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Politique

L'armée canadienne déployée dans des villages inuits

MONTRÉAL — L'armée canadienne a été déployée dans le nord du Québec pour freiner la propagation de la pandémie de coronavirus dans des villages inuits, où deux cas ont été confirmés, a annoncé vendredi le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Les Rangers, une branche de la force de réserve des forces armées canadiennes (FAC), assuraient déjà une «présence militaire dans les régions peu peuplées du nord du Canada», a indiqué le gouvernement canadien.

«On a reçu une demande du gouvernement du Québec pour une intervention des forces armées pour prêter main-forte aux communautés nordiques et isolées», a dit le Premier ministre Justin Trudeau, lors de sa conférence de presse quotidienne.

«Nos membres sont toujours prêts à aider les communautés à lutter» contre la COVID-19. «Je peux confirmer que les forces armées seront là pour les Québécois comme pour tous les Canadiens», a-t-il ajouté.

«Le nombre de militaires et de ressources requis pour effectuer les tâches précises déterminées» doit encore être précisé, a indiqué un porte-parole de l'armée.

Environ 700 Rangers canadiens, parmi les 5 000 que compte cette unité, sont basés au Québec.

Lundi, le ministre de la Défense Harjit Sajjan a affirmé que 24 000 militaires pourraient être mobilisés pour aider à ralentir la propagation du virus et intervenir en renfort pour les inondations et les incendies.

Le premier cas de coronavirus au Nunavik, région arctique québécoise qui abrite quelque 12.000 habitants, essentiellement des Inuits répartis dans un chapelet de 14 villages côtiers, a été recensé samedi.

Un second cas a été confirmé mercredi dans le village de Puvirnituq, sur la baie d'Hudson.

Le Canada recensait vendredi après-midi plus de 12 000 cas de coronavirus et 208 morts.

En outre, 60 000 soldats, soit 85% de l'armée canadienne, ont reçu l'ordre de se placer en isolement en préparation d'éventuels déploiements pour faire face à la pandémie de COVID-19 au Canada.

«Ils ont l'ordre de rester chez eux et de rester en bonne santé», a indiqué le chef d'État-major des forces armées canadiennes Jonathan Vance à la chaîne anglophone Global News.

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Politique

Sortir vos parents des résidences? Québec dit oui, avec des conditions

Après avoir hésité et exprimé des réticences jeudi, le gouvernement Legault autorise maintenant les familles à aller chercher leurs parents âgés, mais en santé, cloîtrés dans des résidences pour aînés.

Jeudi, le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, avait exprimé un «malaise», tandis que François Legault avait dit qu'il était «sensible» au voeu des familles et qu'il les comprenait. Vendredi, le gouvernement a tenu à exprimer une directive claire.

Alors que des centaines d'établissements pour aînés au Québec comptent au moins un cas de coronavirus, des familles souhaitent accueillir chez elles leurs parents en santé plutôt que de les voir confinés dans un tout petit appartement en résidence privée ou dans un CHSLD pendant des semaines.

Certains sont prêts à partir de la région métropolitaine de Montréal ou Québec pour aller les chercher au Saguenay ou au Bas-Saint-Laurent, alors qu'il y a pourtant des barrages policiers.

Vendredi, lors du bilan quotidien sur la lutte à la pandémie à Québec, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a dit que l'orientation était maintenant «claire». Les familles pourront aller cueillir leurs parents, mais à la porte, sans entrer dans l'établissement.

«Nous en avons discuté très rapidement jeudi (hier) et nous avons convenu que c'était la meilleure chose à faire, a-t-elle déclaré. Nous avons agi rapidement parce que nous sommes très sensibles à cette situation. C'est ce qu'il y a de mieux pour les membres de la famille, dans des conditions de protection appropriées.»

Barrages policiers

Dans les régions bouclées par des contrôles policiers, des informations laissent croire que les personnes en déplacement pour aller chercher leurs vieux parents peuvent présenter une lettre de l'établissement d'hébergement des parents qui justifie leur sortie pour des «motifs humanitaires».

La Sûreté du Québec (SQ), qui a érigé des barrages routiers pour contrôler la circulation vers les régions de l'Est et du Nord du Québec, dit qu'elle examinera la situation au «cas par cas».

C'est ce qu'a indiqué une porte-parole de la SQ, l'agente Valérie Beauchamp, vendredi en fin de journée. Elle a indiqué que les policiers se montraient compréhensifs, mais n'a pas confirmé les renseignements sur les documents demandés.

Les porte-parole de la ministre de la Santé n'ont pas donné suite à nos demandes d'entrevue.

Jeudi, Horacio Arruda avait exprimé son «malaise» concernant la sortie des parents âgés de leurs résidences, en émettant des mises en garde. Il craignait notamment que des familles asymptomatiques ne transmettent le virus à leurs parents sans le savoir. Ou encore, il redoutait le transfert d'une région à risque faible vers une zone à risque élevé, comme la région de Montréal. Toutefois, il avait ajouté qu'il fallait évaluer au «cas par cas».

Politique

François Paradis: un président en confinement, les yeux dans les yeux

Le parlement a beau être fermé depuis près de trois semaines, le président de l’Assemblée nationale ne passe pas ses journées en pyjama à regarder ses anciens collègues à la télé, en attendant le retour à la normale. Tout le contraire.

«J’aurais été partie prenante de la situation dans ma carrière précédente. Maintenant, je relaie l’information que je reçois d’une autre façon, mais encore avec une volonté de bien communiquer et d’être transparent dans ce qu’on fait et ce qu’on dit», a affirmé François Paradis au Soleil, cette semaine, joint à son domicile où il observe les consignes de confinement.

Après une carrière médiatique de plus de 35 ans, surtout à la barre d’émissions d’affaires publiques et de bulletins d’information, M. Paradis est devenu député de la circonscription provinciale de Lévis pour la Coalition avenir Québec, en 2014. Aux dernières élections, il a accédé à la prestigieuse fonction de président de l’Assemblée nationale du Québec.

Reconnu comme un homme du peuple, l’animateur devenu politicien continue d’être interpellé dans la rue par les citoyens, même en ces temps d’espacement individuel.

«Je vais prendre une marche et les gens m’abordent : “Heille, François! C’est-tu correct, la distance qu’on a?” Il y a toujours cette proximité-là qui est fascinante et que je prends comme un beau témoignage de confiance», confirme-t-il, parlant d’«un privilège».

Même si le premier ministre François Legault et ses principaux ministres occupent toute l’avant-scène politique depuis le début de la crise du coronavirus, M. Paradis garantit que les 125 députés sont à pied d’œuvre dans leur circonscription partout au Québec. Et les batailles partisanes sont laissées de côté.

Au temps du choléra

Le mardi 17 mars, à 10h43, M. Paradis a posé un geste historique en suspendant les travaux parlementaires pour des raisons de santé publique.

Du jamais vu depuis l’épidémie de choléra de 1852 et 1853. Il y a 167 ans! C’était avant la Confédération, période où le parlement de la Province du Canada, aussi appelé le Canada-Uni, siégeait à Québec.

À l’époque, le parlement avait fermé ses portes pendant trois mois, du 10 novembre 1852 au 14 février 1853. Moins de deux semaines plus tôt, le 29 octobre, le député de Standstead, Hazard Bailey Terrill, avait succombé au choléra. Il avait 40 ans.

«On peut y aller de projections, d’hypothèses, mais la suspension des travaux, pour tout le monde qui était là, c’est du jamais vu, c’est du pas vécu!» s’exclame M. Paradis.

«L’histoire nous rappellera que le choléra a déjà forcé nos prédécesseurs à poser un geste semblable. Mais on est tous dans cet environnement de nouveauté qui nous force à changer nos habitudes, à penser différemment. On est rendu là.

«Et la particularité, dans tout ça, c’est que tout le monde se demande : qu’est-ce que l’avenir nous réserve? On doit rester porteur d’espoir. Mais chaque jour nous amène de nouvelles décisions, de nouveaux questionnements, ne nouvelles réalités.»

Se regarder dans les yeux

Situation qui provoque des angoisses chez tout le monde.

«C’est important de maintenir les contacts. Pour le travail, oui, pour continuer d’avancer. Mais aussi être capable de se voir le visage un peu, de se regarder dans les yeux à l’occasion, de se servir de la technologie pour faire ça. Faut aussi qu’on sente qu’il y a du monde autour de nous.

«Je privilégie beaucoup les visioconférences avec mes équipes. Qu’on puisse déceler dans les yeux de quelqu’un comment ça file, comment ça va, l’inquiétude. Il ne faut pas perdre ces contacts-là! Je dis ça pour mon boulot, mais je le dis ça aussi pour ma vie en général. Donnons-nous quand même l’occasion de se regarder de temps en temps et je pense que la technologie nous permet de le faire maintenant», poursuit-il.

Côté boulot, justement, il n’en manque pas.

«Deux fois par semaine, on tient une rencontre en visioconférence avec les whips des partis représentés à l’Assemblée nationale. On met sur la table les préoccupations des députés, comment on peut aider davantage les organismes, qu’est-ce qu’on fait avec un cas de citoyen, comment on voit la situation évoluer dans les différentes circonscriptions», explique-t-il, vantant la collaboration transpartisane indéfectible.

Le budget discrétionnaire des députés a été doublé par le gouvernement, cette semaine, passant de 10 à 20 millions $ répartis entre les 125 élus.

«Nos 125 députés, de tous les partis politiques, connaissent bien leurs citoyens. Ce que je dis aux députés : il faut s’occuper de notre monde», a dit le premier ministre Legault, mercredi, en conférence de presse.

«La démocratie s’adapte»

L’ajournement des travaux à l’Assemblée nationale laisse croire à un possible effacement temporaire de notre démocratie parlementaire. La date de retour d’abord prévue le 21 avril sera assurément repoussée.

Le président rappelle que pour maintenir cette motion d’ajournement, il devra recevoir un avis de chacun des quatre leaders parlementaires pour confirmer que tout le monde adhère à cette prolongation, soit la Coalition avenir Québec, le Parti libéral du Québec, Québec solidaire et le Parti québécois. 

«Les parlementaires sont en contact avec les ministres et l’administration gouvernementale pour les sensibiliser et tenter de trouver des solutions aux problèmes de leurs commettants. Dans cette situation exceptionnelle, la démocratie s’adapte et les équilibres sont maintenus», rassure le président Paradis.

Politique

Québec offre 100 $ de plus par semaine pour les travailleurs à faible revenu

Le gouvernement Legault veut séduire les bas salariés tentés de quitter leur emploi pour encaisser les généreuses prestations fédérales.

Pour rivaliser avec les 2000 $ offerts par Ottawa aux sans emploi, Québec offre un supplément de 100 $ par semaine imposable aux travailleurs à faible revenu qui oeuvrent dans les services essentiels.

Ce nouveau Programme incitatif pour la rétention des travailleurs (PIRTE) coûtera 890 millions $. Pas moins de 600 000 salariés seraient admissibles.

Le versement du PIRTE ne se fera qu'à compter du 19 mai. «Si on avait pu le verser plus rapidement, nous l'aurions fait», a indiqué le ministre des Finances, Eric Girard, en conférence de presse vendredi après-midi au parlement.

Le PIRTE vise à compenser des travailleurs qui se retrouvent à gagner moins que s'ils étaient sans travail et touchaient la prestation canadienne d'urgence du fédéral, d'un montant de 2000 $ par mois. Il était donc tentant pour des travailleurs au salaire mininum dans des secteurs critiques, commis de supermarché, chauffeurs, cuisiniers, de quitter leur emploi moins payant pour toucher l'allocation fédérale.

«Les gens se disent: "peut-être que je pourrais faire plus d'argent sans travailler"», a dit M. Girard.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Jean Boulet, qui échange avec les employeurs, a reconnu que les secteurs essentiels actuels sentent une «certaine fragilité».

«C'est sûr que la prestation canadienne d'urgence a eu un certain effet désincitatif», a-t-il admis, au côté de son collègue, qui lui a parlé d'un «bon programme fédéral» avec des «effets non souhaités».

Pour être admissible, un travailleur doit notamment travailler dans un service essentiel et gagner au plus 550 $ brut par semaine. Son revenu de travail annuel doit être d'au moins 5000 $ et un revenu total annuel de 28 600 $ ou moins, avant la prestation.

Le montant forfaitaire équivaudra donc à 400 $ par mois. La prestation sera versée rétroactivement au 15 mars, pour 16 semaines maximum.

Un formulaire web de Revenu Québec sera accessible à compter du 19 mai.

