Actualités

Atterrissage d'urgence à l'aéroport de Roberval

Un atterrissage d’urgence s’est produit, samedi vers 8h10, à l’aéroport de Roberval au Lac-Saint-Jean. Le pilote d’un hélicoptère de type Robinson R44 qui se préparait à l’atterrissage a été dans l’obligation de procéder à un atterrissage d’urgence. Le pilote et son passager n’ont pas été blessés alors que l’appareil a été endommagé.

Selon la Sûreté du Québec, un bris mécanique serait à l’origine de la manœuvre d’urgence. « En approche de Roberval, l’hélicoptère a subi une perte de puissance. Le pilote a fait une autorotation. Il s’agit d’une procédure pour atterrir sans moteur », a secondé, le porte-parole du Bureau de la sécurité des Transports du Canada, Chris Krepski.

Le père de famille et son enfant qui prenaient place à bord de l’hélicoptère s’en tirent indemnes. La radiobalise de repérage d’urgence s’est déclenchée.

Le porte-parole du Bureau de la sécurité des Transports du Canada, Chris Krepski a confirmé au Quotidien que l’appareil a subi des dommages au rotor principal. L’hélicoptère a été remisé dans un hangar de l’aéroport de Roberval.

Le Bureau de la sécurité des Transports du Canada (BST) se chargera du dossier. Personne de l’organisme n’a été envoyé sur place. Toutefois, un suivi sera réalisé au courant des prochains jours.

Politique

André Parizeau devra se dissocier du Parti communiste pour être candidat du Bloc

MONTRÉAL — André Parizeau doit se dissocier clairement du programme du Parti communiste du Québec (PCQ) s'il veut être confirmé, comme prévu samedi, candidat du Bloc québécois dans Ahuntsic-Cartierville, à Montréal.

Sa candidature ne sera pas autorisée par les instances du Bloc s'il n'affirme pas sans réserve lors de l'investiture, samedi, qu'il «ne va défendre qu'exclusivement le programme du Bloc québécois, et qu'il ne défendra pas les positions et le programme du Parti communiste», a indiqué un organisateur du Bloc.

André Parizeau était jusqu'à récemment chef du Parti communiste du Québec. M. Parizeau est le neveu de l'ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau. Il n'a pas été possible de joindre André Parizeau pour une entrevue vendredi soir.

Cet organisateur du Bloc a fait valoir qu'il n'avait jamais été demandé à M. Parizeau de «renier son passé communiste». Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, avait déjà dit qu'il était à l'aise avec le passé communiste du candidat.

L'impasse semble perdurer entre M. Parizeau et la direction du Bloc. Celui-ci refuserait depuis plusieurs semaines de se dissocier du PCQ.

Le PCQ n'est pas un parti politique, à proprement parler, puisqu'il ne présente pas de candidats aux élections. Mais M. Parizeau a tout de même été à sa tête pendant 21 ans.

M. Parizeau a siégé au Bureau national du parti et a été actif lors de sa reconstruction. Il a également participé à la rédaction du nouveau programme du parti.

Son intention de se porter candidat bloquiste dans Ahuntsic-Cartierville avait été critiquée par l'ex-chef bloquiste, Gilles Duceppe, qui avait montré du doigt l'affiliation communiste de M. Parizeau.

La cousine de M. Duceppe, Anne Duceppe, avait d'abord également indiqué son intention de briguer l'investiture dans la circonscription.

Dans Ahuntsic-Cartierville, le candidat choisi doit affronter la ministre Mélanie Joly aux prochaines élections cet automne.

Politique

Projet de loi 25: le président de la mosquée de Québec préoccupé

Le président du Centre culturel islamique de Québec assistera mardi à l'étude du projet de loi 25, qui vise à simplifier l'immatriculation des armes à feu.

Boufeldja Benabdallah - qui a vu six de ses compatriotes tomber sous les balles d'Alexandre Bissonnette en 2017 - veut s'assurer que toutes les armes au Québec soient enregistrées.

Il souhaite aussi voir le gouvernement insérer dans son processus la vérification des antécédents de troubles de santé mentale.

Le projet de loi 25 a été déposé en mai dernier par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, après qu'elle eut constaté qu'environ 400 000 armes avaient été inscrites au registre québécois, sur un total estimé à 1,6 million dans la province.

Le gouvernement propose entre autres d'éliminer l'obligation de fournir la longueur du canon de l'arme au moment de l'enregistrement. Dorénavant, seul son numéro de série sera requis pour l'enregistrer.

Il donnerait aussi aux agents de protection de la faune le pouvoir d'ordonner au propriétaire d'une arme à feu non immatriculée d'y remédier dans les sept jours, à défaut de quoi il sera passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 5000 $.

Pour M. Benabdallah, il est important d'adopter la loi rapidement et se donner les moyens de l'appliquer. Il ne présentera pas de mémoire à l'Assemblée nationale, mais sera sur place pour suivre les travaux.

«Je pense qu'il y en a encore qui s'opposent, qui ne veulent pas, a-t-il déploré en entrevue téléphonique, vendredi. Il faut que le gouvernement signifie à ces récalcitrants qu'il applique la loi et qu'il pénalise.

«C'est pour le bien de la société que toutes ces armes soient enregistrées, numérotées, soient connues chez qui, comment elles se déplacent, etc. pour protéger notre société. On a perdu six des nôtres, de notre communauté, on ne veut pas en perdre d'autres.»

Par ailleurs, selon M. Benabdallah, vérifier le dossier santé de la personne qui veut se procurer une arme à feu «tombe dans le bon sens».

«Ce n'est pas comme une chemise qu'on va acheter chez La Baie, a-t-il affirmé. Il faut qu'on sache si vraiment il n'a pas des bricoles de santé qui risquent de lui nuire après puis qu'il fasse un geste malencontreux. Ça le protège lui-même.»

Jusqu'à présent, le gouvernement ne s'est pas engagé dans cette voie.

Le 29 janvier 2017, Alexandre Bissonnette a fait irruption dans la grande mosquée de Québec et a ouvert le feu, tuant six hommes et en blessant plusieurs autres.

Au moment de lui infliger une peine d'au moins 40 ans de prison, le tribunal a rappelé l'omniprésence de problèmes de santé mentale chez le jeune homme de 29 ans: troubles anxieux, symptômes de panique et dépression.

Les consultations publiques sur le projet de loi 25 se tiendront mardi et mercredi prochains. Les députés entendront le Comité conjoint de chasse, de pêche et de piégeage, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, la Fédération des pourvoiries du Québec, PolySeSouvient, le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec, la Coalition pour le contrôle des armes et le Grand Conseil des cris.

Politique

Gouvernement du Québec: la majorité des problèmes de paie réglés

Alors que des ratés avec le système informatique SAGIR ont privé 13 000 fonctionnaires québécois d’une partie de leur paie en juillet, ils ne sont plus que 84 à être toujours en attente de sommes dues.

Le ministre de la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, est soulagé que la mise à jour du système de paie des fonctionnaires québécois, survenue au début juillet, n’ait pas viré au cauchemar. «Technologiquement, l’affaire est réglée. Il reste du cas par cas à finaliser.»

Audrey*, qui corrige les examens du ministère de l’Éducation que passent les élèves du secondaire et les étudiants du cégep, est l’un de ces cas. En sept ans, c’est la première fois qu’elle doit attendre aussi longtemps avant d’être entièrement payée. Le temps supplémentaire qu’elle a réalisé les fins de semaine et le 24 juin n’a pas encore été rémunéré. 

