au test de connaissances auquel sont déjà soumis les immigrants économiques qui s'installent dans la province. Le premier ministre Legault demande également que soient ajoutés des tests sur les valeurs et le français au processus déjà existant pour les immigrants issus de la réunification familiale, une catégorie gérée par le gouvernement fédéral.

Lors de la rencontre, les deux premiers ministres ont également discuté de la diminution du nombre de nouveaux arrivants. M. Legault souhaite notamment qu'Ottawa lui permette de réduire de 20 pour cent les seuils d'immigration dans les deux catégories sur lesquelles il n'a pas de pouvoir, soit celles des réfugiés et de la réunification familiale.

«On a parlé des seuils d'immigration et on a aussi parlé beaucoup de la pénurie de main-d'oeuvre qui existe partout au Québec, particulièrement en région, a indiqué M. Trudeau vendredi. C'est pour ça (que nous avons) convenu que nos ministres allaient se rencontrer dans les semaines à venir pour parler de ces deux éléments-là et comment qu'on peut les adresser (sic) ensemble pour améliorer la croissance économique pour les Québécois et par extension pour tous les Canadiens.»

Les ministres du gouvernement Legault doivent tenir une rencontre à Gatineau à la fin du mois de janvier.

Québec espère aussi faire aboutir d'ici là les négociations avec Ottawa pour le financement de l'accueil des demandeurs d'asile qu'il évalue à 300 millions $ et demande que les Québécois puissent remplir une déclaration de revenus unique.

M. Trudeau s'était déjà opposé en mai à une déclaration de revenus unique administrée par le gouvernement québécois, malgré le consensus de l'Assemblée nationale. Il n'en voyait pas la nécessité et estimait que Québec avait déjà beaucoup «de contrôle sur l'immigration, sur la langue, sur la culture».

Le Parti conservateur, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois sont en faveur de cette idée.

Politique

Le Canada rejette les menaces chinoises s'il bannit la 5G de Huawei

OTTAWA - Le gouvernement canadien a rejeté vendredi les menaces chinoises de «répercussions» à son encontre au cas où Ottawa déciderait d'interdire le déploiement au Canada de la technologie de réseau 5G du géant chinois des télécoms Huawei.

«Nous avons été extrêmement clairs sur le fait que nous ne compromettrons pas la sécurité nationale. Nous allons mener l'analyse appropriée et prendre la décision que nous jugerons la meilleure pour les intérêts du Canada», a déclaré à la presse le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Le gouvernement de Justin Trudeau, dont les relations sont très tendues avec Pékin depuis l'arrestation à Vancouver d'une haute dirigeante de Huawei, «ne sera pas dissuadé» d'agir comme il l'entend malgré les menaces de la Chine, a souligné M. Goodale.

L'ambassadeur de Chine au Canada Lu Shaye a mis en garde jeudi contre de possibles «répercussions» si Ottawa interdisait le déploiement au Canada de la technologie de réseau 5G de Huawei, indispensable à l'essor des voitures autonomes et autres objets connectés.

L'étude de cette technologie est «en cours», a relevé le ministre canadien. «Nous examinons les problèmes de sécurité ainsi que les enjeux techniques avec beaucoup de précautions», a-t-il fait valoir.

Géant mondial des équipements télécoms, Huawei est soupçonné de poser un problème de sécurité nationale dans plusieurs pays dont les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon, qui lui ont interdit de bâtir un réseau d'internet ultrarapide 5G.

Selon la presse américaine, Washington a lancé une vaste campagne auprès de pays alliés pour dissuader leurs entreprises de téléphonie mobile et d'accès à internet d'utiliser les équipements du chinois.

La semaine dernière, l'un des directeurs de Huawei en Pologne a été arrêté par les services de sécurité polonais pour des soupçons d'espionnage.

Ren Zhengfei, fondateur du groupe et ancien ingénieur de l'armée chinoise, a démenti farouchement tout espionnage, dans un rare entretien publié mardi.

Sa fille Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, est au centre d'une querelle diplomatique impliquant la Chine, le Canada, et les États-Unis.

À la grande fureur de Pékin, elle a été arrêtée à Vancouver le 1er décembre, sur demande de la justice américaine qui la soupçonne de complicité de fraude pour contourner les sanctions contre l'Iran.

L'agence canadienne de renseignement (SCRS) a exhorté en octobre les universités canadiennes à faire preuve de prudence dans leurs partenariats de recherche avec Huawei.

