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Politique

Jason Kenney ira à la rencontre de Justin Trudeau la semaine prochaine

EDMONTON — Le premier ministre Justin Trudeau et son homologue albertain Jason Kenney se rencontreront bientôt pour la première fois en personne depuis les élections fédérales.

M. Kenney indique qu'il sera de passage à Ottawa lundi et mardi, en compagnie de huit de ses ministres et autres hauts fonctionnaires, pour discuter de questions allant de la construction d'oléoducs à la péréquation.

Cette délégation albertaine compte faire valoir que la province a été «un contributeur énorme aux emplois et à la prospérité, aux programmes sociaux et au progrès social du Canada», affirme-t-on.

M. Kenney précise qu'il s'entretiendra lundi avec le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh, et le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer. Sa rencontre avec Justin Trudeau est pour sa part prévue mardi, en après-midi.

Il veut saisir l'occasion pour lui faire part d'une résolution adoptée à l'unanimité lors de la récente conférence des dirigeants provinciaux et territoriaux en faveur d'une réforme du programme de stabilisation fiscale. Ce fonds aide les provinces à faire face à des baisses de leurs revenus qui ne sont pas tirés des ressources naturelles, mais l'Alberta se dit désavantagée en raison de plafonds liés à la taille de sa population. M. Kenney dit constater une «ouverture» du gouvernement fédéral à discuter des modifications réclamées.

Le premier ministre albertain veut également faire pression sur Ottawa afin qu'une date soit fixée pour l'achèvement de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. Il compte aussi réitérer ses préoccupations face à la réglementation fédérale interdisant les pétroliers sur la côte nord de la Colombie-Britannique et face aux critères d'approbation des mégaprojets énergétiques.

Son tête-à-tête avec Justin Trudeau posera un nouveau jalon dans ce qui constitue une relation complexe et parfois très tendue entre les deux hommes, autrefois des adversaires à la Chambre des communes.

Après avoir quitté la politique fédérale et accédé à la tête du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney avait dépeint Justin Trudeau comme un amateur. Il en avait même fait une cible dans sa propre campagne électorale au printemps dernier, en présentant la première ministre sortante, la néo-démocrate Rachel Notley, comme le laquais de M. Trudeau et de ses prétendus efforts pour nuire à l'industrie du pétrole.

Puis, aux élections fédérales, Jason Kenney a appuyé le chef conservateur fédéral Andrew Scheer, en prétendant qu'un deuxième mandat libéral serait catastrophique pour l'économie albertaine.

Justin Trudeau a finalement été réélu le 21 octobre, à la tête d'un gouvernement minoritaire toutefois, et les libéraux ont été rayés de la carte en Alberta et en Saskatchewan. Il a depuis tendu la main à ces deux provinces, envoyant notamment sa vice-première ministre Chrystia Freeland pour disctuer avec M. Kenney et le premier ministre de la Saskatchewan Scott Moe la semaine dernière.

Politique

Bilan de session: virage à droite, dénonce l’opposition

Pour l’opposition, la CAQ va trop vite, sans consulter. Mais n’y voyez pas d’improvisation, préviennent les autres partis. Québec solidaire constate là «une idéologie conservatrice», tandis que le Parti québécois compare le gouvernement actuel à l’Union nationale!

À l’avant-dernière journée des travaux parlementaires, Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont livré leur bilan de session, vendredi.

Les deuxième et troisième oppositions à l’Assemblée nationale du Québec ont tiré à boulets rouges sur les erreurs faites par la CAQ au cours des derniers mois. À commencer par la «désastreuse réforme du PEQ» (Programme d’expérience québécoise) en immigration, comme l’a dit le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Jolin-Barrette dans la mire

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, s’avère la cible privilégiée des critiques de l’opposition. Pas seulement pour son rôle dans le PEQ, mais aussi à titre de leader parlementaire du gouvernement, après une session aux travaux houleux et parfois acrimonieux.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, souligne que «les réponses robotiques» de M. Jolin-Barrette «manquai[en]t d’humanisme». Humanisme que les députés péquistes, passés de dix à neuf durant l’année, ont apporté aux débats toute la session, croit-il.

Son coéquipier Martin Ouellet propose de son côté à M. Jolin-Barrette d’adresser le vœu suivant au père Noël : «Donne-moi des oreilles, donne-moi un cœur et je serai meilleur.»

Québec solidaire affirme pour sa part que les caquistes «ont déclaré la guerre aux contre-pouvoirs». «En démocratie, les contre-­pouvoirs, ce n’est pas des décorations. C’est pour freiner les mauvais réflexes des politiciens, c’est pour empêcher les abus, c’est pour garder le public informé», rappelle M. Nadeau-Dubois.

Continuer de déranger

Pour 2020, QS vise à imposer davantage l’enjeu des changements climatiques dans le débat public. On reconnaît aussi que cette première année complète à titre de groupe parlementaire officiel, avec 10 députés, a forcé une courbe d’apprentissage ultra rapide. «On mange nos croûtes vite», illustre la co-porte-parole Manon Massé, dans son langage coloré.

Pas question toutefois pour les solidaires de s’adoucir ou d’exiger davantage de conformité vestimentaire de leur députée de Taschereau, à Québec, Catherine Dorion.

«Québec solidaire dérange, a dérangé et va continuer de déranger. C’est dans notre ADN de bousculer, et Catherine est une de nos députés qui bousculent. Mais ça ne nous a pas empêchés de faire notre travail et les gens nous ont entendus. À la longue, on va se rendre compte que Québec solidaire marche toujours dans le même sens», prédit Mme Massé.

Fier des sondages en hausse, le PQ doit amorcer 2020 avec une course à la chefferie réussie, selon M. Bérubé.

Le Parti libéral (PLQ) s’était livré au même exercice la veille, jeudi. Quatorze mois après avoir perdu le pouvoir, le PLQ et ses 28 élus se sont posés en «défenseurs des intérêts des gens». Si l’année 2019 se termine sur un revers amer à l’élection partielle dans Jean-Talon, à Québec, lundi dernier, les libéraux veulent profiter de leur course à la chefferie pour retrouver un élan positif en 2020.

Tout ce beau monde participera à une période de prolongation des travaux parlementaires, samedi, pour voter sous bâillon le projet de loi numéro 34 sur les tarifs d’Hydro-­Québec. Les parlementaires reviendront ensuite au Salon bleu le 4 février.

Politique

Le ministre Blair refuse de dire si l'arme de Marc Lépine sera interdite

OTTAWA — Au 30e anniversaire de la tuerie à l'École Polytechnique, le gouvernement Trudeau souligne sa promesse d'interdire des armes d'assaut de style militaire mais refuse de dire si l'interdiction à venir s'appliquera à l'arme utilisée par Marc Lépine.

Aux Communes vendredi matin, c'était l'heure des discours commémoratifs. Le premier ministre Justin Trudeau a profité de son temps de parole pour souligner que son gouvernement a l'intention d'interdire «le genre d'arme utilisée à l'École Polytechnique».

«Nos gestes en disent plus long que nos mots», a d'abord noté M. Trudeau dans son discours. «Ces armes conçues pour tuer le plus grand nombre de personnes possible dans le plus court laps de temps possible n'ont pas de place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays», a-t-il ajouté.

Tous les députés l'ont alors applaudi, sauf les élus conservateurs. Il y a toutefois eu une exception dans les bancs de l'opposition officielle. Un des 10 députés conservateurs québécois, l'élu de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, a participé aux applaudissements.

Quelques heures plus tard, le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a tenté de préciser le message.

«Ce que (le premier ministre) a dit (...) c'est que nous faisons le travail nécessaire pour interdire les armes semblables à celle utilisée dans cet événement tragique il y a 30 ans», a déclaré le ministre.

Pas question d'identifier le Ruger Mini-14 par son nom, malgré l'insistance des journalistes.

«Ce que je ne veux pas provoquer comme phénomène, c'est que des individus aillent s'acheter ces armes avant que ne soit publiée la liste (des armes éventuellement interdites)», a fini par lâcher le ministre pressé de questions.

Et il a tenu à répéter à plusieurs reprises que lorsque cette liste sera publiée, il fera connaître les critères utilisés pour la dresser.

Pour l'opposition bloquiste, le message du discours de M. Trudeau semblait pourtant clair.

«J'ai cru entendre (...) que le premier ministre avait bel et bien dit qu'il allait s'assurer du bannissement de cette arme-là», a affirmé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

La prudence du ministre Blair ne plaît pas à sa collègue libérale de Brossard-Saint-Lambert, «déçue» qu'on n'ait pas encore banni cette arme, 30 ans après la tuerie.

«Ça nous laisse dans des beaux débats de caucus», a fait remarquer Alexandra Mendès, décrivant le caucus libéral «à l'image du pays», c'est-à-dire divisé sur la question du contrôle des armes à feu.

«Le ministre Blair est (...) très engagé à arriver à une décision mais c'est le comment, je crois, qui actuellement est le plus difficile», a-t-elle tout de même offert.

Mme Mendès a cru bon rappeler le prix politique payé par son parti lorsqu'il a mis en place un registre d'armes d'épaule.

La tuerie de Polytechnique avait donné naissance à une campagne pour le contrôle des armes à feu, campagne qui, après plusieurs années de lutte, avait convaincu le gouvernement libéral de Jean Chrétien de mettre sur pied ce registre. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper l'a détruit.

La semaine dernière, Polysesouvient a rappelé aux libéraux leur promesse d'étendre le contrôle des armes à feu. Et à la lecture de la lettre signée par Heidi Rathjen et Nathalie Provost, on comprend que le groupe croit que la promesse libérale couvre le Ruger Mini-14.

«Nous anticipons enfin le bannissement du Ruger Mini-14, l'arme utilisée pour tuer quatorze de nos filles ou consoeurs et en blesser autant d'autres en moins de 20 minutes», dit la lettre adressée au ministre Blair.

Extraits des discours aux Communes

Andréanne Larouche, députée bloquiste: «L'attentat antiféministe de Polytechnique n'a pas fait que 14 victimes. Il en a fait beaucoup plus: des milliers, des millions. Le Québec tout entier, 30 ans plus tard, vit encore avec ce fardeau, ce sentiment désagréable de s'être sali.»

Jagmeet Singh, chef du NPD: «Trente ans après que les Canadiennes et les Canadiens aient dit "plus jamais" à la suite de la tragédie de l'École Polytechnique, nous devons reconnaître collectivement qu'il nous reste un long chemin à parcourir pour respecter cet engagement.»

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur: «Il est tout à fait inacceptable que la violence faite aux femmes soit d'actualité. C'est pourquoi je me propose et je propose à tous les Canadiens de ne pas se contenter d'être respectueux envers les femmes. Soyons également proactifs et prouvons par des gestes concrets à quel point nous avons à coeur la sécurité et la dignité de chaque vie, de chaque femme.»