Politique

Québec et des syndicats prêts à reprendre la négociation

MONTRÉAL — L'idée d'une négociation accélérée avec Québec pour renouveler les conventions collectives du secteur public semble maintenant écartée, mais des parties sont ouvertes à poursuivre les discussions, malgré un contexte économique et social incertain.

Maintenant que les deux sujets les plus urgents ont été réglés, à savoir les mesures de protection du personnel contre le coronavirus et les primes aux travailleurs dans la santé, les parties pourront se concentrer sur la négociation du renouvellement des conventions collectives, a fait savoir le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

«C'est évident que d'essayer de régler des conventions collectives pour cinq grandes centrales qui représentent 550 000 personnes, c'était un exploit assez difficile. Par contre, on ne veut pas s'empêcher de leur donner cette possibilité-là», a affirmé le ministre Dubé, au cours de sa conférence de presse sur les primes pour les travailleurs de la santé, jeudi après-midi.

Québec avait proposé une négociation accélérée aux centrales syndicales, le 15 mars dernier, mais les conventions sont maintenant échues depuis le 31 mars et le plus urgent a été réglé, a-t-il fait valoir.

Au cours des derniers jours, des centrales syndicales ont rapporté que Québec offre maintenant 1,75, puis 1,75 et 1,5 pour cent d'augmentations sur trois ans. Le ministre Dubé n'a toutefois ni confirmé ni infirmé ces chiffres.

Il a tout de même justifié ses offres, en les qualifiant de raisonnables, et en laissant entendre qu'on ne sait pas de quoi aura l'air le contexte économique et financier dans quelques mois.

«On a voulu s'assurer que ce qu'on connaît aujourd'hui comme conditions, on les connaît aujourd'hui. Et notre offre que l'on trouve - c'est notre version à nous - plus que raisonnable, reflète les conditions qui étaient en place le 15 mars. Est-ce que ces conditions-là vont durer? Moi, si vous me le demandez aujourd'hui, à la vitesse des changements que l'on connaît, il n'y a grand monde qui est capable de dire qu'est-ce que ça va être dans deux mois, dans six mois», a lancé le ministre Dubé.

FTQ ouverte

En entrevue avec La Presse canadienne, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a déploré le fait que les organisations syndicales ont dû perdre un temps précieux pour négocier le renouvellement des primes qui arrivaient à échéance le 30 mars - celles des préposés aux bénéficiaires, ouvriers spécialisés, psychologues et autres. Celles-ci auraient dû être reconduites sans embûche, plaide-t-il. Elles ont d'ailleurs fini par l'être, pour six mois.

Mais M. Boyer estime qu'il est possible de négocier les conventions collectives des secteurs public et parapublic maintenant.

«Il y a une opportunité qui nous est offerte. Ça peut paraître ésotérique de négocier, alors que le Québec est sens dessus dessous, mais on est capable de faire deux choses en même temps», objecte M. Boyer.

«C'est même une bonne affaire de le faire en ce moment, parce qu'au lendemain de la crise, on va avoir un grand défi de redressement économique devant nous. Et on va avoir d'autres chats à fouetter», ajoute le président de la plus grande centrale syndicale du Québec.

Mais la FTQ ne compte pas précipiter les choses non plus. «On souhaite prendre le temps de bien faire les choses. On ne sent pas qu'on est dans une négociation accélérée.»

CSN et CSQ

La Confédération des syndicats nationaux n'a pas la même position que la FTQ. «Nous, on maintient que ce n'est pas le moment de négocier les conventions collectives», a-t-on fait savoir. La CSN souhaiterait plutôt suspendre les négociations des conventions collectives.

De son côté, le conseil général de négociation de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) était encore réuni, à 16h vendredi, pour discuter des démarches en cours et de l'attitude à adopter dans le contexte actuel.

Politique

COVID-19: le Parlement sera rappelé pour adopter des mesures d’urgence

OTTAWA - Le Parlement fédéral sera rappelé une seconde fois pour adopter de nouvelles mesures économiques d’urgence et il faudra voir si le gouvernement a appris de ses erreurs.

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé pendant son point de presse quotidien qu’il avait demandé à son équipe de contacter les partis d’opposition à ce sujet, soulignant que la réponse à la crise devait être un «effort de l’équipe Canada».

«C’est peut-être pour se reprendre par rapport au cafouillage de la semaine passée. C’était mal parti pour le gouvernement et il n’a pas montré une très bonne image vis-à-vis des partis d’opposition», analyse Geneviève Tellier, professeure en études politiques à l’Université d’Ottawa.

La semaine dernière, l’adoption du plan fédéral, qui ne devait être qu’une formalité, s’est transformée en marathon de négociations après que l’opposition eut accusé le gouvernement de vouloir s’attribuer des pouvoirs sans précédent dans le contexte de la crise de la COVID-19.

Cette fois, le gouvernement n’a pas attendu. Il a déjà contacté les partis d’opposition pour déterminer une date pour un autre court retour à la Chambre des communes, quelques heures après que les conservateurs en eurent fait la demande.

Les élus se pencheront sur la subvention salariale pour les entreprises, qui coûtera 71 milliards $ à l’État et qui devrait être mise sur pied d’ici six semaines.

Les bloquistes sont prêts à collaborer, mais à certaines conditions.

Le chef Yves-François Blanchet exige que tous les parlementaires aient en main le libellé du projet de loi et s’entendent sur la version finale du projet de loi avant de se déplacer vers Ottawa. Il souhaite ainsi que l’exercice se fasse au plus vite.

M. Blanchet a reproché au gouvernement d’avoir cédé, la semaine dernière, aux pressions des conservateurs alors que les bloquistes étaient prêts à permettre au gouvernement d’aller de l’avant avec la subvention salariale et des baisses d’impôts sans demander une nouvelle autorisation au Parlement.

«Notre proposition nous aurait évité de revenir au Parlement», de l’avis du chef bloquiste. «Je réitère que la partisanerie doit être laissée au vestiaire», a-t-il réclamé, se désolant de ce que cette nouvelle réunion d’élus et de sénateurs retarde le versement de l’aide financière.

Mme Tellier se demande comment l’opposition se comportera lors de cette nouvelle séance aux Communes.

«Est-ce qu’ils vont essayer de marquer des points? Ça pourrait être au désavantage des partis d’opposition s’ils commencent à rentrer un peu de partisanerie qui est plus ou moins fondée, je vous dirais», a-t-elle dit, citant en exemple les gouvernements du Québec et de l’Ontario qui ont l’appui de tous les partis dans le combat contre la COVID-19.

Politique

Secteur public: Québec prolonge des primes qui venaient à échéance le 30 mars

Certaines primes aux travailleurs du secteur public qui devaient prendre fin le 30 mars, notamment celle accordée aux préposés aux bénéficiaires en soins de longue durée, seraient finalement prolongées.

«Le gouvernement a contacté tous les syndicats pour leur indiquer que nous étions disposés à prolonger les primes qui devaient arriver à échéance aujourd’hui pour les 6 prochains mois et que nous souhaitions en discuter avec eux», a indiqué l’attachée de presse de Christian Dubé, le président du Conseil du trésor, dans un courriel à La Presse canadienne.

La durée de la prolongation annoncée variait cependant selon le syndicat qui a d’abord confirmé l’information, lundi soir.

Plusieurs primes versées aux travailleurs des secteurs public et parapublic font l’objet de lettres d’entente et devaient venir à échéance le 30 mars.

Les conventions collectives 2015-2020 des 550 000 employés de l’État, elles, viennent à échéance le 31 mars.

Lundi soir, l’Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS) a été la première à l’annoncer. Dans son cas, trois primes seraient prolongées pour six mois : celle pour le travail en hébergement et soins de longue durée (qui inclut les préposés), celle pour les salariés qui travaillent auprès de la clientèle ayant des troubles graves du comportement et celle des psychologues.

Jointe au téléphone peu de temps après, la CSN a indiqué qu’elle avait aussi obtenu le maintien de toutes ses primes, mais seulement «pour le temps de la négociation accélérée». Il n’y a pas eu de mention d’une durée de six mois à la CSN. Et cela touche aussi d’autres primes que celles qui ont été mentionnées, dont celle des ouvriers spécialisés.

Jointes par téléphone et par courriels, la FTQ et la CSQ attendaient encore des nouvelles de leur équipe de négociation respective, tard en soirée lundi. Les deux centrales syndicales ont des membres qui sont aussi directement concernés par ces primes qui devaient venir à échéance le 30 mars.

Le Conseil du trésor avait confirmé la tenue de négociations intensives avec les syndicats, en ajoutant qu’il ne négocierait pas sur la place publique.

La prime pour le travail en hébergement et de soins de longue durée est de 180 $ par bloc de 750 heures de travail.

La prime pour les psychologues varie de 6,7 % à 9,6 %.

La prime pour le travail auprès d’une clientèle ayant des troubles graves du comportement est de 295 $ ou 360 $ par bloc de 500 heures de travail, a précisé l’APTS.

Ces primes avaient été instaurées, en 2015, parce qu’il y avait rareté de personnel dans ces métiers et professions du secteur public.

Il importe de souligner que comme il n’existe pas de front commun intersyndical, les syndicats ont des négociations distinctes avec Québec - ce qui peut expliquer le délai dans les offres à chaque syndicat.

Négo accélérée

La «négociation accélérée» a été proposée par Québec dans le contexte de la crise du coronavirus. Il avait d’abord été question de suspendre les négociations, à cause de la crise - ce que les syndicats avaient accepté.

Puis on a plutôt pensé à l’accélérer, mais pour un terme plus court, afin de trouver du même souffle des moyens pour mieux protéger les travailleurs concernés durant la crise.

Ainsi, les syndicats revendiquent par exemple une prime de reconnaissance pour le travail qu’ils font durant la crise, une sorte de «prime coronavirus».

Pour appuyer leur revendication à cet effet, ils rappellent que les travailleurs dans les épiceries et d’autres maillons de la chaîne alimentaire, par exemple, ont reçu une prime de 2 $ l’heure de la part de leur employeur privé.

Parmi leurs autres demandes liées au coronavirus, on trouve celle de retirer les travailleuses enceintes ou immunosupprimées des situations où elles pourraient être exposées à la COVID-19.

Politique

Le Parti québécois suspend temporairement sa course à la direction

Le Parti québécois (PQ) suspend sa course à la direction.

Dans un communiqué transmis samedi après-midi, la formation politique a fait savoir qu’elle devait montrer l’exemple dans le contexte de la pandémie actuel et interrompre les activités non essentielles.

«Face à la pandémie sans précédent à laquelle fait face le Québec, toutes nos énergies doivent être consacrées à la résolution de cette crise», a déclaré la présidente d’élection, Agnès Maltais.

La réception par la permanence du parti des signatures recueillies par les aspirants à titre de condition de leur candidature est suspendue, peut-on apprendre.

La suspension des dons sera quant à elle effective à partir du lundi 30 mars. La conférence de coordination, qui gère les activités de la course, se réunira de nouveau dans un délai maximal de 30 jours pour évaluer la possibilité de rouvrir la période de mise en candidature. À la suite de la reprise, un délai de 21 jours sera accordé aux candidats pour terminer la collecte de leurs signatures.

La période des débats entre les candidats devait être entreprise sous peu mais ils n’auraient pu se dérouler devant public, en raison de l’interdiction des rassemblements.

Parmi les candidats en lice, il y a le député Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre-Plamondon, l’historien Frédéric Bastien, l’humoriste Guy Nantel et l’homme d’affaires Laurent Vézina.

Politique

Le Parti conservateur suspend sa course à la chefferie 

OTTAWA — Le Parti conservateur suspend sa course à la direction en raison de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19, a annoncé tard jeudi la formation politique.

Le parti affirme qu’il n’est plus possible de respecter les délais pour traiter les adhésions et les dons, et gérer les bulletins de vote à temps pour l’élection prévue le 27 juin.

Aucune nouvelle date n’a été fixée. Le parti a indiqué qu’il réévaluera la situation le 1er mai.

La pression est forte depuis plusieurs jours sur les organisateurs pour que la course soit suspendue.

Les demandes de retarder la course provenaient de deux candidats - Erin O’Toole et Derek Sloan - ainsi que de dizaines de conservateurs de haut rang et de membres de la base.

Le candidat Peter MacKay avait plutôt insisté pour que la date limite soit avancée, tandis que Leslyn Lewis, le quatrième candidat sur le bulletin de vote, a fait valoir que les délais fixés devaient être respectés.

