Politique

Un nouveau site pour s'inscrire sur la liste électorale

MONTRÉAL - À un peu plus de quatre mois du scrutin au Québec, le directeur général des élections (DGE) invite tous les électeurs québécois à vérifier dès maintenant qu’ils sont bien inscrits sur la liste.

Par voie de communiqué, Pierre Reid a annoncé que cette démarche peut désormais se faire en ligne sur une nouvelle plateforme web disponible à l’adresse http://www.elections.quebec.

M. Reid rappelle aux électeurs d’effectuer les démarches dès que possible puisqu’il sera impossible, le jour du scrutin, de s’inscrire sur la liste électorale ou encore d’effectuer un changement d’adresse.

Cette plateforme web vise également à sensibiliser les électeurs québécois à l’importance de se déplacer, le 1er octobre prochain, pour exercer son droit de vote. On y retrouve également des informations sur le mode de scrutin et sur les manières de s’informer adéquatement.

Fait intéressant, le DGE note que pour la première fois, trois grands groupes démographiques - les 18-39 ans, la génération X et les baby-boomers - auront un poids électoral équivalent le 1er octobre prochain.

M. Reid prévient toutefois que cette donnée demeurera bien théorique si des représentants de toutes ces générations, et plus particulièrement les jeunes, décidaient de ne pas faire entendre leur voix.

Élections Québec dit d’ailleurs fonctionner à «plein régime» pour compléter les préparatifs électoraux. Ainsi, près de 30 000 urnes et 25 000 isoloirs sont déjà prêts, 3600 lieux de vote ont déjà été identifiés et 4,3 millions de dépliants d’information sont en cours d’impression.

Politique

En votre âme et conscience

DÉCODAGE / La relâche parlementaire qu’entament les élus de l’Assemblée nationale pourrait leur offrir — souhaitons-le — une période propice à la réflexion. En voilà une possible : si un chien de type pitbull était responsable dans quelques mois ou dans deux ans d’une tragédie comme celle ayant causé la mort de Christiane Vadnais, en 2016 à Montréal, estimeraient-ils à ce moment-là que le Parlement québécois doit faire quelque chose?

Le gouvernement a présenté en avril 2017 un projet de loi visant à «favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement sur les chiens». Or, il demeure dans les limbes à ce jour, alors que l’actuelle législature se terminera bientôt. Le gouvernement, ainsi que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec le jugent «polarisant».

Avis aux nombreux candidats qui cherchent ou chercheront à décrocher pour la première fois un poste à l’Assemblée nationale le 1er octobre : être parlementaire, c’est prendre des décisions difficiles. Et bien souvent «polarisantes».

Si les actuels députés en arrivent à la conclusion en leur âme et conscience que ce projet de loi ne règle rien ou n’est pas le bon, très bien. S’ils estiment que leur position et celle de leur parti n’ont rien à voir avec la crainte de perdre des points dans l’électorat, très bien. 

Par contre, s’ils en venaient à la conclusion qu’ils souhaiteraient l’adoption d’un tel projet de loi si une autre tragédie du genre survenait, ils auront le devoir d’en parler rapidement à leur caucus au retour de cette relâche, dans 10 jours.

Voilà pourquoi ils doivent se poser la question telle que formulée en amorce de ce texte, en se plaçant dans la situation décrite.

CALEPIN DE NOTES DE LA SEMAINE

• Diane Lavallée, fidèle à ses convictions

Alexandre Taillefer avait sa carte de membre du PQ lorsqu’il a joint Philippe Couillard — malgré lui, mais tout de même; l’ex-ministre libérale Marguerite Blais est passée à la CAQ; l’éventuel futur ministre des Finances de la CAQ, Éric Girard, aurait pu aller au Parti libéral du Québec… En cette période de gonflage de muscles, en cette période où les partis présentent leurs candidats, et où plusieurs passent d’une formation à l’autre, la future candidate du Parti québécois dans Taschereau détonne. Si Diane Lavallée ne représente pas nécessairement le renouveau, elle qui s’était déjà présentée pour le PQ en 1994, un fait demeure : elle est fidèle à ses convictions. Oui, elle détonne par les temps qui courent.

• Déclaration unique : la révélation

Le gouvernement Couillard est désormais en faveur d’une déclaration de revenus unique pour les contribuables québécois. Il ne pouvait être éternellement contre un projet qui simplifierait leur tâche. Surtout pas quand deux chefs de partis fédéraux trouvent eux-mêmes que ce serait une bonne idée et qu’une élection approche à grands pas. Lorsqu’un tel changement finira par advenir, dans quelques années, il y aura là un très fort symbole d’autonomie québécoise. 