«Ne pas avoir eu l’argent que j’attendais cette semaine, alors qu’on nous dit depuis des semaines que ça va se régler, c’est la goutte qui a fait déborder le vase», raconte-t-elle en entrevue au Soleil

Lorsqu’elle appelle aux ressources humaines pour comprendre ce qui se passe, on soupire à l’autre bout de la ligne. «Plusieurs correcteurs sont dans la même situation. C’est rendu un running gag.» On lui promet maintenant qu’elle récupérera son argent d’ici le 29 août. 

Occupant un emploi précaire durant l’année scolaire, Audrey comptait sur ce contrat avec le gouvernement pour boucler son budget durant l’été. «C’est décourageant. Je trouve ça inacceptable dans la mesure où c’est récurrent», commente-t-elle. 

Si M. Caire comprend que certains employés occasionnels soient irrités par la situation, il persiste à dire que les problèmes qui restent avec le système de paie sont «à la marge». «Pour les correcteurs, il y a des problèmes au niveau des saisies de données et des autorisations. C’est pas un facteur technologique, c’est probablement un facteur humain», explique-t-il. 

Le ministre assure que tous les bogues informatiques de SAGIR ont été réglés. Les 70 000 fonctionnaires réguliers du gouvernement ont en poche la totalité de leur salaire, tout comme les employés saisonniers, qui ont vu leurs problèmes résolus au début août. 

«La seule chose qu’il nous reste à régler, c’est au niveau de la performance (de SAGIR). Dans les grosses périodes de pointe, le système est lent», indique M. Caire. 

Au final, il qualifie l’opération d’implantation de nouveaux modules de paie de «grand succès». «Si le critère pour dire que c’est un succès, c’est la perfection, on n’aura jamais de succès en informatique», plaide-t-il. 

Rien à voir avec phénix

Selon lui, les problèmes vécus par les fonctionnaires du gouvernement du Québec n’ont «rien à voir» avec ceux que les fonctionnaires du gouvernement fédéral connaissent depuis plusieurs années en raison du «fiasco» du système de paie Phénix. 

À Québec, la mise en place du nouveau module de paie de SAGIR a coûté 45 millions $, alors qu’un budget de 47 millions $ était prévu. Par le passé toutefois, le système informatique SAGIR a connu de nombreux ratés, retards et dépassements de coûts. La facture totale pour cette plate-forme qui s’occupera bientôt de toute l’administration gouvernementale (embauche, factures, paie, etc.) devrait atteindre les centaines de millions de dollars. 

M. Caire réitère que le lancement de SAGIR, il y a quelques années, a été «catastrophique». Il dit toutefois avoir maintenant confiance aux équipes d’informaticiens à l’interne, si bien qu’il souhaite poursuivre l’implantation de SAGIR au cours des prochaines années.

*Nom fictif (notre interlocutrice souhaite garder l’anonymat)

Politique

Nantel se voit retirer sa candidature néo-démocrate pour avoir parlé au Parti vert

OTTAWA — Largué avant de claquer la porte, le député Pierre Nantel dit qu'il se devait de faire «un coup d'éclat» pour attirer l'attention sur l'urgence climatique.

Vendredi après-midi, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a fait savoir que l'élu de Longueuil-Saint-Hubert ne le représenterait plus aux élections du 21 octobre puisqu'il a lui-même confirmé qu'il était en négociations avec le Parti vert.

«Il nous a confirmé que oui, il finalisait des discussions avec une autre formation politique et qu'il n'y avait pas de possibilité de retour en arrière pour lui», a raconté Alexandre Boulerice, qui a dû aller frapper à la porte du député à Longueuil puisque celui-ci ne répondait pas à ses appels depuis le matin.

«Il ne peut pas rester dans le caucus néo-démocrate. Il ne peut pas être notre candidat, évidemment. Alors on a pris les mesures qui s'imposaient le plus rapidement possible», a relaté M. Boulerice, en entrevue téléphonique.

«C'est simplement un cri du coeur. C'est la question de la crise climatique qui est au centre de mes préoccupations et depuis longtemps», s'est défendu le principal intéressé, joint par téléphone à Longueuil.

M. Nantel cherchera maintenant à obtenir la candidature du Parti vert dans sa circonscription.

Or, il y a un os. Le Parti vert a déjà sa candidate dans la circonscription, la même qu'en 2015.

M. Nantel rapporte qu'il est déjà en discussion avec Casandra Poitras, «une femme fantastique, exceptionnelle» pour voir si elle ne lui cèderait pas tout simplement la place.

L'homme tient à tout prix à se retrouver sur un bulletin de vote en octobre.

«Moi, honnêtement, les partis, ça m'importe peu. Ce qui m'importe, c'est que la question de la crise climatique soit au centre de l'élection», a-t-il insisté.

Une fille inspirante?

Vendredi matin, au Parti vert, on ne voulait pas confirmer la rumeur qui avait commencé à circuler, mais on se montrait déjà accueillant.

«Si Pierre Nantel veut se joindre au Parti vert, on ne dirait pas non», confiait Daniel Green, leader adjoint du Parti vert, joint par téléphone alors qu'il se déplaçait dans le métro de Montréal.

M. Green croit savoir que c'est la fille adulte de M. Nantel, Marilou, qui a inspiré son père à aller voir ailleurs qu'au NPD. Le père et sa fille ont participé aux marches étudiantes le printemps dernier.

Le leader adjoint du Parti vert croit que M. Nantel voit venir une mobilisation étudiante encore plus grande cet automne. «On a eu le printemps érable; on risque d'avoir l'automne vert», a-t-il prédit.

M. Nantel a confirmé le rôle de sa fille qui «fait partie de cette génération qu'on peut qualifier d'éco-anxieuse».

Rappelant ses luttes pour la protection des industries culturelles et son passé souverainiste, le député a expliqué pourquoi il se devait de passer à autre chose maintenant.

«Tout le monde doit bien comprendre qu'aujourd'hui dans cette espèce d'élection référendaire, il est l'heure de voter pour le climat», a-t-il lancé.

Un collègue difficile?

Comme chaque fois dans pareil cas, au parti froissé, on révise son opinion de celui qui part.

«Pierre a toujours eu de la difficulté à jouer en équipe. Il prenait souvent des initiatives personnelles pas toujours très réfléchies. (...) Donc, oui, c'est plate, c'est dommage, mais on n'est pas très, très surpris», a lâché M. Boulerice.

Déjà au printemps, M. Nantel avait flirté avec l'idée de passer au Bloc québécois. En mai, il a fermé cette porte.

Un signe pour le NPD?

Alexandre Boulerice assure qu'il ne faut pas lire ici une démonstration supplémentaire des difficultés de son parti qui traîne dans les sondages.

M. Boulerice, qui s'occupe de la campagne québécoise du NPD, organise une trentaine d'assemblées d'investiture dans les prochaines semaines et compte bien présenter 78 candidats au Québec.

«Je ne pense pas (que M. Nantel) a plus de chance d'être élu comme député avec le Parti vert en ce moment», a-t-il dit, soulignant qu'à son avis, «les propositions en environnement du NPD sont supérieures (...) à celles du Parti vert».

Politique

Immigration: le ministre Jolin-Barrette rabroue le représentant de l'ONU

L'Assemblée nationale a été le théâtre jeudi d'un échange musclé entre le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, et le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Jean-Nicolas Beuze a invité le Québec à accueillir davantage de réfugiés, qui sont parmi ceux qui s'intègrent le mieux sur le plan économique et social, selon lui.

Il témoignait devant les parlementaires, jeudi, dans le cadre de la consultation sur la planification de l'immigration au Québec pour la période 2020-2022.

