Politique

Trudeau à Washington: Chine et commerce au menu

WASHINGTON — Justin Trudeau est de retour à la Maison-Blanche jeudi pour une visite qui pourrait être déterminante, non seulement pour le commerce nord-américain et les relations tendues entre le Canada et la Chine, mais aussi pour le premier ministre lui-même qui se prépare à aller en campagne électorale.

La fin des tensions entre M. Trudeau et le président Donald Trump, qui ont éclaté après le sommet du G7 de l’an dernier au Québec, pourrait se révéler utile pour les libéraux en vue des élections générales de l’automne.

La rencontre dans le bureau ovale, la troisième de M. Trudeau depuis l’élection de M. Trump en 2016, vise principalement à accélérer la ratification du nouvel accord commercial nord-américain dans les deux pays.

Mais le premier ministre canadien cherchera également à ce que le président américain dénonce la détention des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, qui sont derrière les barreaux en Chine depuis l’arrestation par le Canada de la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des autorités américaines.

Le Canada a été pris entre les deux pays depuis l’arrestation de Mme Meng, qui attend son extradition au sud de la frontière pour faire face à des allégations de fraude.

Justin Trudeau espère que le président américain défendra MM. Kovrig et Spavor lorsqu’il rencontrera le président chinois Xi Jinping lors du sommet des dirigeants du G20 au Japon, la semaine prochaine.

Le vice-président Mike Pence a promis que M. Trump ferait exactement cela, mais M. Trudeau découvrira jeudi si le président a bel et bien l’intention d’aborder le sujet.

Et puis il y a le nouvel ALENA.

Donald Trump doit convaincre ses opposants démocrates à la Chambre des représentants - en particulier la présidente Nancy Pelosi, que M. Trudeau devrait rencontrer plus tard dans la journée - d’entamer la ratification de l’Accord Canada/États-Unis/Mexique (ACEUM). Les législateurs mexicains ont voté mercredi pour ratifier l’accord.

Mme Pelosi et ses collègues démocrates, qui ne sont pas d’ardents partisans du libre-échange, veulent des mécanismes d’application plus fermes pour les nouvelles dispositions de l’accord sur l’environnement et le droit du travail.

Politique

Maternelles 4 ans: il faut un plan, réclament les trois partis d’opposition

Les trois partis d’opposition ont acquis la conviction que le gouvernement Legault s’apprête à bâtir un coûteux réseau de maternelles 4 ans à travers le Québec sans plan ni boussole.

Le chaos est tel dans le cheminement du projet que le moment est venu de réclamer un temps d’arrêt, ont dit en chœur mercredi l’opposition officielle libérale, l’opposition péquiste et Québec solidaire.

«C’est extrêmement inquiétant, parce qu’il n’y a pas de plan», a dénoncé la porte-parole péquiste, la députée Véronique Hivon, qui tente en vain depuis plusieurs mois de forcer la main au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

«S’il refuse de le dévoiler, [son plan d’action], c’est parce qu’il n’en a pas de plan», a renchéri la porte-parole libérale, la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, qui elle aussi a multiplié les démarches pour que le ministre dévoile son jeu.

«J’ai l’impression qu’il n’y en a pas [de plan] et cela m’inquiète beaucoup», a commenté elle aussi la porte-parole solidaire, la députée Christine Labrie.

Les trois députées porte-parole en éducation réagissaient au reportage diffusé la veille par La Presse canadienne, révélant que le ministère de l’Éducation avait répondu à des demandes d’accès à l’information dans ce dossier en produisant bien peu d’informations utiles, soit des documents caviardés, ou déjà rendus publics, tout en refusant de transmettre plusieurs documents, sous divers motifs.

Aux yeux des députées de l’opposition, le refus d’obtempérer du ministère confirme l’hypothèse selon laquelle le gouvernement n’a pas élaboré de plan de match détaillé avant de se lancer dans cette aventure.

Aventure coûteuse

Et l’aventure s’annonce coûteuse, de l’ordre de 2 milliards $, selon l’opposition.