• Les valeurs de la CAQ

Le sujet étant délicat, la Coalition avenir Québec a couché dans un document ses propositions sur le fameux «test des valeurs» — et de français — dont son chef et le député Simon Jolin-Barrette parlent depuis 2015. Le positionnement politique de la CAQ demeure le même, bien que le discours général se soit adouci depuis trois ans. Dans les faits, il avait été adouci depuis plusieurs semaines déjà. Le fort écho médiatique obtenu par la diffusion du document montre toutefois à quel point les propositions de la CAQ en immigration alimenteront la controverse électorale. Voilà pourquoi le parti devait les coucher sur papier. Il devait aider ses militants et ses candidats à se mettre en bouche les meilleurs mots qu’il est possible de trouver en la matière. C’est pour réduire les risques de dérapage que ce document a été produit.

• Jamais à dos

Transférer aux municipalités la valeur d’un point de pourcentage de la Taxe de vente québécoise est un projet porteur. D’autant qu’il existe une règle aussi simple que fondamentale dans le monde politique québécois : ne jamais se mettre à dos les maires du Québec!

Politique

Le Québec doit former plus de pilotes, dit Couillard

Philippe Couillard croit que le Québec doit former davantage de pilotes s’il veut être en mesure de répondre à ses missions d’État.

Le premier ministre réagissait aux conclusions alarmantes d’un rapport interne du ministère de Transports, diffusé par Le Soleil vendredi. Ce rapport révèle que le Service aérien gouvernemental (SAQ) perd des pilotes et a de la difficulté à en recruter d’autres. 

En 10 ans, 50 % des pilotes affectés aux avions d’affaires (Challenger et Dash-8) ont déserté. Le rapport souligne qu’il pourrait très bientôt manquer de pilotes pour effectuer des évacuations aéromédicales. «Des décès sont envisageables», y est-il écrit. 

Pour M. Couillard, il s’agit d’un exemple frappant que «la pénurie de main-d’œuvre n’épargne aucune région et aucun secteur».

Selon lui, la solution n’est pas d’augmenter le salaire de ces pilotes, qui gagnent environ 100 000 $ par année, comparativement à 200 000 $ pour ceux qui exercent les mêmes fonctions aux États-Unis. «C’est pas nécessairement de les payer davantage que d’en entraîner une quantité suffisante.»

Le premier ministre croit que la seule école publique nationale de pilotage doit demeurer au Cégep de Chicoutimi, mais qu’il faut faciliter les choses pour les petites écoles privées de pilotage, qui peinent à se faire reconnaître par le ministère de l’Enseignement supérieur. «On travaille là-dessus actuellement», indique-t-il. 

La pénurie de pilotes d’avion touche l’ensemble du pays, voire du monde, au moment où le nombre de vols se multiplie. Le Conseil canadien de l’aviation et de l’aérospatiale évalue qu’il y aura un manque de 6000 pilotes au pays d’ici 2036. 

Politique

Trudeau vante au MIT la recherche canadienne en intelligence artificielle

CAMRIDGE, Mass. - Le premier ministre Justin Trudeau a profité d’une visite au prestigieux MIT, vendredi matin, pour vanter les prouesses des chercheurs canadiens dans le secteur de l’intelligence artificielle.

Participant vendredi à une conférence d’entrepreneurs en technologie au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge, près de Boston, M. Trudeau a rappelé que le Canada «investit massivement dans l’intelligence artificielle», en tablant sur des décennies de recherche menée par des informaticiens canadiens qui ont contribué à soutenir les avancées mondiales dans ce secteur de pointe.

Le premier ministre s’adressait à un groupe d’entrepreneurs en haute technologie rassemblés pour participer au projet «Solve». Ce projet permet à des entrepreneurs de rencontrer des leaders du gouvernement, des gens d’affaires et des chercheurs afin de proposer des solutions aux problèmes du monde.

Selon M. Trudeau, le Canada a fait le «choix délibéré», mais difficile, d’accueillir le changement, à une époque où les nouvelles technologies bousculent les milieux de travail, et peuvent créer de l’angoisse et de l’incertitude chez certains employés.

