UNIS: les libéraux remettent des milliers de pages à un comité parlementaire

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UNIS: les libéraux remettent des milliers de pages à un comité parlementaire

OTTAWA - Le gouvernement fédéral a remis des milliers de pages de documents liés à la controverse UNIS au comité permanent des Finances de la Chambre des communes.

Les avocats examinent ces documents afin d’y retirer tous renseignements personnels ou délibérations secrètes du conseil des ministres.

Le comité avait réclamé le mois dernier ces documents afin de déterminer si les liens entre le premier ministre Justin Trudeau et UNIS avait influencé la décision désastreuse du gouvernement fédéral de confier à l’organisme la gestion d’un programme de bourses de 912 millions $ pour les étudiants faisant du bénévolat.

Les membres du comité espèrent que ces documents éclaireront la décision du gouvernement de confier le dossier à UNIS.

«Les gens se posent beaucoup de questions, dit le porte-parole néo-démocrate en finance, Peter Julian. Il y a eu beaucoup de contradictions dans les témoignages. Les documents pourront plus nous révéler la vérité.»

Les libéraux ont remis plus de 5000 pages au comité au cours de la fin de semaine, mais on ne sait pas quand ces documents seront communiqués aux députés. Les avocats de la Chambre des communes doivent les parcourir pour empêcher la divulgation d’informations protégées.

«Nous ne savons pas, a dit le porte-parole conservateur en matière de finance, Pierre Poilievre. Nous avons posé la question. On ne nous a pas donné d’échéancier.»

Qui a le droit de congédier la gouverneure générale du Canada?

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Qui a le droit de congédier la gouverneure générale du Canada?

OTTAWA — Les récentes allégations contre la gouverneure générale, Julie Payette, notamment au sujet des rénovations à Rideau Hall — sa résidence officielle — et des relations difficiles avec son personnel ont suscité un regain d'intérêt pour le rôle de la représentante de la reine au Canada. Que peut-on faire pour sanctionner celui ou celle qui occupe ces fonctions ?

1. Qui a le pouvoir de congédier le gouverneur général?

La gouverneure générale est nommée par la reine, sur l'avis du premier ministre. À ce titre, seule la reine pourrait la renvoyer, si jamais cela devait arriver. Toutefois, il existe des nuances à cette règle.

Ainsi, une conversation entre elle et le premier ministre pourrait la convaincre de remettre une lettre de démission. Si elle refusait de partir, le chef du gouvernement pourrait alors demander sa révocation à la reine.

Il s'agirait toutefois de la solution de dernier recours, juge Philippe Lagasse, un expert de l'Université Carleton sur le rôle du pouvoir exécutif dans le système démocratique de type britannique.

«Le premier ministre doit se demander s'il vaut la peine de voir la situation s'aggraver si la controverse continue de faire les manchettes au cours des mois à venir, souligne-t-il. Dans une situation idéale, on veut régler ce problème de manière à ce que les deux parties sauvent la face et conviennent mutuellement d'une décision sans faire appel au Palais.»

2. Pourquoi la confiance du public envers la gouverneure générale est-elle importante, surtout lorsqu'il y a un parlement minoritaire?

Techniquement, la gouverneure générale occupe la deuxième plus importante fonction au Canada, tout juste derrière la reine. Dans la hiérarchie héritée du système démocratique britannique, elle est un échelon au-dessus du premier ministre.

La gouverneure générale peut devoir prendre plusieurs décisions au sujet de la formation d'un gouvernement. Elle peut décider, par exemple, de proroger le Parlement, de mettre fin à une session parlementaire, ou de dissoudre le Parlement sur l'avis du premier ministre.

En situation minoritaire, la possibilité qu'un gouvernement soit renversé à la suite d'un vote de confiance est grande. La gouverneure générale peut donc jouer un rôle clé.

Cela s'était produit en 2008. L'ancien premier ministre Stephen Harper avait alors demandé à la gouverneure générale de l'époque, Michaelle Jean, de proroger le Parlement pour éviter d'affronter un vote de confiance qu'il aurait pu perdre. La décision avait soulevé la controverse.

«Toutes les décisions que la gouverneure générale peut prendre concernant les prorogations et les dissolutions sont scrutées à la loupe. Si on a quelqu'un en position de vulnérabilité face au gouvernement, de quelque manière que ce soit, l'ordre des choses est sapé. On veut éviter cela dans la mesure du possible.»

Étant donné que la gouverneure générale est nommée sur l'avis du premier ministre, les questions entourant la dissolution du Parlement sont plus délicates si on remet en question son aptitude à exercer ses fonctions, ajoute M. Lagasse.

«On ne veut pas avoir l'impression que si cette personne est inquiète pour son avenir, elle s'alignera avec le parti politique le plus susceptible de la maintenir au poste. Il ne doit y avoir aucun doute : elle reste ou elle ne reste pas. Il n'y a pas d'entre-deux. On ne peut pas avoir la perception que le premier ministre puisse menacer de renvoyer la gouverneure générale pour obtenir d'elle ce qu'il veut.»

3. Dans quelle mesure la situation actuelle de Mme Payette peut-elle mettre en danger le gouvernement Trudeau?

«Cela ne peut qu'être préjudiciable. On ne veut pas que la gouverneure générale fasse l'actualité de cette façon», dit Barbara Messamore, professeure d'histoire à l'Université de Fraser Valley.

Les anciens gouverneurs généraux ont déjà dû affronter des controverses liées à leurs dépenses et d'autres sujets. Toutefois, Mme Payette a souvent été confrontée à des questions remettant en cause son rôle au cours de son mandat.

Il y a eu les récentes controverses entourant les dépenses de plusieurs centaines de milliers de dollars pour les rénovations à Rideau Hall et les mauvais traitements allégués de la gouverneure générale envers son personnel.

Depuis son entrée en fonction en 2017, Mme Payette n'a pas habité sa résidence officielle. On lui a aussi reproché d'avoir joué un profil bas.

«Les allégations se sont égrenées. Elle semble avoir été mal à l'aise avec ce rôle depuis le début, avance Mme Messamore. Personne ne peut nier que Mme Payette est une personne remarquable et accomplie. Mais ces réalisations ne se traduisent pas nécessairement. On peut être vraiment accompli dans un seul domaine et ne pas être la personne idéale pour ce travail.»

M. Lagasse en convient. Lui aussi croit que les manchettes négatives accumulées depuis trois ans font monter la pression autour de M. Trudeau et de Mme Payette.

«Il y a suffisamment de débats et suffisamment de dommages causés à la fonction pour qu'il incombe au [cabinet du premier ministre] [Bureau du conseil privé] de considérer, s'ils ne l'ont déjà pas fait, et je suppose qu'ils l'ont fait, s'il est sage ou non de la maintenir en poste à ce moment-ci.»

Déléguée du Québec au Sénégal : Fatima Houda-Pepin a été congédiée

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Déléguée du Québec au Sénégal : Fatima Houda-Pepin a été congédiée

La carrière diplomatique de l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin aura été de très courte durée.

Vendredi, le ministère des Relations internationales a annoncé qu'il mettait un terme à son mandat à la tête de la délégation générale du Québec à Dakar, au Sénégal, après avoir mené une enquête sur sa gestion des ressources humaines au sein du personnel de la délégation.

Son bref passage à Dakar aura été houleux. Entrée en fonction officiellement en septembre, à la suite d'une nomination faite par le premier ministre François Legault, elle aura été congédiée moins d'un an plus tard.

En fait, elle n'aura été physiquement sur place que quelques mois, car elle n'a pris la direction de la délégation qu'à la fin novembre. Et dès les premières semaines, la situation a commencé à se dégrader.

Elle a dû revenir au Québec en avril pour s'expliquer aux autorités du ministère et elle n'était pas retournée là-bas en raison de la pandémie de la COVID-19.

Mme Houda-Pepin a été informée de la décision jeudi, par téléphone, par la sous-ministre, Sylvie Barcelo.

Dès son entrée en fonction, Mme Houda-Pepin a éprouvé des difficultés à gérer le personnel mis à sa disposition, ont indiqué des sources à l'interne au ministère.

La situation est devenue vite tendue et le climat de travail difficile : le courant passait mal entre la cheffe de poste et son personnel.

C'est elle-même qui a alerté les autorités du ministère, à Québec, ne sachant trop comment gérer la situation.

Pendant quelques semaines, de janvier à février, le ministère a donc dépêché sur place des experts chargés de calmer le jeu et de vérifier le bien-fondé de plaintes formulées par des employés mécontents de la façon dont ils étaient traités par la déléguée.

Certains employés contestaient le style de gestion de la cheffe de poste, dénonçant un climat de travail malsain. Notamment, des employés locaux n'auraient pas apprécié se faire imposer de parler français en tout temps et non wolof, leur langue maternelle. Certains ont démissionné.

La vérification interne menée sur place par ces hauts fonctionnaires experts en gestion des ressources humaines a porté tant sur les problèmes de relations de travail à la délégation que sur les dépenses de fonction de la déléguée, liées à des frais d'hébergement, ont indiqué des sources au ministère.

Le rapport de vérification interne n'a pas été rendu public.

Mme Houda-Pepin n'a jamais donné sa version des faits publiquement. Il n'a pas été possible de la contacter vendredi pour l'obtenir.

La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, n'a pas voulu commenter non plus, sous prétexte qu'il s'agissait d'une décision administrative.

Interpellé, son cabinet a estimé que le renvoi de la déléguée était dû à un problème d'«incompatibilité» entre le mandat confié à Mme Houda-Pepin et «la vision que cette dernière en avait». Le divorce était devenu inévitable.

En vertu du décret fixant ses conditions de travail et de rémunération, elle aura droit de recevoir une indemnité compensatoire équivalente au préavis de trois mois, ainsi qu'une allocation de transition. Sur une base annuelle, son salaire était de 143 771 $.

Fatima Houda-Pepin, une ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale, a été élue députée du Parti libéral (PLQ) dans La Pinière, en Montérégie, en 1994 et a été réélue en 1998, en 2003, en 2007, en 2008 et en 2012. Elle a siégé comme indépendante à partir de janvier 2014, à la suite d'un litige avec son chef, Philippe Couillard, sur la position du parti quant au port de signes religieux, avant d'être défaite aux élections de la même année par le libéral Gaétan Barrette.

Avant sa nomination, elle tenait une chronique dans les journaux de Québecor.

Un ancien candidat à la chefferie du PQ donne son appui à Paul St-Pierre Plamondon

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Un ancien candidat à la chefferie du PQ donne son appui à Paul St-Pierre Plamondon

De passage à Québec, vendredi, l’homme d’affaires Laurent Vézina annonce son appui à Paul St-Pierre Plamondon dans la course à la chefferie du Parti Québécois.

«Son intelligence, sa détermination et sa volonté de réaliser la souveraineté du Québec». Telles sont les raisons qui ont motivé M. Vézina à appuyer la candidature de «PSPP».

L’ancien candidat originaire de Lévis a dû abandonner la course par manque de signatures. Parmi les règles de la course à la chefferie du PQ, le candidat doit amasser 2000 signatures provenant d’au moins 9 régions administratives ainsi que d’au moins 50 associations locales différentes. Même s’il se dit «déçu», il qualifie l’expérience de «très positive» malgré tout. «Les membres que j’ai rencontrés se sont montrés sensibles, réceptifs et ouverts à un changement de paradigme afin de faire aboutir la nation québécoise.»

PSPP se réjouit que ce dernier se joigne dans ses rangs, citant leurs parcours similaires et leur volonté commune de faire rayonner le Québec à l’international. PSPP nommera d'ailleurs M. Vézina comme conseiller aux affaires économiques et internationales, vendredi. «Je lui avais dit que je voulais collaborer avec lui», souligne-t-il, tout en qualifiant l’homme d’affaires «d’intelligent, cultivé et détenant une expertise dans plusieurs domaines». Il espère également que «ce sera la première d’une longue collaboration». 

Reconquérir la région de la Capitale-Nationale

Depuis le départ d’Agnès Maltais en 2018, il n’y a eu aucun député péquiste dans la région de la Capitale-Nationale. Rallier les citoyens de la région derrière le PQ représentera un défi de taille pour PSPP s’il est élu chef du parti. 