«Il y a un enjeu de l’utilisation des fonds publics qui est très inquiétant parce qu’on ne sait pas exactement si cela aura l’effet souhaité», ajoute Mme Labrie, en entrevue téléphonique.

«C’est beaucoup de fonds investis sans garantie de résultats», selon elle.

Marwah Rizqy craint pour sa part «une explosion des coûts», particulièrement ceux liés à la construction ou l’agrandissement d’écoles, depuis que le premier ministre François Legault a déclaré : «Ça coûtera ce que ça coûtera», en parlant du réseau de maternelles 4 ans.

Dans les circonstances, tous les partis d’opposition s’entendent pour réclamer au gouvernement un temps d’arrêt pour y voir plus clair : il faut «un moratoire», dit Québec solidaire.

«Tout milite pour dire au gouvernement : prenez un pas de côté», selon Mme Hivon.

Le ministre Roberge n’a pas été capable d’élaborer un véritable plan de déploiement de ce nouveau réseau, «parce que les embûches sont bel et bien réelles», a fait valoir Mme Hivon, en entrevue téléphonique, faisant référence à la difficulté de recruter le personnel requis et de trouver les locaux nécessaires.

Selon elle, cette initiative gouvernementale, une des priorités absolues du premier ministre Legault, «n’est tout simplement pas réalisable» parce que «les conditions de réussite» d’un projet de cette envergure ne sont pas réunies.

À titre d’exemple, Mme Hivon note que le gouvernement confie la responsabilité de créer le réseau aux commissions scolaires, qu’il s’apprête à abolir, augmentant d’autant le «coefficient de difficulté».

Or, «ce n’est pas le temps de jouer dans les structures», croit Mme Rizqy, quand on veut bâtir un tel réseau.

Christine Labrie croit que les «conditions sociales» du succès de l’entreprise ne sont pas davantage au rendez-vous, les parents ne se ruant pas pour inscrire leur enfant à la prématernelle 4 ans.

D’après des commentaires entendus de la part des commissions scolaires, elle dit s’attendre à ce que «la plupart des classes n’atteignent pas leur capacité».

La création, d’ici cinq ans, d’un réseau universel de prématernelles 4 ans figurait parmi les principaux engagements de la Coalition avenir Québec (CAQ) durant la dernière campagne électorale, en vue de mieux détecter les troubles d’apprentissage chez l’enfant.

En mission en Roumanie, le ministre Roberge n’a pas donné suite à une demande d’entrevue.

Politique

Immigration «économique»: Legault évoque un front commun des provinces

Les provinces pourraient faire front commun pour demander au gouvernement fédéral d’augmenter le nombre d’immigrants dits économiques, a annoncé François Legault contre toute attente, mercredi.

Il répondait à une question de La Presse canadienne au sujet de la prochaine rencontre du Conseil de la fédération, qui se tiendra à Saskatoon du 9 au 11 juillet.

Que souhaite-t-il accomplir lors de cette rencontre des premiers ministres? «Un sujet qui m’intéresse beaucoup, c’est l’immigration», a-t-il déclaré sans hésitation. Il a poursuivi en parlant du projet de loi 9, adopté sous bâillon par son gouvernement samedi dernier, un projet de loi «important», car il permettra au gouvernement du Québec de «mieux choisir les futurs immigrants», a-t-il dit.

La loi prévoit une réforme du processus de sélection des candidats, désormais axé sur les compétences professionnelles, pour mieux répondre aux besoins de main-d’œuvre du Québec. Elle inclut l’élimination de 18 000 dossiers de candidature déposés sous l’ancien système, basé sur le principe du premier arrivé premier servi. Ces dossiers étaient en attente de traitement.

M. Legault a rappelé qu’actuellement, 60 % des immigrants accueillis par le Québec proviennent de la catégorie économique, c’est-à-dire qu’ils sont travailleurs qualifiés, immigrants investisseurs, entrepreneurs et travailleurs autonomes.

Quarante pour cent sont des ressortissants étrangers qui sont dans la catégorie non économique, principalement des réfugiés et des gens voulant rejoindre leur famille. Ils sont sélectionnés par le fédéral.

Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement Legault a annoncé qu’il fera passer de 52 000 à 40 000 les seuils d’immigration, mais il prévoit les rehausser dès 2020 pour revenir à plus de 50 000 en 2022. La part de l’immigration économique passerait de 58 %, en 2017, à 65 % en 2022.

Privilège unique

En vertu d’une entente Ottawa-Québec, le Québec peut choisir ses immigrants économiques, mais aucune autre province ne jouit de ce privilège.

Selon M. Legault, les premiers ministres sont d’accord pour que le Canada augmente la proportion d’immigrants économiques. «J’ai commencé à discuter avec les premiers ministres des autres provinces, a-t-il déclaré en conférence de presse, mercredi. On aimerait augmenter le 60 % économique. Actuellement, il y a une pénurie de main-d’œuvre et on souhaite que la portion de l’immigration qui vient pour des raisons économiques soit augmentée en pourcentage.»

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a révélé, mercredi, que de tous les pays du monde, c’est le Canada qui a admis l’an dernier le plus grand nombre de réfugiés réinstallés.

Le rapport annuel sur les tendances mondiales du HCR montre que le Canada a accueilli 28 100 des 92 400 réfugiés réinstallés dans 25 pays en 2018, soit une part de 30 %.

Politique

Le ministre Boulet veut faire reconnaître les maladies psychologiques liées au travail

EXCLUSIF / Les maladies psychologiques liées au travail, comme l’anxiété et le stress post-traumatique, devront être reconnues et indemnisées plus facilement, avance le ministre du Travail Jean Boulet.

«Le psychologique est devenu une réalité aussi importante que le physique dans les environnements de travail modernes», exprime M. Boulet en entrevue au Soleil. C’est pourquoi le ministre du Travail a l’intention de faire reconnaître certains troubles psychologiques comme de véritables maladies professionnelles.

À l’heure actuelle, une longue liste de maladies physiques telles que l’intoxication aux produits chimiques, la tendinite, l’asthme ou la perte d’audition sont reconnues par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Aucune maladie mentale ou psychologique ne fait partie de cette liste. Le fait d’en ajouter, «ça va alléger le fardeau de preuve des travailleurs et ça va imposer un fardeau de preuve supplémentaire à l’employeur», indique M. Boulet. 

Le ministre compte aller «assez loin» pour que l’on prenne soin de la santé mentale des travailleurs. Il vaut ainsi obliger certaines entreprises à «faire une analyse des risques psychosociaux de l’environnement de travail» qu’elles offrent. 

Il est présentement très difficile pour un travailleur atteint d’un trouble psychologique de toucher des indemnités de la CNESST. Les dernières statistiques sur le sujet montrent qu’en 2015, 1032 lésions liées au stress ont été acceptées, ce qui représente un peu plus de 1 % de tous les dossiers de blessures ou de maladies professionnelles. «Ça prend beaucoup d’expertises et ça prend les témoignages de médecins, de psychologues», décrit M. Boulet, qui était avocat en droit du travail avant de plonger en politique, il y a moins d’un an. 

Grande réforme

Le ministre se désole que les lois québécoises qui doivent protéger la santé et la sécurité des travailleurs n’aient presque pas été touchées depuis leur entrée en vigueur, en 1979 et en 1985. «Quand on les a adoptées, on était progressistes. Maintenant, on est en arrière.»

À LIRE AUSSI: La révolution du travail du ministre Boulet - La chronique de Jean-Marc Salvet

La réforme que prépare le ministre Boulet pour l’automne vise large. Du côté de la prévention, au lieu de classer les entreprises par «secteurs prioritaires», une nouvelle grille de «niveau de risque» serait mise de l’avant. Ainsi, les entreprises à risque de lésions professionnelles auraient l’obligation d’avoir un responsable de la prévention (pour les entreprises de plus de cinq employés), et un comité de santé et sécurité au travail (pour les entreprises de plus de 20 employés). 