La prestigieuse université britannique d'Oxford a suspendu cette semaine tout financement en provenance du groupe chinois.

Politique

Québec couvrira désormais les soins dentaires et buccaux d'enfants cancéreux

MONTRÉAL - La ministre de la Santé, Danielle McCann, a annoncé vendredi au CHU Sainte-Justine que la prévention et les traitements buccodentaires des enfants qui subissent des séquelles attribuables aux traitements pour un cancer pédiatrique seront désormais couverts par le régime public.

Les traitements de chimiothérapie, de radiothérapie et les chirurgies subis par les enfants atteints de cancer lors d'une période critique de développement peuvent avoir des conséquences importantes pour ces enfants.

Les traitements qui seront requis par la suite peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers de dollars que les parents devaient payer de leur poche.

Le programme, dont les modalités restent à être finalisées, entrera en vigueur le 1er avril prochain, mais la ministre McCann a promis que tous les enfants qui devront subir des traitements d'ici là seront admissibles au programme.

Il s'agit d'une victoire et d'un soulagement pour Marie-Claude Hébert qui cherchait depuis près de 10 ans à obtenir la gratuité des soins qui seront requis pour son fils, Jeremy Beaudoin, aujourd'hui âgé de 14 ans.

L'enfant, dont le cas a été exposé par l'émission La Facture, a subi des traitements en bas âge et devra bientôt subir des traitements dont la facture s'élèvera quelque part entre 30 000 $ et 60 000 $, d'après les évaluations qu'a obtenues Mme Hébert.

La ministre McCann a reconnu lors de l'annonce qu'il était aberrant que ces enfants ne soient pas couverts, alors que l'État couvre les soins dentaires requis par les accidentés de la route, les accidentés du travail ou les victimes d'acte criminel.

Présentement, la Régie de l'assurance-maladie couvre les soins dentaires des enfants jusqu'à l'âge de 10 ans. Dans le cas des enfants cancéreux, les séquelles et le traitement requis surviennent beaucoup plus tard.

Mme McCann a précisé que les soins buccodentaires requis par les enfants cancéreux seront aussi couverts au-delà de 18 ans.

Politique

Les ministres Freeland et Bibeau rencontreront la famille d’Édith Blais

Les ministres Marie-Claude Bibeau et Chrystia Freeland rencontreront la mère et la sœur d’Édith Blais vendredi pour les « rassurer à l’effet que le gouvernement du Canada fait tout ce qui peut être fait pour la retrouver. »

À lire aussi: Le corps du Canadien Kirk Woodman retrouvé criblé de balles au Burkina Faso

La Sherbrookoise de 34 ans, en voyage au Burkina Faso avec son copain italien Luca Tacchetto, n’a pas donné de nouvelles depuis le 15 décembre.

Mercredi, le gouvernement du Burkina Faso disait considérer que Mme Blais et son compagnon de voyage avaient été enlevés, mais le gouvernement canadien refuse de révéler quelque détail que ce soit.

« C’est une situation très délicate, la médiatisation d’un événement qui pourrait être un enlèvement peut même compromettre encore plus leur sécurité, mentionne la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau. Nous allons rester discrets sur les démarches qui sont faites par Affaires mondiales Canada. »

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères, a également abordé le dossier d’Édith Blais en point de presse.

« Nous avons déjà parlé avec la famille, mais c’est une opportunité de leur parler directement et de leur dire que le Canada est très engagé avec les autorités au Burkina Faso, souligne-t-elle. Notre seul but est de trouver Édith et qu’elle puisse retourner au Canada. »

« Nous traversons les moments les plus turbulents dans l’ordre international depuis la Deuxième Guerre mondiale, a-t-elle ajouté. Cette turbulence affecte plusieurs pays et nous ne devons pas imaginer que nous sommes immunisés. Je conseille fortement aux Canadiens qui voyagent de consulter les avertissements. Ils sont mis à jour régulièrement et nous les prenons très au sérieux. »

Rappelons que Kirk Woodman, originaire d’Halifax, a été retrouvé mort, le corps criblé de balles, tard mercredi au Burkina Faso. Il travaillait pour la société minière vancouvéroise Progress Mineral et se trouvait sur un site minier de Tiabongou, à environ 20 kilomètres de Mansila, dans la province du Yagha lorsqu’il a été enlevé par des extrémistes.