Le plan du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) est d'abaisser les seuils d'immigration cette année pour ensuite les rehausser progressivement jusqu'en 2022, et faire augmenter la proportion d'immigrants économiques au détriment des réfugiés.

M. Beuze a dénoncé le discours de la CAQ, qui fait paraître les réfugiés comme un fardeau pour la société, selon lui.

«Il faut faire attention à cette dichotomie qui tend à dire que les réfugiés sont un poids, comme vous essayez de le souligner en ce moment. Ce n'est pas forcément la réalité», a-t-il dit, avant de se faire rabrouer par le ministre Jolin-Barrette.

«Je n'ai jamais dit que les réfugiés étaient un poids, je n'ai jamais dit (...) cela. Les propos que vous me prêtez ne sont pas acceptables, a répondu le ministre, visiblement irrité. Vous faites beaucoup de raccourcis.»

Plus tôt, M. Jolin-Barrette avait cherché à savoir si le haut-commissaire en personne était au courant des déclarations faites par M. Beuze. Ce dernier a indiqué qu'il avait une ligne directe avec le haut-commissaire.

Le porte-parole de Québec solidaire en immigration, Andrés Fontecilla, qui était dans la salle, a déclaré aux médias avoir ressenti un malaise lors de l'échange.

«(Le ministre) ne s'attaque pas au fond de la question, c'est-à-dire les opinions de notre invité - c'est notre invité quand même! - mais à la forme», a-t-il affirmé.

À l'instar de M. Beuze, le député solidaire a déploré que le ministre s'attarde aux «coûts» de l'accueil des réfugiés, sans parler des «bénéfices» qu'ils peuvent procurer à l'ensemble de la société.

En mêlée de presse, M. Jolin-Barrette a répété qu'il croit que le Québec fait sa part. Au cours des dernières années, la province a dépensé des centaines de millions de dollars pour l'accueil des réfugiés, a-t-il fait valoir.

Le Plan d'immigration du gouvernement prévoit l'admission en 2019 de 40 000 personnes immigrantes au Québec, ce qui constitue une diminution de plus de 20 pour cent par rapport au nombre total de personnes immigrantes admises ces dernières années dans l'ensemble du Québec et dans chacune des catégories d'immigration.

L'intention du gouvernement est d'augmenter progressivement le nombre de personnes immigrantes admises au cours de la période pour atteindre 49 500 à 52 500 personnes en 2022, et d'atteindre, en fin de période, une proportion de personnes admises dans la catégorie de l'immigration économique de l'ordre de 65 pour cent.

Politique

Le PLQ craint la concentration de la presse si Québecor rachète Groupe Capitales Médias

L’opposition officielle met en garde le gouvernement contre la concentration de la presse, si Québecor rachète le Groupe Capitales Médias (GCM).

Le Parti libéral (PLQ) réagissait ainsi jeudi à la nouvelle selon laquelle le conglomérat de Pierre Karl Péladeau serait intéressé à racheter le groupe de journaux régionaux en difficulté.

GCM, qui possède le journal «Le Soleil» de Québec, ainsi que des quotidiens comme «Le Nouvelliste» et «La Tribune», est à court de liquidités et le gouvernement Legault a évoqué une aide financière possible mercredi.

TVA a rapporté en soirée mercredi que Québecor est intéressé par GCM. Le nom de Cogeco a aussi été évoqué, mais le groupe de stations de radio affirme n’avoir eu «aucune discussion» avec GCM.

«On ne sait pas d’où ça vient» (cette information), a commenté jeudi la porte-parole de Cogeco, Nancy Bouffard. Elle ne pouvait confirmer toutefois si des responsables de GCM avaient pris contact avec Cogeco.

Dans une mêlée de presse en matinée jeudi au parlement, la députée libérale d’Acadie, Christine St-Pierre, a dit craindre une concentration de la presse et a insisté sur une diversité des voix en démocratie.

Sa collègue, la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, a renchéri. Il faut que tous les citoyens du Québec, dans chacune des régions, puissent avoir accès à plusieurs sources d’information différentes pour pouvoir se faire une idée, a-t-elle fait valoir.

«Une société informée est une société libre qui demeure démocratique», a-t-elle dit en entrevue téléphonique.

Mme Melançon a déploré l’immobilisme du gouvernement Legault, qui connaît la situation difficile de GCM depuis avril et qui a mis sur pied un comité interministériel, mais qui n’a toujours pas posé de gestes.

Il faut venir en aide rapidement à la presse régionale parce la disparition des quotidiens entraînera des contrecoups et il serait beaucoup plus difficile de relancer des journaux que de sauver les titres actuels, a-t-elle soutenu.

Rappelons que le Groupe Capitales Médias est un abonné de l’agence La Presse canadienne. L’entreprise possède notamment «Le Soleil», «Le Droit» d’Ottawa-Gatineau, «Le Nouvelliste» de Trois-Rivières, «La Tribune» de Sherbrooke, «La Voix de l’Est» de Granby, «Le Quotidien» et «Le Progrès week-end» à Saguenay.

Politique

Affaire SNC-Lavalin: le PCC et le NPD veulent entendre le commissaire

OTTAWA — Les conservateurs et les néo-démocrates exigent une réunion d'urgence d'un comité des Communes afin d'examiner le rapport du commissaire fédéral à l'éthique sur le rôle de Justin Trudeau dans l'affaire SNC-Lavalin.

Dans son rapport publié mercredi, le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mario Dion, conclut que M. Trudeau s'est servi de sa position d'autorité pour tenter d'influencer la procureure générale Jody Wilson-Raybould afin que la firme québécoise de génie SNC-Lavalin obtienne un accord de réparation et évite ainsi un procès criminel pour fraude et corruption. Le commissaire Dion a ainsi déterminé que M. Trudeau avait usé de «manoeuvres troublantes» pour contrevenir à la Loi sur les conflits d'intérêts.

Alors que le premier ministre refusait toujours, jeudi, de présenter ses excuses, le député conservateur Peter Kent et le député néo-démocrate Charlie Angus demandaient une réunion du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique afin d'entendre M. Dion.

Deux députés conservateurs membres du comité ont écrit au président, leur collègue conservateur Bob Zimmer, pour lui demander de tenir une réunion d'urgence afin d'examiner une motion visant à inviter M. Dion.

«Il s'agit d'une situation grave, écrivent les députés conservateurs Peter Kent et Jacques Gourde. Non seulement M. Trudeau est le premier premier ministre à avoir été reconnu coupable d'infraction à la loi, il est aussi un récidiviste.»

La prédécesseure de M. Dion avait conclu que M. Trudeau avait violé la Loi sur les conflits d'intérêts en acceptant en 2016 de passer ses vacances de Noël en famille sur l'île privée des Bahamas appartenant au milliardaire Aga Khan, chef spirituel des musulmans ismaéliens du monde.

Le député néo-démocrate Charlie Angus a envoyé à M. Zimmer une lettre similaire. Il souhaite aussi que le comité des Communes convoque M. Trudeau, le ministre des Finances, Bill Morneau, et l'ancien chef de cabinet de M. Morneau, Ben Chin, aujourd'hui conseiller principal du premier ministre.

Les libéraux, majoritaires au sein des comités, risquent de rejeter cette tentative de l'opposition de braquer plus longtemps les projecteurs sur le rapport Dion, à quelques semaines des élections du 21 octobre. Mais cette manoeuvre risque d'être perçue par certains comme une tentative de camouflage.