«Une fois la souveraineté réalisée, imaginez le potentiel de Québec, à titre de capitale. Une ville qui rejaillit à l’international. C’est de ça qu’il faut parler pour reconquérir les citoyens de la région», croit M. St-Pierre Plamondon.

Car ce projet de souveraineté, il y croit dur comme fer. «L’indépendance va résoudre plusieurs de nos problèmes et nous aurons un horizon de possibilités. La ville de Québec sera l’endroit où ce changement sera le plus visible et le plus ressenti.» 

En ce qui concerne sa campagne, il assure qu’elle se déroule bien. «J’ai juste hâte que les débats commencent et que nous puissions multiplier les propositions, et ainsi, être en mesure d’inspirer les gens.» 

L’élection pour désigner le futur chef du parti est prévu le 9 octobre. Le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien se présentent également comme candidats à la chefferie du Parti Québécois.

Un organisme-conseil avait soulevé des questions sur les pratiques d’UNIS

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Un organisme-conseil avait soulevé des questions sur les pratiques d’UNIS

Un comité de la Chambre des communes qui enquête sur le contrat accordé par le gouvernement fédéral à UNIS a plongé plus profondément dans les affaires internes de l’organisme, jeudi.

Charity Intelligence Canada, un organisme sans but lucratif qui conseille ses clients sur les organisations caritatives à soutenir, a été citée à plusieurs reprises lors des audiences du Comité des finances dans l’affaire UNIS (WE Charity, en anglais). Mais cet organisme n’avait pas encore témoigné dans l’enquête du comité sur le programme canadien de bourses d’études pour bénévolat, qui a été résilié dans la controverse.

Charity Intelligence avait déjà soulevé des drapeaux rouges sur les pratiques d’UNIS, des doutes qui avaient été rejetés par les cofondateurs de l’organisme, les frères Craig et Marc Kielburger, lors de leur témoignage devant le même comité des Communes la semaine dernière.

La controverse autour du programme de bourses d’études a soulevé plusieurs questions sur la structure complexe et les règles comptables d’UNIS, son utilisation de commanditaires et de célébrités, ainsi que sa culture en milieu de travail.

La directrice générale de Charity Intelligence a déclaré jeudi qu’après deux jours d’examen des données financières d’UNIS, elle avait découvert des choses qui l’ont poussée à communiquer avec la direction pour obtenir des précisions.

«J’espère qu’avec un tel investissement (900 millions $), le gouvernement se sentait à l’aise de poser des questions, de prendre le téléphone et de demander des éclaircissements sur tout ce qui n’était pas clair», a estimé Kate Bahen devant le Comité permanent des finances.

Dans sa déclaration liminaire, elle a d’abord rappelé aux députés qu’il fallait absolument venir en aide aux organismes de bienfaisance, à court d’argent à cause d’une baisse des dons en raison de la pandémie. Mme Bahen a ensuite précisé que son organisme n’avait aucune affiliation avec un parti politique.

Le Sénat modifie les règles dans le processus impliquant les victimes de Meredith

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Le Sénat modifie les règles dans le processus impliquant les victimes de Meredith

Le Sénat a accepté de permettre aux victimes de harcèlement de l’ex-sénateur Don Meredith d’être accompagnées d’un avocat lorsqu’elles doivent répondre à l’évaluatrice indépendante chargée de déterminer quelle compensation pourrait leur être versée.

Il s’agit d’un recul partiel dans les règles fixées par la chambre haute. Un changement qui survient deux jours après que deux ex-employées de Don Meredith se sont confiées à La Presse Canadienne, qualifiant le processus de «totalement inacceptable».

Les deux femmes ont déclaré, mardi, qu’elles se sentaient intimidées par le Sénat pour qu’elles acceptent de participer à un processus d’indemnisation qu’elles jugent injuste et opaque.

Ces femmes n’ont pas été nommées publiquement et se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat pour préserver leur vie privée en tant que victimes de harcèlement et d’abus.

Parmi leurs récriminations, elles ont critiqué l’impossibilité de recourir à un avocat pour les accompagner dans leurs échanges avec l’évaluatrice indépendante, l’ancienne juge de la Cour d’appel du Québec Louise Otis, sous prétexte qu’il ne s’agit pas d’un procès ou d’une audience judiciaire.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse annonce son départ et crée la surprise générale

Politique

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse annonce son départ et crée la surprise générale

HALIFAX — Le premier ministre libéral de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a annoncé de manière inattendue son départ de la vie politique, jeudi, affirmant même qu’il était resté en poste plus longtemps que prévu à cause de la pandémie de COVID-19.

Lors d’une conférence de presse, en matinée, il a déclaré qu’après 17 ans de vie politique dans sa province, il était temps pour lui de se reposer et de faire autre chose. Il a indiqué qu’il avait d’abord prévu tirer sa révérence en avril, mais la pandémie de COVID-19 est venue bousculer ses plans.

Stephen McNeil, qui a dirigé deux gouvernements libéraux majoritaires après les scrutins de 2013 et 2017, a précisé qu’il resterait en poste jusqu’à ce que les militants lui choisissent un remplaçant. Il avait été élu député pour la première fois en 2003 dans la circonscription d’Annapolis.

«Je ne pars pas parce que je n’aime pas le travail. J’adore le travail, en fait, et je bénéficiais d’un énorme soutien», a-t-il assuré. Mais le chef libéral a estimé qu’un changement de direction serait «une bonne chose pour la province».

«J’allais en fait prendre cette décision en avril, puis la COVID-19 a frappé et j’ai réévalué», a-t-il expliqué jeudi. «Ensuite (la Nouvelle-Écosse) a aplati la courbe et maintenant, le parti a une fenêtre pour se préparer à une course à la direction et à un nouveau chef.»

Le premier ministre a rappelé jeudi que les cinq derniers mois avaient été difficiles pour sa province, en raison de la pandémie, mais aussi d’une série de tragédies, dont la tuerie qui a fait 22 morts en avril, puis l’accident mortel, le même mois, d’un hélicoptère Cyclone rattaché à un navire militaire basé à Halifax. L’accident en mer Égée avait fait six morts.

Bras de fer avec les syndicats

L’annonce de son départ a tout de même surpris les observateurs politiques, car M. McNeil avait déjà déclaré qu’il souhaitait solliciter un troisième mandat de premier ministre. Il a d’ailleurs confirmé jeudi qu’il n’avait informé le caucus libéral de sa décision que le matin même.

En guise de legs politique, il s’est dit fier d’avoir facilité la croissance du secteur privé et d’avoir contrôlé les salaires dans le secteur public. «Bien des gens me disent encore que nous nous sommes trompés : je pense que nous avions entièrement raison», a-t-il soutenu.

«Certains pourraient croire que j’ai enlevé beaucoup aux employés syndiqués de la province : ça ne peut pas être plus éloigné de la vérité. J’ai simplement ralenti la croissance (des salaires). Cela nous a permis d’investir dans d’autres secteurs de notre économie.» M. McNeil a quand même souligné ses bras de fer avec les syndicats du secteur public, y compris un litige avec des enseignants qui a mené son gouvernement à fixer leurs salaires par décret.

Le premier ministre a rappelé que son gouvernement avait affiché cinq budgets équilibrés consécutifs, avant que la pandémie ne vienne brouiller les cartes.

Il gardera par ailleurs un souvenir ému de l’enquête sur des décennies de sévices commis dans un ancien orphelinat pour enfants noirs à Halifax. M. McNeil avait présenté aux victimes les excuses officielles de la province en octobre 2014. «C’est quelque chose que je vais emporter avec moi : cela m’a changé, à certains égards», a-t-il dit.

M. McNeil a indiqué jeudi qu’il n’avait aucun projet immédiat pour son avenir après la politique active.

«J’ai peur qu’on assiste à une deuxième vague d’improvisation», dit Anglade

Politique

«J’ai peur qu’on assiste à une deuxième vague d’improvisation», dit Anglade

La deuxième vague de COVID-19, attendue à l’automne, pourrait bien être une deuxième vague d’improvisation déferlant sur le Québec.

C’est du moins ce que craint la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, qui ne cache pas son inquiétude. 

Elle estime que le gouvernement Legault n’a pas su prévoir l’éclosion de la pandémie au Québec, au printemps, avec les résultats que l’on connaît, et tout indique que ce scénario risque fort de se répéter à l’automne, a-t-elle commenté, mercredi, lors d’une longue entrevue à La Presse Canadienne, dans un café de Québec, en prévision de la rentrée parlementaire. 

La nouvelle cheffe libérale effectue présentement une tournée des régions, avant la rentrée de septembre, qui risque d’être monopolisée par le deuxième acte de la gestion de la crise sanitaire. 

«J’ai peur qu’on assiste à une deuxième vague d’improvisation. Et ça, il faut vraiment l’éviter», selon Mme Anglade, qui ne se montre pas rassurée par les discours émanant du gouvernement. 

Elle insiste : «Il faut qu’on dise les vraies choses : c’est un gouvernement qui n’a rien anticipé», lors de la première vague de transmission du virus, qui a infecté quelque 60 000 personnes et fauché la vie de plus de 5000 malades à ce jour. 

Elle donne l’exemple de la rentrée scolaire, dans quelques semaines, qui laisse croire, selon elle, «qu’encore une fois c’est un gouvernement qui n’anticipe pas» les problèmes. 

Elle affirme que le réseau de l’éducation n’accorde plus aucune crédibilité au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui doit déposer la semaine prochaine un plan révisé des mesures sanitaires préconisées lors du retour en classe. 

Mère de trois enfants d’âge scolaire, elle reproche au ministre de ne pas avoir fourni «le début d’une réponse» aux mille et une questions que les parents et les enseignants se posent depuis des mois sur la façon dont les choses devront se passer en classe. 

«Ça me sidère», tranche Mme Anglade, qui se dit très à l’aise dans ses nouvelles fonctions de chef de parti. 

Elle fait le même constat sur la gestion de la crise dans le réseau de la santé, se montrant particulièrement préoccupée par les reports de milliers de chirurgies, en raison du délestage commandé par le gouvernement au printemps pour libérer des milliers de lits dans les hôpitaux. 

Gestion d’Arruda critiquée

Le choix du premier ministre François Legault de confirmer récemment le Dr Horacio Arruda dans ses fonctions de directeur national de la santé publique lui apparaît aussi fort discutable. 

Elle reproche au Dr Arruda, qui «dit une chose et son contraire», d’avoir refusé de répondre de ses actes. «Il n’a pas répondu aux questions, des questions qui sont essentielles» sur sa gestion du dossier durant les deux mois précédant l’éclosion de la crise, en janvier et février, alors que, sur la scène internationale, les signes d’une pandémie se multipliaient. 

«Comment ça se fait qu’on n’a pas anticipé?» la crise au Québec, s’interroge-t-elle, en soulignant que le gouvernement avait trop tardé, ayant attendu le 9 mars avant de créer une cellule de crise. 

Elle rappelle aussi que le Québec, contrairement à la Colombie-Britannique, n’a jamais prohibé le transfert d’employés dans les résidences de personnes âgées, une cause importante de propagation du virus, et que le personnel du réseau de la santé avait failli devoir composer avec une pénurie d’équipement médical, au printemps. 

Projet de loi 61 : prise 2

Mme Anglade promet de jouer plus que jamais son rôle de « chien de garde » à l’Assemblée nationale, dans ses souliers de cheffe de l’opposition officielle, alors qu’on sait que le gouvernement ne tardera pas à déposer une nouvelle mouture de son projet de loi 61, destiné à relancer l’économie en accélérant le traitement de centaines de projets d’infrastructures. 

Ce projet de loi, défendu par le ministre Christian Dubé, est mort au feuilleton en juin, décrié par tous les partis d’opposition. C’est la ministre Sonia LeBel qui prendra le relais. 

Il ne fait «aucun doute» dans son esprit que le gouvernement Legault, de façon «cynique» et «autoritaire», s’est servi alors de la crise sanitaire pour contourner les règles en vigueur et s’arroger de nouveaux pouvoirs. 