« Ce sont deux cas qui tout à fait différents, affirme Mme Bibeau lorsqu’une journaliste lui a demandé si Mme Blais pouvait avoir subi le même sort. On prend toutes ces situations-là au sérieux avec l’équipe d’Affaires mondiales Canada. »

Dusseault réagit

Le député de Sherbrooke Pierre-Luc Dusseault a réservé ses premiers commentaires sur la situation au Burkina Faso pour diriger ses pensées vers la famille de Kirk Woodman, ce géologue canadien dont le corps a été retrouvé jeudi matin. « Je souhaite des nouvelles plus positives en ce qui concerne Mme [Édith] Blais. Les événements nous démontrent une fois de plus que la situation est très délicate et dangereuse au Burkina Faso. Je sais que le gouvernement continue de faire certaines démarches, mais est-ce que nous devrions accélérer? Peut-être. La situation nous démontre que le temps est très important et nous demande d’être vigilants. »

Le Canada en fait-il assez pour retrouver Édith Blais et son copain Luca Tacchetto? « Il est difficile de dire ce qui a été fait, mais il faut certainement se concerter avec l’Italie. Il est vrai que la France peut être un bon allié. Il faut redoubler les efforts parce que le danger est bien réel. »

Interrogé sur le même sujet en matinée, le premier ministre du Québec François Legault a offert ses condoléances à la famille de Kirk Woodman. « C’est inquiétant ce qui se passe au Burkina Faso. Le gouvernement fédéral doit faire tout son possible pour éclaircir ce qui s’est passé et s’assurer que nos ressortissants soient en sécurité là-bas. Ça relève du gouvernement fédéral et on sait que c’est une situation particulièrement inquiétante. » Avec La Presse canadienne

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Une dizaine de personnes d’origine congolaise ont marché devant l’hôtel Delta de jeudi où les ministres fédéraux se réunissent jusqu’à vendredi. Elles ont remis un message à Justin Trudeau le pressant de forcer le ton pour « exiger la vérité des urnes ».

Politique

Rareté de main-d'oeuvre: opération «sans précédent» au ministère du Travail

MONTRÉAL — C'est tout un changement de culture qui se concrétisera, à compter de lundi, au ministère du Travail du Québec. Rareté de main-d'oeuvre oblige, 200 conseillers du ministère s'attaqueront à résoudre les problèmes de recrutement des entreprises. Et ils appelleront ces entreprises une à une, s'il le faut, pour donner un service personnalisé.

«Il y a un changement de paradigme. Avant, on était habitué de recevoir des gens qui cherchaient des emplois. Maintenant, on va aller au-devant des entreprises qui sont en quête, à la recherche de salariés», a résumé jeudi le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, au cours d'une conférence pour présenter son plan.

Le ministre parle d'une «opération sans précédent», une «grande corvée» pour changer les façons de faire au ministère, à cause de la rareté de main-d'oeuvre dans certains secteurs.

Au ministère même, la réorientation touchera 200 conseillers, qui seront épaulés par 70 techniciens, qui seront au service des employeurs à la recherche de préposés aux bénéficiaires, de manoeuvres, de cuisiniers, d'employés dans les abattoirs et autres.

En plus du ministère, la «grande corvée» touchera aussi l'accompagnement des travailleurs, l'intégration des personnes handicapées, autochtones, immigrantes, l'offre de programmes de formation adaptés, a promis le ministre Boulet.

Et elle inclura aussi des aspects comme l'automatisation de certaines tâches, la robotisation. Et le ministre n'a pas exclu que des crédits d'impôt soient mis à cette disposition, si besoin est.

Employeurs

Le plan d'action contre la rareté de main-d'oeuvre a été plutôt bien reçu.

«Ce qu'on va offrir aux PME, c'est de l'accompagnement et, souvent, c'est ce qui fait cruellement défaut» parce qu'elles n'ont pas de département de ressources humaines, a illustré Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Mais il faudra plus que du moyen et du long termes. «Il n'y a pas de remède miracle à la pénurie de main-d'oeuvre. Il faut miser sur le court terme aussi. Il faut absolument faire entrer davantage de travailleurs étrangers temporaires pour permettre aux entreprises de combler leurs besoins actuels, en attendant qu'elles puissent trouver des solutions de moyen et de long termes», a ajouté Mme Hébert.

Yves-Thomas Dorval, du Conseil du patronat du Québec, abonde dans le même sens. «C'est un pas dans l'action et c'est très bien. On a beau à avoir un coffre à outils, avec des programmes, mais si on ne réussit pas à accompagner les employeurs dans leurs besoins on va rester sous l'angle des papiers et pas de l'action.»