Pas d'excuses

Pendant ce temps, le premier ministre Trudeau a réitéré, jeudi, ce qu'il répétera sans doute au cours de la campagne électorale à propos de l'affaire SNC-Lavalin: il n'a pas l'intention de présenter des excuses, car il a agi pour protéger des emplois et des familles canadiennes.

Au cours d'un événement à Fredericton, jeudi matin, il a de nouveau affirmé qu'il acceptait le rapport accablant du commissaire Dion et assumait l'entière responsabilité de ce qui s'était passé, mais il a aussi réaffirmé qu'il n'allait pas s'excuser «d'avoir été là pour défendre les emplois des Canadiens».

«C'est ma job en tant que premier ministre de défendre les emplois, les communautés, les familles canadiennes, a-t-il dit en français. Je ne suis pas d'accord avec les conclusions du commissaire à l'éthique, mais j'accepte et je respecte son travail, j'accepte son rapport et je prends l'entière responsabilité.»

Il a également déclaré que le gouvernement avait l'intention de mettre en ?uvre les recommandations d'un rapport distinct, préparé par l'ex-ministre libérale Anne McLellan, qui s'est penchée sur la pertinence de séparer les rôles de procureur général et de ministre de la Justice au cabinet. Le premier ministre a dit vouloir s'assurer que ce gouvernement ou d'autres gouvernements ne se retrouvent pas dans la même situation à l'avenir.

Le rapport McLellan recommande de ne pas séparer les fonctions de procureur général et de ministre de la Justice, mais suggère plutôt une série de mesures pour «renforcer l'indépendance» du procureur général. Il propose notamment de mieux renseigner les parlementaires, les ministres et les membres du personnel sur la façon de consulter ou de renseigner le procureur général.

Des pressions grandissantes

Justin Trudeau fait face à des pressions grandissantes pour présenter des excuses aux ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, mais il a clairement indiqué qu'il n'avait pas l'intention de le faire.

Dans une entrevue accordée jeudi à La Presse canadienne, Jane Philpott, qui a quitté le cabinet en solidarité avec Jody Wilson-Raybould plus tôt cette année, a estimé que le premier ministre devait présenter des excuses non pas pour la façon dont il a traité les deux femmes, mais pour avoir violé la Loi sur les conflits d'intérêts.

«Je crois que les Canadiens méritent des excuses», a déclaré Mme Philpott.

Les conservateurs n'ont pas l'intention de laisser l'affaire SNC-Lavalin tomber dans l'oubli, à quelques semaines de la campagne électorale. En plus de vouloir convoquer un comité parlementaire en plein congé estival, leur chef, Andrew Scheer, croit lui aussi que le premier ministre devrait s'excuser «parce qu'il a dit des choses qui n'étaient pas vraies».

«Il a (dit) des mensonges aux Canadiens. Il a caché la vérité et il a nui à nos institutions judiciaires. C'est inexcusable. Il devra prendre ses responsabilités et s'excuser pour avoir dit des choses qui n'étaient pas vraies», a déclaré M. Scheer.

M. Scheer souhaitait mercredi que la Gendarmerie royale du Canada fasse toute la lumière sur cette affaire, alors que le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, réclamait la tenue d'une enquête publique. Le député bloquiste Rhéal Fortin déplorait quant à lui que «la guéguerre entre libéraux, l'absence de leadership de Justin Trudeau, son incompétence et son manque d'éthique (aient) rendu pratiquement impossible toute tentative de conclure un accord de réparation avec SNC-Lavalin».

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Politique

Immigration: Legault reste sourd aux arguments pour une hausse des seuils

Le premier ministre François Legault reste sourd aux arguments de plusieurs groupes d'employeurs qui militent pour une hausse importante des seuils d'immigration.

Qui plus est, il a renvoyé la balle aux entreprises, mercredi, en leur disant qu'elles pouvaient contribuer à régler le problème du manque de personnel en rendant les postes vacants plus attrayants pour les Québécois.

Une consultation publique sur les seuils d'immigration proposés par le gouvernement caquiste pour la période 2020-2022 est en cours à l'Assemblée nationale.

Le gouvernement a abaissé les niveaux d'immigration cette année, les faisant passer de 52 000 à 40 000 personnes le temps de «réparer» le système d'immigration.

Il compte les rehausser progressivement dès l'an prochain pour atteindre environ 52 000 personnes en 2022. La part de l'immigration économique passerait de 58 % en 2017 à 65 % en 2022.

M. Legault fait face à une pression énorme du Québec inc., qui souhaite que l'on augmente ces seuils à au moins 60 000 personnes par année, afin de combler la pénurie de main-d'oeuvre.

Le Conseil du patronat, la Fédération des chambres de commerce du Québec et l'Association Restauration Québec ont notamment défilé devant les députés cette semaine.

Mercredi, à son arrivée à la première réunion du conseil des ministres après la relâche estivale, M. Legault a encouragé les entreprises à améliorer leurs conditions de travail afin de rendre plusieurs postes plus attrayants pour les Québécois.

Le gouvernement, a-t-il assuré, est prêt à faire sa part. «On va aider ces entreprises-là à améliorer leur productivité, être capable d'avoir plus de valeur ajoutée dans leurs emplois et être capable d'offrir des meilleurs salaires pour attirer les Québécois», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Selon l'analyse du premier ministre, dans tous les pays industrialisés, il est de plus en plus difficile de combler les emplois «où il y a moins de valeur ajoutée, qui sont moins bien payés, qui sont à temps partiel, par exemple seulement pour la portion de l'été».

«Il faut comprendre là, si on dit à un Québécois : "Est-ce que vous préférez un emploi à 15 piastres de l'heure ou à 30 piastres de l'heure?", c'est certain qu'il aime mieux un emploi à 30 piastres de l'heure. Donc, ceux qui offrent des emplois à 15 ou même à 12 dollars de l'heure, ils vont avoir de la difficulté.»

Par ailleurs, le premier ministre a de nouveau souligné l'importance pour lui de mieux choisir, intégrer et franciser les immigrants.

Il déplore que le taux de chômage soit plus élevé chez les nouveaux arrivants que dans le reste de la population. L'année dernière, a-t-il ajouté, la moitié des nouveaux arrivants ne parlaient pas français.

«Nous, on est en négociation avec le gouvernement fédéral pour exiger la réussite d'un test de français pour tous les nouveaux arrivants», a-t-il rappelé.

Problème démographique, selon le Conseil du patronat

Le Conseil du patronat fait une tout autre lecture de la situation. Son président, Yves-Thomas Dorval, affirme que les entreprises québécoises font face à un problème qui est démographique.

Ce n'est pas en améliorant les conditions de travail «que ça va créer tout à coup de la population», a-t-il ironisé lors d'une entrevue téléphonique, mercredi.

«Il y a une mathématique incontournable, dit-il. On a moins de personnes qui rentrent sur le marché du travail que de gens qui quittent. Il y a 1,4 million de postes à combler pour les 10 prochaines années. Ce ne sont pas les chiffres du Conseil du patronat, ce sont les chiffres du gouvernement du Québec, des fonctionnaires, des spécialistes, des experts!»

«Il y a un nombre limite de Québécois pour ces postes-là», a-t-il martelé.

M. Dorval affirme que le Québec a besoin d'un minimum de 60 000 immigrants par année pour combler les besoins du marché du travail. «Vous savez, il y a 250 000 entreprises au Québec, et il y en a 90 % qui disent qu'il y a des problèmes de main-d'oeuvre. Il doit y en avoir quelques-uns là-dedans qui ne doivent pas être à côté de la track

Il se demande si le gouvernement est vraiment à l'écoute des groupes qui ont présenté leur avis en commission parlementaire. «Si le gouvernement a déjà fait son nid, alors là, on ne devrait pas faire une consultation, ça ne donne rien», a-t-il renchéri.