Politique

COVID-19: Les députés travaillent d’arrache-pied pour répondre aux besoins

«Il n’y a plus d’histoires de partis, de partisanerie, ça n’existe plus.» C’est dans ces termes que le député caquiste de Vachon, Ian Lafrenière, décrit l’expérience vécue par les élus, qui sont de plus en plus appelés à se serrer les coudes et faire preuve de débrouillardise pour aider la population en temps de pandémie. Ils rassurent, trouvent des solutions, réunissent des familles, et ce, aux quatre coins du Québec. Tour d’horizon.

Joël Arseneau, Parti québécois, Îles-de-la-Madeleine

Le député commence sa journée à 6h et ne sait jamais quand elle se terminera. C’est que les enjeux aux Îles-de-la-Madeleine - qui comptent désormais trois cas confirmés de coronavirus - sont énormes. Comment assurer la livraison de médicaments quand Air Canada a suspendu ses vols? Comment respecter les distances dans un bateau de pêche? Y aura-t-il une saison touristique? Comment rapatrier des Madelinots coincés au Maroc, aux Philippines, au Salvador? Et se coordonner avec l’Île-du-Prince-Édouard pour assurer leur droit de passage?

«On a tous les enjeux gouvernementaux concentrés dans un microcosme social insulaire», déclare en entrevue M. Arseneau, qui est porte-parole du PQ en matière de santé, de transports, des pêcheries et des affaires internationales.

Il raconte avoir développé des liens presque familiaux avec les gens de son comté. «La personne qui était prise au Maroc voulait partir de Marrakech, on voulait qu’elle se rende à Casablanca. Quand tout ça a été réglé, elle me dit: «Je suis pognée à Montréal. Il n’y a plus de vols pour les Îles!» Il y a ce double rapatriement. J’ai joué le rôle d’agent de voyages», a-t-il relaté, le sourire dans la voix.

Ian Lafrenière, Coalition avenir Québec, Vachon

Père de deux filles âgées de 10 et 12 ans, Ian Lafrenière s’est placé en isolement volontaire début mars après un voyage à New York. «Tout le monde est en santé, on a pris ça très au sérieux», dit-il au bout du fil. Dans son comté de la Rive-Sud de Montréal, les entreprises se demandent si elles sont un service essentiel, les restaurants se réinventent et des personnes vulnérables tiennent à être rassurées quant au va-et-vient dans leur habitation à loyer modique (HLM). «On devient des facilitateurs pour eux, dit-il. C’est juste devenu exposant 100, parce que ça n’a pas d’allure la quantité de demandes qu’on reçoit et il faut les traiter vite.»

Ses 26 ans comme policier lui ont appris à rester calme. Des gens écrivent pour dire: «Mon entreprise a une perte, c’est l’État qui a fait fermer ça, ça n’a pas d’allure!» S’il s’assure de répondre personnellement à chaque citoyen, il dit aussi apprécier l’«auto-régulation» sur les réseaux sociaux. «D’autres citoyens embarquent pour dire: «Attends un peu, là»». Sans encourager la dénonciation citoyenne, cet ancien policier croit néanmoins à la «pression sociale», qu’il définit comme le fait de «poser beaucoup de questions», ce qui est positif, d’après lui. «C’est ensemble qu’on réfléchit, qu’on se creuse la tête.»

Marwah Rizqy, Parti libéral du Québec, Saint-Laurent

Se décrivant comme «hyperactive», la députée libérale semble gérer tout à la fois. «Les demandes entrent de partout: téléphone, courriel, Messenger, ma page officielle, ma page perso, même Instagram.» Cas consulaires, commandes pour les aînés, appels aux lieux de culte, jamais n’a-t-elle eu autant de dossiers à coordonner avec les autres élus du municipal et du fédéral. Le travail de député, selon elle, s’est intensifié. «Dans Saint-Laurent, on reçoit énormément de nouveaux arrivants. On a besoin de bénévoles, parce que ceux qui ont besoin d’une allocation pour enfants, bien ça va prendre quand même une déclaration de revenus, au moins une pour y avoir droit. Je suis fiscaliste, j’en fais quelques-unes!»

«On n’a pas le choix d’opérer, on est en mode urgence, poursuit-elle. Si on ne répond pas rapidement, il peut y avoir de l’incertitude. Le niveau de stress des gens est à son maximum, alors c’est à nous de vraiment tout faire pour qu’ils comprennent qu’ils sont pris en charge.»

Ruba Ghazal, Québec solidaire, Mercier

Pour Mme Ghazal également, il est clair que le député a un rôle important à jouer en temps de crise. «Le citoyen ne peut pas prendre le téléphone et appeler le ministre; moi, je peux le faire», a-t-elle déclaré de son domicile où elle prend en note les questions de plusieurs travailleurs autonomes, tels que les artistes et les chauffeurs de taxi. «Ce qui est drôle, maintenant que j’y réfléchis, c’est qu’il y a des gens qui ont l’impression qu’on fait partie du gouvernement, même si on est dans l’opposition, parce que ce n’est plus les lignes de partis, on n’est plus en train de dire: «Mon dieu, le gouvernement a pris telle ou telle décision». On n’est plus là-dedans.» La crise du coronavirus pourrait contribuer à changer des comportements à l’avenir, selon elle.

Politique

Conservateurs: Erin O'Toole souhaite le report du vote pour élire un chef

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Erin O’Toole, ajoute sa voix à celles qui demandent le report du vote prévu le 27 juin.

M. O’Toole, un ancien ministre de Stephen Harper, estime que tous les Canadiens doivent se concentrer sur la lutte contre la COVID-19, y compris sa propre équipe de campagne, les députés du parti et les membres de la base.

Dans une vidéo diffusée dimanche, il a appelé ses partisans à consacrer leurs ressources aux besoins de la collectivité.

«Je ne quitte pas la course, en fait je pense que nous allons la gagner, mais je propose que nous mettions les besoins de nos concitoyens au premier plan», a-t-il déclaré.

M. O’Toole est le plus deuxième des quatre candidats encore en lice à réclamer que la course à la direction conservatrice soit suspendue.

À la fin de la semaine dernière, le député ontarien Derek Sloan avait plaidé pour un report de toutes les dates limites, y compris celle du 17 avril pour recruter de nouveaux membres, et celle du 25 mars pour répondre aux exigences d’admissibilité.

D’ici le 25 mars, les candidats doivent payer 300 000 $ et soumettre 3000 signatures pour être inscrits sur le bulletin de vote.

M. O’Toole, M. Sloan, une avocate de Toronto, Leslyn Lewis, et l’ancien ministre conservateur Peter MacKay ont déjà satisfait à ces exigences.

L’organisation de M. MacKay a indiqué, par voie de communiqué, qu’elle avait été la première à suspendre les rencontres de campagne. Elle dit continuer de faire la cour aux membres en utilisant des moyens techniques. Selon elle, la décision de suspendre la course appartient au parti.

Besoin d’un chef

Mme Lewis a affirmé dimanche qu’elle ne pensait pas que la course devait être annulée jusqu’à ce que le comité organisateur décide que c’était logistiquement impossible. Selon elle, le parti a besoin d’un chef qui sera mis à l’épreuve.

«Le prochain chef de notre parti devra faire preuve de leadership, à un moment où le Canada est toujours dans une vallée de larmes créée par cette pandémie, a-t-elle exprimé dans une déclaration. La façon dont vous dirigez et gérez une campagne en temps de crise est très révélatrice de la façon dont vous pouvez diriger le parti, et plus important encore, notre pays en temps de crise.»

La députée Marilyn Gladu poursuit ses efforts afin de respecter la date limite du 25 mars, même si elle avait demandé un report du vote, il y a deux semaines.

Un autre autre candidat, Rick Peterson, a abandonné la semaine dernière la course, citant l’impossibilité d’obtenir des fonds et le soutien des membres du parti, à un moment où les gens sont plus préoccupés par des questions pratiques, pas par la politique.

Rudy Husny, dont le nom demeure encore sur la liste des candidats, a cessé sa campagne, défiant même le parti de le disqualifier.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne à la fin de la semaine dernière, le chef actuel du parti, Andrew Scheer, a refusé de commenter lorsqu’on lui a demandé si le scrutin devait se dérouler à la date prévue.

Selon lui, le conseil national du parti et le comité organisateur de l’élection sont conscients des défis posés par la pandémie.

«Comme vous pouvez l’imaginer dans une course au leadership, la modification des règles, des délais ou des dates peut avoir des ramifications majeures, a t-il déclaré. On accorde une haute importance à la mise en place de règles équitables pour tous.»

Le comité organisateur a apporté quelques modifications mineures à la course à la direction: les débats prévus pour avril se tiendront à huis clos, et des portails en ligne ont été mis en place pour faciliter les demandes d’adhésion.

Politique

Trudeau demande aux Canadiens de «rester chez eux»

OTTAWA — Malgré le beau temps, Justin Trudeau demande aux Canadiens de «rester chez eux». Et s’ils décident d’aller dehors, ils devraient respecter la distance sociale recommandée de deux mètres.

Si les Canadiens n’adhèrent pas à ces consignes qui visent à freiner la propagation de la COVID-19, le gouvernement fédéral pourrait intervenir pour serrer la vis.

Les provinces ont annoncé, tour à tour, des mesures plus strictes sur leur territoire, allant de la fermeture de lieux publics à des amendes salées ou des arrestations en cas de rassemblements.

Malgré tout, des publications sur les réseaux sociaux montrent des personnes qui sortent dehors, en groupe, défiant ainsi ces interdictions.

«On a tous et chacun la capacité d’aplatir cette propagation, de protéger nos communautés et il faut absolument le faire», a déclaré M. Trudeau, en point de presse quotidien devant sa résidence.

«Je comprends que les gens apprécient la fin de l’hiver et le beau temps qui s’en vient, mais les gens peuvent aller dehors en se gardant une distance les uns des autres, en évitant les rassemblements», a-t-il ajouté.

Pour l’instant, il n’est pas question d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence. M. Trudeau a dit qu’elle sera nécessaire seulement s’il estime avoir épuisé tous les autres recours sur le plan provincial et territorial.

«On n’est pas rendus à ce point-là, mais on est en train de veiller attentivement pour voir si on va y arriver», a-t-il dit.

La réponse de sa ministre de la Santé, Patty Hajdu, laissait moins place à l’interprétation : «Laissez-moi être parfaitement claire : nous allons utiliser tous les outils dans notre boîte à outils, au niveau fédéral, pour assurer le respect [ des indications]», a-t-elle martelé.

Snowbirds

Puis, s’adressant aux snowbirds («retraités migrateurs») et autres voyageurs qui reviennent de l’étranger, elle a lancé un appel sans équivoque. «Quand on dit que vous devez rester à la maison pour 14 jours, vous restez à la maison pour 14 jours. Vous n’allez pas acheter des courses, vous n’allez pas visiter vos voisins ou vos amis. Vous vous reposez chez vous pendant 14 jours, sans exception», a-t-elle dit.

Mme Hajdu n’est pas allée aussi loin que le directeur national de la santé publique du Québec, Horacio Arruda qui, sept jours plus tôt, ordonnait aux Québécois de respecter les consignes pour freiner la propagation du virus.

«J’espère qu’on n’aura pas à leur ordonner [de le faire]», a laissé tomber la ministre.

Plus d’uniformité?

Alors que les Territoires du Nord-Ouest ferment leur frontière, que la Nouvelle-Écosse interdit les rassemblements de plus de cinq personnes et que le Québec ordonne même la fermeture des centres commerciaux, Ottawa devrait-il mettre des balises claires pour s’y retrouver?

Mme Hajdu dit que des «standards uniformes» sont peut-être à prévoir à travers le pays, pas seulement pour les tests médicaux, mais également pour la surveillance et la collecte des données. Ça inclut aussi les avis de santé publique et la communauté, ajoute-t-elle.

«Nous n’allons pas hésiter à intervenir, si nous le devons, pour fournir une orientation plus solide et des mesures plus robustes pour assurer de l’uniformité à travers le pays», a-t-elle indiqué.

«Nous savons que diverses provinces ont des problèmes et des défis qui varient, mais aussi des atouts et des forces. Ce que nous essayons de faire est de nous assurer d’avoir une approche unifiée à travers le pays au moment où nous amorçons une nouvelle semaine», a précisé la ministre.

Rapatriements en cours

Des milliers de Canadiens à l’étranger sont revenus ou sont sur le chemin du retour.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a confirmé dimanche qu’il travaille avec des compagnies aériennes pour sécuriser des vols commerciaux au Pérou, en Espagne, au Maroc, en Équateur, au Salvador, au Guatemala et au Honduras.