Justin Trudeau, premier ministre: «Nos gestes en disent plus long que nos mots. (...) Ces armes conçues pour tuer le plus grand nombre de personnes possible dans le plus court laps de temps possible n'ont pas de place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays.»

Jenica Atwin, députée du Parti vert: «Il ne s'agissait pas d'un acte isolé, mais plutôt la conséquence directe de la misogynie rampante dans notre société. Cette violence qui cible spécifiquement les femmes n'a toujours pas été éradiquée dans nos communautés.»

Politique

Catherine Dorion n’a pas l’impression de nuire à QS

La députée solidaire Catherine Dorion jure qu’elle n’a pas l’impression de nuire à son parti et entend conserver la même approche lors de la prochaine session parlementaire.

«Je n’ai pas l’impression que j’ai fait ombrage» aux autres députés de Québec solidaire, a expliqué Mme Dorion vendredi en marge du bilan de session de sa formation politique.

La députée s’est fait accuser cet automne de contrevenir au décorum, notamment à cause d’une photo d’Halloween prise au Salon rouge et publiée sur Instagram, et d’un coton ouaté porté au Salon bleu.

Plus de détails sur le site de La Presse

Politique

Mode de scrutin: 1,7 million $ pour les deux camps au référendum de 2022

L'État accordera au total 1,7 million $ aux deux camps pour le référendum sur la réforme du mode de scrutin en 2022.

Le gouvernement Legault a ainsi fait connaître, jeudi, l’encadrement qu’il souhaite pour la campagne référendaire.

L’étude du projet de loi 39 sur la réforme du mode de scrutin ne commencera que le 22 janvier, avec la comparution de plusieurs organismes, syndicats, experts, etc. Donc c’est seulement après que les élus étudieront chacun des articles et les amendements proposés.

En vertu de la liasse d’amendements déposée par la ministre responsable, Sonia LeBel, le Directeur général des élections (DGE) choisira un organisme sans but lucratif pour être à la tête de chacun des deux camps.

Toujours selon les propositions du gouvernement, les camps du Oui et du Non obtiendront chacun 850 000 $ et la limite de dépenses référendaire de chacun des camps a été fixée à 1,5 million $. La contribution maximale autorisée pour chaque électeur serait de 200 $.

Les partis, les élus ou les candidats aux élections ne pourraient être administrateurs ou dirigeants d’un camp, mais pourront bien sûr s’exprimer ou militer pour un camp ou l’autre.

La campagne référendaire commencera le 1er mai 2022 et le référendum aura lieu en même temps que l’élection générale de 2022, soit le 3 octobre.

Rappelons que le premier ministre François Legault se trouve en quelque sorte à renier un de ses engagements électoraux avec ce processsus de réforme. En effet, il s’était engagé en mai 2018, s’il devenait premier ministre, à procéder à une réforme du mode de scrutin dans un premier mandat, donc à temps pour l’élection de 2022.

Or finalement, si les électeurs votent pour un nouveau mode de scrutin, il sera en place seulement aux élections de 2026.

En vertu du modèle proposé dans le projet de loi 39, le Québec serait toujours représenté par 125 députés, mais l’Assemblée nationale ne compterait plus que 80 députés élus selon le mode uninominal à un tour actuel, auxquels s’ajouteraient 45 députés de liste, non élus, associés à une région déterminée et choisis par leur parti en fonction du nombre de votes obtenus dans cette région.

Au lieu des 125 circonscriptions actuelles, le territoire québécois compterait 80 circonscriptions, épousant essentiellement les contours des circonscriptions fédérales, et 17 régions électorales. Il y aurait deux exceptions: les Îles-de-la-Madeleine et Ungava.

L’idée de base de la réforme consiste à faire en sorte que le nombre de sièges occupés par un parti à l’Assemblée nationale corresponde le plus près possible au pourcentage de votes obtenu par ce parti.

Un parti devra avoir obtenu au moins 10 pour cent du vote populaire pour participer au partage des 45 sièges de régions.

En octobre dernier, la CAQ a récolté 37 pour cent du vote populaire, mais a obtenu 59 pour cent des sièges de l’Assemblée nationale, un exemple de distorsion que le nouveau mode de scrutin aiderait à corriger.

On sait déjà que deux partis d’opposition, le Parti québécois et Québec solidaire, appuient l’idée d’un changement du mode de scrutin, alors que l’opposition libérale est réticente. M. Legault a dit que le gouvernement devrait avoir l’assentiment du PQ et de QS pour donner toute sa légitimité à la future loi 39.

Politique

Discours du trône: Trudeau promet un gouvernement à l’écoute

OTTAWA — Justin Trudeau s’engage à mener un gouvernement minoritaire «réceptif aux nouvelles idées», dont celles de l’opposition. C’est ce qu’assure le discours du Trône livré jeudi après-midi.

La gouverneure générale Julie Payette a fait la lecture, au Sénat, du document préparé par le gouvernement libéral. Ce discours marque le début des travaux du Parlement.

Il reprend les thèmes de la campagne libérale qui a conduit à l’élection d’un gouvernement minoritaire : lutte aux changements climatiques, réduction d’impôt pour la classe moyenne, logements abordables, contrôle des armes à feu.

Mais le premier ministre Trudeau a aussi cru bon de prendre acte de la colère albertaine qui s’est faite bruyante ces derniers mois. «Les préoccupations économiques régionales d’aujourd’hui sont à la fois justifiées et importantes», note le discours.

Tout en réitérant que les changements climatiques sont un des enjeux «les plus graves et pressants de notre temps» et tout en assurant que «la tarification de la pollution» — ou un prix sur le carbone — est là pour rester, le gouvernement s’engage à nouveau à acheminer les ressources canadiennes vers de nouveaux marchés, faisant ainsi référence, sans le nommer, au pipeline Trans Mountain.

Pas de révision des cibles

Le gouvernement promet d’avoir recours à «des solutions axées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques, comme planter deux milliards d’arbres». Rien dans le document n’annonce une révision des cibles des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030, révision réclamée à hauts cris par le Parti vert, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD), ainsi que par les groupes environnementalistes.

Le discours s’attarde sur le besoin de réconciliation avec les Premières Nations. Il promet d’indemniser «équitablement et en temps opportun» tous ceux qui ont été «blessés par le système d’aide à l’enfance». Il n’annonce cependant pas l’abandon de l’appel de la cause qui est devant les tribunaux, abandon réclamé par les néo-démocrates.

Le NPD trouve toutefois dans les pages de ce discours un engagement clair pour la mise sur pied d’une assurance médicaments. Il y a même là une ouverture pour un possible régime universel de soins dentaires.

«Le gouvernement est réceptif aux nouvelles idées provenant de tous les parlementaires, les parties intéressées, les fonctionnaires et les Canadiens — des idées comme les soins dentaires universels méritent d’être étudiées», affirme le discours intitulé «Avancer ensemble».

«Il y a de bonnes idées dans tous les partis, et ce gouvernement est prêt à apprendre de vous et à travailler avec vous», a-t-on fait dire à Mme Payette.

À la veille du 6 décembre, le gouvernement Trudeau a cru bon souligner le 30e anniversaire de la tuerie à l’École Polytechnique. Son discours réitère donc la promesse de permettre aux villes d’interdire les armes de poing et de mettre sur pied un programme de rachat pour interdire les armes d’assaut de type militaire.

En plus de son engagement qui vise les armes à feu, engagement qui n’est attaché à aucune date précise, le gouvernement dit vouloir élaborer «un plan d’action national» pour lutter contre la violence sexiste au Canada.

La réduction d’impôt promise à «tous les Canadiens, à l’exception des plus riches», sera la première mesure prise par le gouvernement, à en croire le discours.

Politique

Dominique Anglade émouvante pour les 10 ans du séisme en Haïti [VIDÉO]

«Je suis assise quand je reçois un appel de ma sœur, et ma sœur me dit... En fait, elle est incapable de me dire qui est décédé, elle est seulement capable de me dire qui est vivant. Elle me dit, untel a survécu, untel a survécu. Et je dis : “Papa et maman?” C’est à ce moment-là que je comprends que j’ai perdu, d’un coup, mon père, ma mère, mon oncle et mon cousin.»

Rare moment d’émotion jeudi au Salon bleu de l’Assemblée nationale, lors d’une motion sur la commémoration prochaine des 10 ans du séisme en Haïti. Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre a fait plus de 200 000 morts et des centaines de milliers de blessés dans la capitale Port-au-Prince et ses environs.

En déposant une résolution parlementaire, l’ancienne ministre et députée libérale Dominique Anglade a raconté son histoire en chambre. En visite dans leur pays natal, Georges Anglade et Mireille Neptune ont péri dans l’un des séismes les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité.

C’est aussi «l’histoire de centaines de milliers de personnes, cette journée-là», a poursuivi Mme Anglade, après avoir essuyé quelques larmes, tout comme plusieurs de ses collègues députés.

«Quand je suis assise, je me dis : “Je ne sais pas comment je vais trouver la force pour me relever”. Je décide de parler à ma tante, qui vient de perdre son fils. Et ma tante me dit : “Dominique, nos morts sont morts, il va falloir qu’on les enterre. Par contre, on peut faire encore beaucoup pour les vivants”.

«Et c’est là que je prends tout le courage et la force de dire qu’on n’a pas le droit de se laisser abattre, qu’il faut vivre nos peines, qu’on est capables d’aller plus loin et de se tenir debout pour ceux qui en ont encore besoin.»

Son intervention de deux minutes a beaucoup ému les élus québécois. Les ministres du gouvernement caquiste Nadine Girault et Lionel Carmant, aussi d’origine haïtienne, ont même traversé l’enceinte des débats pour aller lui faire une accolade bien sentie.

Plus que les 35 secondes funestes de ce début d’année 2010, Mme Anglade tenait aussi à souligner «la mise sur pied d’un programme spécial de parrainage destiné aux membres des familles gravement et personnellement affectées par le séisme, programme qui a permis à plus de 5000 personnes de refaire leur vie au Québec».

Ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Girault a de son côté réitéré les liens tissés serrés entre Haïti et le Québec, fort d’une communauté haïtienne de 143 000 personnes. 

«Ce drame a été aussi québécois. Plusieurs de nos concitoyennes et concitoyens y sont décédés. Un deuil québécois aussi», a-t-elle affirmé, soulignant le décès dans le cataclysme de l’ancien parlementaire Serge Marcil.

Devoir de se souvenir

«Face à une catastrophe de cette importance, nous avons le devoir de nous souvenir. C’est au nom du gouvernement que je m’associe aujourd’hui avec tout mon cœur, tous mes sentiments et mes larmes, à cette commémoration. Malgré le temps qui passe, la douleur n’est jamais moindre. Cela dit, la meilleure des réactions dans ces circonstances est pourtant de continuer à démontrer notre solidarité sans faille avec le peuple haïtien et ses nombreux défis», a conclu Mme Girault.