De son côté, le porte-parole libéral en matière d'immigration, Monsef Derraji, affirme que le premier ministre est «complètement déconnecté de ce qui se passe sur le terrain».

«Depuis le début des consultations, ce que j'ai entendu, c'est que la main-d'oeuvre n'existe pas au Québec et on part la chercher à l'international. Il n'y a personne qui m'a dit que la main-d'oeuvre existe au Québec et on va la former», a-t-il déclaré en entrevue.

Affaires

Encadrement des agences de crédit: la CAQ déposera un projet de loi

Deux mois après la fuite de données qui a touché 2,7 millions de membres particuliers du Mouvement Desjardins, le gouvernement du Québec entend déposer un projet de loi visant l'encadrement des agences de crédit.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a précisé mercredi matin que le projet de loi pourrait notamment prévoir que tout citoyen ait la possibilité de demander à une agence de crédit d'empêcher que son dossier soit consulté, ce qu'il appelle un verrou de crédit.

«Vous avez été victime de vol d'identité et vous voulez arrêter toute transaction sous votre nom. Vous mettez un verrou. Il ne peut plus y avoir de consultation de votre dossier de crédit à quiconque, à moins de votre consentement. Et le consentement peut être donné par vous, à l'aide de votre téléphone : vous mettez le consentement, vous enlevez le consentement. Il s'agit d'une protection additionnelle qui a été imposée à Equifax à la suite du vol de données aux États-Unis et que nous n'avons pas au Canada» a-t-il précisé en point de presse.

Le ministre Girard a mentionné que le Québec était actuellement la seule province canadienne à ne pas avoir de législation spécifique à de telles agences.

Quant au premier ministre François Legault, il a promis que son gouvernement agirait rapidement.

«Je m'attends à avoir la collaboration de l'opposition, c'est un sujet qu'on a vu dans les médias tout l'été alors je pense que l'opposition est sensible aussi à la nécessité d'agir rapidement», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, dans un communiqué de presse envoyé après sa sortie médiatique, le ministre Girard a indiqué qu'il était satisfait de la façon dont le Mouvement Desjardins gérait la crise reliée au vol de renseignements personnels.

«La situation est gérée de façon adéquate par l'institution financière, sous l'oeil attentif de l'Autorité des marchés financiers. Les actifs financiers des membres sont garantis en cas de fraude», peut-on lire dans le communiqué.

Le ministre des Finances a également mentionné qu'il comprend l'inquiétude des Québécois et qu'il est conscient «qu'ils attendent du gouvernement des améliorations».

Politique

Sport électronique à l'école: la pression s'accentue sur le gouvernement

La montée en popularité du sport électronique («eSport»), qui fait son entrée dans les écoles secondaires, inquiète de plus en plus la classe politique.

Craignant un accroissement de la cyberdépendance et de la sédentarité chez les jeunes, l'opposition libérale sonne l'alerte et demande au gouvernement Legault d'intervenir.

Dans un premier temps, les députés libéraux André Fortin et Enrico Ciccone ont rappelé, mardi, l'importance de documenter ce phénomène nouveau et d'en mesurer l'ampleur au Québec.

Ils souhaiteraient donc entendre en commission parlementaire des experts aptes à se prononcer sur les impacts des technologies chez les jeunes.

Pour bien des parents, «la gestion du temps d'écran» autorisé à leurs enfants est devenue un enjeu quotidien, a illustré le député André Fortin.

L'opposition libérale est particulièrement inquiète de voir surgir un nouveau phénomène : les écoles secondaires qui offrent des programmes de sport électronique «eSport».

Porte-parole sur les questions de sport et de saines habitudes de vie, le député Enrico Ciccone a noté que les jeunes étaient de plus en plus sédentaires et que c'était le devoir du gouvernement de combattre ce phénomène.

Selon les députés libéraux, le gouvernement s'est montré passif dans ce dossier jusqu'à maintenant.

«Je ne comprends pas la position du gouvernement», a dit le député André Fortin, qui estime que le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, cautionne les programmes de sport électronique, jusqu'à nouvel ordre.

«On doit faire bouger nos jeunes», a renchéri Enrico Ciccone, convaincu que ce type d'activité numérique «crée une dépendance, c'est clair».

«Le "eSport", ce n'est pas du sport», a-t-il clamé, inquiet du «silence radio» du ministre Roberge dans ce dossier.

Les libéraux réclament non pas une interdiction, mais un encadrement approprié des jeux vidéos à l'école, à l'approche de la rentrée scolaire.

«On est allé trop vite» dans ce dossier, selon M. Ciccone.

Politique

Impôt unique: le syndicat de l’Agence du revenu du Canada en campagne contre les conservateurs

OTTAWA — Le syndicat qui représente les employés de l'Agence du revenu du Canada (ARC) lance une campagne pour dénoncer la «promesse populiste» des conservateurs de mettre en place une déclaration de revenus unique au Québec, administrée par Revenu Québec.

Le président du Syndicat des employé-e-s de l'Impôt (SEI), Marc Brière, s'inquiète de l'avenir de ses membres si le Parti conservateur du Canada forme le gouvernement cet automne.

M. Brière soutient que la proposition d'instaurer une déclaration de revenus unique éliminerait 5500 emplois de l'ARC à travers la province, dont 1200 dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et 1500 en Mauricie.

Même le premier ministre du Québec, François Legault, qui plaide pour une déclaration de revenus unique, a reconnu qu'il y aurait de nombreuses pertes d'emplois.

Mais le chef conservateur Andrew Scheer a soutenu que la transition se ferait sans pertes d'emplois. Les travailleurs actuels de l'ARC pourraient s'attaquer à l'évasion fiscale, a-t-il notamment évoqué.

«C'est complètement ridicule, critique M. Brière. Ou bien ils ne savent pas de quoi ils parlent ou bien ils mentent à la population. C'est l'un ou l'autre.»

Le président du SEI explique qu'il faut détenir un baccalauréat universitaire et réussir plusieurs cours en fiscalité pour travailler à l'ARC comme vérificateur spécialisé dans la lutte à l'évasion fiscale.

«J'aimerais ça, moi aussi, que mes membres retrouvent leur job demain matin, mais je ne peux pas dire ça parce que c'est de la bullshit», critique-t-il.

Une idée qui fait son chemin

Le Québec est la seule province qui doit remplir deux déclarations de revenus. La partie fédérale est traitée par l'ARC, alors que la partie provinciale est réservée à Revenu Québec.

Les particuliers des autres provinces n'ont qu'à produire la déclaration fédérale.

Or, l'idée que le Québec ne produise qu'une seule déclaration de revenus — québécoise — a fait son chemin depuis que l'Assemblée nationale a voté en faveur de cette idée de façon unanime en 2018.

Aussitôt élu au gouvernement, le premier ministre Legault a tenté d'obtenir l'appui des partis fédéraux à cette idée. Le premier ministre canadien Justin Trudeau a refusé net, alors que M. Scheer et le Bloc québécois sont favorables à cette avenue.

Le Nouveau Parti démocratique appuyait l'idée d'une déclaration unique, avant de faire volte-face en janvier dernier après des discussions avec des représentants syndicaux.

Tout comme la TPS

Le lieutenant politique des conservateurs au Québec, Alain Rayes, compare le débat sur la déclaration de revenus unique à celui sur la taxe sur les produits et services (TPS).