En fin d’après-midi, M. Champagne a annoncé qu’il s’est assuré de la collaboration de Cuba, de l’Équateur et de l’Uruguay pour les Canadiens qui souhaitent rentrer au pays.

La compagnie Sunwing a annoncé 30 vols de rapatriement dans la journée de dimanche seulement, ramenant ainsi 5000 Canadiens chez eux.

De lundi à mercredi, la compagnie WestJet prévoit 34 vols de rapatriement pour aider les Canadiens à rentrer chez eux de destinations internationales.

Air Transat, de son côté, travaille avec Affaires mondiales Canada pour obtenir des permissions spéciales pour voler là où l’espace aérien est fermé, a confirmé M. Trudeau.

Samedi, tard en soirée, 444 Canadiens qui étaient au Maroc sont arrivés à Montréal à bord d’un vol commercial d’Air Canada. La société a confirmé dimanche après-midi que deux autres vols de Casablanca sont prévus les 23 et 25 mars.

Nouveaux cas

Au Canada, il y avait plus de 1400 cas confirmés de personnes atteintes de la COVID-19 et 20 personnes en sont décédées, selon les données offertes dimanche midi par le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada Howard Njoo (voir tableau).

Le Québec compte maintenant 219 cas, une augmentation de 38 nouveaux cas depuis samedi. Le premier ministre François Legault attribue cette hausse à une accélération des tests pour détecter la COVID-19.

L’Ontario compte 48 nouveaux cas dans la province. Elle en recense désormais 425. Les autorités ont mentionné que deux femmes âgées de la vingtaine figuraient parmi ceux qui étaient atteints de la maladie. En fin de journée, les autorités ont annoncé un cinquième décès dans la province.

Politique

PLQ et PQ suspendent leur course à la direction jusqu’à nouvel ordre

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a annoncé vendredi qu'il suspend sa course à la direction jusqu'à nouvel ordre en raison de la pandémie de COVID-19.

Cette décision a été prise d'un commun accord avec les deux candidats en lice, Alexandre Cusson et Dominique Anglade, a précisé le parti dans un communiqué.

Le PLQ se trouve ainsi à répondre positivement à la demande de M. Cusson, qui jeudi avait mis de la pression sur l'exécutif pour qu'il suspende la course.

Selon l'ancien maire de Drummondville, il était «irresponsable» de poursuivre comme si tout était normal, alors que les Québécois sont mobilisés à combattre le coronavirus.

Sa rivale, Mme Anglade, une ex-ministre libérale, avait plutôt plaidé pour que la course, qui tire à sa fin, se poursuive de façon virtuelle.

Le vote pour élire le nouveau chef du PLQ devait se tenir le 31 mai. D'ici là, cinq débats allaient être diffusés sur le web. Le parti avait annulé toutes ses activités publiques, dans le respect des directives de santé publique.

Vendredi, la présidente du PLQ, Linda Caron, a déclaré que vu le contexte «exceptionnel», l'exécutif avait décidé de suspendre la course jusqu'à nouvel ordre et de fixer un nouveau calendrier dans les meilleurs délais.

«Notre priorité est d'être solidaires avec toute la population du Québec», a-t-elle affirmé.

Alexandre Cusson a aussitôt salué la décision du PLQ.

«Cette décision permettra à tous (...) de se concentrer sur ce qui est essentiel, soit de tout mettre en ?uvre pour combattre la pandémie que nous vivons présentement», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

De son côté, Mme Anglade, qui n'avait pas réclamé la suspension de la course, a dit bien accueillir la décision. Elle a assuré le parti de son entière collaboration.

Elle affirme que le Québec vit actuellement une crise «d'une ampleur inédite» et que la priorité doit être de contribuer à l'effort collectif pour limiter la propagation de la COVID-19.

La décision du parti lui permettra de mettre toutes ses énergies «au bon endroit», a-t-elle laissé savoir.

«Je continuerai donc de veiller au bien-être des citoyens de mon comté et de jouer mon rôle comme porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie», a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois, qui tient également une course à la direction, a annoncé en soirée qu'il reportera lui aussi le vote pour élire un nouveau chef. Le scrutin, qui était initialement prévu en juin, se tiendra finalement le 28 août.

La course n'est pas suspendue, mais plutôt «prolongée», a indiqué un porte-parole. La période de mise en candidature a été repoussée de trois semaines et de nouvelles dates pour les débats seront fixées.

Les candidats qui s'affrontent dans cette course sont le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l'avocat Paul St-Pierre Plamondon, l'humoriste Guy Nantel et l'historien Frédéric Bastien.

Politique

Cusson demande la suspension de la course à la direction du PLQ

Les courses à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) se poursuivent jusqu’à nouvel ordre, même si un premier candidat a dit souhaiter jeudi que la course libérale soit suspendue.

L’ex-maire de Drummondville et candidat à la chefferie du PLQ, Alexandre Cusson, a diffusé un communiqué dans lequel il invite le parti à remettre le vote prévu pour le 31 mai en raison de la pandémie de COVID-19.

Il a dit constater que tous les Québécois sont présentement mobilisés à combattre la propagation du virus. Sa rivale, l’ex-ministre libérale Dominique Anglade, n’a pas formulé la même demande de suspension, jeudi.

De son côté, la directrice générale et organisatrice en chef du PLQ, Véronyque Tremblay, a déclaré sur Twitter que son équipe se pencherait sur la question.

«Dans le contexte exceptionnel auquel le Québec fait face et qui évolue constamment, l’exécutif du PLQ se réunira à nouveau très rapidement pour discuter de la course à la chefferie», a-t-elle écrit.

Le coronavirus a déjà passablement bousculé la course à la direction du PLQ. Le parti avait décidé la semaine dernière de tenir cinq débats virtuels ainsi qu’un congrès et un scrutin virtuel.

Il n’empêche qu’il serait «irresponsable» pour les candidats dans le contexte actuel de poursuivre leur campagne comme si tout était normal, argue désormais M. Cusson.

«Les militants s’attendent à ce qu’une réelle course à la direction du parti ait lieu et il est présentement impossible, dans un avenir prévisible, de leur en offrir une», a-t-il déclaré.

M. Cusson affirme par ailleurs qu’il serait «tout à fait contre-productif» de changer de chef de l’opposition officielle en temps de pandémie.

Le chef intérimaire Pierre Arcand fait présentement «un travail extraordinaire d’arrimage avec le gouvernement», a-t-il écrit, en ajoutant qu’il ne fallait pas briser ce lien pour des raisons purement partisanes.

Dans ce contexte, le parti n’a d’autre choix que de remettre l’élection du nouveau chef à une date ultérieure, selon Alexandre Cusson.

«Il en va de la légitimité du prochain chef du parti et de sa capacité de bien représenter l’ensemble des membres», a-t-il indiqué.

Anglade travaillera avec le parti

Pour sa part, Dominique Anglade se dit «pleinement consciente» des impacts du coronavirus. C’est pourquoi elle a décidé la semaine dernière de suspendre l’ensemble de ses activités publiques.

Soulignant que la course à la direction a débuté le 23 novembre dernier et qu’elle tire à sa fin, Mme Anglade a félicité le PLQ d’avoir su s’adapter à la situation et demandé à tous de faire preuve de «résilience».

«Nous devons (...) rappeler que dans la crise, nous demeurons au service des Québécois», a-t-elle déclaré.

«En tant qu’aspirante cheffe du PLQ, c’est dans mon devoir de travailler en concertation avec les instances du parti pour prendre la meilleure des décisions dans le contexte que nous connaissons», a-t-elle ajouté.

Le PQ fera le point vendredi

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ), qui tient également une course à la direction, a indiqué jeudi que la conférence de coordination allait se réunir vendredi soir pour discuter de la suite des choses.

Le parti avait déjà décidé que les deux débats, qui devaient se tenir à Montréal et à Drummondville, auront lieu sans public et seront webdiffusés sur les médias sociaux et le site Internet du PQ.

Le vote pour élire le prochain chef du PQ est pour l’instant maintenu aux mêmes dates et selon les mêmes modalités, soit du 15 au 19 juin, par internet ou par téléphone.

Les principaux candidats qui s’affrontent sont le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien.

Politique

L'Assemblée nationale s'apprête à suspendre ses travaux jusqu'au 21 avril

L’Assemblée nationale suspendra ses travaux jusqu’au 21 avril en raison de la pandémie de COVID-19, ont confirmé des sources à La Presse canadienne.

Une motion d’ajournement des travaux devrait être déposée mardi, comme ce fut le cas à la Chambre des communes, vendredi dernier.

«Ce qu’on souhaite, c’est adopter les crédits budgétaires nécessaires (...) rapidement et ensuite de fermer l’Assemblée nationale», a déclaré le premier ministre François Legault, lundi, lors de son point de presse quotidien.

La semaine dernière, l’Assemblée nationale avait fermé ses portes aux visiteurs, sans toutefois interrompre les travaux parlementaires.

Mais la situation a évolué et «les circonstances actuelles justifient pleinement cet ajournement», a souligné le premier ministre dans un communiqué. «Il est important pour tous les députés de concentrer leurs efforts à aider les collectivités dans leurs comtés.»

On s’attend à ce qu’un petit nombre de députés se présentent en Chambre mardi, dès 9h, pour adopter les crédits budgétaires suffisants pour faire fonctionner l’appareil gouvernemental.

Pouvoirs aux superinfirmières

Le gouvernement souhaite en outre adopter à toute vapeur quatre projets de loi qui sont somme toute consensuels, notamment celui accordant plus de pouvoirs aux superinfirmières.

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a affirmé lundi sur les réseaux sociaux tenir des «discussions positives» avec les leaders parlementaires des oppositions quant à l’organisation des travaux parlementaires à l’Assemblée.

Ils les a remerciés pour leur collaboration, qualifiée également d’»exemplaire» par le premier ministre.

«C’est dans un esprit d’unité et en mettant la santé publique au-dessus toute autre préoccupation que je participe depuis ce matin à ces discussions au nom de Québec solidaire», a répondu sur Twitter Gabriel Nadeau-Dubois.

«Nous convenons ensemble de procédures d’exception pour une situation exceptionnelle», a ensuite gazouillé le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Martin Ouellet.

Deux députés en isolement

Le PQ a indiqué que son porte-parole en matière d’agriculture, le député de Bonaventure, Sylvain Roy, s’était placé en isolement.

«Par souci de prévention, je fais un confinement volontaire, car comme vous le savez, il y un peu plus d’un an, j’ai eu des traitements médicaux liés à un cancer. J’ai actuellement certains symptômes qui s’apparentent à la grippe et qui m’obligent à être prudent», a écrit M. Roy.

Il emboîte ainsi le pas au député caquiste de Vachon, Ian Lafrenière, qui vendredi dernier s’est placé en isolement volontaire à la suite d’un voyage aux États-Unis.

«À la suite d’un court séjour aux États-Unis, je me place en quarantaine volontaire jusqu’au 23 mars. Je m’isole par respect pour mes collègues et mes concitoyens, et ce, même sans aucun symptôme», a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux.

Évitez les bureaux de comté, demande l’Assemblée

Par ailleurs, l’Assemblée nationale a publié un communiqué lundi, dans lequel elle demande aux citoyens d’éviter de se rendre dans les bureaux de circonscription «dans le contexte du coronavirus».

«Les moyens tels que le téléphone ou le courriel sont privilégiés pour toute personne qui souhaite entrer en communication avec son député. Cette demande a pour but de réduire les déplacements de la population et ce, conformément aux recommandations émises par les autorités publiques.»

Politique

Tous les syndicats du secteur public acceptent de suspendre les négociations

Les organisations syndicales ont répondu positivement à la demande du gouvernement québécois de suspendre les négociations en vue du renouvellement des conventions des employés du secteur public jusqu’au 5 avril, en raison de la crise de la COVID-19.

Cinq syndicats présents dans la fonction publique — Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIS), Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ) et Centrale des syndicats du Québec (CSQ) — ont rédigé un commun de presse commun pour dire qu’ils avaient convenu, avec le Conseil du trésor, «de suspendre les négociations pour l’instant, tout en maintenant les canaux de communication bien ouverts».