Catherine Dorion, qui prenait la parole «très humblement» pour Québec solidaire, a rappelé qu’«en accueillant au Québec 8400 personnes d’origine haïtienne après le séisme, on a encore une fois fait la preuve que notre réputation de peuple accueillant n’était pas surfaite».

Mais Mme Dorion insiste sur l’importance de continuer à «accueillir à bras ouverts ceux qui en ont besoin [...] et prendre nos responsabilités face au reste du monde pour éviter d’autres catastrophes annoncées qui vont produire d’autres malheurs évitables».

Le député péquiste Joël Arseneau a aussi exprimé tout son soutien au peuple haïtien encore accablé. «Votre pays a été meurtri, mais il n’est certainement pas vaincu. Votre avenir est plein de promesses. Vous avez trop à offrir au monde pour que votre voix se taise», a terminé l’élu des Îles-de-la-Madeleine, un insulaire comme les Haïtiens.

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Politique

Le PLQ jouit d’une image positive, selon le chef intérimaire Pierre Arcand

QUÉBEC - Le Parti libéral du Québec (PLQ) jouit d’une image positive dans l’opinion publique.

C’est ce que conclut le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, à l’heure de dresser le bilan de la session parlementaire pour sa formation.

Encore secoué par la défaite historique dans son bastion de Jean-Talon lundi, le parti estime néanmoins qu’il jouit d’une perception favorable dans la population. Selon M. Arcand, elle tient notamment au bilan des gouvernements libéraux en matière de gestion et redressement de l’économie.

«On n’a pas une mauvaise image, on a une image positive, je pense, a-t-il déclaré en conférence de presse jeudi matin. Les Québécois voient en nous des gens qui sommes, lorsqu’entre autres l’économie est en difficulté, de bons gestionnaires.»

Selon lui, c’est un «point extrêmement positif». M. Arcand a dit fonder sa perception sur la campagne qu’il a faite sur le terrain pendant la complémentaire de Jean-Talon.

M. Arcand a reconnu que le PLQ devait travailler pour être «encore plus près des Québécois» et défendre la nation québécoise.

Rappelons que lundi soir, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a mis fin à plus de 50 ans de règne ininterrompu des libéraux dans Jean-Talon. La candidate libérale Gertrude Bourdon a terminé deuxième, avec 25 pour cent, tandis que la caquiste Joëlle Boutin, a raflé 43 pour cent des suffrages.

Politique

Tarifs d’Hydro: Legault dénonce «l’obstruction»

Le scénario d’un bâillon en fin de session se dessine. François Legault a déclaré mercredi être déterminé à faire adopter le projet de loi 34 sur les tarifs d’électricité avant le 1er janvier 2020.

Or, la session parlementaire se termine le vendredi 6 décembre. En mêlée de presse, le premier ministre n’a pas exclu de recourir au bâillon pour forcer l’adoption expéditive du projet de loi.

Si ce scénario se concrétise, ce serait un troisième bâillon pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) en six mois. En juin dernier, il avait adopté à toute vapeur le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État et le projet de loi 9 en immigration.

Mercredi, M. Legault a dénoncé la lenteur des travaux relativement au projet de loi 34, en affirmant que les députés avaient déjà passé plus de 100 heures à étudier seulement deux articles.

Selon lui, les libéraux font de «l’obstruction», car tout a été dit au sujet du projet de loi et il serait temps de passer au vote.

Il dit avoir calculé que les députés passent actuellement 43 pour cent plus de temps en commission parlementaire pour étudier les projets de loi que sous l’ère libérale.

«Les libéraux l’ont vu dans Jean-Talon lundi - ils doivent respecter le choix qui a été fait par les Québécois et arrêter de penser que c’est eux autres qui sont au pouvoir», a-t-il déclaré.

Pourtant plus tôt, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, n’affichait pas le même pessimisme. En mêlée de presse, il a affirmé qu’au contraire tout se passait très bien avec l’opposition.

«Je trouve qu’on a une très bonne collaboration, de très bonnes discussions.»

Le projet de loi 34 retournerait 500 millions $ aux clients d’Hydro-Québec, gèlerait les tarifs d’électricité en 2020 pour ensuite les arrimer à l’inflation dès 2021. Il affaiblirait la Régie de l’énergie en lui enlevant des pouvoirs.

Il constitue la réponse du gouvernement à l’enjeu des trop-perçus d’Hydro-Québec. Avec ce projet de loi, le gouvernement prétend redonner aux Québécois 1,5 milliard $, une affirmation contestée par pratiquement l’ensemble des groupes venus témoigner.

Des associations de consommateurs, des grands industriels, des PME, des experts, les trois partis d’opposition ainsi que quatre ex-ministres ont descendu le projet de loi en flammes dans les derniers mois.

Selon eux, les Québécois risquent non seulement de payer plus cher leur électricité, mais le projet de loi menacerait aussi les exportations d’énergie vers les États-Unis.

Politique

Macron, Johnson et Trudeau surpris semblant se moquer de Trump [VIDÉOS]

LONDRES — Justin Trudeau semble avoir maintenu intactes ses relations avec le président américain Donald Trump à l’issue du sommet de l’OTAN à Londres, malgré des commentaires du premier ministre enregistrés sur vidéo qui menaçaient d’enflammer les tensions entre les deux dirigeants.

Quatre chefs de gouvernement de pays membres de l’OTAN, dont le premier ministre Trudeau, se seraient moqués du président américain lors d’une conversation enregistrée mardi soir par une caméra de télévision dans un salon du palais de Buckingham.

Le président des États-Unis a répliqué mercredi, notamment en qualifiant M. Trudeau de visage à deux faces, tout en laissant croire qu’il ne faisait pas grand cas de cet incident. Lors d’une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel, M. Trump a ajouté qu’«honnêtement», il estimait que M. Trudeau était un «gars sympa».

«Les relations entre le président et moi-même sont très bonnes et constructives, ce qui nous a permis de protéger nos travailleurs grâce au nouvel ALENA, aux tarifs sur l’acier, que nous avons fait lever, grâce à plusieurs initiatives», a déclaré M. Trudeau. «Nous allons continuer à avoir une excellente relation.»

Les images de la BBC retransmises par le réseau anglais de Radio-Canada montrent le premier ministre britannique, Boris Johnson, qui demande au président français Emmanuel Macron : «c’est pour ça que vous êtes en retard?». M. Trudeau ajoute alors : «il est en retard parce qu’il a tenu une conférence de presse inattendue de 40 minutes». Cette remarque semblait être une référence au long échange entre MM. Trump et Trudeau devant les journalistes.

M. Trudeau a ensuite ajouté : «son entourage en était bouche bée». Le nom de Donald Trump ne semble jamais avoir été mentionné lors de cet échange auquel a aussi assisté le premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte.

Le premier ministre Trudeau a minimisé l’incident, mercredi. «Hier soir, j’ai évoqué le fait qu’il y avait eu une conférence de presse imprévue avant ma rencontre avec le président Trump et j’étais heureux d’y participer, mais c’était certainement digne de mention», a déclaré le premier ministre lors d’une conférence de presse à la clôture du sommet de l’OTAN. «Et j’ai eu un certain nombre de bonnes conversations avec le président aujourd’hui et hier.»

Politique

Élection de Joëlle Boutin dans Jean-Talon: un cadeau de fin d’année [VIDÉO]

Au lendemain de son élection comme députée de la circonscription de Jean-Talon, à Québec, l’ancienne pilote d’avion Joëlle Boutin a atterri au parlement, mardi.

«Jo-ëlle! Jo-ëlle! Jo-ëlle!» ont scandé les membres du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ), à l’entrée dans le Salon rouge de leur nouvelle collègue et 76e députée caquiste, en début d’après-midi mardi. Mme Boutin s’y est présentée accompagnée du premier ministre et chef du parti, François Legault.

Permettant un rare accès aux médias à cette réunion quotidienne de leur députation, les caquistes n’ont pas ménagé les acclamations. «Quelle belle façon de finir l’année 2019! Grâce à toi, Joëlle, je vois 75 autres personnes qui ont de l’énergie pour continuer toute l’année 2020 avec toi», a clamé un capitaine Legault triomphant devant son équipe.

«Ce n’est pas grâce à moi, c’est grâce à nous!» a rectifié la nouvelle députée, prenant la parole pour remercier ses nouveaux collègues de tous les efforts déployés durant la campagne.

«Pour moi, la politique est un sport d’équipe», a souligné Mme Boutin, en toute humilité, après avoir reçu l’accolade de plusieurs élus. Parmi lesquels le ministre Éric Caire, dont elle était la directrice de cabinet, et la vice-première ministre Geneviève Guilbault, gagnante comme elle d’une partielle à Québec (Louis-Hébert), il y a deux ans.

M. Legault a d’ailleurs rappelé l’importance de «rester humble», quelques minutes plus tard, en mêlée de presse. «Les gens de Jean-Talon ont donné leur confiance à Joëlle et à la CAQ [à plus de 43 % ]. C’est un signe de confiance envers les décisions prises depuis un an. Mais c’est très fragile, la confiance des citoyens. Il faut la gagner chaque jour et rester humble. Et je vais continuer de le répéter à mes ministres et à mes députés», a-t-il assuré.

Joëlle Boutin sera assermentée dans les prochains jours, mais ne devrait pas siéger au Salon bleu de l’Assemblée nationale avant le retour des travaux parlementaires, début février.

Écouter plus

Du côté de l’opposition, les trois partis pansent leurs plaies. Outre les libéraux (25 %), qui perdaient pour la première fois en 18 élections et 53 ans d’existence de ce comté, solidaires (17 %) et péquistes (9,3 %) ont aussi encaissé une baisse par rapport aux suffrages exprimés au même endroit 14 mois plus tôt, aux élections générales.

Le chef intérimaire du Parti libéral estime qu’après avoir perdu cette dernière circonscription rouge à l’est de Montréal, le temps est venu d’écouter les citoyens. Il s’est dit par contre toujours convaincu de l’«excellent choix» de candidate, Gertrude Bourdon ayant «fait une campagne sans faute», selon lui.

«On n’a pas écouté assez les gens. Clairement, c’est l’une des erreurs qu’on a faites. Maintenant, il faut les écouter et s’assurer de répondre à leurs besoins», analyse Pierre Arcand, ajoutant que la façon de «reconquérir ce vote» des francophones s’avère de proposer «des choses qui vont nous aider dans les régions».

Troisième lien

Chez Québec solidaire, outre la participation des jeunes trop faible, on regrette de ne «pas avoir réussi à faire du troisième lien l’enjeu de l’urne dans Jean-Talon. C’est ce qu’on a tenté de faire et on n’y est pas arrivé», a constaté le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, soulignant que 43 % pour la CAQ ne constitue «pas un consensus pour le troisième lien».

Quant au Parti québécois, Pascal Bérubé avait beau porter mardi sa cravate offerte par Régis Labeaume et brodée du bateau des armoiries de la Ville de Québec, le parti qu’il dirige par intérim a davantage pris l’eau qu’autre chose, lundi.