La TPS était tout aussi controversée lors de son introduction par le premier ministre Brian Mulroney en 1991 et a contribué à sa défaite à l'époque.

Le Québec est la seule province qui gère à la fois la TPS fédérale et la taxe de vente du Québec (TVQ) provinciale.

M. Rayes demeure bien déterminé à mener à bien une déclaration unique gérée par Québec. «C'est une promesse phare de notre programme et on a bien l'intention de la réaliser», dit-il.

Quant aux possibles pertes d'emplois à Shawinigan et à Jonquière — là on l'on retrouve les centres fiscaux de l'ARC —, le conservateur dit qu'il ne peut «jamais rien garantir», mais que ce n'est pas l'«objectif» recherché.

Le SEI promet de dénoncer la promesse conservatrice dans des publicités à la radio en Mauricie et au Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu'au 31 août. Des publicités ciblées se retrouveront aussi dans les journaux et les médias sociaux.

Le syndicat est affilié à l'Alliance de la fonction publique du Canada, qui s'est enregistrée comme tiers parti en vertu des nouvelles règles d'Élections Canada.

Actualités

Les Canadiens s’attendent à un gouvernement minoritaire

Près de six Canadiens sur dix s’attendent à l’élection d’un gouvernement minoritaire le 21 octobre prochain.

Selon un sondage Recherche Mainstreet réalisé pour le Groupe Capitales Médias, 56,1 pour cent des répondants s’attendent à ce qu’un gouvernement minoritaire du Parti libéral du Canada (PLC) ou du Parti conservateur du Canada (PCC) soit porté au pouvoir, alors que 25,4 pour cent croient que ce sera un gouvernement majoritaire qui dirigera le pays pour les quatre prochaines années.

Politique

Immigration: une vision «réductrice» de la CAQ

La nouvelle façon de sélectionner les immigrants risque de favoriser la venue d’hommes européens blancs et francophones au Québec, au détriment d’une immigration variée et multiculturelle, craint un regroupement d’organismes communautaires.

«La vision de l’immigration est un peu simpliste. […] On oublie qu’on parle aussi de personnes», commente Veronica Islas, représentante de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui regroupe environ 150 organismes.

De passage lundi en commission parlementaire pour discuter de la planification de l’immigration 2020-2022, Mme Islas et ses collègues Eva Lopez et Dominique Lachance ont critiqué la vision «réductrice» et «utilitariste» que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) semble avoir de l’immigration. Selon elles, vouloir se servir des nouveaux arrivants seulement pour combler les besoins de main-d’œuvre des entreprises entraînera une immigration plus homogène au Québec. 

Moins de femmes

La TCRI dénonce la volonté du gouvernement de hausser seulement le nombre d’immigrants économiques, laissant de côté les réfugiés et les personnes qui profitent de la réunification familiale. Ces deux catégories d’immigration seraient gelées jusqu’en 2022 selon le plan de la CAQ. 

«On les considère comme un fardeau», déplore Mme Lachance. La directrice du Centre multiethnique de Québec explique qu’on doit plutôt considérer les réfugiés comme un apport économique au Québec, étant donné que ceux-ci finissent pas payer des impôts qui surpassent les prestations et les services d’aide reçus. «C’est peut-être un peu plus long, mais c’est un investissement à long terme» pour la société, croit-elle. Surtout que les réfugiés ont tendance à rester davantage au Québec que les immigrants économiques, qui sont plus mobiles. 

La TCRI est d’avis que le plan d’immigration proposé par la CAQ fera en sorte qu’au final, moins de femmes immigreront au Québec, étant donné qu’elles sont plus nombreuses dans la catégorie du regroupement familial (58 %). «La femme va devoir attendre longtemps avant d’aller rejoindre son mari», redoute Mme Lopez. Souvent, «cette absence est très difficile à tenir» pour le conjoint qui est déjà arrivé dans son pays d’accueil et qui occupe un emploi.

«Privatisation» 

Le fait que les employeurs vont dorénavant pouvoir sélectionner à l’international les travailleurs dont ils ont besoin risque également de changer la donne selon la TCRI, qui craint une «privatisation» de l’immigration. À ce chapitre, le ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette a soutenu que le gouvernement du Québec gardera le pouvoir de sélectionner ses immigrants et qu’il n’y aura pas de privatisation. «Je vous rassure, on n’est pas là du tout.»

«Ce nouveau modèle ne va-t-il pas conduire à choisir des immigrants européens et blancs, allant à l’encontre de décennies de diversification régionale et culturelle de l’immigration?» s’inquiète le regroupement dans son mémoire. 

Parce que selon Mme Lopez, dans le monde du travail, «il y a de la discrimination, il y a du racisme, il faut pas se le cacher». Par exemple, elle rencontre souvent des immigrants qui changent de prénom sur leur CV pour avoir une chance d’être convoqués en entrevue.

Nouveau plan de match

Rappelons que la CAQ a abaissé les seuils d’immigration au Québec à 40 000 personnes en 2019, afin de «réparer» le système d’immigration, indique le ministre Jolin-Barrette. Rehausser les seuils à 52 000 personnes équivaut à un retour en 2022 au nombre d’immigrants qui prévalait en 2018 sous les libéraux de Philippe Couillard.

La consultation générale sur la planification de l’immigration au Québec pour la période 2020-2022 se déroule toute la semaine à l’Assemblée nationale. Les parlementaires entendront les commentaires de 31 groupes d’ici jeudi. Le gouvernement a ensuite jusqu’au 1er novembre pour livrer son plan de match final pour les trois prochaines années.

Politique

Maxime Bernier pas invité aux débats des chefs

OTTAWA — La commission mise sur pied par le gouvernement pour gérer deux débats des chefs — un en anglais et un en français — pendant la prochaine campagne électorale n'invite pas Maxime Bernier à participer à l'exercice; du moins pas encore.

Dans un communiqué publié lundi après-midi, le commissaire David Johnston annonce que les chefs bloquiste, conservateur, néo-démocrate, libéral et du Parti vert sont attendus à ces débats qui auront lieu en octobre.

Le commissaire dit ne pas avoir encore décidé si M. Bernier, chef du Parti populaire du Canada (PPC), répond à deux des trois critères d'admission nécessaires pour se joindre aux débats.

Ces trois critères, les voici: le parti doit présenter des candidats dans au moins 90 % des circonscriptions le 21 octobre, le parti doit être représenté aux Communes par un député étant élu sous la bannière du parti, les candidats du parti ont «une véritable possibilité» d'être élus ou ils ont eu, dans une élection générale passée, au moins 4 % des votes.

Comme le PPC est un tout nouveau parti, les deux derniers critères lui sont difficiles à remplir.

«Pour le moment, la Commission n'a pas reçu suffisamment de preuves lui permettant de conclure que le Parti populaire du Canada a une possibilité réelle de faire élire plus d'un candidat au cours de la prochaine élection fédérale», peut-on lire dans le communiqué de la commission.

M. Bernier s'est dit «très déçu» par cette «décision préliminaire».

«La Commission semble s'être basée uniquement sur des sondages, et ne pas avoir tenu compte du contexte politique récent», écrit le chef du PPC dans un communiqué diffusé en fin de journée.

M. Bernier souligne que dans une lettre envoyée à la commission le mois dernier, il a argué que l'histoire récente dans d'autres démocraties occidentales démontre qu'un parti populiste, même fondé depuis peu, a «d'excellentes chances» de croître rapidement et de faire élire des candidats.

Le PPC a l'intention de continuer à présenter ses arguments à la commission qui l'écoutera jusqu'au 9 septembre.