Au cours d’une rencontre qui s’est déroulée dimanche après-midi, ces cinq syndicats disent avoir confirmé leur «engagement à tout mettre en œuvre pour que la population du Québec obtienne tous les services nécessaires et que ces services se donnent dans les conditions les plus sécuritaires possible». Ils disent toutefois s’attendre «à ce que le gouvernement soutienne l’ensemble des travailleuses et des travailleurs dans leurs efforts». Ils ont aussi demandé l’élimination de «toutes les contraintes qui pourraient nuire à la mobilisation de celles et ceux qui seront sur le terrain, 24h sur 24, 7 jours sur 7, pour rendre les services aux Québécoises et aux Québécois».

La CSQ avait déjà fait savoir la veille qu’elle ne s’opposait pas à la demande «compte tenu de l’importante crise actuelle».

Deux autres organisations syndicales avaient déjà accepté la demande du gouvernement dès samedi : le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

«Il est plus important présentement de s’assurer que la multiplication du virus ne se fasse pas», avait résumé la présidente du SGPQ Line Lamarre en entrevue à La Presse canadienne. «On ne va pas mettre de pression sur un gouvernement qui, je pense, essaie présentement lui aussi de faire de son mieux de jour en jour. C’est quand même une situation exceptionnelle.»

Dans une déclaration transmise samedi à La Presse canadienne, le président du Conseil du trésor Christian Dubé avait expliqué avoir fait cette demande «afin de permettre de nous concentrer sur l’atténuation et le contrôle des impacts de la pandémie».

Politique

Québec demande la suspension des négociations avec le secteur public

Le gouvernement du Québec demande la suspension de la négociation pour le renouvellement des conventions collectives des employés du secteur public jusqu'au 5 avril prochain, en raison de la crise de la COVID-19.

Dans une déclaration transmise samedi à La Presse canadienne, le président du Conseil du trésor Christian Dubé explique avoir fait cette demande «afin de permettre de nous concentrer sur l'atténuation et le contrôle des impacts de la pandémie».

Selon M. Dubé, sa proposition a été reçue «avec beaucoup d'ouverture».

Trois syndicats ont fait savoir à La Presse canadienne qu'ils ont accepté ou comptent accepter l'offre de Québec: le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

«Il est plus important présentement de s'assurer que la multiplication du virus ne se fasse pas, a résumé la présidente du SGPQ Line Lamarre en entrevue. On ne va pas mettre de pression sur un gouvernement qui, je pense, essaie présentement lui aussi de faire de son mieux de jour en jour. C'est quand même une situation exceptionnelle.»

Même réponse à la CSQ. Par courriel, le conseiller aux relations de presse, Sébastien Marcil, a confirmé que le syndicat ne s'objecte pas à la demande «compte tenu de l'importante crise actuelle».

Le SFPQ a également indiqué que dans les circonstances il va «très certainement répondre dans l'affirmative». La réponse officielle sera fournie lundi.

La plupart des autres syndicats ont confirmé avoir reçu la demande et être en train d'en discuter.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a rapporté avoir été informée vendredi lors d'une rencontre à la table centrale. Des discussions se poursuivent et ils comptent répondre à la demande dimanche, a précisé un porte-parole de la centrale.

Pour sa part la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a indiqué qu'une rencontre aura lieu dimanche afin de prendre une décision.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ont tous deux dit prendre en délibéré la demande.

Politique

Coronavirus: le ministre Girard n’exclut pas un déficit

Deux jours après avoir déposé son budget annuel auréolé d’un surplus comptable de 2,7 milliards $, le ministre des Finances du Québec n’exclut pas que l’impact du coronavirus puisse provoquer un déficit.

«Je n’exclus pas un déficit», a reconnu Eric Girard, jeudi matin, en mêlée de presse avant son entrée à la réunion quotidienne des élus de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Si les entreprises et les individus ont besoin de notre aide, on va être là. L’économie québécoise a des bases solides», a poursuivi le ministre Girard, répétant ici ce qu’il avait dit mardi.

M. Girard admet que «les prévisions du budget sont clairement à risque», lui qui inscrivait une prévision de croissance de 2 % pour les 12 prochains mois.

«On voit que les premier et deuxième trimestres [période de trois mois] de l’année vont être très faibles. L’évolution de la pandémie nous dira quel rebond on aura au deuxième semestre [période de six mois]. On a vu lors de situations passées semblables que ça prend de deux à trois trimestres pour reprendre ce qu’on a perdu.»

Le ministre des Finances souligne que l’équilibre budgétaire annoncée s’appuie en réalité sur un surplus comptable de 2,7 milliards $, somme versée automatiquement au Fonds des générations pour réduire la dette.

Cet argent peut donc être entamé ou même utilisé au complet avant de basculer dans un déficit.

«On a un budget qui prévoyait 118 milliards $ de dépenses, on a la capacité de faire tout ce qu’on veut», résume le ministre Girard, qui fait aussi partie d’un comité provincial de vigilance économique composé de huit ministres mis sur pied pour faire face aux défis économiques liés au COVID-19.

Politique

Budget 2020: sous le radar 

Des classes pour les surdoués

Le gouvernement de François Legault prévoit 94,6 millions $ jusqu'en 2025 afin d'ajouter de nouvelles classes spéciales pour les élèves doués ou ceux avec des besoins particuliers. Au moins 150 classes seront créées pour soutenir ces élèves grâce à des mesures adaptées. Le gouvernement est conscient que le rythme d’apprentissage est très variable d’un enfant à l’autre, il souhaite mieux accompagner ces élèves. Judith Desmeules

De plus belles cours d'école

Depuis que le gouvernement en a fait l'annonce, les élèves du primaire doivent profiter de deux récréations de vingt minutes par jour, mesure obligatoire. Afin que les récréations se déroulent dans un environnement sain et sécuritaire, la CAQ prévoit des sommes de 54 millions $ d'ici 2025 pour offrir des cours d'écoles vivantes et animées. Judith Desmeules

Des bourses pour les ingénieurs

Les emplois d'ingénieurs (principalement sciences de l'informatique et génie informatique) sont en demande au Québec. Afin d'encourager les étudiants à prendre le chemin de ce domaine d'étude, le gouvernement offrira des bourses d'excellence de 1000 $ au terme d'un premier trimestre de formation, et lors de l'obtention du diplôme. Des investissement de 25 millions$ sur cinq ans sont prévus pour l'octroi de bourses d'études du premier cycle. Judith Desmeules

Lutter contre la dépendance aux écrans

Selon une étude de 2017, 1,3 % des adolescents québécois sont considérés comme dépendants à Internet, et 18, 7 % sont jugés à risque. Avec ces chiffres en tête, le gouvernement verse 30 millions $ sur cinq ans pour lutter contre la dépendance aux écrans chez les jeunes. La CAQ veut développer une vision sur l’état de la situation au Québec et proposer des balises à mettre en place dans les écoles et les familles. Judith Desmeules

Fini l’aide à la conception de site Internet

Jusqu’à mardi, les entreprises qui créaient des sites web pouvaient bénéficier d’un crédit d’impôt. Il s’agissait d’une aide mise en place à une époque où la conception de sites Internet était en émergence. Le problème, c’est que les entreprises l’utilisaient toujours. La CAQ a donc retiré cette activité dans le programme de crédit d’impôt pour le développement des affaires électroniques. Ce qui permettra au Québec d’épargner 71 millions au cours des cinq prochaines années. Laura Lévesque

Briser l’isolement des anglophones

Québec prévoit 4,7 millions $ pour soutenir les wellness centres, des lieux de rencontre réservés aux communautés d’expression anglaise qui offrent des activités aux ainés. Ces centres, selon les documents du ministère des Finances, permettraient de combattre l’isolement des personnes âgées anglophones. L’enveloppe permettra d’assurer la poursuite des activités dans les 40 wellness centres existants et d’en créer 25 nouveaux d’ici 2022-2023. Laura Lévesque

Alléger la règlementation dans les secteurs de l’alcool

Le gouvernement semble avoir écouté les restaurateurs et producteurs d’alcool. Des allégements administratifs sont prévus à la Régie des alcools, des courses et des jeux, considérée très sévère par l’industrie. Le gouvernement prévoit assouplir les conditions relatives au permis de restaurant, introduire des permis de détaillants saisonniers, réduire les exigences pour l’obtention d’un permis de réunion et simplifier la participation aux événements de présentation et de découvertes de boissons alcooliques. Laura Lévesque

Concours Facebook

La CAQ veut modifier la loi sur les loteries et les concours publicitaires qui forcent les gens à payer des droits dans des concours dont la valeur du prix dépasse les 100 $. Par exemple, une boutique qui fait un concours sur Facebook pour faire tirer un bien de 200 $ doit obtenir l’aval de la Régie. Une règle qui désavantage le Québec, car plusieurs entreprises internationales excluent volontairement les Québécois de leur concours pour éviter de payer des droits. La province, rappelons-le, est la seule où ces droits sont en vigueur. Dans le plan budgétaire, la CAQ confirme qu’elle apportera des modifications législatives à cette loi. Laura Lévesque

Lutte au crime organisé

Québec dépensera 32,5 pour la création de nouvelles équipes d’intervention affectées à la lutte contre le crime organisé. De nouvelles ressources pour déstabiliser davantage les structures organisées des réseaux criminels et leurs têtes dirigeantes. Malgré tous les efforts déjà déployés, la CAQ constate que «les organisations criminelles continuent d’exercer leur influence dans diverses sphères d’activité». Laura Lévesque

Abus dans le sport

Le gouvernement prévoit 2,5 millions $ d’ici 2024-2025 pour outiller les fédérations sportives à contrer les abus, le harcèlement, la négligence et la violence. Une mesure qui survient quelques mois après le scandale impliquant l’ex-entraîneur de ski, Bertrand Charest. Ce dernier, rappelons-le, a été reconnu coupable de crimes sexuels sur de jeunes athlètes dans les années 90. Laura Lévesque

Recruter plus d’experts et chercheurs étrangers

Un guichet unique sera mis en place pour faciliter le recrutement des meilleurs experts et chercheurs étrangers. Cette mesure permettra de faciliter l’arrivée de 150 talents étrangers par année. L’actuelle façon de procéder, qui ne prévoyait un processus particulier aux demandes provenant des chercheurs, était lourde et pouvait dissuader des chercheurs à venir s’établir au Québec. Laura Lévesque


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Politique

Budget 2020: à la défense de la culture québécoise 

L’investissement en culture effectue un bond de plus de 80 millions $ cette année. La ministre Nathalie Roy veut aider la création de contenus québécois, mais veut surtout assurer que les œuvres voyagent hors des frontières de la province. 

«L’année dernière, on conservait la vision culturelle libérale et on sécurisait les sommes dans chaque discipline. Là, c’est vraiment ma vision de la culture au Québec que j’impose. Les créateurs font des œuvres éclatées, avec la réalité virtuelle. Ce n’est pas couvert, je viens bonifier ça pour les créateurs qui voudront toucher à toutes ces nouveautés», indique la ministre de la Culture et des Communications.

Au même titre que le Québec reçoit le contenu artistique de partout dans le monde, le Québec doit pouvoir partager son art.

«On ne se bat pas à armes égales, on se bat contre des multinationales, parmi les meilleurs au monde. Ici, on réussit à faire des choses extraordinaires avec moins de moyens. On leur donne plus de moyens et ils pourront nous épater davantage.» 

En 2017, le secteur culturel offrait 3,9 % des emplois au Québec, et contribuait donc à 11 milliards de l’économie.

Le gouvernement souhaite surtout investir pour «décloisonner, créer et exporter la culture québécoise». Alors que 9,6 M$ étaient déployés dans l’année 2019-20 pour ce secteur d’activités, on parle de 73 M$ pour 2020-21, et un total de 371,9 M$ jusqu’en 2025. 

«On va soutenir pour la première fois les séries télé [15 millions $]. Aussi on va mettre 3 millions $ dans la captation. Les acteurs de pièces de théâtre ou les danseurs qui font des prestations magnifiques sont vus quelques fois en salle, avec une tournée s’ils sont chanceux. Après, l’œuvre disparaît, ça me brise le cœur. On va s’assurer de la garder avec nous et la diffuser à plus de monde», note la ministre Roy, parmi d’autres exemples. 

Un total de 457 millions $ additionnels est réservé à la culture dans le nouveau budget, pour tous les secteurs. Le ministre des Finances juge que ce sont «des interventions directes dans les programmes» et qu’il s’agit d’une «hausse extrêmement significative». 

Quelque 7 millions $ par année sont réservés pour soutenir les organisations culturelles et muséales, tandis que 10 millions $ par année sont utilisés pour protéger et valoriser la langue française.