Elle promet donc de critiquer le gouvernement sans ménagement, chaque fois que nécessaire, mais s’engage aussi à présenter des idées et proposer des solutions.

L’affaire UNIS nuit à Trudeau, la moitié des Canadiens prêts à aller voter

Politique

L’affaire UNIS nuit à Trudeau, la moitié des Canadiens prêts à aller voter

OTTAWA - La moitié des Canadiens seraient d’accord avec le déclenchement d’élections générales anticipées si le Commissariat aux conflits d’intérêts et à l’éthique concluait que le premier ministre Justin Trudeau a violé la loi dans le dossier UNIS, indique un sondage récent.

Le sondage Léger, mené pour l’Association d’études canadiennes avant le témoignage de M. Trudeau devant un comité des Communes, indique que les résidants des Prairies seraient les plus pressés de faire tomber le gouvernement libéral (de 59 à 64 % des répondants); les citoyens de l’Atlantique et de l’Ontario seraient moins empressés (40 et 43 %). Le Québec se situe à peu près au milieu mais dans la moyenne nationale, à 52 %.

Sans grande surprise, le sondage suggère que la tenue d’un scrutin anticipé serait endossée à 78 % par les partisans du Parti conservateur et à 67 % par les sympathisants du Bloc québécois. Les répondants qui penchent pour le Nouveau Parti démocratique ou pour le Parti vert sont moins empressés d’aller aux urnes (43 et 46 %).

Le sondage démontre aussi que la controverse de l’affaire UNIS a nui à la popularité du Parti libéral et du premier ministre. La moitié des répondants ont soutenu que l’affaire UNIS avait «aggravé» leur opinion sur M. Trudeau et 42 % ont estimé que cette controverse avait aggravé leur opinion sur le Parti libéral.

Cette tendance semble mettre le pouvoir à la portée du Parti conservateur - même si les militants n’ont pas encore choisi leur nouveau chef. Le sondage accorde 33 % des appuis des électeurs canadiens décidés au Parti libéral, 31 % au Parti conservateur, 20 % au Nouveau Parti démocratique, 8 % au Bloc québécois et 6 % au Parti vert. Le 27 juillet, le même sondeur donnait deux points de plus aux libéraux et deux points de moins aux conservateurs.

Au Québec, le Bloc domine toujours à 33 % des intentions de vote. Les libéraux suivent à 27 %, les conservateurs à 18 % et les néo-démocrates à 16 %; les verts ferment la course à 4 %.

Le sondage a été mené auprès d’un panel web de 1531 Canadiens du 24 au 26 juillet. Les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

Rentrée scolaire: face au «silence» du ministre, Rizqy se tourne vers Arruda

Politique

Rentrée scolaire: face au «silence» du ministre, Rizqy se tourne vers Arruda

QUÉBEC - Face au «silence» du ministre de l’Éducation, la députée libérale Marwah Rizqy se tourne vers le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, afin d’obtenir des «réponses claires» sur plusieurs enjeux liés à la rentrée scolaire.

La députée de Saint-Laurent a envoyé une missive au Dr Arruda lundi soir, dans laquelle elle pose une trentaine de questions qualifiées de «légitimes» et «dont les parents attendent impatiemment les réponses».

Il est rare qu’un député d’opposition s’adresse directement à un sous-ministre adjoint. Normalement, le député interpelle un membre du gouvernement pour obtenir des informations ou l’amener à rendre des comptes sur sa gestion.

Lundi, les trois partis d’opposition ont fustigé le ministre Jean-François Roberge, l’accusant de manquer de leadership. Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, est allé jusqu’à dire que le ministre faisait preuve d’une «passivité complètement inexcusable».

Dans sa lettre, Marwah Rizqy soutient qu’»à quelques semaines du retour à l’école, des tonnes de questions demeurent toujours sans réponses quant à la gestion de la COVID-19 dans les écoles».

Par exemple, si un enfant se présente à l’école avec des symptômes de la COVID, quel protocole sera mis en place pour éviter la contagion? Est-ce qu’il y aura un protocole unique pour l’ensemble des établissements?

Est-ce que l’enfant sera retourné automatiquement à la maison? Est-ce qu’il aura l’obligation de passer un test de dépistage avant son retour en classe?

Si un membre du personnel a des symptômes de la COVID, est-ce que les élèves seront informés et est-ce qu’ils devront se placer en isolement volontaire?

Si un enfant ou un membre du personnel reçoit un diagnostic positif de la COVID, est-ce qu’un professionnel de la Santé publique sera dépêché à l’école afin d’aider à gérer la crise?

Par ailleurs, Mme Rizqy veut savoir pourquoi on n’impose pas le masque dans les écoles secondaires, alors qu’il est obligatoire dans les lieux publics fermés pour les personnes de 12 ans et plus.

Est-ce que la Santé publique a fait ou fera l’achat massif de masques pour les établissements scolaires?

L’élue libérale cherche également à savoir si le Dr Arruda recommande la prise de la température corporelle systématique pour les enfants avant d’entrer à l’école.

Si oui, prévoit-il faire l’acquisition de thermomètres pour les écoles d’ici la rentrée?

Est-ce que la Santé publique mettra en place des cliniques mobiles de dépistage pour aller dans les écoles?

Enfin, est-ce que la Santé publique prévoit implanter des équipes de santé dédiées exclusivement au réseau scolaire afin de réduire les risques d’éclosion dans les écoles?

Lundi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a admis en conférence de presse qu’il y avait «beaucoup de questions sur les écoles».

Il a expliqué que le plan de retour en classe présenté à la mi-juin sera «actualisé» et déposé la semaine prochaine. La question du port du masque sera aussi «réévaluée», a ajouté le Dr Arruda.

L'affaire UNIS n'aide pas les organismes caritatifs

Politique

L'affaire UNIS n'aide pas les organismes caritatifs

OTTAWA — Les temps sont durs pour les organismes caritatifs.

Les activités de ces organismes de bienfaisance ont été souvent interrompues pendant la pandémie, réduisant leurs revenus potentiels, alors que les dons traditionnels chutaient en raison de la crise économique. Pour ne rien arranger, le secteur des organismes sans but lucratif est confronté à la controverse entourant l'organisme UNIS.

Imagine Canada, qui milite pour le financement des organismes caritatifs, estime que leurs revenus ont baissé d'environ un tiers pendant la pandémie, car l'incertitude économique et le chômage élevé ont obligé les ménages à réduire leurs dépenses discrétionnaires.

La pandémie n'a fait qu'accélérer une tendance constatée depuis plusieurs années pour de nombreux organismes qui ont recherché de nouvelles sources de revenus, par le biais de la vente de biens et de services. Bruce MacDonald, chef de la direction d'Imagine Canada, estime que près de la moitié des revenus des organismes de bienfaisance au Canada proviennent de ces activités.

Les revenus provenant de tout ce qui n'est pas directement lié à l'oeuvre de l'organisme de bienfaisance devraient passer par une filiale distincte, comme une entreprise d'économie sociale. Ces entités distinctes ne sont généralement pas soumises aux mêmes règles de transparence que les organismes de bienfaisance eux-mêmes, a expliqué M. MacDonald.

En 2016, les libéraux ont permis aux organismes de bienfaisance et aux associations de sport amateur de s'impliquer de façon limitée dans une entreprise à but lucratif sans perdre leur statut d'organisme de bienfaisance, comme l'a fait UNIS. Deux ans plus tard, un comité consultatif créé par le gouvernement a recommandé d'aller plus loin encore, en modifiant par exemple la fiscalité.

Les frères Kielburger

Au cours de quatre heures de témoignage devant le Comité des finances de la Chambre des communes, la semaine dernière, les cofondateurs d'UNIS, Craig et Marc Kielburger, ont indiqué qu'ils avaient lancé une entreprise, «ME to WE», pour ne pas enfreindre les règles de l'Agence du revenu du Canada. Ils ont soutenu sous serment que 100 % des bénéfices de l'entreprise étaient retournés aux activités caritatives.

Les chiffres les plus récents d'Habitat pour l'humanité ont ainsi montré qu'en 2019, les «Centres de rénovation ReStores» ont versé près de 6,8 millions $ à l'organisme de bienfaisance. «C'est terrible si les gens pensent qu'il y a un problème avec l'entreprise d'économie sociale, parce que c'est le seul moyen d'obtenir un plus grand impact et une certaine stabilité de financement», a déclaré en entrevue Julia Deans, directrice générale d'Habitat pour l'humanité Canada.

On comptait 110 magasins «ReStores» avant la pandémie: deux n'ont pas survécu au confinement - un à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, et l'autre près de Victoria, en Colombie-Britannique.

M. MacDonald soutient que la structure complexe de l'organisme UNIS, avec ses multiples fondations et ramifications, n'est pas représentative du secteur. Il déplore que les donateurs perdent confiance à mesure que des détails émergent sur UNIS. «Et avouons-le, la confiance, dans notre secteur, c'est primordial.»

Les organismes craignent aussi que les gouvernements hésitent à s'associer avec des oeuvres de bienfaisance pour des raisons politiques. Le gouvernement ontarien a ainsi annoncé la semaine dernière qu'il ne renouvellerait pas un contrat avec UNIS.

Les dons aux libéraux et aux conservateurs ont chuté

Politique

Les dons aux libéraux et aux conservateurs ont chuté

OTTAWA — Les dons aux deux principaux partis politiques fédéraux ont chuté depuis le début de la pandémie de COVID-19, selon de récentes données.

Les rapports financiers du deuxième trimestre publiés cette semaine par Élections Canada indiquent que les libéraux et les conservateurs ont reçu moins d’argent d’avril à juin 2020 - pendant que l’économie canadienne était pratiquement fermée à cause du confinement relié à la contagion - qu’au cours de la même période, il y a deux ans.

Au contraire, le NPD, le Bloc québécois et le Parti vert ont recueilli plus d’argent.

Malgré les répercussions financières de la pandémie, les dons politiques ne se sont pas entièrement taris.

Les conservateurs ont reçu 4 millions $ au deuxième trimestre de cette année, comparativement à 6 millions $ au cours de la même période en 2018, la dernière année non électorale.

Les contributeurs ont versé 2,6 millions $ aux libéraux comparativement à 3,1 millions en 2018.

Le phénomène ne semble pas avoir frappé les autres partis représentés à la Chambre des communes. Le Bloc a reçu 134 000 $ au deuxième trimestre de cette année, contre un maigre 44 000 $ lorsque le parti connaissait une traversée du désert, il y a deux ans.

Le NPD a recueilli près de 1,3 million $ au deuxième trimestre de cette année, une amélioration par rapport aux 964 000 $ d’il y a deux ans. Quant aux Verts, ils ont vu les dons progresser de 572 000 $ à 721 000 $ en deux ans.

Affaire UNIS: des questions sans réponses au lendemain de la comparution de Trudeau [VIDÉO]

Politique

Affaire UNIS: des questions sans réponses au lendemain de la comparution de Trudeau [VIDÉO]

OTTAWA - Au lendemain de sa comparution devant le comité des finances, le premier ministre Justin Trudeau a refusé de dire ce que la fonction publique a effectué comme vérifications diligentes à sa demande pour permettre à l’organisation UNIS d’administrer un programme de bénévolat pour les étudiants et nouveaux diplômés.

De passage dans les quartiers généraux de l’Agence de la santé publique du Canada, vendredi, le premier ministre a été bombardé de questions laissées sans réponses la veille.

Il a déclaré au comité, jeudi, avoir levé des drapeaux rouges sur l’octroi de ce contrat à UNIS le 8 mai en raison de ses liens familiaux avec l’organisme, mais a décidé de se rallier à la recommandation de la fonction publique, le 21 mai. Il a dit avoir obtenu l’assurance que l’organisation des frères Kielburger était la seule qui pouvait déployer le programme dans les temps voulus.

Il n’est toujours pas clair, cependant, quelles vérifications ont été faites par la fonction publique pendant ces deux semaines qui auraient rassuré le bureau du premier ministre. À la question d’une journaliste qui lui demandait «qu’est-ce qu’on a dit pour vous rassurer exactement?», M. Trudeau avait peu à offrir.