Les employés qui se blessent ou qui sont malades devraient également avoir accès à davantage de services de réadaptation. M. Boulet souhaite inciter les employeurs à assigner leur employé à d’autres tâches de façon temporaire. Un retour progressif de l’employé favorise normalement sa réadaptation. «Tu le mets pas dans un coin, dans un bureau à rien faire. Tu lui fais faire quelque chose qui est bénéfique pour l’entreprise et pour la santé du travailleur», explique-t-il. 

M. Boulet souhaite qu’un comité scientifique aide la CNESST à mettre à jour régulièrement la liste des maladies professionnelles. Par exemple, certains types de cancers sont typiques du travail de pompier ou d’agriculteur. 

Le processus de contestation des décisions de la CNESST devrait également être allégé. «C’est long, c’est beaucoup de papier, c’est des coûts», juge M. Boulet, qui envisage d’éliminer l’étape de la révision administrative, afin que les travailleurs qui contestent passent s’adressent directement au Tribunal administratif du travail. Il veut également éviter que des employeurs «habiles» ne paient pas les coûts qui leur reviennent, en plaidant que leur employé avait une condition personnelle préalable qui aggrave sa blessure ou sa maladie.

Politique

Andrew Scheer présente son plan en environnement

Le chef conservateur Andrew Scheer croit qu'il peut «surpasser» les libéraux avec son plan sur l'environnement et ainsi réussir à atteindre les cibles de l'Accord de Paris.

M. Scheer a détaillé sa plateforme dans la cour arrière d'une résidence privée à Chelsea, au Québec, mercredi soir, un des endroits touchés par des inondations plus tôt ce printemps.

Affaires

Trans Mountain: les libéraux pensent avoir trouvé le «juste équilibre»

OTTAWA — Le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain viendrait bel et bien augmenter la production de gaz à effet de serre (GES) au pays, concèdent des députés libéraux fédéraux, mais il est nécessaire pour financer la transition énergétique, à leur avis.

«On a trouvé le juste équilibre», se justifie le ministre fédéral de l'Infrastructure, François-Philippe Champagne. Il suggère même que l'augmentation des GES prévue sera «une conséquence de l'accélération» de la fin des énergies fossiles, selon lui.

Politique

Le Bloc d’accord avec Trudeau sur la question de l’urne en 2019

OTTAWA — Le Bloc québécois est tout à fait d’accord que la question de l’urne à l’élection fédérale devrait être l’environnement, mais estime que les troupes de Justin Trudeau ne sont pas crédibles à ce sujet.

Le premier ministre a déclaré devant des donateurs, lors d’une soirée de financement à Mont­réal lundi soir, que le Parti libéral misera sur l’environnement lors de la campagne électorale.

Lors de son bilan de fin de session, mardi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a renchéri : il serait «irresponsable» que la question de l’urne ne soit pas l’environnement.

«Ça n’arrivera pas souvent que je sois d’accord avec M. Trudeau. Ça risque d’arrêter là», a ironisé M. Blanchet.

Mais les belles intentions des libéraux risquent d’être mises à rude épreuve avec l’approbation du projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain dans l’Ouest canadien qui a reçu le feu vert d'Ottawa, mardi.

De son côté, le Bloc espère faire la démonstration dans les prochains mois qu’il est «plus vert que le Parti vert». Le parti d’Elizabeth May a été critiqué pour une position considérée ambiguë sur les hydrocarbures.

Lors de la campagne électorale, M. Blanchet ne compte pas miser sur la laïcité ou les enjeux d’identité, mais la «réalité va nous rattraper», dit-il. Il croit que «la laïcité va s’imposer d’elle-même» et qu’«il faudra en parler à tous les jours».

Politique

Sondage Forum Research: la CAQ domine largement dans les intentions de vote

La Coalition avenir Québec (CAQ) domine largement dans les intentions de vote des Québécois selon un sondage Forum Research publié mardi.

Si des élections avaient eu lieu mercredi dernier, la CAQ aurait recueilli 46 % de la faveur populaire, comparativement à 19 % pour Québec solidaire (QS), 16 % au Parti libéral (PLQ) et 13 % au Parti québécois (PQ).

Le sondage publié par La Presse démontre qu’après huit mois aux commandes, le gouvernement de la CAQ a amélioré de près de 10 points son score du 1er octobre, qui était de 37 %.