La liste définitive d'invitations sera publiée le 16 septembre.

Déjà, Justin Trudeau, Andrew Scheer, Jagmeet Singh, Yves-François Blanchet et Elizabeth May ont annoncé qu'ils seraient des deux débats de la commission, le débat anglais du 7 octobre et le débat français du 10 octobre.

D'autres débats des chefs sont tenus par des institutions distinctes.

Le débat Munk, par exemple, se concentre sur la politique étrangère des chefs de partis. M. Bernier n'a pas reçu d'invitation pour celui-là non plus, ce qu'il a vertement dénoncé la semaine dernière.

Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer, lui, s'est empressé d'annoncer qu'il serait au débat Munk. Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh consulte encore son calendrier de campagne avant de s'engager pour ce débat. Et au Parti libéral du Canada, on indique que M. Trudeau, pour l'instant, n'a pris d'engagements que pour les deux débats de la commission.

Politique

Congrès-Jeunes du PLQ: le virage nationaliste du parti s'annonce modéré

Le virage nationaliste qu'entend prendre le Parti libéral du Québec (PLQ) en vue de reconquérir l'électorat francophone s'annonce modéré.

Il n'est donc pas question de raviver les cinq conditions posées par le gouvernement libéral de Robert Bourassa, dans les années 1980, pour signer l'accord constitutionnel du Lac Meech, encore moins de dépoussiérer le rapport Allaire, adopté par le PLQ en 1991, et prônant une décentralisation jamais vue des pouvoirs, incluant le contrôle exclusif de 22 champs de compétence.

On ne prévoit pas davantage rouvrir les plaies du débat linguistique en donnant plus de mordant à la loi 101.

Ce qui se trame présentement au PLQ est beaucoup plus modeste.

«On n'est pas rendu là du tout», a convenu le chef par intérim, Pierre Arcand, en point de presse, au terme du congrès annuel de l'aile jeunesse du parti, un événement axé sur la protection de l'environnement, mais surtout sur un repositionnement du parti en faveur d'un nationalisme plus affirmé.

Jusqu'à nouvel ordre, le parti voudra plutôt se contenter d'afficher une forme de «leadership québécois à l'intérieur du Canada», a-t-il résumé.

Il revendique pour son parti «un nationalisme plus rassembleur» que celui prôné par le gouvernement caquiste, car le PLQ est le «parti des libertés» individuelles et ne vise pas à «enlever des droits» à quiconque.

Réunis en congrès, les jeunes militants libéraux ont adopté une série de résolutions visant à donner un visage plus nationaliste à leur formation politique, que les francophones ont largement boudée lors du dernier scrutin en octobre dernier.

Interculturalisme

Après un débat animé, les jeunes libéraux ont finalement souscrit à 68 % à l'idée de voir un éventuel gouvernement libéral adopter une loi prônant le modèle de l'interculturalisme pour favoriser l'intégration des immigrants à la majorité francophone.

Pour gagner l'adhésion des militants, le président de la commission-jeunesse du parti, Stéphane Stril, a fait valoir au micro que l'interculturalisme ne remettait aucunement en question les droits des minorités, ni les libertés individuelles.

Certains jeunes ont pris la parole pour dire qu'ils craignaient l'interculturalisme, préférant le modèle du multiculturalisme à la canadienne.

En gros, l'interculturalisme peut se définir comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

Quant à lui, le chef par intérim, Pierre Arcand, n'a pas voulu se prononcer sur le sujet, préférant attendre «de consulter le caucus» des députés.

La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne et candidate au leadership, Dominique Anglade, a endossé la position des jeunes et annoncé qu'une telle loi ferait partie de sa plateforme électorale.

Politique

Lancement de la campagne du Parti Rhinocéros: des hot-dogs et des promesses

MONTRÉAL — Le Parti Rhinocéros a lancé sa campagne électorale samedi, devant la plage de Verdun à Montréal.

Le parti compte sur le désenchantement des citoyens pour tenter de faire élire un premier député.

Devant un kiosque, près de la plage urbaine de Verdun, «Rhino» Jacques Bélanger, candidat dans Lasalle-Émard-Verdun, distribue des hot-dogs, des poignées de main et des promesses, beaucoup de promesses.

«On vous promet deux fois plus de promesses que les autres partis», lance-t-il devant quelques passants curieux.

Rhino Jacques promet de «transformer le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine en lave-auto gratuit» ou encore «une éducation plus élevée des Canadiens en construisant les écoles plus hautes».

Le candidat affirme qu’il veut rallier les «désintéressés de la politique».

«Il y a une montée du cynisme, des gens qui se désintéressent. On est la réponse à ça. On ridiculise les ridicules, c’est un moyen d’intéresser les désintéressés.»

Le Parti Rhinocéros dit aussi vouloir recruter le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier:

«Un clown comme ça, c’est un talent qui ne doit pas se perdre, on veut le recruter», précise Jacques Bélanger.

Au niveau de l’environnement, les Rhinocéros veulent plus de voitures vertes; des vertes foncées, des vertes pâles et des vertes fluo. D’ailleurs, le parti souhaite que le vert fluo devienne la couleur nationale du Canada.

Une dizaine de candidats s’étaient déplacés près de la plage de Verdun pour le lancement de la campagne. Le chef du parti, Sébastien «CoRhino» - Corriveau, de son vrai nom - a annoncé «qu’entre 80 et 100 candidats se présenteront dans neuf des 10 provinces canadiennes.»

«Le Parti Rhinocéros est reparti pour vrai. Les 30 dernières années ont été difficiles, il y a eu une renaissance en 2006, mais il y avait des candidats seulement à Montréal. Mais cette année, on a des candidats dans tout le pays», a-t-il déclaré devant un lutrin pendant qu’un de ces candidats, derrière lui, allumait une pipe remplie de cannabis.

Même s’il propose des idées qui pourraient tenter plusieurs citoyens, comme une journée de congé après chaque jour férié, le Parti Rhinocéros n’a jamais réussi à faire élire un député. Mais Sébastien CoRhino compte remédier à la situation. Il se présentera contre le ministre libéral Jean-Yves Duclos dans la circonscription de Québec.

«C’est un ministre libéral qui a eu 29 pour cent du vote. Pouvez-vous croire qu’il a gagné alors que 71 pour cent des électeurs n’ont pas voté pour lui? Je vous annonce que je vais battre le ministre libéral. Jean-Yves Duclos, tu es dans le clos!» a-t-il lancé sous les applaudissements des autres candidats.

Le Parti Rhinocéros a été créé par l’écrivain Jacques Ferron en 1963. Au fil du temps, des personnalités publiques comme Michel Rivard, Simonne Monet-Chartrand, Victor-Lévy Beaulieu, Robert Charlebois, Gaston Miron ou encore Raoul Duguay ont été candidat pour cette formation politique qui compte gagner les élections fédérales, notamment «en distribuant beaucoup de hot-dogs».

POLITIQUE

Congrès-Jeunes du PLQ : le virage plus nationaliste du parti prend forme

Le virage plus nationaliste du Parti libéral du Québec (PLQ) commence à prendre forme, sur fond de reconnaissance des erreurs du passé.

Dans les rangs libéraux, certains admettent désormais ouvertement que l’ancien gouvernement Couillard n’a pas suffisamment mis de l’avant la spécificité québécoise et qu’il faut résolument aller de ce côté pour espérer reconquérir le cœur des électeurs francophones.

Autour du concept d’interculturalisme, les libéraux ont entrepris de donner au parti une couleur plus identitaire, axée sur une défense plus musclée de la langue française et sur l’affirmation de la différence québécoise.