«Les Québécois voulaient se débarrasser des libéraux depuis un bon bout de temps et ils ont vu qu’il en restait encore un dans Jean-Talon, alors ils n’ont pas pris de chance! On savait que ce serait difficile pour nous, c’est une élection partielle qu’on n’a pas choisie. La vie continue», a résumé M. Bérubé.

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Actualités

Dominic Gagnon promet des millions

Dominic Gagnon promet de tout mettre en œuvre afin d’aller chercher des millions de dollars pour les infrastructures de Jonquière s’il est élu à titre de conseiller du district #1, lors de la partielle du 13 décembre prochain. Le chef de l’Alliance Saguenay compte bénéficier d’un nouveau programme du gouvernement pour parvenir à ses fins.

Dominic Gagnon souhaite s’attaquer à l’aménagement d’un gymnase à Lac-Kénogami et à la mise à niveau des infrastructures du Mont-Fortin. Pour ce faire, le candidat compte sur le nouveau Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives (PAFIRS) lancé par la ministre Isabelle Charest en novembre dernier. Le programme est doté d’une enveloppe de 294 M$ et vise à financer la construction, l’aménagement, la mise aux normes ou la rénovation d’installations sportives et récréatives. Il autorise une participation gouvernementale couvrant 66 % des coûts d’un projet pour un maximum de 20 M$ par projet.

Actualités

Michel Gagnon se joint à Alexis Brunelle-Duceppe

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, complète son équipe en recrutant un habitué de la scène politique dans le Haut-du-Lac. L’ancien membre de l’équipe du député défait Richard Hébert, Michel Gagnon joindra le clan bloquiste et se chargera notamment du bureau mobile qui visitera les municipalités et villes des MRC Domaine-du-Roy et Maria-Chapdelaine.

« Ça ajoute de l’expérience à l’équipe. C’est un nom qui ressortait beaucoup lorsqu’on parlait avec les élus. Il connaît beaucoup de dossiers pour l’ensemble du comté », a confié au Quotidien Alexis Brunelle-Duceppe.

Politique

Le Parti libéral rayé de la carte dans la région de Québec

Il n’y a plus aucune trace du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la région de Québec. Gertrude Bourdon n’a pas réussi à reprendre le siège dans Jean-Talon, laissé vacant par Sébastien Proulx.

Le château n’était pas si fort que ça lundi, la couleur de la circonscription a finalement changé. Mme Bourdon s’inscrit au deuxième rang avec un peu plus de 23 % des votes, derrière la gagnante caquiste Joëlle Boutin.

«Ce n’est pas juste de gagner qui compte, c’est de se battre. […] On ne perd jamais en politique, parce qu’on apprend beaucoup. J’ai le sentiment du devoir accompli et c’est gratifiant», a lancé l’ancienne directrice générale du CHU de Québec, qui s’est pointé le bout du nez dans son rassemblement vers 21h30. 

C’est une Gertrude Bourdon émue qui s’est adressée aux partisans. Elle a remercié tous ses proches et l’équipe libérale pour leur implication dans sa campagne. 

«Je veux dire un immense merci à tous les électeurs, tous les citoyens de Jean-Talon qui ont cru en moi […] À vous tous et toutes, je vous dis à la prochaine!»

À LIRE AUSSI: La chronique de Jean-Marc Salvet: Le cadeau de Noël de la CAQ

La circonscription de Jean-Talon est de couleur rouge depuis 1966. Lors des dernières élections partielles, le PLQ avait conservé son siège sans problème. Yves Bolduc avait pris le relais de Philippe Couillard en 2008, pour ensuite laisser sa place à Sébastien Proulx en 2015. 

Après avoir résisté à la vague bleue l’an dernier et remporté son siège avec 32,58 % des voix, M. Proulx a démissionné au mois d’août. Cette fois, la popularité du parti dans Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge n’aura pas suffi. 

«Malgré tout, nous sommes très heureux de voir un travail accompli de façon exceptionnelle», a exprimé le chef par intérim du PLQ, Paul Arcand.

Ce dernier a rendu hommage à sa candidate «modèle», qui aurait fait une campagne «sans faute». 

«Nous savions que cette lutte serait une lutte difficile, sauf que nous nous sommes bien battus. Les citoyens ont fait leur choix, et nous le respectons», a ajouté M. Arcand. 

Aux élections générales de l’an dernier, Mme Bourdon s’était glissée au troisième rang des résultats dans Jean-Lesage, avec 17,92 % du vote. 

«Plus unis que jamais»

La majorité des députés libéraux sont venus à Québec lundi, afin de soutenir leur candidate. Tandis que plusieurs ont observé le dépouillement du rassemblement libéral, d’autres sont demeurés aux côtés de Mme Bourdon jusqu’à la fin de la soirée, tels que Pierre Arcand et Enrico Ciccone. Parmi les têtes connues, on a pu voir Lise Thériault, Dominique Anglade, Hélène David ou Isabelle Melançon. 

L’équipe regardait les résultats avec excitation et intérêt, tout au long de la soirée, Québec Solidaire leur a fait retenir leur souffle. Le deuxième étage du restaurant Les 3 Brasseurs de la Place Sainte-Foy était plein. 

«Cette campagne nous aura permis à nous tous de nous rapprocher et être encore plus unis que jamais. Nous allons travailler fort pour regagner le cœur des Québécois et des Québécoises», a aussi dit M. Arcand, tout aussi ému que sa candidate et son «député parrain», M. Ciccone.

La dernière fois que les libéraux ont eu chaud dans Jean-Talon remonte à 1998, alors que Margaret F. Delisle l’avait emporté avec seulement 156 voix d’avance. 

Il s’agit du troisième siège que le PLQ perd aux mains de la Coalition Avenir Québec (CAQ) lors d’une élection partielle. Geneviève Guilbault a notamment pris les commandes de Louis-Hébert en 2017. Les députés libéraux se trouvent maintenant seulement dans la région de Montréal et celle de l’Outaouais.

Solidaires: bons troisièmes

Québec Solidaire (QS) et le PLQ se sont échangé la deuxième place à plusieurs moments pendant la soirée. 

En 2018, QS avait récolté 19,18 % des votes dans Jean-Talon, avec Patrick Provost comme candidat. Pour cette élection partielle, Olivier Bolduc a frappé avec environ 18 % des votes.

«Je ne baisserai jamais les bras. À 2022, les amis», a laissé savoir le candidat devant tous les solidaires rassemblés à La Voix Maltée.

Ce que QS retient, c’est la chute du PLQ et celle du Parti québécois, alors que leur parti conserve ses chiffres et sa popularité. Ce résultat bien que décevant fait sourire les solidaires pour 2022. Manon Massé était d’ailleurs à Québec lundi pour motiver les troupes et supporter son candidat. 

Des «embûches bureaucratiques majeures» rencontrées par les jeunes pour s’inscrire ont rendu la campagne plus difficile pour QS, selon Gabriel Nadeau Dubois. Il déplore entre autres qu’il n’y ait pas de bureaux de vote sur les campus lors d’élection partielle. 

Olivier Bolduc juge que ces «embûches» représentent une entrave à la démocratie. «Pour créer la surprise, il aurait fallu un vote fort chez les jeunes», a conclu Gabriel Nadeau-Dubois.

Politique

Trudeau au sommet de l’OTAN pour rappeler les contributions du Canada

LONDRES — Justin Trudeau cherchera à éviter les questions relatives aux dépenses militaires canadiennes lorsqu’il rencontrera ses homologues de l’OTAN, à compter de mardi, en soulignant les nombreuses autres contributions du Canada à l’alliance militaire.

Les dirigeants des 29 États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont commencé à gagner Londres pour souligner le 70e anniversaire de l’«Alliance atlantique», créée au début de la guerre froide pour défendre l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest contre l’Union soviétique.

Plus récemment, l’OTAN a déployé des troupes en Afghanistan, renversé le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, patrouillé au large de la Corne de l’Afrique pour lutter contre les pirates maritimes et mis en place une ligne de défense en Europe de l’Est contre les agressions russes. Le Canada a participé à tous ces efforts et à bien d’autres, notamment en dirigeant une mission de formation militaire de l’OTAN en Irak et en fournissant des avions de combat pour patrouiller l’espace aérien roumain et des frégates pour patrouiller en Méditerranée et en mer Noire.

Le premier ministre Trudeau rappellera ces contributions à toutes les occasions, cette semaine, en commençant par une rencontre avec son homologue néerlandais, mardi, avant que les dirigeants se réunissent officiellement à huis clos mercredi pour discuter de l’avenir de l’OTAN.

«Nous allons parler de ce que nous faisons déjà et de la raison pour laquelle ces choses comptent et pourquoi les contributions que nous apportons sont réelles et concrètes», déclarait un haut responsable gouvernemental lors d’une réunion de breffage vendredi dernier à Ottawa.

Le Canada sera toutefois sur la défensive, alors qu’il fait face à la pression de l’OTAN et des États-Unis pour augmenter ses budgets militaires. Tous les membres de l’OTAN avaient convenu en 2014 de consacrer à la défense 2,0 % de leur produit intérieur brut (PIB) d’ici 2024. Pourtant, le Canada devrait consacrer cette année environ 1,31 pour cent de son PIB à la défense, pour la deuxième année consécutive. Il figure toujours dans la moitié inférieure des membres de l’alliance, à la 20e place sur 29 pays.

Le Canada, un pays sérieux?

Les dépenses militaires du Canada devraient atteindre 1,4 pour cent du PIB en 2024-2025, même si le président américain, Donald Trump, presse Ottawa de faire davantage sa part. Le haut responsable du gouvernement rencontré vendredi n’a pas précisé si la Maison-Blanche avait envoyé une nouvelle lettre à Ottawa avant le sommet de cette semaine à Londres. «Mais je dirai que nos investissements dans l’armée et nos contributions à l’OTAN sont importants et que nous le préciserons très clairement et que nous continuerons à le dire chaque fois que ce type de questions sera soulevé», a déclaré le responsable.

De tels arguments sont peu susceptibles d’influencer M. Trump ou d’autres alliés de l’OTAN qui contribuent davantage. Le risque, c’est qu’à un moment donné, les États-Unis ne considèrent plus le Canada comme un pays sérieux en matière de défense et commencent à poser des gestes unilatéraux pour protéger l’Arctique, la frontière canado-américaine ou d’autres zones de préoccupation partagée - avec leurs propres militaires, selon leurs propres conditions.

L’OTAN elle-même a fait face elle aussi à des pressions ces dernières années, alors que les pays membres se demandaient comment traiter la Russie et la Chine, et que le président Trump soulevait des questions sur l’engagement de Washington à l’égard de l’alliance militaire.