L’industrie artistique entendue

Le développement constant des plateformes de diffusion en continu (Spotify, Apple Music) et l’ouverture aux marchés internationaux nuisent depuis quelques années déjà aux artistes québécois, surtout sur le marché de la langue française. On se souviendra de l’intervention du chanteur Pierre Lapointe au dernier gala de l’ADISQ. 

Les deux crédits d’impôt visant à soutenir l’industrie seront bonifiés pour 2020-2021; celui pour la production d’enregistrement sonore et l’autre pour la production de spectacles (35 % chacun applicable aux frais de main-d’œuvre). 

«On ajoute 20 millions $ additionnels à ce qu’on avait déjà. On a pris le pouls des artistes pour les soutenir davantage», note aussi Nathalie Roy.

Le patrimoine protégé

Le ministère de la Culture veut aussi mettre en place des infrastructures culturelles dans chaque région avec la création d’un parcours. Des immeubles patrimoniaux bien choisis seront restaurés et aménagés.

«Ce qui fait la beauté d’un village ce sont les vieux bâtiments qui racontent une histoire. Il y aura une annonce prochainement pour qu’on puisse valoriser tous ces bâtiments avec une vocation culturelle, leur donner une seconde vie pour qu’on puisse en profiter.»

Cette initiative s’ajoute à celle déjà annoncée par Mme Roy et Andrée Laforest (Affaires municipales) cet automne. Des fonds sont déjà déployés dans chaque région pour payer des professionnels qui assureront la protection des maisons privées jugées patrimoniales, afin de freiner la démolition de celles-ci par manque d’entretien. 


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Politique

Budget 2020: des sommes pour les femmes, les enfants et les autochtones

Féminicides et violence conjugale, DPJ ou soulèvement autochtone : le Québec s’est indigné à plusieurs reprises dans les derniers mois. Tous ces sujets qui ont accaparé les médias se sont taillé une place dans le nouveau budget de la Coalition avenir Québec. 

Le gouvernement a entendu, et a réagi pour «répondre aux besoins des citoyens», dit-il. Les montants annoncés semblent satisfaisants, «un pas en avant» pour la plupart, mais plusieurs questions demeurent concernant les façons dont les sommes seront dépensées. 

Violence conjugale

Marylène Lévesque, tuée par Eustachio Gallese au mois de janvier, n’était pas la première victime d’un féminicide. Trop de femmes avant elles ont fait monter les statistiques. Le gouvernement souhaite accompagner davantage les femmes victimes de violence conjugale, afin d’éviter le pire. 

Des sommes additionnelles de 181 millions $ d’ici 2024-2025 seront versées afin de bonifier le Plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale. Ce montant s’ajoute à 86 millions $ déjà déployé par le ministère de la Condition féminine d’Isabelle Charest.

Notamment, les maisons d’hébergement dénonçaient un manque criant de places, la sécurité de plusieurs femmes se voyant menacée. 

«Une chose est sûre, dans le plan d’action qu’on avait, 30 millions $ étaient prévus pour les maisons d’hébergement, c’est maintenu et on ajoute 126 millions $ sur cinq ans», assure la ministre Charest.

«La difficulté, c’est comment on va engager ces sommes-là. Oui, ça va être un défi de les déployer. Même si on parle de nouvelles places, on ne peut pas les faire apparaître dans l’an 1. Dans la première année, on va sécuriser les ressources. La priorité est de travailler de concert avec les différents regroupements.» 

Les places ne s’ajouteront pas par magie, rappelle Mme Charest, beaucoup de discussions devront être tenues afin de bien utiliser les sous versés, comme les régions qui auront priorité dans l’ajout de places. 

Si Manon Massé se réjouit des fonds investis, elle n’entend rien pour l’aspect de prévention, l’aspect juridique ou celui de formation.

«Les drames, mais surtout la mobilisation des groupes ont fait réagir. Je crois que ce gouvernement-là gère à la crise, sauf pour la crise climatique. Il faut protéger les femmes avant qu’elles soient rendues à l’étape de subir de la violence, pas quand il est trop tard. Et je répète, c’est pour six ans les fonds, ça peut changer l’an prochain», commente la porte-parole de Québec Solidaire. 

Protéger chaque enfant 

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) accueille favorablement le montant alloué dans son secteur. «Les sujets sont revenus sur la table», note la présidente de l’APTS, Andrée Poirier.

Cependant, les investissements à la protection de la jeunesse n’atteignent pas les besoins évalués à 270 millions $. Seulement 450 millions $ en cinq ans seront déployés afin d’ajouter des effectifs et réduire la liste d’attente à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

«Si on ne modifie pas les conditions de travail, on ne les gardera pas ces nouveaux effectifs. On ne voit rien dans le budget pour les conditions», martèle Mme Poirier.

Même que la présidente de l’APTS note des surplus budgétaires dans le secteur des salaires, parce que des postes ne sont jamais pourvus. D’ailleurs, l’Estrie (sa DPJ a été mise sous tutelle la semaine dernière) et la Côte-Nord sont parmi les régions les plus en manque d’intervenants. 

Le Québec a beaucoup parlé de la fillette de Granby, mais avant, le bébé de 10 mois décédé après un mauvais traitement des parents à Saguenay avait fait les manchettes. L’événement avait déclenché des conversations à l’intérieur de la DPJ du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

«Ça prend de la pression pour les faire agir. On est toujours dans les réactions, on attend un drame et on réalise qu’il faut investir. On a besoin d’outils pour les intervenants», indique Mme Poirier.

Bien-être des autochtones

Avec les blocages ferroviaires dans l’affaire de gazoduc, les peuples autochtones se sont retrouvés sous les projecteurs au cours des dernières semaines. 

Pour donner suite aux constats de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, et aussi de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, le gouvernement débloque une enveloppe de 200 millions $ sur cinq ans. L’objectif est de définir les priorités en concertation avec les communautés. 

«Ils veulent décider où leurs fonds vont aller, nous n’avons pas précisé les champs d’investissement par respect», a mentionné le ministre des Finances Éric Girard, concernant le manque de précision sur les directions du montant versé. 

«Mes derniers entretiens avec les différents représentants me laissent croire que l’argent dans le budget ne répondra pas au grand fossé qui nous sépare des besoins des Premières Nations. C’est un pas en avant, mais pas assez grand», réagit la solidaire Manon Massé.


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Politique

Un budget 2020 vert pâle

Ce qui avait été annoncé comme un budget environnemental en laisse plusieurs sur leur appétit. Quand le ministre de l’Environnement Benoit Charette parle pour 2020 «du plus beau budget en environnement que le Québec ait connu», Manon Massé réplique à coup d’«écoblanchiment comptable».

«C’est un budget qui me laisse sur ma faim», constate le directeur général de l’organisme Vivre en ville basé à Québec, Christian Savard, qui s’est amené mardi au Centre des congrès de Québec avec un maximum de bonne volonté.

Mais ce qu’a dévoilé le ministre des Finances, Eric Girard, d’abord à huis clos devant médias et spécialistes, puis de l’autre côté de la rue à l’Assemblée nationale en fin de journée, n’est pas à la hauteur des attentes qu’il a lui-même créées, selon M. Savard.

«J’étais prêt à être positif, mais on ne sent pas de virage. C’est le cours normal des choses, mais avec plus d’argent. Il y a plus d’argent que jamais en environnement, c’est indéniable. Mais on sent plus un exercice de relations publiques qu’un véritable engagement», affirme M. Savard.

Exercice qui coûtera 6,7 milliards $ au gouvernement au cours des six prochaines années, somme record. Le double des investissements annuels consentis dans le précédent plan 2013-2020 produit par les libéraux.

«Tous les signaux sont au vert!» s’est réjoui le ministre Charette, dans un savant jeu de mots. Ce qui lui fournit tous les outils pour lancer en grand dans quelques semaines son fameux Plan d’électrification et de lutte contre les changements climatiques tant annoncé qu’attendu.

Car, pour l’instant, des détails, il n’y en a pas tellement.

On sait que les programmes Roulez vert, pour encourager l’achat de véhicules électriques, et Chauffez vert, pour se débarrasser des systèmes de chauffage à combustible fossile, sont renforcés.

Plus les six projets de transport collectif électrique portés au Plan québécois d’immobilisation, dont celui de tramway à Québec. Mais sans argent frais pour les systèmes de transport en commun existants.

«Écoblanchiment comptable»

«Ceci n’est pas un budget vert, ceci est un budget d’écoblanchiment comptable. On nous montre des chiffres imposants, mais peu de choses changent à court terme. On avait besoin de pas de géant et on a quelques pas de souris», illustre la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, disant «déchanter comme plusieurs Québécois et Québécoises vont déchanter en regardant de plus près ce budget-là».

«Pas d’argent neuf et des sommes dépensées après» le premier mandat de la Coalition avenir Québec, dénonce Mme Massé.

Même écho du porte-parole libéral en matière de finances et ancien ministre des Finances, Carlos Leitão. «J’aurais envie de dire : “On verra!”» lance le membre de l’opposition officielle, avec cette formule chère au premier ministre François Legault.

«La moitié des nouvelles dépenses se feraient après 2022, donc dans un deuxième mandat», analyse M. Leitão.

Le ministre Girard s’est peu attardé aux éléments environnementaux de son deuxième budget annuel, où les revenus totaux du gouvernement atteignent 121,3 milliards $.

Des surplus de 2,7 milliards $ sont prévus pour l’an prochain, avant les versements obligatoires au Fonds des générations.

Mais attendez plus, puisqu’au 31 mars, la prévision de 2,5 milliards $ réalisée à pareille date l’an dernier se fixera plutôt à 4,5 milliards $, c’est-à-dire 1,9 milliard $ après contribution au Fonds des générations.

Politique

Budget: sur fond d’incertitude, Québec met le cap sur les dépenses 

Sur fond d’incertitude économique mondiale et de crise du coronavirus, le gouvernement Legault mise sur une forte croissance des dépenses pour aider le Québec à traverser sans trop de dégâts d’éventuelles tempêtes dans les mois qui viennent.

Le budget 2020-2021, déposé mardi par le ministre des Finances, Eric Girard, comporte des investissements majeurs dans plusieurs secteurs d’activité, notamment dans la promotion du transport collectif et des véhicules électriques, en s’appuyant sur des prévisions de croissance optimistes.

Québec veut stimuler l’économie, notamment avec une hausse des dépenses de l’ordre de 5,1 % en 2020-2021, dans ce budget annuel ayant un fort accent quinquennal.

Pas de déficit en vue, donc, mais malgré les surplus dans les coffres de l’État, pas davantage de baisses d’impôts à court terme pour les contribuables.

En dépit de la menace ambiante de ralentissement économique, voire de récession, le gouvernement Legault prévoit que la croissance économique va «demeurer forte» au Québec cette année, atteignant 2 %. En 2019, elle était de 2,8 %.

À propos des nuages qui planent sur l’économie mondiale, le ministre des Finances, qui se décrit comme quelqu’un de «pragmatique», s’est fait rassurant, convaincu que «le Québec a les moyens d’être résilient face aux perturbations économiques qui pourraient surgir» prochainement, grâce à des finances publiques saines et une bonne posture économique.

Même constat du gouvernement pour la gestion à venir de l’épidémie de coronavirus, selon M. Girard, qui anticipe tout de même des impacts sur la croissance économique mondiale.

Prévu à 1,7 milliard $, le surplus dans les coffres du gouvernement atteint finalement 1,9 milliard $ cette année, en tenant compte de la perte financière de 600 millions $ associée aux déboires de l’investissement gouvernemental dans l’avion A220, passé des mains de Bombardier à Airbus.

«Économie verte»

Dans la colonne des dépenses (110 milliards $ au total, cette année), le gouvernement respecte son engagement de donner un vigoureux coup de barre en faveur d’une «économie verte» et de la lutte aux changements climatiques, avec des investissements de l’ordre de 6,7 milliards $ en six ans, en misant sur l’offre accrue de transport collectif et l’électrification tous azimuts des véhicules en tous genres, en vue d’atteindre les objectifs fixés pour 2030, soit une réduction des gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % par rapport au niveau de 1990. Un plan d’action élaboré suivra au cours des prochains mois.

Le Plan québécois des infrastructures (PQI) des 10 prochaines années devrait entraîner des investissements de l’ordre de 130 milliards $, «un sommet historique», dont 3,3 milliards $ supplémentaires en transport collectif électrique. On pense à des projets déjà connus de tramways ou de métros à Québec, Gatineau et en périphérie de Montréal. Du total, pour la décennie, 13,6 milliards $ seront réservés aux infrastructures de transport en commun.