Le premier ministre a soutenu que le Canada avait aussi la responsabilité de définir les règles et les principes qui doivent guider le développement de l’intelligence artificielle.

M. Trudeau en a profité pour vanter les mérites du Canada comme terre d’accueil des chercheurs et des entreprises de haute technologie, mettant l’accent sur la diversité et l’inclusion.

Le MIT indique qu’il s’agit de la première visite de M. Trudeau à Cambridge depuis son élection en 2015.

Lors de son périple de trois jours aux États-Unis, M. Trudeau s’est adressé mercredi aux diplômés de l’Université de New York, à qui il a demandé de s’ouvrir à la diversité et de ne pas s’enfermer dans une bulle idéologique. Il a aussi prononcé jeudi une allocution devant le Club économique de New York, et il a rencontré des dirigeants de grandes entreprises américaines.

Le Canada, les États-Unis et le Mexique poursuivent leurs discussions pour en arriver à une nouvelle mouture de l’ALÉNA.

Politique

Financement des universités: 22,8 M$ pour le recrutement à l’étranger

Afin d’assurer la compétitivité des établissements québécois, les universités francophones recevront 9000 $ par étudiant étranger admissible qu’elles réussiront à attirer sur leur campus, a annoncé la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

La nouvelle politique de financement des universités, dévoilée jeudi, prévoit 22,8 millions $ pour financer cette nouvelle mesure, dont 10 millions $ d’argent frais. 

Les 12,8 millions $ restants reviennent dans les poches des universités. Celles-ci ne verseront désormais plus à Québec les montants forfaitaires jusqu’ici déboursés par une catégorie d’étudiants internationaux et perçus par les universités.

Pour offrir plus de flexibilité aux établissements universitaires et faciliter leur recrutement à l’étranger, la ministre a choisi d’élargir à tous les programmes de baccalauréat la déréglementation actuellement en vigueur à six familles d’études de premier cycle. Cette déréglementation permet en outre à chaque établissement de fixer les droits de scolarité imposés à cette catégorie d’étudiants internationaux. 

En augmentant la part des revenus provenant des droits de scolarité des étudiants internationaux, la ministre fait le calcul que les universités pourront recruter un plus grand nombre d’étudiants outre-mer.

Cette mesure ne concerne qu’un étudiant étranger sur quatre, a fait valoir jeudi Mme David, puisque 75 % des étudiants internationaux bénéficient de frais de scolarité réduits soit parce qu’ils sont Canadiens, mais qu’ils demeurent à l’extérieur du Québec, soit parce qu’ils sont Français ou que leurs conditions d’études sont particulières. 

Québec privilégie cette voie alors qu’il s’attend à une hausse de 15 % du nombre d’étudiants internationaux. 

Le gouvernement se fie sur les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui s’attend à ce que le nombre d’étudiants étrangers à travers le monde augmente de près de 50 %. Pour cette raison, «le Québec doit rester compétitif et attirer des étudiants», a défendu la ministre.

Pour l’Union étudiante du Québec (UEQ), la ministre David se sert «des étudiants internationaux comme d’une vache à lait pour dorer la pilule de sa nouvelle formule de financement auprès de certaines administrations universitaires». 

Le regroupement d’associations étudiantes craint que la déréglementation annoncée par la ministre pousse les universités à augmenter les frais de scolarité pour compenser le manque à gagner. 

«Il semble paradoxal qu’au moment où le gouvernement tente de stimuler l’attractivité internationale du Québec, il permette une hausse massive et incontrôlée de la facture étudiante», a réagi l’UEQ. 

Bienvenue aux Belges

Autre nouveauté, la nouvelle politique permet aux étudiants belges francophones de bénéficier des mêmes frais de scolarité imposés aux Français. «J’en suis très fière», a reconnu la ministre David, qui a reconnu que les Belges en avaient fait la demande il y a longtemps. 

Réfutant l’hypothèse qu’une ombre du conflit étudiant de 2012 plane toujours sur les libéraux, le gouvernement a choisi de ne pas s’attaquer aux frais de scolarité des étudiants québécois. «Je pense qu’on a un bel équilibre entre les frais de scolarité imposés aux étudiants internationaux et ceux des étudiants québécois», a répondu la ministre David. Elle se dit «très à l’aise» avec le coût des études universitaires au Québec, parmi les plus bas au pays, a-t-elle fait valoir. 