«Mort cérébrale de l’OTAN»

Le mois dernier, le président français, Emmanuel Macron, a lancé un pavé dans la mare lorsqu’il a laissé tomber en entrevue qu’«on est en train de vivre la mort cérébrale de l’OTAN», en raison d’un manque de coordination et de communication entre ses membres. Il citait en particulier le retrait militaire américain du nord-est de la Syrie et l’invasion ultérieure de la région par la Turquie - sans aucune consultation avec les autres membres de l’OTAN.

M. Trudeau ne devrait par ailleurs faire aucune annonce au sommet de l’OTAN avant son retour au Canada, mercredi soir, juste à temps pour la reprise des travaux au Parlement jeudi. Le premier ministre cherchera plutôt à souligner l’importance de l’Alliance atlantique, considérée comme essentielle pour assurer la paix, la sécurité et une prospérité relatives en Amérique du Nord et en Europe occidentale depuis la fin de la guerre froide.

Politique

Premiers ministres provinciaux: quatre priorités, mais pas sur les changements climatiques

MISSISSAUGA — Les premiers ministres des provinces et des territoires ont réussi à s’entendre lundi pour inviter leur homologue fédéral Justin Trudeau à discuter avec eux de quatre grandes priorités en début d’année prochaine.

La crise climatique ne figure pas parmi ces grands enjeux. Les premiers ministres s’étaient en quelque sorte engagés à ressortir unis de ce sommet tenu en banlieue de Toronto, ce qui fait qu’ils ont préféré passer sous silence les sujets plus délicats.

La rencontre avait été organisée pour solutionner les clivages régionaux surgis lors des dernières élections fédérales — principalement répondre à la colère de l’Alberta, qui réclame davantage de pipelines pour exporter son pétrole et demande une réforme du programme fédéral de péréquation.

Plaidoyers pour le pétrole

La conférence de presse qui a suivi la rencontre a donné lieu à plusieurs plaidoyers des premiers ministres pour exporter le pétrole et le gaz naturel du Canada à l’étranger.

Réunis à Mississauga, les premiers ministres ont convenu de quatre priorités : la compétitivité économique, le programme de stabilisation fiscale, les soins de santé et infrastructures, et enfin, les priorités nordiques.

La question des bouleversements du climat n’est abordée que dans cet enjeu des priorités nordiques, où on évoque des mesures pour combattre «les changements environnementaux rapides observés dans le Nord», les atténuer et s’y adapter.

Dans une lettre commune, ils invitent le premier ministre Justin Trudeau à une réunion au début de 2020 afin d’aborder ces priorités.

Sur l’enjeu de la compétitivité, les provinces veulent «poursuivre l’exploitation des ressources naturelles de manière responsable pour assurer un accès aux marchés pour les produits canadiens, dont les méthodes de production figurent parmi les plus durables et les plus éthiques au monde».

Elles exigent également une seule évaluation environnementale provinciale par projet, plutôt qu’une évaluation environnementale fédérale obligatoire.

«Assis sur des barils»

Le premier ministre albertain Jason Kenney a fait abondamment écho à ces enjeux. Le Canada est assis sur des centaines de milliards de barils de pétrole dont la vente à l’étranger pourrait financer les services sociaux.

«Le reste du monde ferait tout pour avoir ces ressources, a-t-il déclaré. Soit on trouve les moyens de les exporter [avec des pipelines] soit on abandonne les marchés aux Saoudiens, les dictatures de l’OPEP et la Russie de Vladimir Poutine, où les règles environnementales sont inférieures et les droits de la personne ne sont pas respectés.»

Chaque unité de gaz naturel liquéfié (GNL) exportée à l’étranger contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre ailleurs dans le monde, a assuré M. Kenney.

Il a d’ailleurs ajouté qu’il continuait à travailler avec le premier ministre François Legault pour l’exportation du gaz naturel liquéfié.

En effet, un projet de pipeline, d’usine de GNL et de port pour l’exportation est en gestation au port de Grande-Anse à Saguenay.

Politique

Carles Puigdemont écrit une lettre ouverte aux Québécois

L’ancien président de la Catalogne Carles Puigdemont signe une lettre ouverte adressée aux Québécois. Dans cette missive, Carles Puigdemont remercie la population du Québec pour sa solidarité à l’égard des Catalans, mais dénonce aussi la position d’Ottawa qui refuse de lui accorder une autorisation de voyage lui permettant de venir au Québec.

Dans la lettre ouverte qui a été envoyée aux médias par l’entremise de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Carles Puigdemont remercie les Québécois, qui n’ont pas «fléchi» devant la «l’arsenal répressif déployé par l’État espagnol dans la foulée du référendum de 2017» et devant «la violence inouïe des institutions policières et judiciaires» espagnole.

«J’ai bien pris note, non sans émotion, des résolutions unanimes de votre Assemblée nationale ainsi que de la mobilisation vigoureuse de vos organisations citoyennes en appui aux principes de justice et de démocratie que nous travaillons à faire respecter de ce côté-ci de l’Atlantique», a écrit l’ancien président de la Catalogne.

Carles Puigdemont souhaite visiter le Canada, et particulièrement le Québec, afin de rencontrer les parlementaires québécois dont certains sont solidaires à la cause indépendantiste catalane.

Refus du Canada

L’ancien président de la Catalogne, poussé à l’exil par des accusations de sédition et de détournement de fonds publics déposées contre lui par le gouvernement espagnol, conteste le refus d’Immigration Canada de lui accorder une autorisation de voyage électronique lui permettant de venir au Québec.

Carles Puigdemont a écrit qu’il était «perplexe» vis-à-vis les réticences d’Ottawa à lui permettre de visiter la province.

«Je ne m’attendais pas à ce traitement qui me surprend, sachant qu’entretemps il m’a été possible, par exemple, de circuler librement dans plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni. J’aurais cru que le Canada, qui a toujours joui d’une grande aura d’exemplarité à l’international, se montrerait plus accueillant à mon endroit.»

Il se dit également préoccupé qu’Ottawa semble accréditer la «thèse dangereuse», selon laquelle «la participation d’un élu à la tenue d’un référendum d’autodétermination puisse être légitimement passible de condamnations criminelles».

Dans sa lettre, Carles Puigdemont trace «certains parallèles» entre le parcours historique du Québec et celui de la Catalogne.

«Ainsi, l’assimilation linguistique et culturelle, la répression militaire et policière, les diktats politiques et constitutionnels imposés d’en haut, etc., sont autant de phénomènes qui ne nous sont guère étrangers» a-t-il écrit.

«Or, les peuples, comme les individus, ont le droit inaliénable au respect de leur dignité, de leur volonté, de leur liberté. C’est là un combat juste et nécessaire qui s’ancre dans les fondements de notre civilisation» a-t-il ajouté.

Carles Puigdemont a mentionné qu’il éprouvait beaucoup de solidarité «à l’égard des combats» des Québécois et qu’il «demeure également un observateur attentif des discussions sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec».

Le 130e Président de la Catalogne président de la Catalogne a terminé sa lettre en citant le poète Gaston Miron:

«Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver, il n’est pas question de laisser tomber nos espérances».

Réagissant à la lettre de Carles Puigdemont, le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Maxime Laporte, s’est attaqué au premier ministre du Canada.

«Le Canada devrait avoir honte de traiter en criminel ce grand démocrate qui n’a fait que convier son peuple, le peuple catalan, à choisir son destin. Cela vaut aussi, bien entendu, pour ses compatriotes condamnés à des peines insensées pouvant aller jusqu’à 13 ans de prison. Justin Trudeau est-il vraiment à l’aise avec cette situation ? Entend-il sérieusement continuer à avaler sans broncher les couleuvres espagnoles ? Pour reprendre le vocabulaire de son père : le Canada serait-il donc dirigé par un pleutre ?» a écrit Maxime Laporte dans un courriel qui accompagnait la lettre de Carles Puigdemont.

M. Puigdemont avait appris en octobre dernier qu’un agent d’immigration au bureau de Paris avait rejeté sa demande d’autorisation de voyage électronique (AVE), et ce, en raison des accusations portées contre lui par le gouvernement espagnol à la suite du référendum sur l’indépendance de la Catalogne en 2017, référendum que l’Espagne a toujours considéré comme étant illégal.

Bien qu’aucun visa ne soit nécessaire pour les voyageurs européens voulant venir au Canada, une autorisation de voyage électronique est requise depuis quelques années.

Politique

Rencontre des premiers ministres: les provinces auront fort à faire pour s'unir

MISSISSAUGA — Convoqués à une «rencontre d'urgence» par leur collègue de l'Ontario, Doug Ford, lundi, les premiers ministres des provinces auront fort à faire pour afficher leur unité et exaucer le vœu de François Legault d'en arriver à un front commun.

Les priorités et les enjeux des différentes provinces sont nombreux à ce sommet qui se tiendra dans un hôtel de Mississauga, en banlieue de Toronto, en plus de la laïcité du Québec qui met le feu aux poudres ailleurs au pays.

Politique

Popularité: le jour et la nuit entre Legault et Kenney

OTTAWA — C'est le jour et la nuit entre François Legault et Jason Kenney au chapitre de leur popularité personnelle dans leur province respective, si on se fie aux résultats d'un sondage Léger mené pour La Presse canadienne.

D'un côté, 65 % des répondants québécois ont une opinion favorable de leur premier ministre. A contrario, le premier ministre de l'Alberta n'obtient un avis favorable que chez 42 % des répondants de sa province. En fait, 50 % des répondants albertains ont exprimé une opinion négative de leur chef de gouvernement.

Politique

Vente d’électricité à l’Ontario: Doug Ford ferme la porte au Québec

MISSISSAUGA — Le premier ministre François Legault a beau être un «excellent vendeur», l’Ontario n’achètera pas davantage d’électricité du Québec.

M. Legault a tenté une autre fois de convaincre l’Ontario, mais la porte est fermée «actuellement», selon ce qu’a laissé entendre dimanche son homologue Doug Ford, à Mississauga, dans la région de Toronto.

Il s’est exprimé à ce sujet en marge d’une conférence de presse, où il a annoncé qu’il allait miser sur de petits réacteurs nucléaires modulaires, en collaboration avec les premiers ministres Scott Moe, de Saskatchewan, et Blair Higgs, du Nouveau-Brunswick.

M. Ford a confirmé qu’il a encore parlé d’hydro-électricité lors d’un souper avec M. Legault, vendredi soir à Montréal.

«Bien sûr, il a essayé de me vendre de l’énergie toute la soirée, et il a fait de l’excellent travail», a-t-il commenté en conférence de presse juste avant un souper de tous les premiers ministres des provinces dimanche soir. Ce souper précède un sommet de tous les premiers ministres lundi à Mississauga.

Mais selon M. Ford, le problème est que sa province est en surplus énergétique et non en déficit.

Le premier ministre caquiste essaie de vendre les surplus d’Hydro-Québec à l’Ontario depuis son arrivée au pouvoir l’an dernier, mais son homologue est toujours resté réservé.