«On m’a assuré (...) qu’ils avaient effectivement revérifié, fait des suivis et ils étaient très, très confiants dans leur recommandation que c’était le seul organisme qui allait pouvoir livrer ce programme. Et, comme vous savez, je fais confiance à notre fonction publique extraordinaire qui a livré pendant cette pandémie des programmes jamais vus et extrêmement efficaces pour aider des millions de Canadiens de façon extrêmement flexible et créative», a-t-il dit.

M. Trudeau dit qu’il savait qu’il y aurait des questions au sujet des liens entre sa famille et UNIS, donc il voulait s’assurer «à 100 %» que la fonction publique allait confirmer qu’UNIS était la seule voie à suivre. «Pour moi, c’était la façon de compenser ou de contrer ces préoccupations politiques et de perception», a-t-il ajouté.

La décision de faire appel à UNIS a été ratifiée par le conseil des ministres le 22 mai. M. Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, qui ont tous deux des liens familiaux avec UNIS, ne se sont pas récusés. L’annonce d’une entente avec UNIS a été faite le 25 juin, mais elle a été de courte durée, puisque le gouvernement fédéral et UNIS ont annoncé le 3 juillet qu’elle ne tenait plus en raison de la controverse, alors naissante.

MM. Trudeau et Morneau se sont depuis excusés de ne pas s’être retirés du processus.

Le programme de bénévolat pour étudiants et nouveaux diplômés, qui devait offrir des bourses allant de 1000 $ à 5000 $, a depuis été relégué à la fonction publique, mais il n’est toujours pas clair s’il ira de l’avant alors que la rentrée scolaire approche à grands pas. M. Trudeau a dit que son gouvernement tente toujours de voir comment distribuer ces bourses aux jeunes qui ont fait des heures de bénévolat tout de même.

Il a cependant admis que ce programme est «en grande difficulté».

Des têtes ne vont pas tomber au sein de l’entourage du premier ministre malgré les erreurs dans cette controverse qui suit le gouvernement Trudeau depuis déjà plus d’un mois.

Les appels à la démission du ministre Morneau se sont multipliés après qu’il eut admis, la semaine dernière, qu’il avait fait un chèque de plus de 41 000 $ pour rembourser certaines dépenses prises en charge par UNIS lors de deux voyages humanitaires en 2017 auquel lui et des membres de sa famille ont participé.

M. Trudeau s’est porté à la défense de son ministre des Finances.

«Évidemment, comme M. Morneau l’a dit, ça a été une erreur de ne pas rembourser et d’avoir accepté cette aide pour le voyage, mais il s’en est excusé», a déclaré le premier ministre, ajoutant que M. Morneau avait livré de nombreux programmes pour aider les Canadiens en pleine pandémie.

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Affaire UNIS: pas de traitement de faveur, selon Justin Trudeau [VIDÉO]

Politique

Affaire UNIS: pas de traitement de faveur, selon Justin Trudeau [VIDÉO]

OTTAWA — «L'organisme UNIS n'a pas reçu de traitement de faveur, ni de moi, ni de qui que ce soit d'autre», a martelé le premier ministre Justin Trudeau lors d'une rare comparution devant un comité de la Chambre des communes, jeudi après-midi. 

Pendant une heure et demie, M. Trudeau a été questionné sur les événements qui ont amené son cabinet libéral à demander à l'organisation UNIS de superviser un programme de 912 millions $ visant à accorder des bourses aux étudiants et aux diplômés faisant du bénévolat.

Dans ses remarques d'introduction, le premier ministre a dit qu'il a appris pour la première fois que l'organisation UNIS allait administrer un programme de bénévolat étudiant le 8 mai, quelques heures avant une rencontre de son conseil des ministres où ils devaient en discuter.

Jusque-là, il s'attendait à ce que Service jeunesse Canada gère ledit programme.

«Lorsque j'ai appris qu'on nous recommandait UNIS, j'avais des questions. Je voulais être certain que la proposition de faire appel à UNIS pour mettre en oeuvre le programme avait été examinée de près», a fait valoir le premier ministre.

Controverse UNIS: les conservateurs demandent au commissaire Dion d’élargir son enquête

Politique

Controverse UNIS: les conservateurs demandent au commissaire Dion d’élargir son enquête

OTTAWA — Les conservateurs ont demandé au commissaire à l’éthique d’élargir son enquête sur Justin Trudeau, à la veille de la comparution du premier ministre devant le Comité des finances sur le contrat accordé à UNIS pour administrer le programme de bourses aux étudiants bénévoles.

Le commissaire à l’éthique, Mario Dion, enquête déjà sur M. Trudeau et sur le ministre des Finances, Bill Morneau, pour une possible violation de la Loi sur les conflits d’intérêts, parce que les deux élus ne se sont pas récusés lors des discussions du cabinet sur le contrat. Les deux hommes se sont depuis excusés de ne pas l’avoir fait.

Le témoignage des cofondateurs d’UNIS au Comité des finances de la Chambre des communes, mardi, a par ailleurs permis d’apprendre que l’organisme de bienfaisance avait versé en tout plus de 500 000 $ en cachets et autres indemnités journalières à la mère de M. Trudeau, à sa femme et à son frère.

En conférence de presse mercredi, les conservateurs ont soutenu que ces nouvelles informations nécessitaient une enquête supplémentaire du commissaire Dion, pour déterminer si ces paiements enfreignaient les règles sur les conflits d’intérêts des élus.

La loi interdit aux ministres, ou aux membres de leur famille, d’accepter les voyages gratuits, pour éviter toute apparence de trafic d’influence.

La Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant est destinée aux étudiants et aux diplômés qui n’auraient pu se trouver du travail cet été à cause de la pandémie. Le programme consiste à verser 1000 $ aux étudiants et diplômés admissibles pour chaque tranche de 100 heures de bénévolat effectué, jusqu’à concurrence de 5000 $. Le gouvernement ne l’a pas encore déployé près d’un mois après le retrait d’UNIS, en pleine controverse.

«La vérité !»

«Nous voulons la vérité, toute la vérité et rien que la vérité», a martelé mercredi à Ottawa le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre. Il a prévenu que l’opposition chercherait à questionner davantage M. Trudeau à l’automne s’il ne fournissait pas de réponses détaillées.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a déclaré de son côté qu’il voulait que M. Trudeau explique pourquoi les libéraux avaient choisi de confier le programme à l’organisme de bienfaisance alors qu’il existait d’autres moyens, potentiellement plus faciles, d’aider les étudiants en difficulté financière — par exemple une hausse des bourses aux étudiants ou des budgets dans le programme Emplois d’été Canada.

«Il n’a jamais été question d’aider les étudiants», a soutenu M. Singh mercredi à Burnaby, en Colombie-Britannique. «Il s’agissait en fait d’aider les petits amis du gouvernement libéral et du premier ministre Trudeau — et c’est profondément troublant.»

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a semblé quant à lui reculer sur son intention de déposer une motion de censure dès cet automne. «On ne souhaite pas la chute immédiate du gouvernement, a-t-il dit. On souhaite d’abord sortir de la crise COVID-19.»

«Maintenant, si les personnes qui administrent la crise (sanitaire) au gouvernement fédéral — au premier chef le premier ministre et le ministre des Finances — sont incapables de le faire, il faut considérer leur remplacement, de gré ou de force.»

Le comité d’éthique de la Chambre des communes enquête lui aussi sur cette affaire, sous l’angle «des mesures en place pour prévenir les conflits d’intérêts dans les politiques de dépenses du gouvernement fédéral». Les députés de l’opposition, qui sont plus nombreux que les libéraux au sein de ce comité, ont également utilisé leur majorité pour demander à M. Trudeau de venir témoigner.

Par ailleurs, les conservateurs ont proposé mercredi de demander à tous les ministres si l’un de leurs proches avait des liens avec UNIS, mais cette proposition a été défaite aux voix. Charlie Angus, le député néo-démocrate au sein de ce comité, a mis en garde contre toute enquête contre des députés ou des ministres en l’absence d’une raison précise : «Les parties de pêche, à mon avis, ne relèvent pas du comité.»

Les fondateurs d’UNIS se défendent devant le comité des finances

Politique

Les fondateurs d’UNIS se défendent devant le comité des finances

OTTAWA — Les cofondateurs de l’organisme UNIS disent que leur organisation a été sélectionnée pour administrer un programme de bourses pour le bénévolat étudiant en raison de leur expérience dans le domaine et non en raison de leur proximité avec le gouvernement Trudeau.

Témoignant devant le comité des finances de la Chambre des communes, les frères Craig et Marc Kielburger ont dit mardi qu’ils regrettent comment l’octroi de ce contrat a été perçu et qu’ils n’auraient jamais accepté d’administrer le programme s’ils avaient su quelles seraient les conséquences pour les étudiants.

Le duo a été interrogé pendant des heures par des membres du comité dans le cadre d’une enquête parlementaire sur un programme de bourses pour le bénévolat étudiant, qui prévoyait octroyer 500 millions $ en bourses, même si les libéraux ont vanté le programme en le disant doté d’un budget de 912 millions $.

Le programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant devait être déployé avant l’été et verser aux participants jusqu’à 5000 $ en fonction du nombre d’heures de bénévolat effectué avant le début octobre.

UNIS devait administrer le programme et mettre les jeunes en contact avec des offres de bénévolat par le biais d’une plateforme en ligne qui aurait également versé à UNIS des frais de 43,5 millions $ pour jusqu’à 40 000 placements.

Les frères Kielburger soutiennent que leur organisation n’aurait pas fait de profits, même s’ils avaient bénéficié de cette somme au complet, puisque ces fonds auraient été consacrés exclusivement à la mise en oeuvre du programme.

«Nous étions là parce que nous voulions aider», ont-ils plaidé, réaffirmant qu’ils avaient été approchés par la fonction publique pour administrer le programme en pleine pandémie.

UNIS a renoncé à administrer le programme au début du mois de juillet, au milieu d’une controverse sur l’attribution par les libéraux d’un contrat à l’organisation malgré ses liens étroits avec le premier ministre Justin Trudeau.

La controverse n’a fait que s’aggraver depuis, alors que le commissaire fédéral à l’éthique a lancé des enquêtes sur M. Trudeau et sur le ministre des Finances, Bill Morneau, en lien avec leur implication dans les décisions du cabinet.

Lorsque l’organisation s’est retirée de l’entente, elle a dit que les choses étaient en grande partie en place pour que la fonction publique fédérale administre le programme. Le gouvernement n’a cependant pas encore annoncé de calendrier pour permettre aux étudiants d’y accéder.

Des honoraires, mais pas pour tous

Un peu plus tôt, l’ex-présidente du conseil d’administration du Mouvement UNIS, Michelle Douglas, disait devant ce même comité que l’organisation ne paie pas les conférenciers invités lors des journées UNIS («WE Days», en anglais).

Or, la mère, l’épouse et le frère de M. Trudeau ont reçu des milliers de dollars en honoraires pour leur participation à des événements d’UNIS dans les dernières années.

Les frères Kielburger ont déclaré que certains invités — comme Margaret Trudeau — ont été rémunérés pour leur participation à des événements en marge des journées UNIS et ont été remboursés pour certaines dépenses de voyage.

Pressés de questions par l’opposition, ils se sont portés à la défense de Margaret Trudeau. Ils ont dit qu’ils avaient sollicité son expertise comme ambassadrice pour la santé mentale et qu’elle est «bien plus que la mère» de l’actuel premier ministre.

Il est à noter qu’elle n’a pas été rémunérée par UNIS avant que son fils devienne premier ministre.

Le ministre des Finances a quant à lui été critiqué après qu’il eut admis la semaine dernière qu’il venait de rembourser à l’organisation plus de 41 000 $ pour des voyages parrainés par UNIS faits par lui et sa famille il y a trois ans.

Les frères Kielburger ont dit qu’ils avaient approché Nancy McCain, l’épouse de M. Morneau et héritière de l’entreprise de produits alimentaires congelés McCain, parce qu’elle est une philanthrope bien connue.