Mandats stratégiques

Un aspect important de l’entente «historique» convenue entre les 19 recteurs des universités de la province, selon Mme David, concerne l’enveloppe de 20 millions $ réservée à la réalisation des mandats stratégiques des universités, ce à quoi tenait la ministre.

Ces mandats permettront aux campus de demander une subvention pour réaliser un mandat dédié, a expliqué la ministre. «C’est un 0,7 % du budget total pour faire plaisir aux universités», a-t-elle avancé. 

D’ici 2023, la part du financement des universités aura augmenté de 11,3 % pour l’ensemble du réseau, ce qui représente environ 1 milliard et demi de dollars. Cette proportion augmente à 11,8 % pour le réseau de l’Université du Québec. 

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Santé

Barrette dit n’avoir jamais été en faveur de l’abolition du Commissaire à la santé

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déclaré jeudi qu’il n’avait jamais été en faveur de l’abolition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE), ce que ne croit pas du tout le député solidaire Amir Khadir.

En mêlée de presse au lendemain de l’annulation de l’article abolissant le poste de CSBE dans le projet de loi 150, jeudi matin, le ministre Barrette a expliqué qu’il y avait eu «un comité de révision des programmes qui a fait en sorte que des décisions ont été prises».

«Cette décision-là [d’abolir le CSBE] a été en quelque sorte imposée par les circonstances. Moi, je n’ai jamais été en faveur de la chose. J’ai fait des représentations à l’effet que ça devait revenir», a dit le ministre, ajoutant que puisque «les marges de manœuvre sont maintenant au rendez-vous, on le ramène». 

Le ministre Barrette est cependant demeuré muet quant aux réelles intentions de son gouvernement de rendre le CSBE de nouveau opérationnel. Pas de détails sur le moment où il le sera et que son budget sera rétabli. Des précisions que son attachée de presse, Catherine W. Audet, n’avait pas non plus voulu donner au Soleil mercredi soir, se contentant d’indiquer que «les détails viendront en temps et lieu».

Sur Twitter, mercredi, la députée Diane Lamarre, qui a attribué à l’insistance de son parti l’annulation de l’article abolissant le CSBE, a promis le retour de l’organisme, de son mandat et de son budget «dès l’élection du PQ». 

Khadir n’y croit pas

Le député Amir Khadir a de son côté déclaré jeudi qu’il ne croyait pas que le ministre Barrette s’opposait à l’abolition du CSBE. «C’était une décision irréfléchie, irresponsable, à l’image habituelle du ministre Barrette, qui se voit aujourd’hui forcé de reculer et de prétendre que c’est lui-même qui a fait les représentations [auprès du gouvernement pour faire revenir le CSBE]. Je n’en crois pas un mot», a dit Amir Khadir.

Le gouvernement Couillard avait annoncé la cessation des activités du CSBE en mars 2016, au dépôt du budget. La mission de l’organisme, qui a publié des dizaines de rapports critiques sur le réseau de la santé et dont le budget annuel s’élevait à 2,5 millions $, avait été confiée à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

La décision d’abolir le CSBE avait été largement dénoncée, d’aucuns y voyant une volonté de museler toute critique.

Politique

Déclaration de revenus unique: Leitão enverra une lettre au fédéral «très bientôt»

Le ministre des Finances Carlos Leitão enverra «très bientôt» une lettre au gouvernement fédéral pour demander que le Québec perçoive seul l’impôt fédéral, et ce, malgré les réticences du gouvernement Trudeau.

«À peine 24 heures après l’adoption de notre motion unanime, le gouvernement canadien a fermé la porte, geste cavalier, irrespectueux de notre Assemblée nationale et des Québécois que nous représentons, toutes allégeances confondues», a lancé la vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, jeudi.

Les libéraux de Justin Trudeau sont réticents à la demande des parlementaires québécois, qui ont adopté à l’unanimité en début de semaine une motion voulant qu’une seule déclaration de revenus soit remplie par les Québécois, qui doivent en compléter deux, tout en préservant l’autonomie fiscale du Québec.

«Le ministre des Finances doit livrer cette bataille. Est-ce qu’il peut nous dire s’il a enfin déposé une demande formelle au gouvernement fédéral et si, oui ou non, il va la livrer, cette bataille?» a demandé Mme Hivon. 

Carlos Leitão a confirmé que son gouvernement allait envoyer une lettre à son homologue fédéral pour porter le message des parlementaires québécois. 