En réponse à une question d’un journaliste à savoir si la porte était fermée quant à une entente sur des achats d’électricité du Québec, M. Ford a répondu: «Actuellement, oui.»

M. Legault et son voisin de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, qui lui aussi veut exporter de l’hydro-électricité, sont d’«excellents vendeurs qui n’abandonnent pas», a commenté M. Ford.

À son arrivée au souper dans un restaurant d’Etobicoke, en banlieue de Toronto, M. Legault a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Le Québec et l’Ontario échangent déjà de l’électricité lors de périodes de pointe. Des ententes ont été conclues en 2014 et 2016.

Centrales nucléaires

Toutefois, le gouvernement caquiste souhaitait écouler encore davantage ses surplus vers le voisin ontarien. L’Ontario doit entreprendre la rénovation à coups de milliards de dollars de ses centrales nucléaires, alors M. Legault estimait qu’il serait plus avantageux pour son partenaire d’acheter l’énergie québécoise.

Or le gouvernement ontarien a fait savoir qu’il préférait investir dans son expertise nucléaire et les emplois que vont créer ces chantiers.

Politique

Congés d’adoption: la «méconnaissance» de Québec décriée

La «méconnaissance» du gouvernement est la seule hypothèse avancée par les organismes œuvrant dans le milieu de l’adoption pour expliquer son projet de loi sur le Régime québécois de l’assurance parentale.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a présenté plus tôt cette semaine le projet de loi 51, qui bonifie le nombre de semaines de congé parental des familles adoptives, sans toutefois le porter à égalité avec celui des familles biologiques — contrairement à ce qui avait été promis par la Coalition avenir Québec (CAQ).

La nouvelle a été très mal reçue par la Fédération des parents adoptants du Québec (FPAQ), qui a réuni cinq autres organismes du milieu pour faire front commun contre le projet de loi. Ils dénoncent le maintien d’une discrimination à l’endroit des enfants adoptifs, qui peuvent pourtant demander beaucoup de temps afin de surmonter leur sentiment d’abandon et tisser des liens forts avec leurs parents adoptifs.

La porte-parole péquiste en matière de famille, Véronique Hivon, s’est jointe à eux en conférence de presse dimanche.

«C’est un choc brutal pour les parents adoptants de voir à quel point il y a une méconnaissance de la part des décideurs, relève-t-elle. Ça ne peut pas être une question de coûts. C’est extrêmement modeste.»

Véronique Hivon estime qu’une uniformisation des congés entre parents biologiques et adoptifs coûterait approximativement entre 4 et 5 millions $ par année, tandis que le budget du Régime québécois de l’assurance parentale s’élève à près de 2 milliards $.

L’ensemble des familles adoptives ont présentement droit à 37 semaines de prestations partageables entre les parents, tandis que les familles biologiques ont droit à 55 semaines, soit 32 semaines de congé parental, en plus de 18 semaines de maternité et de cinq de paternité.

La CAQ s’était engagée à combler cet écart en campagne électorale. Or, en vertu du projet de loi 51, les familles adoptives auraient maintenant droit à un total de 42 semaines de congé, soit 32 semaines de prestations partageables, et chacun des parents bénéficierait de cinq semaines de prestations exclusives, pour un total de 42 semaines.

La codirectrice de l’organisme RAIS Ressource Adoption, Maritza Bossé-Pelchat, estime que la présence des parents pendant au moins un an représente un «droit, pas un luxe» pour les enfants adoptifs.

«L’adoption, ce n’est pas magique. Ce n’est pas juste le fait de réunir des adultes et un enfant. Ça va au-delà de ça. Il y a des traumatismes à guérir, une confiance à développer. Eh oui, ça prend du temps», explique celle qui a elle-même été adoptée de République dominicaine.

Bon nombre des intervenants réunis dimanche s’entendaient pour dire que les familles adoptives pourraient même réclamer des congés encore plus longs, étant donné les défis associés à l’arrivée d’un enfant déjà fragilisé qui doit faire de nouvelles racines.

«Nouvelle couche d’injustice»

Le projet de loi 51 favorise également les parents adoptant à l’extérieur du Québec, qui auraient chacun droit à cinq semaines supplémentaires s’ils sont appelés à séjourner à l’étranger.

Martin Simard et Annie Fillion s’expliquent mal cette distinction opérée par le gouvernement. Ils disent incarner l’«exemple parfait» pour mettre en lumière l’incohérence de ce nouveau critère, ayant eux-mêmes adopté un enfant en Thaïlande et un autre au Québec.

«C’est notre plus jeune, qui a été adopté ici, qui a eu de plus grands défis d’adaptation et d’attachement, souligne Martin Simard. L’abandon, ça n’a pas de frontières.»

Les six organismes du front commun avouent avoir été pris de court par ce traitement différencié entre les familles adoptant à l’international ou dans la province, qu’ils perçoivent comme une discrimination supplémentaire envers les enfants adoptés au Québec.

Comparaisons contestées

Le ministre Boulet a défendu le maintien d’un écart entre les familles adoptives et biologiques en affirmant qu’il ne faut pas sous-estimer «les effets physiologiques d’une grossesse et d’un accouchement».

Annie Fillion, maman et vice-présidente de la FPAQ, raconte que l’adoption de son premier garçon a pourtant eu des impacts bien réels sur son corps, comme une dépression à son retour d’Asie.

«Ce ne sont pas les hormones post-partum, mais c’est toute l’adrénaline qu’on vit pendant la préparation, l’attente, le voyage, fait-elle valoir. On ne l’a pas eu dans notre ventre, mais ça demande autant d’adaptation pour nous et encore plus pour l’enfant.»

Véronique Hivon, elle-même mère adoptive, déplore que le gouvernement mette ces diverses réalités en opposition : «Est-ce qu’on peut arrêter de segmenter et d’essayer de comparer quelle situation est la plus difficile? Est-ce qu’on peut tous partir des besoins des enfants et les mettre sur un pied d’égalité?»

Selon ses chiffres, environ 400 adoptions ont été réalisées par des familles québécoises l’an dernier, dont une majorité au sein même de la province.

Politique

Sur le radar cette semaine

Que nous réserve l’actualité cette semaine? L’équipe de Sur le radar se penche sur la question.

Jean-Talon

La Coalition avenir Québec semble bien placée pour enlever la forteresse libérale de Jean-Talon à l’occasion de l’élection partielle de lundi. En octobre 2018, le libéral Sébastien Proulx ne l’avait emporté que par 1363 voix devant la caquiste Joelle Boutin, qui est de nouveau candidate.

Conseil de la fédération

Le premier ministre québécois François Legault rencontrera lundi ses homologues des autres provinces et territoires à l’occasion de la rencontre du Conseil de la fédération qui se déroulera à Toronto. La Loi québécoise sur la laïcité de l’État pourrait susciter des tensions.

Sommet de l’OTAN

Justin Trudeau s’envolera lundi pour Londres où il participera du 2 au 4 décembre au Sommet de l’OTAN.

Sexualité non désirée

Statistique Canada rendra publique jeudi une étude sur la violence fondée sur le sexe et les comportements sexuels non désirés.

Communes

La Chambre des communes reprendra jeudi ses travaux. Les élus tenteront d’élire un président dans un premier temps, et si le temps le permet, ils écouteront le discours du Trône.  

Politique

Andrew Scheer lance un appel à l’unité alors que son leadership est contesté

CALGARY — Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer a lancé un appel à l’unité au sein de ses troupes au moment où la division est de plus en plus perceptible parmi ceux qui lui imputent la défaite électorale du 21 octobre dernier.

Il a tenté de minimiser la grogne au sein du parti en affirmant que les dissidents ne représentaient qu’une minorité d’élitistes et de «bavards» qui savent qu’il ne reculera jamais dans son opposition à la taxe sur les émissions de carbone.

«Ils pensent que ce dont le Canada a besoin est un second Parti libéral, a-t-il déclaré au cours d’un discours prononcé tard vendredi soir lors de l’assemblée générale annuelle du Parti conservateur uni de l’Alberta. Vous avez peut-être entendu dire que certains d’entre eux veulent me voir partir parce qu’ils savent que jamais je n’appuierai “cette taxe”.»

M. Scheer a mis les conservateurs en garde contre la tentation d’écouter ceux qui veulent transformer le prochain congrès de la formation, en avril, en une arène politique pour vider une querelle interne.

«Quand nous nous sommes préoccupés de nos différences plutôt que de nos objectifs communs pour un Canada fort et uni, par le passé, nous nous sommes privés nous-même de la victoire», a-t-il déclaré.

Revoir les priorités

Les électeurs ont reporté en octobre au pouvoir les libéraux, mais minoritaires. La troupe de Justin Tudeau n’est pas parvenue à faire élire un seul député en Alberta et en Saskatchewan, deux provinces où la grogne contre la taxe sur les émissions de carbone est importante.

M. Scheer s’est dit déçu des résultats des dernières élections fédérales, mais il assure être à l’écoute des militants de son parti afin de déterminer les améliorations à apporter en vue du prochain scrutin.

Plus tôt dans la journée, le député et ancien ministre Ed Fast a affirmé qu’il avait renoncé à occuper un poste au sein du cabinet fantôme d’Andrew Scheer parce qu’il estime que le chef de l’Opposition officielle à Ottawa a besoin d’être entouré par des députés qui appuient son leadership.

Le député conservateur de la Colombie-Britannique ne s’est pas caché pour exprimer sa frustration face à la politique de son parti face aux changements climatiques, soulignant que la plupart des électeurs qu’il avait rencontrés ne savaient même pas que les conservateurs en avaient une.

Politique

Le ministre Lacombe veut «faire le ménage» dans les garderies non subventionnées

MONTRÉAL — Le ministre québécois de la Famille, Mathieu Lacombe, a confirmé samedi son intention de convertir certaines garderies privées non subventionnées en établissements subventionnés afin de «faire le ménage» dans un réseau qui s’est selon lui développé de manière «sauvage».

Prenant la parole lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI), le ministre a adressé la grogne parmi certains propriétaires, éducatrices et parents qui se disent laissés-pour-compte.

Ces derniers dénoncent un clivage insoutenable avec les services de garde subventionnés en raison de leur retour au tarif unique annoncé plus tôt ce mois-ci.

Lors de sa mise à jour économique, le ministre des Finances, Éric Girard, a décrété la fin de la modulation des tarifs. Les parents paient dorénavant 8,25 $ par jour, sans avoir à verser la contribution additionnelle en fonction du revenu familial imposée par le gouvernement de Philippe Couillard.

Or, aucun allègement financier n’a été annoncé pour les parents dont les enfants fréquentent les services de garde non subventionnés. Ceux-ci assument des coûts plus élevés et bénéficient en contrepartie d’un crédit d’impôt. Certains des parents s’étant déplacés samedi pour entendre le ministre ont dit payer un tarif quotidien allant jusqu’à 50 $ pour leurs tout-petits.