Forum Research relève que la Coalition avenir Québec obtient ses meilleurs scores avec les électeurs âgés de plus de 45 ans alors que Québec solidaire fait le plein avec 43 % des appuis chez les 18-34 ans.

La CAQ récolte 54 % des intentions de vote à Québec. Elle fait le plein d’appuis dans les couronnes nord et sud de Montréal, alors que dans l’île, le Parti libéral est en avance.

Pour compiler les résultats, Forum Research a interrogé 1471 personnes qui ont accepté de répondre à un appel robotisé, ce qui donne une marge d’erreur de plus ou moins 2,55 %, 19 fois sur 20.

Éducation

Maternelles 4 ans: le plan de match gardé secret

Le plan de match détaillé du gouvernement Legault dans le dossier des maternelles 4 ans demeure un secret bien gardé.

Si on se fie aux réponses obtenues par La Presse canadienne, à la suite de demandes écrites formulées en vertu de la loi d’accès à l’information, le ministère de l’Éducation tient à rester bien discret sur sa démarche visant à implanter un réseau universel de maternelles 4 ans sur tout le territoire du Québec d’ici cinq ans.

De l’ensemble des informations transmises au cours des derniers jours, on trouve des documents largement caviardés, de la correspondance sans intérêt public et des documents déjà rendus publics.

Surtout, le ministère a refusé de transmettre plusieurs informations requises, invoquant divers motifs.

Dans certains cas, le ministère dirigé par Jean-François Roberge s’est opposé parce qu’il s’agissait de «documents du cabinet du ministre», dans d’autres cas, parce qu’ils étaient «produits pour son compte».

Ou encore, des documents ne pouvaient être acheminés supposément parce qu’il s’agissait «d’analyses, de recommandations et d’avis effectués dans le cadre d’un processus décisionnel en cours», écrit la responsable de l’accès aux documents du ministère dans sa réponse.

Ces réponses ont été fournies deux mois après l’envoi des demandes, donc bien après la limite légale fixée à 30 jours maximum.

Questionné au sujet du délai déraisonnable, la semaine dernière, le ministre Jean-François Roberge avait déclaré qu’il n’avait «rien à cacher» et que les réponses seraient fournies rapidement.

La demande d’accès visait à mieux comprendre la position gouvernementale dans ce dossier d’actualité.

L’idée consistait à consulter tout document - études, avis d’experts, analyses, rapports, sondages internes, etc. - pouvant justifier la position du gouvernement sur, notamment, la pertinence de doter le Québec d’un tel réseau, l’évaluation des coûts d’implantation, la planification du déploiement, l’arrimage prévu avec le réseau des Centres de la petite enfance (CPE), l’intérêt des parents pour un tel service, la faisabilité du projet et l’évaluation de la disponibilité du personnel requis (enseignants et professionnels).

Engagement

La création, d’ici cinq ans, d’un réseau universel de prématernelles quatre ans figurait parmi les principaux engagements de la Coalition avenir Québec (CAQ) durant la dernière campagne électorale, en vue de mieux détecter les troubles d’apprentissage chez l’enfant.

Depuis l’élection de la CAQ en octobre, les partis d’opposition remettent en question ce choix, jugeant que le projet est mal ficelé, coûteux, et susceptible de nuire au développement des CPE.

Le coût estimé, par les caquistes, de chaque nouvelle classe de maternelle 4 ans est passé de 122 400 $, en campagne électorale, à 800 000 $, soit six fois plus, une fois au pouvoir.

En campagne électorale, la CAQ prévoyait que 90 % des enfants de 4 ans fréquenteraient les nouvelles prématernelles, un scénario révisé à la baisse depuis, alors qu’on vise désormais 50 %.

Pressé, le gouvernement va de l’avant, même si la loi devant encadrer le déploiement du réseau n’est toujours pas adoptée. Le ministre Roberge a déposé son projet de loi 5 en février, et l’étude détaillée devrait se faire seulement à l’automne.