Les cofondateurs ont aussi souligné qu’ils ont collaboré avec des politiciens de tous les partis politiques par le passé et que Laureen Harper, épouse de l’ex-premier ministre Stephen Harper, avait déjà organisé une réception en leur honneur au 24 Sussex.

Mis à part la controverse dans la sphère politique, UNIS semble aussi avoir connu des turbulences à l’interne.

Lors de son témoignage, Mme Douglas a expliqué avoir démissionné de son poste le 27 mars dernier après avoir été tenue dans l’ombre sur quelque 400 mises à pied au sein de l’organisation au début de la pandémie. Elle était impliquée au sein d’UNIS — anciennement «Free the Children» — depuis 15 ans.

«Je ne pouvais pas faire mon travail», a-t-elle offert en guise d’explication pour son départ précipité à la tête du conseil d’administration qui n’avait rien à voir avec le programme de bénévolat étudiant.

Mme Douglas dit avoir tenté d’obtenir des preuves ou des explications de la part de l’équipe de direction pour justifier les mises à pied massives, sans succès. Elle dit avoir donné un ultimatum à la direction lors d’une rencontre ad hoc le 23 mars dernier, mais une rencontre téléphonique à laquelle Marc Kielburger prenait part se serait terminée de manière «abrupte», selon ses dires.

Deux jours plus tard, Mme Douglas soutient que Craig Kielburger aurait demandé qu’elle démissionne. Elle a décidé de céder sa place le 27 mars.

M. Trudeau et sa principale conseillère, la chef de cabinet Katie Telford, doivent témoigner jeudi au sujet du programme et de l’entente avec UNIS.

La popularité des libéraux de Justin Trudeau chute depuis la controverse UNIS

Politique

La popularité des libéraux de Justin Trudeau chute depuis la controverse UNIS

OTTAWA — La confortable avance dont jouissait le gouvernement de Justin Trudeau dans les intentions de vote grâce à sa gestion de la pandémie a fondu comme neige au soleil.

C’est ce qui ressort du plus récent sondage mené par Léger et l’Association d’études canadiennes pour le compte de La Presse canadienne, réalisé en ligne du 24 au 26 juillet avec un échantillon non probabiliste de 1517 personnes.

En fait, les intentions de vote pour les partis fédéraux sont presque revenues à des niveaux pré-pandémie, alors que les libéraux s’embourbent dans une controverse au sujet de l’octroi d’un contrat à l’organisme UNIS pour gérer un programme de bénévolat étudiant.

Si des élections devaient avoir lieu maintenant, le Parti libéral du Canada obtiendrait 35 % des voix parmi les électeurs décidés. Il s’agit d’une baisse de 11 points de pourcentage par rapport au coup de sonde mené le 9 juin, mais seulement quatre points de plus qu’en janvier.

Le Parti conservateur du Canada et le Nouveau Parti démocratique (NPD), de leur côté, ont gagné quatre points de pourcentage chacun depuis le début du mois de juin.

Même dans l’attente d’un nouveau chef, les conservateurs récoltent 29 % des intentions de vote, selon le dernier coup de sonde de la firme Léger. Les néo-démocrates obtiennent quant à eux 20 % des intentions de vote, selon ce même sondage.

Le Bloc québécois a connu une forte remontée dans le dernier mois et demi. Il est maintenant le choix de 39 % des Québécois, une hausse de 10 points de pourcentage depuis le 9 juin.

Pourtant, ce sont 73 % des personnes sondées qui se disent très satisfaites ou assez satisfaites de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement fédéral. C’est presque le même pourcentage, 78 %, qu’avant la controverse au sujet de l’organisation UNIS.

Tant le premier ministre que son ministre des Finances, Bill Morneau, font l’objet d’une enquête du commissaire à l’éthique pour déterminer s’ils ont violé la loi en refusant de se récuser des discussions entourant UNIS, malgré des apparences de conflits d’intérêts.

Qui plus est, M. Trudeau comparaîtra jeudi après-midi devant le Comité des finances pour faire le point sur cette affaire. M. Morneau y était la semaine dernière et y a révélé qu’il avait fait un chèque de plus de 41 000 $ à UNIS pour rembourser des frais de voyage.

Le Comité des finances des Communes se prépare au témoignage de Justin Trudeau

Politique

Le Comité des finances des Communes se prépare au témoignage de Justin Trudeau

OTTAWA — Les membres du Comité des finances de la Chambre des communes se réunissent lundi après-midi pour «discuter de la logistique» qui entourera le témoignage très attendu - et exceptionnel - du premier ministre qui aura lieu jeudi.

Justin Trudeau et sa cheffe de cabinet, Katie Telford, ont accepté de comparaître devant le comité dans le cadre d'une enquête parlementaire sur le contrat accordé sans appel d'offres par le gouvernement libéral à l'organisme UNIS pour gérer le programme de bourses d'études de 912 millions $. Or, UNIS («WE Charity», en anglais) entretient des liens avec la famille Trudeau, mais aussi avec le ministre des Finances, Bill Morneau.

Un avis de convocation du Comité des finances indique que le premier ministre et Mme Telford y seront interrogés, chacun leur tour, par les députés jeudi après-midi pendant une heure chacun.

UNIS s'est retiré du contrat au début de juillet, mais la controverse ne s'est pas éteinte pour autant : le commissaire fédéral à l'éthique enquête lui aussi pour déterminer si MM. Trudeau et Morneau ont violé les règles sur les conflits d'intérêts en négligeant de se récuser des discussions, au Cabinet, sur l'octroi du contrat de gré à gré.

Lors de son témoignage devant le même Comité des finances, la semaine dernière, M. Morneau a annoncé qu'il venait tout juste de signer un chèque de 41 366 $ destiné à UNIS. Il voulait ainsi rembourser les frais que l'organisme avait assumés pour des voyages que le ministre et des membres de sa famille avaient faits il y a trois ans pour témoigner du travail de l'organisme dans le monde. Peu de temps après, M. Trudeau a accepté de témoigner devant le comité des Communes — fait rare pour un premier ministre.

Les membres du comité devaient aussi discuter lundi après-midi de la logistique entourant le témoignage des cofondateurs d'UNIS, Craig et Marc Kielburger, de l'ancienne présidente du conseil d'administration Michelle Douglas et du directeur des finances de l'organisme, Victor Li. Les frères Kielburger et Mme Douglas doivent témoigner devant le comité mardi après-midi.

Le programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant vise à offrir à des jeunes des bourses d'études pouvant atteindre 5000 $, selon le nombre d'heures de bénévolat effectuées. Il s'adresse aux étudiants qui ne peuvent pas trouver de travail d'été à cause de la pandémie de COVID-19. Mais le programme est pratiquement paralysé depuis qu'il a été confié en catastrophe à la fonction publique, le 2 juillet; alors que l'été avance, le ministère soutient qu'il travaille sur un plan de transition.

Démissions et expulsions au gouvernement Ford: une première en 27 ans

Politique

Démissions et expulsions au gouvernement Ford: une première en 27 ans

TORONTO — Le gouvernement Ford a perdu quatre députés depuis son arrivée au pouvoir, égalisant ainsi un «record» détenu par le gouvernement néo-démocrate de Bob Rae, qui avait lui-aussi vu partir quatre élus pendant son mandat au début des années 1990.

Depuis le début de son mandat, le gouvernement Ford a perdu quatre députés, dont deux (Randy Hillier et Belinda Karahalios) qui ont été expulsés, et deux (Jim Wilson et Amanda Simard) qui ont quitté le parti de leur propre gré.

Amanda Simard et Belinda Karahalios ont toutes les deux dû quitter le caucus conservateur parce qu’elles ont exprimé un désaccord à l’endroit de décisions prises par le parti.

Jim Wilson a pour sa part quitté le caucus pour traiter des problèmes de dépendance. 

À LIRE AUSSI: Un retour du Doug Ford pré-COVID ?

Quant à Randy Hillier, le premier ministre ontarien lui a montré la porte en raison de certains comportements et commentaires controversés. 

Le seul gouvernement qui a vu un nombre équivalent de départs de ses députés avant celui de Doug Ford est le gouvernement néo-démocrate de Bob Rae, il y a près de 30 ans (entre 1990-95). En tout, quatre élus avaient quitté le parti au pouvoir.

Un retour du Doug Ford pré-COVID ?

Politique

Un retour du Doug Ford pré-COVID ?

TORONTO — La crise de la COVID-19 a fait place à un Doug Ford à l’air plus sérieux et plus soucieux de l’opinion publique. Il a souvent été applaudi, au cours des derniers mois, par des acteurs de toutes allégeances politiques confondues, pour la réponse de son gouvernement face au virus.

Dès qu’il en a eu la chance, le gouvernement Ford a replongé dans ses vieilles habitudes en s’accordant de nouveaux pouvoirs et en empêchant les partis d’opposition de débattre sur ses décisions à Queen’s Park, juge la députée libérale Lucille Collard. Le Droit s’est entretenu avec l’élue provinciale d’Ottawa-Vanier pour parler de démocratie et d’environnement. Tour d’horizon.

UNIS: Scheer et le Bloc réclament la démission de Trudeau et Morneau

Politique

UNIS: Scheer et le Bloc réclament la démission de Trudeau et Morneau

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer et le Bloc québécois estiment que Justin Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, ne peuvent plus exercer leurs fonctions en raison de leur rôle dans la controverse impliquant l’organisme UNIS.

M. Scheer a déclaré vendredi que le premier ministre Justin Trudeau devait démissionner. Il avait précédemment appelé au limogeage du ministre des Finances, Bill Morneau, pour des voyages que lui et des membres de sa famille avaient effectués en 2017, dont une partie était payée par UNIS.

Le Bloc québécois a publié une déclaration, vendredi, soutenant que MM. Trudeau et Morneau ont «trahi la confiance» de la population et des partis d’opposition.

Le Bloc demande «la démission de MM. Justin Trudeau et Bill Morneau comme premier ministre et ministre des Finances».

«Si MM. Trudeau et Morneau devaient ne pas obtempérer, le Bloc québécois consultera les Québécois dans la perspective du dépôt d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement, dès le retour en Chambre en septembre», peut-on lire dans la déclaration.

Le Bloc demande au Directeur général des élections du Canada de faire des préparatifs pour des élections générales en temps de pandémie, et au président de la Chambre de prendre des dispositions en vue d’un vote de l’ensemble des 338 élus au parlement fédéral «dès la rentrée du 21 septembre, voire auparavant».

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est cité disant que «les Québécois peuvent ne pas vouloir une élection à court terme, mais nous comprenons qu’ils veulent encore moins un autre scandale partisan et libéral qui nuit gravement à la lutte à la COVID-19».

Lorsque questionné à savoir s’il serait prêt à forcer des élections sur la question dans le Parlement minoritaire, M. Scheer a déclaré qu’une telle occasion ne se présenterait pas avant que la Chambre des communes ne reprenne ses activités en septembre. C’est pourquoi il dit que MM. Trudeau et Morneau devraient se retirer maintenant de leur propre chef.

Il affirme également qu’une décision sur l’éventualité de faire tomber le gouvernement libéral sur une motion de confiance devrait être prise par le prochain chef du Parti conservateur après l’annonce des résultats de la course à la direction à la fin août.

«Dans le passé, le simple fait d’être l’objet d’une enquête suffisait pour que les parlementaires se retirent, mettent leur pays avant leur propre ego, avant leur propre carrière politique, et permettent la poursuite du travail du gouvernement sans ce nuage de suspicion», a fait valoir M. Scheer aux journalistes vendredi à Regina.

«Rien de tout cela ne s’est produit sous Justin Trudeau, c’est pourquoi cette conversation se tourne vers des sanctions plus strictes», a-t-il déclaré.

Dans ce qui semble être une tentative de creuser un fossé entre M. Trudeau et les membres de son propre caucus, M. Scheer a soutenu que les députés libéraux qui ne veulent pas être considérés comme complices de cette controverse devraient désormais exiger que leur chef démissionne.