«Pris avec avec ça»

«Ce n’est pas le gouvernement actuel qui est responsable de l’iniquité. On est pris avec ça. Il faut faire du ménage dans le réseau», leur a répondu le ministre Lacombe.

Brigitte Cardinal se dit «prise en otage», faute de places disponibles du côté subventionné. Cette mère de famille de la Montérégie souligne que contrairement au fait de se faire soigner au privé ou d’envoyer ses enfants à l’école privée, on ne lui a laissé aucun choix dans le cas des services de garde.

«On est obligés d’aller au privé, donc on paie la totale, souligne-t-elle. Il faut qu’ils trouvent une solution à court terme.»

La solution préconisée par le ministre est la mise sur pied d’un «projet-pilote historique» pour convertir certaines garderies non subventionnées et ainsi éviter d’alourdir un réseau déjà «très éclaté».

Les critères pour les établissements souhaitant participer à ce projet-pilote font toujours l’objet de discussions avec l’AGNSI. Le ministre a indiqué qu’il pourrait notamment tenir compte de l’ancienneté des garderies et de l’équité entre les régions, tout en privilégiant les milieux défavorisés.

Le ministre ne s’est avancé ni sur le nombre de garderies ciblées ni sur un échéancier précis pour leur conversion.

«On ne se met pas de pression avec les dates parce qu’on travaille avec les associations, mais je suis confiant qu’on sera capable de lancer un appel de projet en 2020», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Risques de faillites

La directrice générale de l’Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI), Suzanne Gagnon, s’inquiète pour le sort des garderies qui ne seront pas retenues dans le projet-pilote.

«Il ne faut pas non plus les mettre en péril», plaide-t-elle, en faisant valoir que la menace de faillite est bien réelle.

Mme Gagnon souligne que les gouvernements précédents avaient largement misé sur le secteur privé pour créer de nouvelles places.

«Du jour au lendemain, on n’est plus une solution», relève-t-elle.

Selon les données du ministère de la Famille, le nombre de places en garderie non subventionnée est passé d’environ 4800 à 67 200 en l’espace de seulement dix ans.

Mme Gagnon souhaite que l’ensemble de ces places non subventionnées soient converties d’ici trois ans et que les remboursements anticipés pour les parents soient rehaussés durant cette période transitoire.

Selon le ministre Lacombe, les crédits d’impôt accordés à ces familles coûtent actuellement plus de 800 millions $ par année au trésor québécois.

Politique

Legault et Ford s'entretiennent avant le sommet des premiers ministres

MONTRÉAL — Le premier ministre François Legault a rencontré son homologue de l'Ontario, Doug Ford, vendredi soir, quelques jours avant la réunion de tous les dirigeants provinciaux à Toronto.

Leur entretien n'était pas ouvert aux médias, mais les premiers ministres ont publié une déclaration commune à l'issue de leur tête-à-tête lors d'un souper à Montréal.

Le communiqué indique qu'ils ont discuté d'immigration économique, du financement des services de santé et de libre-échange.

«Le Québec et l'Ontario doivent tous deux accueillir un plus grand nombre d'immigrantes et immigrants économiques pour combler leurs lacunes en matière d'emploi et faire en sorte que les entreprises de toutes les régions aient accès à la main-d'oeuvre talentueuse dont elles ont besoin pour croître et réussir, peut-on lire. Nous demandons au gouvernement fédéral de veiller à ce que notre système d'immigration soit souple et adapté à ces besoins.»

Ils ont également réitéré leurs demandes pour une augmentation annuelle de 5,2 pour cent des transferts fédéraux en santé et pour une ratification rapide de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique.

Avant leur rencontre, M. Ford avait affirmé qu'ils discuteraient de sujets sur lesquels ils peuvent s'entendre, ce qui signifie qu'ils comptaient éviter la question épineuse de la loi sur la laïcité.

Le gouvernement progressiste-conservateur de M. Ford a soutenu cette semaine une motion du NPD à l'Assemblée législative condamnant la loi controversée.

Une porte-parole de M. Ford avait précisé que le premier ministre envisageait aussi de soulever des questions relatives à l'unité nationale et aux infrastructures.

M. Ford avait plaisanté sur le fait que le sujet de l'énergie allait probablement être abordé aussi, puisque M. Legault essaie toujours d'en vendre à l'Ontario.

Politique

Legault brandit la loi spéciale: les médecins de famille perplexes

Les médecins de famille restent perplexes devant la menace d’une loi spéciale qu’a brandie sans avertissement François Legault lors d’une entrevue télévisée.

Le premier ministre accordait une entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir, à Radio-Canada, lorsqu’il a lancé cette nouvelle salve. C’était la première fois qu’il prononçait les mots «loi spéciale» en lien avec les médecins de famille.

Il avait fait planer la même menace plus tôt cet automne sur les médecins spécialistes, qui sont appelés à réduire leur enveloppe de rémunération. Les deux parties ont finalement conclu une entente de principe dans les derniers jours.

Dans le cas des médecins de famille, M. Legault dit vouloir les «responsabiliser» en changeant leur mode de rémunération pour qu’ils soient rémunérés en fonction du nombre de patients pris en charge, plutôt qu’en fonction des actes médicaux posés.

«Ça n’a pas de bon sens que des médecins de famille travaillent quatre ou cinq jours par semaine et laissent les patients orphelins le soir et la fin de semaine, a-t-il déclaré en entrevue. Si c’est nécessaire, il y aura une loi spéciale.»

Les membres de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) sont «tombés en bas de leurs chaises» en entendant cela, a relaté vendredi le porte-parole de la fédération, Jean-Pierre Dion, en entrevue à La Presse canadienne.

«On ne voit absolument rien qui pourrait justifier une loi spéciale à court ou moyen terme», a-t-il affirmé, en déplorant «l’impatience» de M. Legault.

Les négociations vont pourtant «très bien» entre la FMOQ et le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a assuré M. Dion. «C’est clair qu’on tombe des nues et ça nous laisse perplexes.»

Il n’était «pas nécessaire», selon lui, de brandir cette menace, alors qu’il est bien connu que les médecins sont «ouverts» à revoir le mode de rémunération et à conclure les travaux en ce sens dès la fin-janvier, début-février.

Entre-temps, la FMOQ dit vouloir bien faire les choses. Elle met en garde le gouvernement Legault contre de possibles «effets pervers» ou difficultés d’application : par exemple, comment organiser la rémunération lorsqu’un médecin voit les patients d’un collègue en son absence?

Des préjugés

La fédération s’insurge contre ce qu’elle perçoit être une «stratégie de négociation» de M. Legault, et contre sa déclaration selon laquelle il faut «responsabiliser» les médecins.

«Il y a 50 supercliniques au Québec qui sont ouvertes sept jours sur sept, 12 heures par jour, 300 groupes de médecins de famille [GMF] ouverts les soirs et les fins de semaine, 2500 médecins de famille qui travaillent dans les salles d’urgence, et on fait 45 % des accouchements au Québec», a dit M. Dion.

«C’est sûr que d’entendre des choses comme ça, malheureusement, c’est plus de l’ordre du préjugé que des faits. [...] Ça atteint l’émotivité des médecins, c’est compréhensible et on trouve ça plate», a-t-il renchéri.

En fin de journée vendredi, le bureau de M. Dubé s’est porté à la défense de M. Legault. «Les propos du premier ministre illustrent l’impatience du gouvernement à agir pour mettre en place une véritable prise en charge, un meilleur accès aux soins de santé, au bénéfice des patients», a écrit l’attachée de presse Myrian Marcotte dans un courriel.

Le président de la FMOQ, le docteur Louis Godin, n’était pas disponible pour accorder une entrevue à La Presse canadienne parce qu’il est en vacances à l’étranger.

Politique

Publicité manitobaine: Bérubé rappelle la pendaison de Louis Riel

Le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, n’en démord pas : le Manitoba, dont le fondateur métis a été pendu en 1885, n’a aucune leçon à donner au Québec en ce qui a trait aux droits des minorités.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale vendredi, il a invité les Manitobains à «regarder leur passé». Il réagissait une fois de plus à la publicité «21 raisons pour déménager au Manitoba» parue dans deux quotidiens jeudi et qui condamne la loi 21 sur la laïcité.

Cette loi, adoptée au Québec sous bâillon en juin dernier, interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, dont les enseignants.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a expliqué en entrevue à Radio-Canada jeudi qu’il estime que les libertés religieuses sont un enjeu canadien et qu’elles sont menacées par la loi caquiste.

Le même jour, M. Bérubé avait soutenu que le coup publicitaire du Manitoba était «opportuniste» et prédit qu’il ne fonctionnera pas. «Je suis pas mal sûr que le Québec est pas mal plus attrayant que le Manitoba», avait-il lancé.

Il en a rajouté une couche vendredi. «Brian Pallister qui vient nous faire la leçon, moi, j’ai deux mots pour lui : Louis Riel. Alors avant de nous faire la leçon, je les invite à replonger dans l’histoire», a-t-il déclaré.

Louis Riel était chef métis et fondateur du Manitoba. Il a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien dans le but de protéger les droits et la culture des Métis.

Il a été pendu pour trahison le 16 novembre 1885 à Regina, en Saskatchewan, et est enterré au cimetière de la cathédrale de Saint-Boniface, à Winnipeg. En 2007, la province a désigné un jour férié en son honneur.

«Le Canada, est-ce qu’il reconnaît Louis Riel? Est-ce qu’il reconnaît l’apport de Louis Riel? Je ne croirais pas, s’est emporté le chef péquiste. La Couronne britannique, c’est encore elle qui gouverne le Canada.»

Dans sa publicité, le Manitoba clame notamment avoir «la plus grande communauté francophone à l’ouest de l’Ontario». «Le Manitoba, en matière de protection des francophones et d’ouverture, peut regarder son passé», a renchéri Pascal Bérubé. 

Politique

DPJ: cellulaires et guerre à la paperasse pour éliminer les listes d'attente

EXCLUSIF / Le gouvernement du Québec veut éliminer d’ici un an les listes d’attente chez les directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ). Pour y arriver, le ministre implante de nouvelles mesures pour permettre aux intervenantes d’être plus efficaces, comme fournir à chacune un téléphone cellulaire ou une tablette.

Quand une travailleuse sociale perdait plusieurs heures à faire le pied de grue au tribunal, en attendant sa cause, ses autres dossiers devaient aussi souvent poireauter parce qu’elle ne disposait pas des outils nécessaires pour travailler à distance du bureau.

«On m’a beaucoup parlé de la mobilité, ç’a été cité dans toutes les régions», explique au Soleil le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant. «Les intervenantes passent beaucoup de temps au tribunal et dans leur auto. Le téléphone cellulaire et la tablette sont très importants pour faire leur travail. Même que souvent, elles utilisaient leur propre cellulaire, ce qui devient même dangereux dans certains dossiers», explique M. Carmant.