Il concède qu'il faudra aussi avoir de bonnes conditions de travail pour retenir les employés.

Travailleurs

Le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Luc Vachon, indique qu'il faudra notamment développer «la culture de la formation continue» au Québec pour que les travailleurs puissent suivre l'évolution de la technologie.

Il admet que la robotisation et l'automatisation entraîneront des pertes d'emplois dans certains secteurs. Avec les changements technologiques, «inévitablement il va y avoir des postes à abolir».

«Notre chance dans la malchance, c'est que le contexte démographique fait que ça devrait minimiser les impacts des pertes d'emplois, mais ça va transformer les emplois. Notre défi, après, c'est comment on va prendre la main-d'oeuvre et la rendre apte à occuper les emplois de demain», a illustré M. Vachon.

Yves-François Blanchet couronné chef du Bloc québécois

L'ancien ministre péquiste Yves-François Blanchet a été couronné chef du Bloc québécois. Il a été la seule personne à avoir présenté une candidature valide.

Le président d'élection de la course à la direction, Pierre Bouchard, en a fait l'annonce dans la nuit de mercredi à jeudi, au terme de la période de mise en candidature de deux mois qui a pris fin à minuit. 

«À la fin de la période de mise en candidature, je n'ai reçu qu'une seule candidature qui répond à toutes les conditions prescrites aux règles de la course à la chefferie du Bloc québécois, je déclare donc monsieur Yves-François Blanchet élu chef du Bloc québécois», a-t-il écrit dans un bref communiqué. 

M. Blanchet, qui est âgé de 53 ans, a été ministre de l'Environnement dans le gouvernement de Pauline Marois de décembre 2012 à avril 2014. Il a par la suite collaboré à une émission télévisée d'affaires publiques jusqu'à l'annonce de sa candidature à la direction du Bloc québécois le 26 novembre dernier. 

Avant de faire le saut en politique, M. Blanchet était connu dans le monde artistique, notamment comme gérant du chanteur Éric Lapointe et comme président de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ). 

Dans un texte publié sur le site du parti faisant état de sa vision, M. Blanchet écrit être candidat pour promouvoir «inlassablement» l'indépendance du Québec et afin de «gagner le Québec et gagner pour le Québec». 

Selon le site du parti, l'ingénieur Jean-Jacques Nantel a été la seule autre personne a avoir demandé un bulletin de mise en candidature. Il n'aurait donc pas été en mesure de répondre aux conditions minimales fixées par le parti. 

Pour qu'une candidature soit valide, elle devait notamment être accompagnée des signatures de 500 membres en règle du parti et d'un chèque pour frais d'inscription d'au moins 7500 $. Les règles mises en place par la formation souverainiste précisent que les signatures devaient provenir d'au moins quinze circonscriptions et que chacune d'elle devait en présenter au moins vingt. 

La course à la direction du Bloc québécois a dû être déclenchée à la suite de la démission tumultueuse de Martine Ouellet, en juin dernier, au terme d'une crise où sept députés avaient claqué la porte du parti.

Actualités

Justin Trudeau promet d’agir, soutient Ensaf Haidar

Le premier ministre Justin Trudeau a promis à Ensaf Haidar que le Canada allait agir le plus rapidement possible dans le dossier de son mari Raif Badawi, emprisonné en Arabie saoudite depuis plusieurs années. Le premier ministre a pris le temps de rencontrer Mme Haidar pendant une trentaine de minutes en marge de la retraite de son cabinet des ministres à Sherbrooke.

« C’était bien, j’ai parlé avec M. Trudeau et il m’a donné la promesse qu’il allait faire quelque chose, a mentionné Ensaf Haidar aux nombreux représentants des médias sur place. Je ne sais pas c’est quoi la stratégie, mais il m’a promis de faire quelque chose. Il m’a donné l’espoir. »

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Politique

L’ex-député André Maltais décoré de l’Ordre du Canada

BAIE-COMEAU — André Maltais, qui a notamment œuvré de longues années à la reconnaissance et la promotion des Premières Nations du Canada, a récemment été décoré de l’Ordre du Canada. M. Maltais s’est remémoré quelques grands moments de sa carrière avec Le Soleil.

«J’ai pensé que c’était une plaisanterie, j’en ai été même très surpris», a confié le récipiendaire. «Ma première pensée est allée à la Côte-Nord. C’est à cause d’elle que j’ai reçu cet honneur, ce n’est pas une affaire personnelle.»