«Si les libéraux refusent d’agir, s’ils restent les bras croisés et ne disent rien, alors ils approuvent implicitement ce comportement corrompu et ils seront tout aussi coupables que Justin Trudeau», a soutenu le chef conservateur.

M. Scheer a rejeté l’idée selon laquelle un remplacement de MM. Trudeau et Morneau au milieu d’une pandémie créerait davantage d’incertitude dans le pays.

«Cela permettrait au gouvernement d’aller de l’avant, de surmonter ces scandales et de se concentrer sur l’amélioration de la vie des Canadiens», a-t-il déclaré.

Mercredi, M. Morneau a affirmé à un comité des Communes qu’il venait de rembourser à UNIS plus de 41 000 $ pour les dépenses couvertes par le groupe pour les voyages que sa famille et lui-même ont effectués au Kenya et en Équateur en 2017 pour observer une partie du travail humanitaire. Il a dit qu’il avait toujours prévu de payer lui-même ces dépenses.

«Nous avons proposé un retrait temporaire du premier ministre sans présumer des résultats des audiences et enquêtes en cours. Depuis, les aveux du premier ministre et du ministre des Finances, et l’utilisation politique de listes de participants aux activités de WE Charity (UNIS) par le Parti libéral du Canada, ont rendu impossible de cautionner davantage ce gouvernement», a déclaré M. Blanchet.

UNIS a déclaré que les voyages de la famille Morneau se voulaient une gracieuseté de l’organisme, faisant partie d’une pratique consistant à montrer aux donateurs le travail effectué pour les encourager à contribuer de nouveau.

MM. Morneau et Trudeau font tous deux face à une enquête du commissaire à l’éthique pour avoir omis de se récuser lors des discussions sur l’octroi à UNIS d’un contrat pour gérer le programme gouvernemental de 912 millions $ de bourses d’études pour le bénévolat étudiant.

MM. Trudeau et Morneau se sont excusés de ne pas avoir déclaré de conflits d’intérêts potentiels en raison de liens de membres de leurs familles avec l’organisation.

Une enquête déclenchée sur les allégations de «climat toxique» à Rideau Hall

Politique

Une enquête déclenchée sur les allégations de «climat toxique» à Rideau Hall

Le Bureau du Conseil privé a lancé jeudi un examen «approfondi, indépendant et impartial» à la suite des allégations de harcèlement et de violence verbale au Bureau du secrétaire de la gouverneure générale Julie Payette (BSGG).

La CBC a publié un reportage dans lequel des employés de la fonction publique, sous le couvert de l’anonymat, décrivent un «environnement toxique et une culture de la peur» au sein du bureau de la gouverneure générale. Selon ces allégations, le climat de travail serait si néfaste que des employés pleurent et d’autres démissionnent carrément.

Les allégations visent particulièrement Julie Payette ainsi que sa secrétaire et amie de longue date, Assunta Di Lorenzo.

La Presse canadienne n’a pas été en mesure de vérifier ces allégations.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le Bureau du Conseil privé signale que le cabinet de la gouverneure générale fait partie de l’administration publique centrale. À ce titre, ajoute-t-on, «les politiques du Conseil du Trésor, y compris la Politique sur la prévention et la résolution du harcèlement, s’appliquent au BSGG et à ses employés».

Le Bureau du Conseil privé rappelle que «le harcèlement n’a sa place dans aucun milieu de travail professionnel».

Le Bureau dit qu’il travaille, en consultation avec le BSGG, «à établir le cadre de référence de ce travail et il prendra immédiatement des mesures pour avoir recours aux services d’un tiers indépendant qui mènera l’examen».

Dans une déclaration séparée, Mme Payette se dit «profondément préoccupée» par les allégations. Elle accueillie favorablement un examen indépendant qu’elle a demandée.

Elle ajoute qu’il est primordial que tous les employés à Rideau Hall bénéficient d’un environnement de travail sain et sécuritaire. La gouverneure générale dit prendre au sérieux «les questions harcèlement en milieu de travail».

UNIS: les libéraux se rangent derrière Morneau alors que l’opposition réclame sa tête

Politique

UNIS: les libéraux se rangent derrière Morneau alors que l’opposition réclame sa tête

OTTAWA — Alors que les conservateurs continuent de réclamer la tête de Bill Morneau après que ce dernier eut révélé qu’il avait bénéficié d’un voyage payé en partie par l’organisme UNIS («WE Charity», en anglais), les libéraux fédéraux se rangent derrière leur ministre des Finances.

M. Morneau a comparu devant le comité parlementaire des Finances, mercredi, à la demande des partis d’opposition, pour faire le point sur un contrat de 900 millions $ qui avait été octroyé à UNIS pour administrer un programme de bénévolat étudiant. L’organisme et le gouvernement fédéral ont depuis mis fin à l’entente.

La mère, l’épouse et le frère du premier ministre Justin Trudeau ont reçu des honoraires totalisant plus de 300 000 $ d’UNIS. L’une des filles de M. Morneau est une employée contractuelle d’une division de l’organisation et une autre a prononcé des discours pour UNIS, sans être payée.

M. Morneau a déclaré mercredi qu’il avait fait un chèque de plus de 41 000 $ à UNIS, tout juste avant sa comparution, pour rembourser certains frais qui avaient été payés par l’organisation dans le cadre de deux voyages humanitaires en 2017 auxquels des membres de sa famille et lui ont participé. Le ministre était présent à l’un des deux voyages.

Il a aussi révélé que son épouse et lui ont fait des dons totalisant 100 000 $ à UNIS dans les deux dernières années.

M. Morneau s’était déjà excusé pour ne pas s’être récusé des discussions du cabinet ministériel au sujet d’UNIS, vu l’apparence de conflits d’intérêts avec ses filles; mercredi, il s’est également excusé pour ne pas avoir pris connaissance des sommes d’argent qu’il devait à UNIS pour couvrir certains frais de voyage en 2017.

Jeudi, les conservateurs ont formellement exigé que le ministre des Finances démissionne. Ils l’avaient fait la veille également, estimant qu’il avait «perdu l’autorité morale de gouverner» en violant, vraisemblablement, plusieurs articles contenus dans la Loi sur les conflits d’intérêts.

La loi interdit entre autres aux ministres et à leur famille d’accepter des voyages payés parce que cela pourrait être vu comme une tentative d’influence.

«Pourquoi Justin Trudeau ne le congédie pas? C’est ça, la question», a réitéré Pierre Poilievre, porte-parole conservateur en matière de finances, lors d’une conférence de presse tenue à Ottawa jeudi matin aux côtés de ses collègues Michael Barrett et Michael Cooper.

«Le ministre Morneau a été franc et direct avec le comité et transparent avec les Canadiens. (...) Depuis le début de la pandémie, il a travaillé sans relâche avec ses collègues du cabinet pour apporter un soutien essentiel aux Canadiens. Le ministre Morneau continue de faire ce travail sur lequel les Canadiens comptent», a fait savoir le bureau du premier ministre.

Les ministres Mélanie Joly et Steven Guilbeault tenaient environ le même discours jeudi, en marge d’une annonce sur les technologies propres à Montréal.

«Non seulement il s’est expliqué, mais il s’est excusé», a dit Mme Joly.

«Le ministre Morneau a reconnu qu’il avait mal agi et il s’en est excusé. Il a mis en place la subvention salariale et la PCU - dans ce sens-là, il a été là pour aider des millions de Canadiens», a renchéri M. Guilbeault à ses côtés.

M. Poilievre a dit que son parti allait utiliser toutes les avenues possibles. L’opposition a déjà demandé et obtenu que le premier ministre et sa chef de cabinet Katie Telford témoignent devant le comité des finances. Le moment de leurs comparutions sera à déterminer.

Un autre député conservateur, Michael Cooper, a déposé une motion mercredi pour exiger la démission de M. Morneau à ce même comité des finances.

Au comité de l’éthique - qui se penche aussi sur UNIS - le Bloc québécois y est allé jeudi d’une proposition semblable qui a été rejetée.

Les conservateurs et les néo-démocrates ont également demandé au commissaire à l’éthique d’élargir son enquête déjà en cours au sujet des liens entre le ministre Morneau et UNIS pour y inclure les voyages financés par l’organisation.

M. Poilievre n’est pas allé aussi loin que de réclamer que M. Trudeau cède sa place, comme le fait le Bloc québécois depuis plusieurs jours déjà.

«Je ne m’y objecterais certainement pas», a toutefois répondu M. Poilievre.

UNIS: Trudeau comparaîtra devant un comité, Morneau appelé à démissionner

Politique

UNIS: Trudeau comparaîtra devant un comité, Morneau appelé à démissionner

OTTAWA — Le bureau du premier ministre Justin Trudeau a annoncé qu'il avait accepté l'invitation d'un comité parlementaire pour témoigner concernant l'octroi d'un contrat de 900 millions $ à l'organisme UNIS («WE Charity», en anglais) pour administrer un programme de bénévolat étudiant. 

Quelques minutes plus tôt, le témoignage de son ministre des Finances, Bill Morneau, à ce même comité lui a valu des appels à sa démission.

Lors de sa comparution mercredi après-midi, le ministre Morneau a révélé qu'il a fait un chèque de plus de 41 000 $ à l'organisme UNIS pour rembourser certaines dépenses liées à deux voyages humanitaires en 2017 organisés par l'organisme et auxquels sa famille et lui ont participé.

En préparation pour son témoignage, M. Morneau dit avoir été surpris de ne pas retrouver toutes les preuves qui justifiaient des dizaines de milliers de dollars en dépenses pour un voyage au Kenya - auquel son épouse et l'une de ses filles ont participé - et un autre en Équateur - où il était présent avec sa famille.

Il dit avoir donc fait un chèque de 41 366 $ mercredi, juste avant sa comparution devant le comité, pour rembourser le coût de certaines dépenses comme les frais de transport, les coûts de construction pour une école et les coûts des repas qui ne lui auraient pas été chargés.

«Il a toujours été dans mon intention de payer le coût total de ces voyages et c'était ma responsabilité de m'assurer que c'était le cas. Ne pas le faire, même de façon non intentionnelle, est inapproprié. Je veux m'excuser pour cette erreur de ma part», a-t-il dit.

M. Morneau a aussi révélé que son épouse et lui ont versé de généreux dons de 50 000 $ à deux reprises à l'organisation UNIS. Le premier don a été fait en juin 2018 et l'autre au mois de juin de cette année. Le programme pour le bénévolat étudiant, qui devait être administré par UNIS, a été annoncé le 25 juin.

Ces révélations s'ajoutent au fait que M. Morneau ne se soit pas récusé du vote du conseil des ministres approuvant l'octroi du contrat à UNIS, alors que sa famille entretenait des liens avec l'organisation. L'une des filles de M. Morneau a prononcé des discours lors d'événements WE tandis qu'une autre est employée contractuelle pour l'organisation.

«Je ne crois pas que j'étais en conflit (d'intérêts), même si je reconnais pleinement qu'il existe des questions légitimes sur la perception d'un conflit (d'intérêts). Avec le recul, j'aurais dû me récuser des discussions impliquant l'organisation UNIS. Encore une fois, je tiens à m'excuser pour mes erreurs que j'ai commises dans cette situation», a réitéré le ministre, mercredi.

Ces excuses n'ont pas suffi au conservateur Pierre Poilievre, qui soutient que M. Morneau a commis un acte illégal comme ministre, puisqu'il a contrevenu à la Loi sur les conflits d'intérêts qui stipule qu'il est «interdit à tout titulaire de charge publique et à tout membre de sa famille d'accepter un cadeau ou autre avantage» qui pourrait l'influencer dans ses fonctions.

«Monsieur le ministre, vous avez perdu l'autorité morale de gouverner et c'est la position de l'opposition officielle de sa Majesté que vous démissionniez. Allez-vous démissionner?», a lancé M. Poilievre à l'intention du ministre.

M. Morneau a répondu qu'il ne savait pas que certains frais de ses voyages avaient été facturés à UNIS à son insu et a dit que c'était une «erreur» de sa part.