Environ 3,8 des 47 millions $ annoncés en juin pour les 19 DPJ au Québec sont attribués à l’achat de ce matériel électronique. Certaines intervenantes des DPJ, groupe à forte majorité féminine, avaient déjà ces outils de travail sous la main, mais plusieurs autres, non. Le ministre souligne que cellulaires et tablettes iront à «tous ceux chez qui c’est justifié». La distribution est déjà commencée.

Le Soleil a pris connaissance des trois grandes mesures qu’annoncera le ministre, samedi. Il tient à «envoyer un signal qu’on valorise leur travail» aux intervenantes.

Le temps de traitement ne s’exprimera plus en un nombre de journées cibles. «Le temps passé sur un dossier doit vraiment être en lien avec la complexité du dossier», souligne M. Carmant, un ancien neurologue.

«On se rend compte que les cas sont devenus plus complexes qu’avant, que c’est plus difficile comme travail que ça l’a été. Ça peut être plus long, plus court, mais il n’y a pas de chiffre fixe. Il y a un accord entre la DPJ et l’intervenant que ce dossier-là étant plus complexe, ça peut prendre plus de temps. Il faut prendre le temps de bien faire», insiste le ministre, qui en fait une consigne officielle.

Limiter la paperasse

Le troisième volet consiste en un moratoire sur les formulaires, dont il avait parlé la semaine passée. Il s’agit de limiter la paperasse pour permettre aux intervenantes de se concentrer sur l’intervention directe auprès des enfants.

«Il y a des choses aussi peu utiles à remplir pour les intervenantes que des demandes d’assurance maladie pour les jeunes ou des demandes de transport pour aller chercher le petit. Des choses que n’importe quel adjoint administratif peut remplir, pas besoin d’être travailleur social pour faire ça», constate le ministre.

Comme on compte maximiser la contribution du personnel de soutien administratif, des embauches dans les bureaux pourraient-elles devenir nécessaires? «Dans certains endroits, peut-être qu’il va falloir engager du personnel administratif. Mais à d’autres endroits, les tâches qui revenaient de façon routinière aux équipes sur le terrain peuvent être simplement transférées», affirme le ministre.

Depuis son arrivée au pouvoir, la Coalition avenir Québec a investi 65 millions $ et a ouvert 500 postes au sein des directeurs de la protection de la jeunesse. Combler ces nouveaux emplois s’est avéré plus ardu dans certaines régions pour différentes raisons, comme la Côte-Nord, la Mauricie-Centre-du-Québec et l’Estrie.

Pour la période annuelle 2018-2019, les DPJ ont reçu 105 644 signalements, soit 289 par jour. Un nombre en hausse constante.

En mai, le gouvernement de François Legault a mis sur pied la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent. Le dépôt du rapport final est attendu au plus tard le 30 novembre 2020.

Moment où le ministre Carmant veut avoir éliminé les listes d’attente. «Je maintiens ça. Et si on a besoin de faire autre chose [d’ici là], on va faire autre chose», promet-il.

Les audiences publiques de la commission Laurent s’arrêtent à Québec mardi, mercredi et jeudi prochains, au Centre des congrès. Après Sept-Îles et Montréal cet automne, la commission poursuivra sa tournée jusqu’à la fin mai, passant par Montréal, Sherbrooke, Québec, Gatineau, Saguenay et Rimouski.

Politique

Laïcité: la CAQ et le PQ répliquent aux autres provinces

La table est mise pour la rencontre des premiers ministres de lundi prochain à Toronto: le gouvernement caquiste et les partis d'opposition ont riposté jeudi aux attaques des autres provinces visant le Québec.

Le premier ministre François Legault a interpellé son homologue manitobain, Brian Pallister, tandis que le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé a publié une lettre ouverte dans un quotidien de Calgary pour faire la leçon au gouvernement albertain.

Le Manitoba a en effet ajouté sa voix à celle de l'Ontario, dont l'Assemblée législative a condamné cette semaine la Loi sur la laïcité de l'État. Ce débat délicat pourrait susciter des tensions lors du sommet des premiers ministres à Toronto lundi.

M. Legault a répondu au Manitoba, qui a acheté des publicités dans deux quotidiens jeudi pour condamner la loi sur la laïcité et inviter les enseignants qui se sentent lésés à déménager là-bas. La pub s'intitule «21 raisons pour déménager au Manitoba», reprenant donc le numéro du projet de loi sur la laïcité.

«M. Pallister aurait été mieux de mettre cet argent pour donner plus de services en français au Manitoba», a dit le premier ministre du Québec en mêlée de presse jeudi matin au parlement.

En entrevue avec Radio-Canada, M. Pallister a justifié son intervention dans le débat. Il estime que les libertés religieuses sont un enjeu canadien et qu'elles sont menacées par la loi caquiste.

Pour sa part, la ministre des Relations canadiennes, Sonia LeBel, a dit qu'elle n'allait pas embarquer dans cette «escalade», mais a recommandé aux provinces de s'occuper de leurs propres champs de compétence.

Queen's Park, à Toronto, a condamné à l'unanimité la loi sur la laïcité plus tôt cette semaine, mais le premier ministre Doug Ford a dit qu'il n'allait pas aborder cet enjeu avec M. Legault, qui le reçoit à Montréal vendredi.

L'opposition officielle libérale, qui est contre la loi, estime pour sa part que la réaction des autres provinces était prévisible. «C'est normal de voir les provinces essayer d'attirer les talents», a commenté la députée libérale Marwah Rizqy.

Le leader parlementaire de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, a quant à lui soutenu que ce ne sera pas au Manitoba à trancher ce débat, mais bien aux Québécois.

«Ces gue-guerres ne font rien avancer, surtout pas le débat sur la laïcité entre Québécois», a-t-il affirmé en mêlée de presse. Cependant, il reconnaît du même souffle que la campagne manitobaine favorise ses adversaires, le gouvernement caquiste et le Parti québécois, qui tirent profit du clivage Québec-Canada.

De son côté, le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé, a soutenu que le coup de pub du Manitoba était «opportuniste» et a prédit qu'il ne fonctionnera pas.

«Je suis pas mal sûr que le Québec est pas mal plus attrayant que le Manitoba», a-t-il lancé.

Dans le même registre, M. Bérubé a publié une lettre ouverte dans le quotidien Calgary Herald, en Alberta. Il affirme que cette province a fait des choix mal avisés dans les dernières décennies et n'a qu'elle à blâmer, et non le Québec.

M. Bérubé a tenu à corriger la perception voulant que ce sont les Albertains qui paient pour les programmes sociaux du Québec, alors que les versements de péréquation proviennent des revenus du fédéral tirés de toutes les provinces.

«La mauvaise gestion financière de l'Alberta a été camouflée par les prix élevés du pétrole, peut-on lire. Les Albertains doivent comprendre que leurs leaders les ont laissés tomber. Le premier ministre (Jason) Kenney doit cesser de blâmer les autres et en prendre la responsabilité.»

Politique

Scheer s’accroche à son poste, contre vents et marées

OTTAWA — Andrew Scheer fait la sourde oreille aux nombreux appels à son départ.

Depuis sa défaite du 21 octobre, ex-candidats, sénateurs et militants connus du Parti conservateur du Canada (PCC) ont multiplié les sorties publiques contre lui.

La dernière en date : la mise sur pied d’une campagne officielle réclamant une course au leadership, avec site web et autres manifestations bruyantes annoncées sur la toile.

«Cest un point de rencontre pour les gens qui veulent voir du changement et un renouveau au parti et ne veulent pas passer par un vote de confiance dans le leadership dont le résultat est si clair et évident», explique Kory Teneycke, stratège conservateur à l’origine de l’initiative.

Celui qui a été directeur des communications de Stephen Harper et organisateur de la campagne électorale du premier ministre ontarien Doug Ford estime à «plus de 80 %» le nombre de militants qui veulent un changement de leadership.

«C’est impossible d’imaginer qu’Andrew va survivre au vote de confiance», a-t-il prédit en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, tard mercredi soir.

Le principal intéressé, lui, ne semble pas ébranlé par tout ça.

Transfuge récompensée

Jeudi matin, il se présentait devant la presse pour annoncer une nouvelle leader adjointe et le maintien des mêmes députés dans les rôles de leader parlementaire et de whip.

C’est une transfuge libérale du dernier Parlement, Leona Alleslev, qui chaussera dorénavant les souliers de Lisa Raitt comme adjointe au chef. Mme Raitt a perdu son siège le 21 octobre. M. Scheer estime que Mme Alleslev représente l’électeur que son parti cherche à attirer : un Ontarien qui a déjà été un libéral.

«Je vais avoir besoin d’elle [...] pour aider à renforcer notre parti en Ontario», a-t-il dit, sous le regard enchanté de la députée Alleslev.

M. Scheer maintient Alain Rayes à son poste de lieutenant québécois.

«J’ai 100 % confiance en M. Rayes», a assuré M. Scheer, affirmant que quelles que soient les conclusions de l’examen confié à l’ancien ministre conservateur John Baird, le lieutenant québécois restera en poste.

«Alain a travaillé très, très fort et a trouvé des candidats extraordinaires», a argué M. Scheer. Aucun de ces candidats «extraordinaires» n’a gagné aux élections du 21 octobre dernier. L’équipe conservatrice a même perdu deux des 12 députés québécois sortants.

Et depuis, plusieurs des candidats québécois défaits se sont manifestés dans les médias pour réclamer la tête du chef.

M. Scheer répète que son sort sera décidé par les militants, au congrès d’avril, et pas avant. Il dit pouvoir compter sur l’appui de son caucus. Il décide donc d’ignorer le reste, jusqu’au printemps.

«C’est pas le temps pour les chicanes internes politiques. [...] Le mouvement conservateur, le Parti conservateur, doit rester concentré sur la tâche. La cible, c’est Justin Trudeau», a-t-il plaidé.

Quel pourcentage d’appuis au vote d’avril serait suffisant? «Je vais demander aux membres un mandat clair pour continuer», a-t-il répondu, refusant de mettre un chiffre sur le niveau de clarté.

Les adversaires mettent leur grain de sel

«Tout le monde admet maintenant que Scheer est un chef faible avec des convictions et des politiques faibles?», a ironisé Maxime Bernier sur Twitter, jeudi après-midi. M. Bernier a quitté le Parti conservateur pour fonder son propre Parti populaire, après avoir perdu la course à la chefferie du PCC aux mains de M. Scheer. Il n’a fait élire aucun député le mois dernier.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, qui a fait élire presque 100 députés de moins qu’Andrew Scheer, ne s’inquiète «pas du tout» pour le vote de confiance auquel il devra se prêter lui aussi.

«C’est difficile de [dire] pourquoi les conservateurs fonctionnent comme ils fonctionnent», a-t-il offert, un sourire dans la voix, alors qu’il se tenait derrière le même micro qu’utilisait M. Scheer une heure plus tôt, dans le foyer de la Chambre des communes.