Les grandes missions de l’État - la santé (hausse de 5,3 %) et l’éducation (plus 4,5 %) - auront droit à des augmentations budgétaires inférieures à celles consenties l’an dernier, mais plus substantielles qu’anticipées. Au total, d’ici cinq ans, Québec s’engage à accorder 5,4 milliards $ de plus qu’aujourd’hui à ces deux secteurs-clés, qui grugent déjà la majeure partie du budget de l’État.

En santé, comme toujours, les sommes additionnelles seront dirigées vers la première ligne, éternelle source de frustration pour les patients trop longtemps coincés dans les salles d’urgence ou sur des listes d’attente.

En éducation, même si cette nouvelle structure suscite son lot de critiques et d’interrogations, le gouvernement maintient son objectif de déployer un réseau de maternelles 4 ans partout au Québec. On ajoutera cette année 350 nouvelles classes.

Malgré l’importante pénurie de main-d’œuvre qui sévit au Québec, le gouvernement s’engage à ajouter des ressources et des effectifs affectés à divers programmes sociaux au cours des cinq prochaines années, soit les soins à domicile (384 millions $), les enfants maltraités (450 millions $), les personnes handicapées (126 millions $), les déficients physiques ou intellectuels et autistes (250 millions $).

Le fléau de la violence envers les femmes incite le gouvernement à procéder à un investissement majeur de 181 millions $ en cinq ans, une somme versée essentiellement au réseau des maisons destinées aux femmes victimes de violence conjugale.

D’ici deux ans, 6000 places supplémentaires en services de garde subventionnés seront créées (339 millions $ en cinq ans).

Un effort particulier sera consacré aux industries culturelles, avec un ajout de 407 millions $ en cinq ans, somme dédiée en priorité à donner un coup de pouce à la production télévisuelle et cinématographique.

Après plusieurs années d’efforts et de discipline, le Québec a réussi à contrôler la croissance de son énorme dette six ans plus tôt que prévu. Le poids de la dette brute passe sous les 45 % du produit intérieur brut (PIB), conformément à l’objectif fixé par les gouvernements précédents.

Politique

Meurtre de Marylène Lévesque: un exercice parlementaire peu productif

OTTAWA — Les parlementaires se sont prêtés à un exercice peu productif, mardi matin, alors qu’un comité a entamé l’étude des circonstances qui ont mené au meurtre de Marylène Levesque. 

Les dirigeantes du Service correctionnel et de la Commission des libérations conditionnelles se sont réfugiées, à répétition, derrière la tenue d’enquêtes en cours, dont une enquête de la police de Québec, pour ne pas commenter spécifiquement le dossier d’Eustachio Gallese. Le 22 janvier dernier, l’homme, en semi-liberté, a tué la jeune femme, rencontrée grâce à une permission obtenue au printemps précédent de fréquenter des «établissements de massages érotiques». Cette permission, donnée par son agente de libération conditionnelle, lui avait été retirée par la Commission des libérations conditionnelles en septembre.

À son procès, en février, Gallese a reconnu avoir fait fi de cette interdiction. Il a plaidé coupable aux accusations de meurtre au premier degré.

La commissaire du Service correctionnel du Canada, Anne Kelly, a assuré devant le comité parlementaire qu’elle n’avait jamais vu pareille permission donnée, au cours de sa carrière.

«Je vais être très claire. Le service n’approuve pas que les délinquants aient recours à des services sexuels. [...] J’en suis à ma 37e année au service et je peux affirmer, avec certitude, que ce n’est pas une pratique que nous appuyons en tant qu’organisation, en ce qui a trait à la façon dont nous gérons les délinquants», a insisté Mme Kelly.

Agente retirée

Elle n’a pas voulu, ou pu, dire ce qui a conduit une de ses employées à accorder cette permission à Gallese, un homme qui purgeait une peine de meurtre au deuxième degré pour avoir tué son ex-conjointe en 2004. Elle a confirmé que l’agente en cause ne supervise plus aucun délinquant, en attendant les conclusions des enquêtes.

«Je ne peux pas parler du cas précis», a répété encore et encore Mme Kelly en réponse aux questions des députés.

On a quand même réussi à apprendre qu’elle n’a été mise au courant de la permission donnée, puis retirée à Gallese, qu’après le meurtre de Mme Levesque.

On a aussi pu savoir que c’est un intervenant clinique, employé de la maison de transition où habitait l’homme en semi-liberté, qui était chargé de surveiller son respect des conditions de sa libération. Mme Kelly ignorait donc à quelle fréquence cet «intervenant clinique» avait des contacts directs avec le délinquant, cette personne n’étant pas à l’emploi du Service correctionnel.

La présidente de la Commission des libérations conditionnelles, Jennifer Oades, pour sa part, a rappelé à plusieurs reprises que chaque décision de commissaire est une décision «indépendante», prise selon les règles et en ayant à l’esprit la protection du public. «Prédire le comportement humain n’est pas [...] une science exacte», a-t-elle senti le besoin de souligner.

Pourquoi les commissaires n’ont-ils pas retiré sa liberté à l’homme lorsque, en septembre 2019, ils ont appris qu’il utilisait une «permission» d’aller voir des prostituées?

«Au bout du compte, c’est une décision indépendante, a répondu Mme Oades. Ils ont pris toute l’information disponible et une décision a été prise. Je ne suis pas ici pour la justifier. Je ne suis pas ici pour la condamner.»

Deux heures de comité

En deux heures d’interrogatoire, les élus ont souvent utilisé le temps qui leur était alloué pour attaquer leurs adversaires politiques.

Conservateurs et libéraux ont ainsi multiplié les attaques partisanes, alors que l’étude en comité doit servir à connaître les circonstances qui ont conduit au drame de janvier.

Il reste une dizaine d’autres heures pour compléter cette étude. Les conservateurs ont l’intention de convoquer l’agente de libération conditionnelle et les deux commissaires qui ont eu à gérer le dossier de Gallese.

«Ça va prendre des réponses et la première journée n’est pas très satisfaisante», s’est désolée la députée bloquiste Kristina Michaud, à la fin de la réunion du comité.

Politique

Catherine Dorion enceinte de son troisième enfant

La députée de Taschereau Catherine Dorion a annoncé lundi soir être enceinte de son troisième enfant.

«Les deux premières fois, ça a été prodigieux, sauvage et sacré. «Chaque fois, c’est un miracle», dit la sage-femme. Si tout va bien, mon ou ma troisième naîtra cette année, en septembre, le plus beau mois», a écrit l’élue de Québec Solidaire sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram. 

Catherine Dorion est elle-même née un 30 septembre.

«J’ai le bonheur d’être suivie à la maison de naissance par celle qui m’a accompagnée lorsque j’ai accouché de ma première. Oserai-je accoucher à la maison, cette fois? J'ai bien envie», poursuit la femme de 37 ans.

La comédienne et politicienne écrit aussi que le papa «est un homme discret qui veut le rester». Mais, ajoute-elle, «il tient à dire qu’il est heureux».

Politique

Budget: Girard solide sur ses patins

«Quand on préparait le budget, on voyait des nuages, on était conscients. L’épidémie [de COVID-19] avait commencé et on en a pris acte. Mais est-ce qu’on a modifié le budget la semaine dernière, par exemple, en fonction de ce qui se passait? Pas du tout», a affirmé le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, à la veille du dévoilement du budget de l’an 2 de la Coalition avenir Québec.

Veille de budget, le ministre des Finances enfile habituellement des chaussures neuves. M. Girard a innové, lundi, en enfilant ses patins. Ses vieux patins, à lui, mais dotés de lames toutes neuves, qu’il a payées 99 $. Lames haut de gamme fabriquées à Québec par Step, entreprise tout juste achetée par le géant CCM.

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Le ministre Girard adore le hockey, surtout joué dehors. Mais les saisons extérieures raccourcissent, constate-t-il. Surtout dans la région de Montréal, où ce natif de Québec réside depuis près de 30 ans.

Preuve de l’importance de la lutte contre les changements climatiques, plaide-t-il, élément central du budget de près de 120 milliards $ qu’il présentera mardi.

Partisan invétéré des Nordiques de Québec, il portait pour la présentation médiatique de lundi «le gilet d’une bonne équipe de Mont­réal», soit l’Armada de Blainville-Boisbriand, club junior majeur de sa circonscription de Groulx.

Un peu de poudrerie n’allait pas l’empêcher de donner quelques coups de patins sur l’anneau de glace des plaines d’Abraham, en compagnie de sa collègue ministre Isabelle Charest, ex-championne du monde et triple médaillée olympique en patinage de vitesse sur courte piste.

Mme Charest est ministre responsable de la Condition féminine, présage aux investissements tant réclamés en hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Glace plus mince

Le ministre Girard s’assure prêt à avancer sur une glace amincie par la récente menace d’épidémie du coronavirus COVID-19.

«La position du Québec est enviable, l’économie du Québec a eu une performance remarquable [ces dernières années] et les fondements économiques du Québec sont solides. Cette position de force va nous permettre de faire face aux perturbations économiques, quelles qu’elles soient», atteste-t-il, avec confiance.

Pas besoin de constituer un fonds d’urgence spécial, demande l’opposition, ou même de piger dans la réserve de stabilisation de 14 milliards $, comme l’a évoqué le premier ministre François Legault, lundi, lors d’une annonce faite à Montréal. Une telle manœuvre n’est possible qu’en cas de déficit

«La réserve de stabilisation est la somme des surplus des dernières années utilisés à réduire l’endettement, ce qui nous permet une capacité d’emprunt plus élevé», explique M. Girard, ajoutant qu’il serait «normal que le cadre financier soit à l’équilibre».

Outre l’environnement, l’éducation, la santé et l’économie obtiendront la majorité des investissements inscrits dans le document intitulé Votre avenir, votre budget, à paraître mardi. L’accélération des dépenses en infrastructures de transport, d’hôpitaux et d’écoles sera mise de l’avant afin d’éviter ce ralentissement viral anticipé.

Éviter «la paranoïa»

Pendant ce temps, sa collègue Geneviève Guilbault se prononçait sur les derniers développements sur le COVID-19. La ministre de la Sécurité publique, ministre responsable de la Capitale-Nationale et vice-première ministre du Québec souhaite garder l’équilibre entre «le fait de ne pas être naïf tout en évitant l’hystérie collective».

Lundi, après le premier décès confirmé des suites du coronavirus au Canada, Mme Guilbault a réaffirmé le rôle du ministère de la Sécurité publique du Québec.

«On est en veille depuis plusieurs semaines. On a été très réactifs par rapport à ce qui se passe un peu partout. [...] Il ne faut pas alimenter la paranoïa. Il faut rester prêts et on l’est», a mentionné aux médias celle qui en était à son premier jour de retour officiel au travail après 11 semaines de congé de maternité.

Trois lieux de quarantaine ont été désignés par le gouvernement, dont un à Québec, dans le secteur Beauport, qui ouvre mercredi.  Avec Émilie Pelletier

Politique

Ottawa veut criminaliser les thérapies de conversion

Le gouvernement libéral a déposé un projet de loi qui criminaliserait plusieurs aspects des thérapies visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne.

La législation mise de l’avant par le ministre de la Justice, David Lametti, modifierait le Code criminel afin de créer de nouvelles infractions passibles d’une peine de prison maximale de cinq ans. Il serait notamment interdit de faire subir une thérapie de conversion à un mineur, au Canada ou à l’étranger, mais aussi aux adultes contre leur gré. Il serait également interdit de tirer profit de ces thérapies ou d’en faire la publicité.

Politique

Eric Girard, le gardien des finances

On le dit bon joueur de hockey. Il a pourtant développé ses habiletés d’attaquant sur le tard, après avoir été gardien de but jusqu’à l’âge de 13 ou 14 ans. Il a protégé le même filet qu’un certain Patrick Roy. À la veille de dévoiler un deuxième budget annuel du Québec de près de 120 milliards $ à titre de ministre des Finances, mardi, Eric Girard se montre plus que jamais convaincu. «J’ai bien fait de devenir économiste financier... et lui gardien de but!»

Cela a duré la moitié d’un été. «Patrick est un an plus vieux. J’ai joué au baseball avec son frère, Stéphane. J’étais meilleur au baseball! L’École de hockey de Sainte-Foy, c’était une ligue estivale où on jouait pendant six semaines. C’était tout notre été : on faisait juste jouer au baseball et au hockey», raconte M. Girard.

Ministre des Finances du Québec depuis 15 mois à bord du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), l’homme de 53 ans a reçu Le Soleil dans ses nouveaux bureaux du boulevard Charest, voisins du journal. Ça sent encore le neuf. La rénovation du siège du ministère des Finances, édifice patrimonial en coin situé de biais avec le Château Frontenac, prendra au moins quatre ans.