D’ici là, le ministre Roberge promet que les bambins de 4 ans pourront fréquenter l’une des 250 nouvelles classes promises pour la rentrée de cet automne. On ne sait toujours pas combien d’enfants y seront inscrits.

On compte actuellement 394 classes de maternelles 4 ans en milieu défavorisé. Avec l’ajout des 250 classes annoncées, pour tous les milieux, on devrait en compter 644, au total, avant la fin de l’année. Le premier ministre François Legault en veut 5000 d’ici la fin de son premier mandat.

Ce sont les commissions scolaires — des organisations que le gouvernement s’est engagé à abolir — qui seront chargées d’offrir le nouveau service préscolaire.

La consultation menée au printemps autour du projet de loi a permis de cerner certains enjeux qui risquent de compliquer les choses, dont la difficulté de recruter des enseignants et des professionnels (orthophonistes, psychoéducateurs, etc.) et le manque d’offre de locaux, notamment.

Dans le dernier budget, on a réservé 436 millions $ pour déployer 3400 classes d’ici cinq ans, ce qui exclut cependant la construction de locaux.

En parallèle, pour s’assurer que les classes ne seront pas vides, le ministère mènera d’ici le mois d’août une campagne de promotion des maternelles 4 ans auprès des parents de jeunes enfants, tant dans les médias traditionnels que sur des plateformes Web comme Facebook et Google. Le coût : 70 000 $.

Politique

De nouvelles restrictions sur les armes à feu... après les élections fédérales

OTTAWA - Le gouvernement Trudeau ne posera aucun geste pour restreindre davantage l’accès aux armes à feu d’ici l’élection d’octobre.

Le ministre fédéral Bill Blair a confirmé, mardi matin, qu’il ne donnera pas suite à la demande des villes de Toronto et de Montréal pour une interdiction des armes de poing. Tout au plus, le ministre serait prêt à permettre aux grandes villes d’imposer des restrictions supplémentaires pour l’entreposage des armes de poing chez elles.

«Une municipalité pourrait avoir des exigences supplémentaires (à la loi fédérale) sur où et si des armes à feu peuvent être entreposées dans les limites de son territoire», a dit le ministre à son arrivée à la réunion du cabinet, mardi matin.

Cette perspective effraie Polysesouvient.

«Une telle mesure serait non seulement inadéquate, compte tenu des risques, mais peu efficace. On n’a qu’à regarder le désastre flagrant résultant de la mosaïque de lois municipales, des états et fédérales au sud de la frontière», a argué la porte-parole du groupe, Heidi Rathjen.

Le ministre, lui, dit qu’il reconnaît ainsi qu’il y a de nombreux propriétaires d’armes de poing qui respectent les lois.

«Nous pourrions leur demander d’en faire plus», a-t-il toutefois offert.

Mais cet effort supplémentaire ne serait pas réclamé avant l’élection du 21 octobre.

«Certaines de ces choses devraient se faire par réglementation et par changement législatif et je pense qu’il est important non seulement de faire la bonne chose, mais aussi de prendre le temps de bien la faire», s’est-il justifié.

Le ministre Blair a également déclaré qu’il serait prêt à interdire complètement certaines armes d’assaut.

«Comment nous enlèverions ces armes de notre société, bénéficieraient-elles d’une clause grand-père ou aurions-nous un programme de rachat? Je pense que ça mérite un examen attentif et une discussion au parlement», a-t-il dit.

Et il ne reste plus assez de temps au parlement; les Communes ajournent leurs travaux à la fin de cette semaine et les élus ne doivent pas revenir à Ottawa avant le déclenchement des élections.

C’est en juillet dernier que la Ville de Toronto a demandé à Ottawa d’interdire les armes de poing. La Ville de Montréal a suivi son exemple un mois plus tard.

Samedi, le groupe Polysesouvient a publié un communiqué alors que le Globe and Mail rapportait les intentions du ministre Blair en ce qui touche les armes d’assaut.

«Pourquoi ne pas prendre des mesures maintenant?», demandait Mme Rathjen. «Les Canadiens ont besoin d’être convaincus que, cette fois, la promesse de se débarrasser des armes d’assaut, c’est plus que seulement des mots», écrivait-elle.