L’idée d’une déclaration de revenus unique est revenue à la surface la fin de semaine dernière, lorsque le chef du Parti conservateur Andrew Scheer a montré son ouverture à évaluer l’idée. Le Nouveau parti démocratique est aussi en faveur que les contribuables québécois remplissent une seule déclaration de revenus. 

Les libéraux de Justin Trudeau ne sont toutefois pas chauds à l’idée. Le premier ministre canadien craint notamment des pertes d’emplois à l’Agence du revenu du Canada, surtout dans les bureaux de Shawinigan et de Jonquière. 

Le ministre Leitão a rappelé que le dossier était complexe et que Québec devait veiller à harmoniser son système à celui du gouvernement fédéral. Il juge toutefois qu’il y a une certaine «ouverture» à Ottawa pour examiner la demande du Québec. 

Pertes d'emplois?

Sur les potentielles pertes d’emploi à l’Agence du revenu du Canada, M. Leitão a dit qu’«avant d’arriver à de telles conséquences ou de telles conclusions, il y a tout un chemin qui doit être parcouru». 

La Coalition avenir Québec (CAQ) estime que le premier ministre Trudeau doit faire preuve de «lucidité» et «réviser sa décision». 

«Il y a une motion qui a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale pour avoir un rapport d’impôts unique [...], alors je pense que M. Trudeau devrait reculer sur sa position», a soutenu Simon Jolin-Barrette.

Le député de Borduas ne pense pas que cette mesure engendrerait des pertes d’emplois au Québec. 

«On croit que le gouvernement fédéral pourra trouver du travail aux gens qui sont à Jonquière et à Shawinigan. On n’est pas inquiets», a-t-il dit. 

La CAQ est convaincue que les ressources en place à Revenu Québec sont suffisantes pour traiter une seule de revenus. Autrement dit, aucune embauche ne serait nécessaire pour répondre à la demande. 

Politique

Réforme de l’accès à l’information: au prochain gouvernement d’agir

Présentée trop tard, la grande réforme de l’accès à l’information du gouvernement Couillard risque de mourir au feuilleton. La ministre Kathleen Weil en est consciente, mais se dit tout de même fière de mettre «la barre haute» en matière de transparence.

Cette réforme de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics est la première à être présentée depuis 1982, époque où le Québec faisait figure de «précurseur», ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, affirme Mme Weil.

Kathleen Weil croit que sa réforme aura pour effet de «mettre la table pour un changement de culture au sein des organismes publics», parce que le temps est venu de «donner un coup de barre». «La mission du fonctionnaire, c’est de protéger l’État, mais l’État, c’est l’intérêt public aussi. Et ça, on l’oublie souvent.»

Pour retourner dans «les premiers de classe au Canada», le projet de loi ajoute une clause de primauté de l’intérêt public, pour laquelle la ministre Weil raconte s’être battue. Cette clause permettrait à l’État de rendre accessibles des documents lorsque des circonstances exceptionnelles le commandent. 

Le projet de loi exige aussi que toute information qui pose un risque sérieux pour la vie, la santé ou la sécurité d’une personne, de même qu’une atteinte sérieuse à la qualité de l’environnement, doit être rendue publique, sans attendre qu’une demande soit formulée. 

La réforme raccourcit les délais avant que des documents secrets ne soient accessibles au public. Les décisions du Conseil exécutif et du Conseil du trésor seront gardées secrètes pendant 15 ans au lieu de 25. Les recommandations et les avis faits par un membre d’un organisme public seront quant à eux inaccessibles pendant 5 ans au lieu de 10.

À l’heure actuelle, c’est le ministre qui a la plus haute autorité en matière d’accès aux documents. Afin de rendre le processus moins politique, cette autorité est transférée aux sous-ministres. 

Ceux qui traitent les demandes d’accès à l’information, que ce soit au gouvernement ou dans les villes, devraient avoir moins d’outils à leur disposition pour les refuser. Par exemple, le fait qu’un document ait été transmis au cabinet d’un maire ou d’un ministre ne sera plus une raison pour refuser la diffusion publique. Le fait qu’un tiers soit impliqué dans un contrat ne sera pas une raison non plus. 

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) croit que cette réforme comporte des avancées, mais déplore qu’elle soit déposée à la toute fin du mandat de quatre ans du gouvernement Couillard. «Le gouvernement veut se donner bonne figure, mais ce qu’on constate, c’est qu’il s’agit de deux pas en avant, un pas en arrière», commente Monique Dumont, experte de l’accès à l’information à la FPJQ. 