Journaliste et photographe ont été assermentés pour qu’ils ne dévoilent aucun secret du budget, à moins d’y avoir été autorisés. Peine perdue, d’un côté comme de l’autre.

«Ce sera le budget de l’environnement. Mon collègue ministre de l’Environnement dévoilera bientôt un plan de lutte aux changements climatiques et, pour ça, ça lui prend des moyens. Aussi : santé, éducation, économie», énumère-t-il, muet sur les détails.

De sa fenêtre du huitième étage, il aperçoit les toits de la haute-ville de Québec et le sommet de la tour de la Banque Nationale. Entreprise où il a œuvré durant 24 ans, à Montréal, se hissant jusqu’au poste névralgique de trésorier.

«Le trésorier, c’est le cerveau financier de la banque, explique-t-il. J’étais responsable du capital, de la liquidité, du risque, du taux d’intérêt, de la caisse de retraite, de la réglementation. C’est central.»

Rôles insoupçonnés

De là, il se sentait pleinement compétent pour chausser les grands souliers que lui a tendus le premier ministre fraîchement élu, François Legault, un soir d’octobre 2018.

«Je m’attendais à être ministre des Finances, c’est ça qui m’intéressait. Mais je ne savais pas que le ministre des Finances est aussi responsable de la SAQ, de la SQDC, de Loto-Québec, la Caisse de dépôt, ça, je le savais, de Retraite Québec, de Revenu Québec et de l’AMF!

«Je pensais qu’il y avait le budget, la mise à jour, la Caisse de dépôt, qui a quand même un conseil d’administration et un pdg. Mais je n’avais pas réalisé qu’il y a tout le reste! Les responsabilités sont beaucoup plus larges et transversales que j’avais anticipé. Je suis aussi impliqué dans pas mal tous les dossiers du gouvernement, pour l’argent. Je n’avais pas prévu être ministre responsable de la région de Laval non plus!» s’esclaffe le député de Groulx, circonscription des Basses-Laurentides englobant les villes de Boisbriand, Rosemère et Sainte-Thérèse.

Son ancien patron, Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale du Canada depuis 2007, estime que le banquier Girard avait tout pour devenir le ministre des Finances Girard.

«Eric est très, très rigoureux, structuré, organisé. Un vrai passionné de la finance et de l’économie. La différence, c’est qu’il est un financier qui s’intéresse à la politique, à l’inverse d’un politicien qui s’intéresse à la finance. La première catégorie est très rare! Je confirme que ce n’est pas commun, mais il n’était pas perçu comme un extraterrestre non plus», affirme celui qui connaît M. Girard depuis plus de 30 ans, avant même son entrée à la Banque Nationale.

Être «connu personnellement des agences de notation partout sur la planète» en faisait un candidat «extrêmement qualifié pour devenir ministre des Finances», continue M. Vachon.

«Et il a un bon sens de l’humour! Des journées où le marché bouge beaucoup, il faut garder son sens de l’humour et ne pas trop paniquer. Il est passé à travers le 11 septembre, la crise de 2008... Il a navigué à travers plusieurs crashs et a démontré qu’il avait les nerfs solides, une grande qualité en situation de leadership», souligne le numéro un de la Banque Nationale.

Les deux hommes se sont rencontrés en 1989, quand M. Girard était stagiaire chez Trizec, où travaillait la conjointe de M. Vachon.

«Les Bronfman et les Reichmann avaient cette compagnie propriétaire de la Place Ville-Marie, à Montréal, mais aussi de Place Québec, à Québec», évoque le ministre.

«Quand je suis entré, il y avait des projets pour construire des tours partout! Mais il y a eu la crise de l’immobilier en 1990. Quand je suis parti, quatre ans plus tard, tout ce qu’on avait fait, c’était l’agrandissement du Centre des congrès de Québec. Un bon contrat du gouvernement, parce qu’il n’y avait plus que le gouvernement qui donnait des contrats en période difficile», se remémore-t-il de ce tremplin vers un an à la Banque du Canada, avant la Banque Nationale.

Mulroney, Bouchard

Né à Sept-Îles, Eric Girard a grandi à Sainte-Foy, paroisse Saint-Louis-de-France.

Le garçon de 10 ans était au Colisée de Québec, au printemps 1977, quand les Nordiques ont soulevé la Coupe Avco, emblème de la suprématie de la défunte Association mondiale de hockey. Deux ans plus tard, il a vu Réal «Buddy» Cloutier réaliser son fameux tour du chapeau en une période lors du premier match des Nordiques dans la Ligue nationale, dans l’amphithéâtre de Limoilou.

Maman était psychopédagogue. Elle a mené la première classe de francisation d’immigrés colombiens à Québec, dans les années 1970, et a fondé l’école alternative Ressources.

Papa était juriste, bouclant sa carrière comme juge administratif au Tribunal du travail. Il a étudié le droit à l’Université Laval au tournant de la décennie 1960, dans les mêmes années que Brian Mulroney et Lucien Bouchard.

Ses parents habitent près des Plaines et suivent de près les activités de leur illustre fils. «Mon père me parle de mes commissions parlementaires, qu’il regarde, et ma mère me parle d’éducation», confie M. Girard.

«Quand je me suis présenté en 2015, pour le Parti conservateur, Brian Mulroney est venu m’appuyer, parce qu’il connaît mon père et que je travaillais avec son fils. M. Mulroney n’était pas en bons termes avec M. Harper, alors qu’il sorte pour un candidat, c’était quelque chose. Et l’été dernier, j’ai soupé avec mon père et M. Bouchard, qui viennent tous les deux de Jonquière. Les histoires ne manquaient pas...»

Sa candidature aux élections fédérales de 2015, dans la circonscription de Lac-Saint-Louis, tenait beaucoup plus de l’approbation économique que sociale au parti de Stephen Harper, précise M. Girard.

«Je pensais à faire de la politique depuis l’école secondaire. Ç’a été une belle expérience, mais j’ai été battu à plate couture! Il n’y a eu aucun député conservateur sur l’île de Montréal depuis Bob Layton [1984-1993], le père de Jack Layton.

«Il y avait trois comtés que les conservateurs avaient une chance de gagner et, dans ma naïveté, je pensais être le premier. Mais à un moment donné, tu sais que tu vas perdre et que ton parti ne formera pas le gouvernement», relate celui qui a vu le libéral Francis Scarpaleggia l’emporter par plus de 29 000 voix et obtenir un cinquième mandat consécutif. Il en est à son sixième.

Papa consultant

Partie remise en 2018, quand la CAQ et François Legault l’ont recruté.

«Mes enfants ont 19 et 18 ans», c’était l’anniversaire de sa fille le jour de l’entrevue. «C’est un âge idéal. Ils ont moins besoin d’un père présent et plus d’un père conseiller. Ils n’ont plus besoin que j’aille les reconduire aux entraînements de hockey ou de volleyball, n’ont plus besoin que je m’assoie à côté d’eux pour faire leur devoir. Le timing est bon», constate celui qui a coaché ses enfants au hockey et au baseball.

Il ne peut prédire si l’un ou l’autre suivra ses traces politiques, mais fiston est président de l’Association des étudiants au collégial de Jean-de-Brébeuf, à Montréal.

La marotte du ministre consiste à vouloir rattraper le retard économique qu’accuse le Québec sur la moyenne canadienne. Pour ce faire, il compte hausser le taux de diplomation, surtout chez les garçons francophones, qui tirent de la patte.

Ce sera dans son budget de mardi. Et tout le reste sur lequel son équipe et lui ont planché dans les dernières semaines, une quinzaine d’heures par jour, sept jours par semaine.

Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à faire du sport quatre fois par semaine, ainsi que de laver la vaisselle à la maison.

«On est ministre des Finances 24 heures sur 24, mais chez nous, ma job, c’est la vaisselle. Ma femme cuisine. Je me suis mis une télé sur le bord du lavabo et j’aime bien regarder une période de hockey en lavant mes chaudrons», conclut celui qui a trouvé auprès du premier ministre Legault une nouvelle cible pour railler les déboires du Canadien, son ex-patron, M. Vachon, étant membre du conseil d’administration du Tricolore.

Politique

Bastien accuse ses adversaires de conduire le PQ à sa perte

MONTRÉAL — Première escarmouche sérieuse dans la course à la direction du Parti québécois (PQ).

Le candidat Frédéric Bastien a accusé, samedi, ses adversaires de conduire le parti à sa perte en promettant un référendum sur l'indépendance dans un éventuel premier mandat d'un gouvernement péquiste.

Devant les jeunes péquistes réunis en congrès en fin de semaine à Montréal, pratiquement tous les aspirants à la direction du PQ ont pris l'engagement de tenir un référendum s'ils prennent le pouvoir en 2022.

Les jeunes militants, qui pour la plupart sont des indépendantistes pressés, ont accueilli favorablement ces engagements.

Toutefois, l'historien Frédéric Bastien dit être convaincu que si le PQ promet un référendum en 2022, il ira vers l'échec, comme lorsque l'ancien chef André Boisclair avait promis un référendum dans un premier mandat au scrutin de 2007.

«Nous allons vers l'échec comme en 2007, a-t-il commenté en mêlée de presse. On en avait "mangé une belle". L'histoire va se répéter. On se trouverait à ne pas apprendre des erreurs du passé.»

En 2007, le PQ avait terminé derrière le Parti libéral du Québec et l'Action démocratique du Québec (ADQ), tant sur le plan du nombre d'élus que sur celui du suffrage universel.

M. Bastien prédit que tous les adversaires du PQ vont se liguer contre lui en brandissant l'épouvantail du référendum.

En outre, il soutient que les électeurs ne demandent pas de référendum actuellement et que lui en prend acte. Il faut donc aller chercher leur vote d'une autre façon.

«Pour gagner, on a besoin de votes qu'on va reconquérir dans le 450 (la couronne de Montréal), à Québec, en région», a-t-il évoqué. Il estime donc plutôt que le PQ doit se présenter comme le meilleur défenseur de la loi 21 sur la laïcité.

Nantel et PSPP

À l'opposé, l'humoriste Guy Nantel, qui s'adressait pour la première fois à des militants péquistes depuis l'annonce de sa candidature, s'est engagé plus précisément dans son discours à organiser un référendum dans une première moitié d'un éventuel mandat s'il devient premier ministre.

De son côté, le candidat Paul St-Pierre Plamondon a rappelé qu'il avait été le premier à prendre l'engagement de tenir un référendum dans un premier mandat, même si la proposition avait été mal reçue au début.

«Je ne peux pas vous dire en quelle année va avoir lieu le troisième référendum, mais je peux vous dire qu'il va avoir lieu, a-t-il lancé aux jeunes militants. Et cette journée-là, on sera une quatrième génération au combat, ça c'est vous, avec les trois générations précédentes qui, elles, ont vécu 1980 et 1995 (les référendums précédents).»

La question de l'urne

Dans son discours, M. St-Pierre Plamondon a affirmé que la question principale de la course en cours actuellement était: qui incarne l'avenir du Parti québécois? Et il estime qu'il est le mieux placé pour l'incarner.

Il a ainsi repris l'expression anglaise «ballot question», la question de l'urne, qui est censée résumer l'enjeu d'un scrutin.

«On va se parler d'idées pendant trois mois, mais la question de l'urne, c'est: qui peut rebâtir le Parti québécois, qui incarne l'avenir du PQ? Cet enjeu-là est fondamental. Qui est capable de parler autant à un environnementaliste qui a voté QS qu'à un caquiste qui est en fait un indépendantiste qui voulait se débarrasser des libéraux?»

Gratuité scolaire

Enfin, Guy Nantel a lancé dans la mêlée une proposition de son programme. Il a proposé d'instaurer la gratuité scolaire jusqu'au baccalauréat s'il est élu premier ministre.

Le PQ a souvent valsé avec ce concept, notamment après la crise étudiante de 2012, et l'ancien chef Jean-François Lisée l'avait réactivée peu avant la campagne électorale de 2018.

Enfin, la course pourrait bien compter bientôt officiellement une prétendante. En effet, l'avocate Glorianne Blais a fait savoir qu'elle allait tenter de récolter les signatures et le financement nécessaires pour être sur la ligne de départ.

Actuellement, outre MM. St-Pierre Plamondon, Nantel et Bastien, le député Sylvain Gaudreault et l'homme d'affaires Laurent Vézina sont sur les rangs.

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