«Vous pensez vraiment qu'en ne répondant pas aux questions là-dessus, puis en nous disant simplement que vous vous excusez, vous allez éteindre l'incendie et justifier ce qui a été fait?» a renchéri le bloquiste Rhéal Fortin.

Les conservateurs tiendront une conférence de presse jeudi matin pour exiger la démission du ministre des Finances à la lumière de ces plus récentes révélations.

M. Morneau est le plus récent témoin vedette à apparaître devant le Comité des finances de la Chambre des communes pour s'expliquer sur le contrat avorté qui aurait pu rapporter plus de 43,5 millions $ à UNIS.

Mardi, le plus haut fonctionnaire du Canada - le greffier du Conseil privé, Ian Shugart - a déclaré qu'il ne pouvait s'imaginer que le ministre des Finances et le premier ministre puissent être absents des discussions sur un programme aussi vaste et aussi coûteux.

Comme c'est le cas depuis plusieurs jours, les libéraux ont soutenu que ce sont des hauts fonctionnaires qui ont recommandé UNIS pour le contrat, car c'était la seule organisation au pays à pouvoir administrer un tel programme aussi rapidement et aussi largement.

Le ministre des Finances et le premier ministre font déjà fait l'objet d'une enquête du commissaire à l'éthique pour de possibles violations des règles sur les conflits d'intérêts. Il a été révélé que la mère, l'épouse et le frère de M. Trudeau ont obtenu plus de 300 000 $ en honoraires d'UNIS.

Pendant ce temps, les étudiants s'impatientent et demandent à recevoir l'aide promise cet été.

Plus tôt en journée, témoignant devant le même comité, deux coalitions représentant des centaines de milliers d'étudiants de niveau postsecondaire au Canada ont demandé au gouvernement fédéral de réaffecter son budget de 900 millions $ à d'autres programmes d'aide aux étudiants.

Pour la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants et l'Alliance canadienne des associations étudiantes, il est clair que le programme ne fournira pas l'aide financière attendue alors que le mois d'août approche et que de nombreux étudiants ne pourront pas accumuler assez d'heures de bénévolat dans un aussi court laps de temps.

Julie Payette se défend des allégations de harcèlement

Politique

Julie Payette se défend des allégations de harcèlement

OTTAWA — La gouverneure générale Julie Payette et l’équipe de direction du Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG) se disent «consternés» par les allégations de harcèlement et de violence verbale à Rideau Hall.

La CBC a publié, mardi, un reportage dans lequel des employés de la fonction publique, sous couvert de l'anonymat, décrivent un «environnement toxique et une culture de la peur» au sein du bureau de la gouverneure générale. Selon ces allégations, le climat de travail serait si néfaste que des employés pleurent et d'autres démissionnent carrément.

Les allégations visent particulièrement Julie Payette ainsi que sa secrétaire et amie de longue date, Assunta Di Lorenzo.

La Presse Canadienne n'a pas été en mesure de vérifier ces allégations.

Dans un courriel envoyé aux médias lundi soir, Rideau Hall dit prendre le harcèlement très au sérieux et se défend d'être à l'origine d'un climat de travail toxique.

«Nous sommes profondément consternés par la teneur de ce reportage, qui contraste complètement avec la réalité du travail au BSGG, et occulte le travail important effectué par notre personnel dévoué pour honorer, représenter et mettre en valeur les Canadiens», peut-on lire dans le courriel.

Rideau Hall affirme également avoir pris de nombreuses mesures pour favoriser un climat de travail sain.

«Nous sommes d'ailleurs fiers de nos processus internes rigoureux qui permettent à nos employés d'exprimer leurs préoccupations, notamment par le biais d'un service des ressources humaines accessible et compétent, d'un service d'ombudsman indépendant et des relations fructueuses que nous entretenons avec les syndicats, lesquels disposent de processus complémentaires visant à protéger et à soutenir les fonctionnaires fédéraux.»

CBC News dit s'être entretenue avec une douzaine de personnes ayant une connaissance directe du climat de travail pendant le mandat de Julie Payette.

Ces employés se sont confiés sous le couvert de l'anonymat, car «ils craignent de perdre leur emploi» selon le reportage de la CBC.

«Rien n'indique» que Trudeau a discuté du contrat avec UNIS, selon le greffier

Politique

«Rien n'indique» que Trudeau a discuté du contrat avec UNIS, selon le greffier

OTTAWA — «Rien n'indique» que le premier ministre Justin Trudeau s'est entretenu avec les dirigeants d'UNIS avant que cet organisme caritatif n'obtienne le contrat, sans appel d'offres, afin d'administrer le nouveau programme de bourses d'études pour activités bénévoles durant la pandémie, a soutenu mardi le plus haut fonctionnaire du gouvernement.

Ian Shugart, greffier du Conseil privé et secrétaire du Cabinet, témoignait mardi matin devant le Comité des finances de la Chambre des communes, qui enquête sur le contrat conclu entre le gouvernement libéral et l'organisme UNIS («WE Charity», en anglais), avec lequel le premier ministre entretient des liens étroits. Sa mère et son frère ont aussi été payés pour faire des apparitions publiques lors d'activités d'UNIS.

M. Shugart a été interrogé au sujet des fonctionnaires chargés de l'attribution de ce contrat avant que le cabinet ne décide de confier à UNIS la gestion du nouveau programme de 900 millions $. Les membres du comité voulaient notamment savoir si quelqu'un, dans la haute fonction publique, avait soulevé des préoccupations sur les finances d'UNIS, que des députés de l'opposition qualifient de préoccupantes.

Le plus haut fonctionnaire du gouvernement a déclaré au comité que le premier ministre avait été informé de l'élaboration du programme, mais il a soutenu que M. Trudeau n'avait eu aucun contact avec l'organisme. «Il n'y a absolument aucune preuve, aucune suggestion dans quoi que ce soit que j'ai examiné qui suggérerait que le premier ministre ait eu une quelconque interaction avec UNIS concernant ce programme», a assuré M. Shugart. «Absolument aucune.»

Le contrat, maintenant annulé, aurait pu rapporter à l'organisme à but non lucratif jusqu'à 43,5 millions $.

L'opposition souhaite que M. Trudeau comparaisse devant le même comité, mais lors de la période de questions aux Communes, mardi, il n'a pas voulu préciser s'il accepterait l'invitation.

Le premier ministre et certains de ses ministres ont par ailleurs été bombardés de questions sur cette affaire, mardi après-midi aux Communes. Le chef conservateur, Andrew Scheer, a notamment accusé M. Trudeau d'utiliser la pandémie comme excuse pour une manoeuvre de corruption «grossière et dégoûtante».

Au début de la pandémie, les libéraux ont cherché à se donner de vastes pouvoirs de dépenser, sans trop devoir rendre des comptes au Parlement. Ils ont reculé là-dessus depuis, mais M. Scheer a soutenu mardi que les Canadiens savent maintenant pourquoi. «Ils ont voulu s'arrêter et prendre le temps de récompenser leurs amis: c'est l'essence même de ce Parti libéral, dirigé par ce premier ministre libéral. Je n'ai même pas de question: c'est simplement dégoûtant», a laissé tomber M. Scheer.

En réponse à des questions directes sur UNIS, M. Trudeau a réitéré qu'il regrettait de ne pas s'être retiré des délibérations. Mais il a répété que le Cabinet avait suivi les recommandations de hauts fonctionnaires non partisans, pour qui «l'organisme UNIS était le seul à pouvoir offrir cet été un programme aussi ambitieux».

«J'aurais dû me récuser à cause du lien avec (...) ma famille, mais cela n'enlève rien au fait que la fonction publique a recommandé cet organisme», a-t-il répété.

Une chronologie de l'affaire

Le témoignage de M. Shugart a par ailleurs fourni plus de détails sur la chronologie de toute cette affaire.

L'organisme UNIS avait envoyé une proposition non sollicitée à la ministre de la Jeunesse, Bardish Chagger, et à la ministre de la Petite Entreprise, Mary Ng, au début du mois d'avril, pour un programme visant à aider les jeunes à devenir entrepreneurs, qui devait coûter entre 6 et 14 millions $.

Or, le gouvernement fédéral songeait déjà à des moyens d'aider les étudiants incapables de travailler cet été en raison de la pandémie, avec l'intention d'annoncer quelque chose d'ici la mi-mai. La participation éventuelle d'UNIS a été soulevée lors de conversations entre le ministère des Finances et celui d'Emploi et Développement social, qui supervise les programmes destinés aux étudiants.

Rachel Wernick, une haute fonctionnaire d'Emploi et Développement, a appelé le cofondateur d'UNIS Craig Kielburger, le 19 avril, date à laquelle elle aurait appris l'existence de la proposition originale. Selon M. Shugart, c'est aussi là que le Bureau du Conseil privé a été mis au courant.

Trois jours plus tard, le 22 avril, M. Trudeau a annoncé un bouquet d'aide financière aux étudiants, de 9 milliards $, qui évoquait déjà les grandes lignes d'un programme de bourse aux étudiants bénévoles. Le même jour, Craig Kielburger a envoyé à Mme Wernick une proposition mise à jour, qui reflétait l'annonce de M. Trudeau. La décision a finalement été prise de confier le programme à UNIS.

M. Shugart a assuré mardi que le Bureau du Conseil privé avait soulevé la possibilité d'un appel d'offres et des ministres ont demandé si UNIS pouvait assumer ce mandat. Selon lui, tous ont ensuite conclu que cette solution était la bonne.

À la suite de la controverse, l'organisme a remis les rênes du programme aux fonctionnaires du gouvernement, au début de juillet. M. Shugart a déclaré mardi que le programme serait tout de même déployé, mais qu'il offrirait beaucoup moins de soutien aux étudiants.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, doit lui aussi comparaître devant le comité mercredi après-midi.

Trudeau «devrait se tasser»

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet a encore demandé mardi à M. Trudeau de se retirer «momentanément», le temps que toute la lumière soit faite.

«Je réitère la suggestion du Bloc québécois - afin que le gouvernement canadien continue de bien fonctionner: que le premier ministre Trudeau se tasse, momentanément, et laisse les rênes de l'État à la vice-première ministre (Chrystia Freeland), dont c'est, le cas échéant, une des tâches», a-t-il répété mardi matin.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a déploré que «ce scandale remette en question la confiance dans le gouvernement», dont les Canadiens ont bien besoin en cette période d'incertitude économique et sanitaire. M. Singh demande aussi à M. Trudeau de déroger à la confidentialité des délibérations au Cabinet et de déposer tous les documents qui concernent ce contrat.

Yves-François Blanchet n'exclut toujours pas de poursuivre «Hyènes en jupons»

Politique

Yves-François Blanchet n'exclut toujours pas de poursuivre «Hyènes en jupons»

OTTAWA - Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n'exclut toujours pas de poursuivre les auteurs d'une page Facebook qui avait publié des allégations anonymes à son endroit.

La page «Hyènes en jupons» était temporairement indisponible lundi soir et les nombreux témoignages - dont celui qui mentionnait M. Blanchet - n'étaient plus publics. Un communiqué de presse non signé et diffusé par le groupe disait avoir suspendu la page à la suite de «menaces violentes» à l'endroit du collectif et de ses membres.

Mardi matin, la page Facebook est réapparue et, avec elle, le témoignage anonyme à l'endroit de M. Blanchet. Mais ce retour sera de courte durée, puisqu'un message diffusé par le groupe avertit que la page serait bientôt suspendue de nouveau.

UNIS: Trudeau absent des Communes alors que les questions fusent

Politique

UNIS: Trudeau absent des Communes alors que les questions fusent

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau brillait par son absence à la Chambre des communes, lundi, alors que les questions fusaient des banquettes de l'opposition concernant l'affaire UNIS («WE Charity», en anglais).

Tour à tour, conservateurs, bloquistes et néo-démocrates ont pris la parole pendant la période de questions pour demander qui avait approuvé un contrat de 900 millions $, sans appel d'offres, pour qu'UNIS mette sur pied un programme de bénévolat étudiant.