Selon elle, certaines mesures ne vont pas assez loin et laissent encore place à l’arbitraire. «Oui, ça fixe une barre. Le prochain gouvernement ne pourra pas aller plus bas que ça.»

Éducation

Protecteur de l’élève: un projet de loi qui ne va pas assez loin

Tout juste déposé, le projet de loi qui renforce l’indépendance du Protecteur de l’élève pourrait passer à la trappe, car les partis d’opposition trouvent qu’il ne va pas assez loin.

Pour le Parti québécois, ce projet de loi est «nécessaire», mais comporte des lacunes. «Je suis très inquiète de voir que le Protecteur de l’élève ne s’applique pas aux écoles privées», commente la députée Carole Poirier.

«On dirait que le ministre a fait le travail à moitié. C’est trop peu trop tard», souligne pour sa part Jean-François Roberge, député de la Coalition avenir Québec (CAQ). La CAQ croit à un Protecteur de l’élève national, au lieu qu’il y en ait un par commission scolaire. 

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx était pourtant confiant mercredi que sa proposition serait acceptée.

Même si les partis d’opposition n’ont pas l’intention de faire d’obstruction, le gouvernement libéral ne peut plus utiliser sa seule majorité pour faire adopter de nouveaux projets de loi. Pour les trois semaines de travaux parlementaires qui restent d’ici les élections, il doit obtenir l’accord de tous les partis d’opposition. 

Chaque commission scolaire

Ce projet de loi prévoit que c’est le ministre de l’Éducation qui nomme un Protecteur de l’élève dans chaque commission scolaire. M. Proulx ferait «table rase» de ceux qui sont en place à l’heure actuelle et qui ont été nommés par les commissions scolaires, afin de les remplacer par des personnes plus indépendantes. 

Si un plaignant est insatisfait de la réponse obtenue, il pourra s’adresser au Protecteur du citoyen, qui relève de l’Assemblée nationale. Les écoles privées devraient quant à elles se doter d’une procédure formelle d’examen des plaintes. 

Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents (FCPQ), implore les députés de mettre la partisanerie de côté afin de s’entendre rapidement. «S’il vous plaît, ne laissez pas ça traîner.»

Selon elle, le projet de loi déposé par le ministre Proulx représente «un pas énorme» pour les enfants et est attendu depuis plus de 5 ans par la FCPQ. 

À l’heure actuelle, plusieurs parents dont les enfants sont intimidés ou n’ont pas de services adéquats se découragent et préfèrent changer leur enfant d’école ou lui faire l’école à la maison, parce qu’ils ne voient pas d’autre solution. 

La Fédération des commissions scolaires s’inscrit en faux et trouve que le projet de loi va trop loin en alourdissant tout ce qui entoure le Protecteur de l’élève. Selon elle, de plus petits changements auraient permis d’assurer son indépendance.

Santé

Retour du Commissaire à la santé et au bien-être?

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, souhaite-t-il faire revivre le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE)? C’est du moins ce que laisse croire un tweet qu’il a publié en début de soirée, mercredi.

Lors de l’étude détaillée du projet de loi 150, mercredi, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a supprimé l’article sur l’abolition du CSBE. Dans un tweet, la députée Diane Lamarre a attribué l’annulation de cet article à l’acharnement du Parti québécois.

«Négociation gagnante du PQ a permis d’annuler l’abolition du CSBE qui était imposée par @drgbarrette et PLQ dans PL150. Dès l’élection du PQ, retour du CSBE, de son mandat et de son budget», a tweeté la porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé.

«Décision initiale prise dans le cadre de la révision de programme. J’ai fait des représentations auprès du gouvernement. La situation budgétaire actuelle permet de le ramener. D’où cette décision réfléchie», a répondu le ministre de la Santé.

Son attachée de presse, Catherine W. Audet, a refusé de nous préciser ses intentions. «Le tweet est très clair», nous-a-telle répondu quand nous avons insisté pour obtenir des explications. «Les détails viendront en temps et lieu», a-t-elle ajouté.

Le gouvernement Couillard avait annoncé la cessation des activités du CSBE en mars 2016, lors du dépôt du budget. La mission de l’organisme, qui a publié des dizaines de rapports sur le réseau de la santé et dont le budget annuel s’élevait à 2,5 millions $, avait été confiée à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

La décision d’abolir le CSBE a été largement dénoncée, d’aucuns y voyant une volonté de museler toute critique.