Depuis, il a été rapporté que tant des membres de la famille de M. Trudeau que de son ministre des Finances, Bill Morneau, avaient reçu des honoraires de la part de l'organisation. Les deux hommes se sont excusés pour ne pas s'être récusés des discussions du cabinet.

«C'est soit de la corruption ou de l'incompétence. Laquelle est-ce?» a lancé le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, aux Communes lundi.

«Ce n'est aucun des deux», a répliqué la vice-première ministre Chrystia Freeland, déléguée pour répondre en l'absence du premier ministre, qui avait pris une «journée personnelle» selon son agenda public.

La ministre Bardish Chagger a continué de marteler, pendant toute la période de questions, que c'est un haut fonctionnaire qui avait recommandé UNIS pour administrer ce programme et qu'elle avait accepté la recommandation.

Mais pris dans la tourmente, le gouvernement fédéral et UNIS ont annoncé plus tôt ce mois-ci qu'ils avaient mis fin à cette entente.

Depuis, le commissaire à l'éthique a confirmé qu'il enquêtera pour déterminer si MM. Trudeau et Morneau ont violé la loi et un comité fédéral reçoit des témoins pour faire la lumière sur l'octroi de ce contrat.

Comme ils le font depuis quelques jours, les bloquistes ont réclamé que M. Trudeau cède sa place à Mme Freeland, le temps que le commissaire fasse la lumière sur cette affaire.

Le député Rhéal Fortin s'est demandé pourquoi le premier ministre avait «gardé le silence», selon lui, sur le fait que sa mère Margaret Trudeau et que son frère Alexandre Trudeau avaient reçu des dizaines de milliers de dollars d'UNIS.

«Il a oublié ce détail ou il espérait que ça ne sorte pas? (...) Pourquoi avoir essayé de cacher la vérité, sinon parce qu'il savait que ses décisions étaient éthiquement indéfendables?» a lancé M. Fortin.

Le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, a relevé le fait que M. Trudeau est sous enquête par le commissaire de l'éthique pour une troisième fois et a soutenu que les libéraux sont «aveugles» sur le plan de l'éthique.

«Comment ça se fait que ce sont les jeunes et les étudiants qui doivent payer le prix de l'irrésistible envie des libéraux de donner des cadeaux à leurs petits amis?» a-t-il déploré.

L'agenda du premier ministre indique qu'il sera présent aux Communes lors de la période de questions de mardi.

C-20 bientôt adopté

Le projet de loi C-20, qui vise à prolonger le programme de subvention salariale, octroyer une prestation spéciale aux personnes handicapées et prolonger certaines échéances pour les causes portées devant les tribunaux, devrait être adopté aux Communes mardi.

C'est ce qu'a indiqué le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, qui a précisé que C-20 sera ensuite envoyé au Sénat.

Le projet de loi prévoit que le programme de subvention salariale sera prolongé jusqu'au 21 novembre, avec possibilité de le prolonger jusqu'au 31 décembre, et ses critères devraient être assouplis afin que les entreprises puissent rouvrir et embaucher des travailleurs même si le pays est toujours frappé par la pandémie de COVID-19.

Plus tôt en journée, M. Scheer a dit qu'il trouvait la nouvelle formule pour la subvention salariale trop compliquée. Il a dit que son parti tentera de convaincre le gouvernement de simplifier le processus pour les employeurs qui en ont déjà assez sur les bras, à son avis.

Dans sa version originale, le programme couvrait 75 % des salaires, jusqu'à un maximum de 847 $, pour les entreprises admissibles et les organismes à but non lucratif qui avaient connu une baisse de revenus d'au moins 30 %.

La nouvelle formule prévoit une aide modulée en fonction de la baisse de revenus due à la pandémie, et les entreprises les plus touchées recevraient une somme supplémentaire.

«Vous avez besoin d'un degré (diplôme) en mathématiques pour comprendre», a critiqué M. Scheer, lors d'une conférence de presse à Ottawa lundi matin.

«On comprend que ça peut venir avec une complexité administrative un peu plus élevée, mais rien qui empêchera les entreprises d'aller de l'avant et d'aller chercher cette aide qui apparaît essentielle», a soutenu pour sa part le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

Le Bloc québécois avait déjà indiqué son appui au projet de loi, donnant ainsi aux libéraux une majorité pour une adoption rapide à la Chambre des communes.

M. Blanchet a dit que le projet de loi n'était pas parfait, mais de façon générale, il estime qu'il s'agit d'une amélioration par rapport au projet de loi précédent qui avait été rejeté par l'ensemble des partis d'opposition le mois dernier.

Le Nouveau Parti démocratique s'est réjoui que le nouveau projet de loi ne contienne pas de dispositions pour punir les fraudeurs de la Prestation canadienne d'urgence.

Allégations anonymes: Blanchet ne cédera pas sa place et envisage des poursuites

Politique

Allégations anonymes: Blanchet ne cédera pas sa place et envisage des poursuites

OTTAWA — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, dit qu'il est «inimaginable» de céder sa place comme chef de parti sur la base d'allégations anonymes et envisage de poursuivre la page Facebook qui les a publiées.

Dimanche après-midi, M. Blanchet commentait pour la première fois en personne ces allégations, faites de manière anonyme, selon lesquelles il aurait embrassé une femme sans son consentement et tenté d'inciter une relation sexuelle à la fin des années 1990.

M. Blanchet a une fois de plus vilipendé ces allégations, qui, à son avis, ne sont que pure fabulation.

«Je n'ai jamais eu les comportements qui me sont prêtés. Jamais, jamais je n'aurais posé de tels gestes. C'est profondément contraire à tout ce que je suis. J'en serais incapable», a-t-il affirmé, aux côtés de son épouse Nancy Déziel et de la députée bloquiste Louise Chabot.

«Je suis un homme imparfait, certes, mais vous ne trouverez personne pour accréditer une pareille allégation», a-t-il dit, ajoutant plus tard qu'il a toujours eu un comportement «irréprochable» à l'endroit des femmes.

Appui du caucus

Plus tôt en journée, les 31 députés du caucus bloquiste se sont rangés derrière leur chef. Par le biais d'une déclaration écrite, ils se sont dits «convaincus que les allégations anonymes faites contre lui sont fausses» et ont dit le soutenir «sans hésitation».

Pas question, donc, de céder sa place ni de mener une enquête interne à ce sujet au Bloc québécois.

«D'abord, on ne peut pas prouver la non-existence de quelque chose. Mais j'affirme la non-existence de quelque chose», a-t-il dit.

Et si la victime présumée devait se tourner vers la police, «on agira au moment où une plainte sera déposée à la police. Pour l'instant, il n'y a pas d'histoire et il n'y a pas de victime», a rétorqué M. Blanchet.

Pour sa part, le chef bloquiste n'exclut pas de se tourner vers les tribunaux. À quelques reprises pendant la conférence de presse, il a enjoint le groupe Facebook «Hyènes en jupons» de retirer la publication anonyme du 14 juillet le visant.

«Je serais fou de me priver de mon droit, comme citoyen, de restaurer mon honneur et ma réputation, le cas échéant, en entreprenant une procédure contre une page anonyme réfugiée à l'étranger et qui a publié de graves diffamations à mon endroit», a-t-il dit.

«Hyènes en jupons» n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande d'entrevue.

M. Blanchet soutient qu'il n'a aucune idée de qui pourrait être à l'origine de ces allégations et n'a pas voulu commenter «une soirée qui n'a pas existé dans le détail où elle est racontée».

Sur le plan personnel, depuis quelques jours, «c'est un enfer», décrit le chef bloquiste.

«Il faut plusieurs jours avant d'être capable de croiser des gens sans se demander si, eux autres, ils ne pensent pas que tu as fait quelque chose de dégueulasse. Je suis fait fort... mais c'est difficile. Mais je suis très confiant qu'on est sur la bonne pente», a-t-il fait valoir.

La subvention salariale fédérale plus flexible et prolongée jusqu'à la fin de l'année

Politique

La subvention salariale fédérale plus flexible et prolongée jusqu'à la fin de l'année

OTTAWA — Le gouvernement fédéral propose de prolonger la Subvention salariale d'urgence du Canada (SSUC) et de la rendre plus flexible afin de convaincre davantage d'employeurs d'y avoir recours en période de pandémie.

Plusieurs employeurs jugeaient le critère de baisse des revenus actuel de 30% trop strict et demandaient aux libéraux de rendre la subvention salariale plus accessible aux entreprises qui reprennent leurs activités dans un contexte de reprise économique.

Le gouvernement change donc les règles du jeu en permettant à tous les employeurs admissibles qui auront connu une baisse de revenus d’être admissibles à la SSUC.

«Nous croyons que, de cette façon, on va avoir plus d’employeurs, plus d’employés qui vont être dans une meilleure position», a fait valoir le ministre des Finances, Bill Morneau, lors d’une conférence de presse à Toronto.

Les employeurs auront donc droit à une subvention salariale «de base» qui variera selon le niveau de diminution des revenus, calculée selon une rémunération maximale de 1129 $ par semaine, et qui sera graduellement réduite dans le temps.

Ceux qui auront été les plus touchés par la pandémie auront droit à une subvention complémentaire au taux maximal de 25% de la rémunération maximale notée précédemment.

À titre d’exemple, un employeur qui aura perdu plus de 50% de ses revenus pourrait recevoir un maximum hebdomadaire de 960$ par employé pour la période du 5 juillet au 1er août. Cette somme diminuerait à 508$ par employé pour la période du 25 octobre au 21 novembre.

Les changements proposés vendredi commenceraient de façon rétroactive à compter du 5 juillet et s’étendraient jusqu’au 21 novembre. Mais il est prévu que la SSUC soit prolongée jusqu’au 19 décembre.

Il y aurait cependant une période de grâce jusqu’au 29 août pour les employeurs qui seraient mieux avec la SSUC en vigueur - qui couvre 75% des salaires en cas de diminution des revenus de 30% ou plus.

Le programme de subvention salariale est au coeur de la relance économique espérée par le gouvernement fédéral, alors que le Canada se remet de la première vague de la pandémie. Mais les libéraux n’ont pas encore décidé ce qui allait advenir de la Prestation canadienne d’urgence qui, elle, freine la reprise économique selon de nombreux employeurs.

«Nous sommes en train de considérer les changements pour assurer que nous pouvons protéger les gens qui sont dans une situation difficile et ça c’est notre approche», a répondu le ministre des Finances, qui a également évoqué des changements à apporter à l’assurance-emploi.

Les plus récents chiffres du gouvernement fédéral démontrent que la subvention salariale a coûté près de 20,4 milliards $ et a aidé quelque 262 000 entreprises jusqu’à maintenant. Le coût total estimé du programme est maintenant de 83,6 milliards $.

Le gouvernement fédéral a confirmé son intention de rappeler la Chambre des communes afin d’adopter les changements à la SSUC annoncés vendredi, mais aussi une prestation unique de 600$ aux Canadiens souffrant d’un handicap.

Cette nouvelle pièce législative sera présentée plus d’un mois après que le gouvernement fédéral eut échoué à obtenir l’unanimité pour son projet de loi C-17 aux Communes.

La ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a justifié ces délais en disant que le gouvernement a pris le temps de consulter les partis d’opposition et les groupes visés par cette mesure afin d’améliorer les mesures et de s’assurer que la deuxième fois sera la bonne.

Quelque 1,7 million de Canadiens qui bénéficient d’un crédit d’impôt pour personnes handicapées ou de prestations d’invalidité auront droit à cette prestation unique et non imposable. Elle serait automatiquement versée aux personnes admissibles.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 3,38 millions de tests administrés au Canada. Environ 1 % d’entre eux ont détecté la maladie. On fait passer, en moyenne, 40 000 tests par jour.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 109 669 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8839 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 57 142 cas au Québec, dont 5647 décès; 37 274 cas en Ontario, dont 2746 décès; 9219 cas en Alberta, dont 167 décès; 3198 cas en Colombie-Britannique, dont 189 décès; 1067 cas en Nouvelle-Écosse, dont 63 décès;936 cas en Saskatchewan, dont 15 décès; 336 cas au Manitoba, dont sept décès; 262 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 168 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 36 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.