L’enjeu fait partie des sujets à l’ordre du jour du congrès-jeunes du PLQ, qui se tient tout le week-end à l’Université Laval, à Québec. Une des résolutions à l’étude porte sur la pertinence d’adopter une loi proclamant l’interculturalisme comme modèle en vigueur au Québec pour favoriser l’intégration des immigrants à la majorité francophone.

L’idée de donner un encadrement législatif au concept d’interculturalisme, d’abord proposée par la commission Bouchard-Taylor, il y a une dizaine d’années, avait été reprise par le gouvernement Couillard, qui en avait fait un engagement sans toutefois y donner suite.

Le 37e congrès de l’aile jeunesse du PLQ devrait réunir quelque 400 jeunes militants appelés à prendre position sur divers sujets, dont la promotion d’une économie verte.

Plusieurs députés libéraux, de même que le chef par intérim du parti, Pierre Arcand, sont aussi présents sur les lieux.

Lors du dernier scrutin, l’électorat francophone a boudé massivement le PLQ, qui a été chassé du pouvoir et pratiquement décimé à l’extérieur de la région de Montréal.

Or, pour regagner l’appui des électeurs, le parti «doit montrer aux Québécois francophones son intérêt plus élevé sur des questions comme la question de la langue, les efforts qu’on fait sur le plan culturel», a commenté en mêlée de presse M. Arcand, samedi matin.

Les libéraux doivent montrer qu’on est «très Québécois, au sens le plus large», selon lui.

Le député de Lapinière, Gaétan Barrette, est allé plus loin en estimant que le gouvernement Couillard n’avait «pas été au diapason avec la population québécoise» sur le plan identitaire.

Il reproche au gouvernement précédent, dont il faisait partie, de ne pas s’être imposé «avec assez d’affirmation sur ce plan-là».

Du même souffle, il rejette catégoriquement le modèle du multiculturalisme à la canadienne, pourtant vanté ces derniers jours par un des officiers du parti.

Il s’opposera mordicus à tous ceux qui sont prêts à prétendre que la culture québécoise en est une parmi tant d’autres. «Ce n’est pas une chose à laquelle j’adhérerai, jamais», prévient l’ancien ministre de la Santé, qui se dit toujours en réflexion sur son éventuelle candidature pour devenir chef du PLQ.

M. Barrette réagissait à la position contraire défendue récemment par le président de la Commission des communautés culturelles du parti, Mohammed Barhone, une position qui a créé un malaise certain au sein des troupes libérales.

Défenseur du multiculturalisme, M. Barhone a dit être fermement opposé à la proposition formulée par les jeunes libéraux en faveur de l’interculturalisme, car elle créerait selon lui «une hiérarchie entre Québécois».

Ses propos «n’engageaient que lui», a répliqué de son côté M. Arcand, affirmant que ce n’était pas là la position de son parti.

«M. Barhone n’a pas exprimé ce que le parti pense actuellement au niveau de l’interculturalisme», a-t-il observé.

L’idée de faire prendre au parti un virage nationaliste et d’adopter une loi sur l’interculturalisme plaît aussi à la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, potentielle candidate à la succession de Philippe Couillard.

À propos du modèle d’interculturalisme «pourquoi on ne voit pas plus loin, puis on l’enchâsse dans un texte de loi à caractère beaucoup plus fondamental», a-t-elle commenté en mêlée de presse.

Mme Rizqy a ajouté qu’il ne fallait pas craindre d’éventuelles contestations judiciaires en vertu de la Charte canadienne des droits.

La seule candidate au leadership pour le moment, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade, a qualifié la position des jeunes sur l’interculturalisme «d’extrêmement intéressante».

Selon elle, voilà une notion qu’il convient de «pousser davantage», mais elle refuse de se prononcer sur la pertinence de l’enchâsser dans une loi.

En gros, l’interculturalisme peut se définir comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

Développement durable

En matière de protection de l’environnement, les jeunes libéraux ont adopté toute une série de résolutions, souscrivant au ton alarmiste de leurs dirigeants.

Ils proposent notamment de doter le Québec d’une loi sur l’engagement climatique, qui viserait à contraindre le gouvernement en place à respecter ses engagements relatifs à la lutte aux gaz à effet de serre (GES).

Un gouvernement libéral devrait aussi déclarer «l’état d’urgence climatique», créer une Banque québécoise du climat et miser davantage sur les technologies vertes. La taxe de vente (TVQ) serait abolie sur les technologies vertes afin d’inciter les achats écoresponsables.

Politique

Marwah Rizqy sera candidate à la chefferie du Parti libéral

Élue depuis moins d’un an, la députée Marwah Rizqy a confirmé vendredi qu’elle se lancera cet automne dans la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ).

«Je ne suis pas en course officiellement. Mais les gens savent que j’ai un intérêt sérieux et je suis en précourse en ce moment», explique-t-elle au Soleil.

La fiscaliste et femme politique de 34 ans est d’avis que «rien ne sert de se presser». C’est pourquoi son lancement officiel de campagne aura lieu «au cours de l’automne». 

Vendredi matin, Mme Rizqy avait d’abord confirmé sa candidature imminente en entrevue à la webradio QUB. 

À la fin juin, la députée libérale Dominique Anglade s’est lancée la première dans la course au leadership de ce parti qui a connu l’une de ses pires dégelée le 1er octobre 2018. Celle qui a été ministre de l’Économie sous Philippe Couillard profite de l’été pour faire une tournée des régions. 

«On ne fait pas une course contre qui que ce soit. Alors notre calendrier est établi en fonction de notre stratégie à nous», affirme Mme Rizqy. Reste que la députée serre également plusieurs mains au cours de sa propre précampagne estivale. 

Comme plusieurs de ses collègues, elle sera à l’écoute des idées des jeunes libéraux, qui tiennent leur congrès à l’Université Laval, à Québec, au cours de la fin de semaine. «Notre aile jeunesse est très forte, très en santé. Il faut leur donner leur place», croit Mme Rizqy. 

Appuis inconnus

La députée refuse pour l’instant de dévoiler ses appuis ou son équipe de campagne. De son côté, Mme Anglade peut compter sur l’appui officiel de sept élus libéraux, soit Carlos Leitão, Hélène David, Kathleen Weil, Monique Sauvé, David Birnbaum, Saul Polo et Frantz Benjamin. 

La députée Marie Montpetit songe également à se lancer dans la course à la succession de Philippe Couillard, mais n’a pas encore pris de décision. Depuis sa création il y a 150 ans, le PLQ n’a jamais eu de femme à sa tête. 

La course au leadership du PLQ sera lancée en novembre et l’élection du nouveau ou de la nouvelle chef aura lieu en mai 2020.

Politique

Selon l'ONU, le Québec sous-estime sa capacité d'accueil des réfugiés

Le Québec peut accueillir davantage de réfugiés contrairement à ce qui est véhiculé par la Coalition avenir Québec (CAQ), estime le représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Jean-Nicolas Beuze présentera un mémoire à l'Assemblée nationale le 15 août prochain, dans le cadre de la consultation sur la planification de l'immigration au Québec pour la période 2020-2022. Il s'agit là d'une première.

Il recommandera au gouvernement Legault d'admettre davantage de réfugiés et de considérer certains d'entre eux comme des immigrants économiques, a appris La Presse canadienne.

En 2018, le Québec a accepté 8832 réfugiés. Le gouvernement caquiste cherche maintenant à obtenir l'accord d'Ottawa pour plafonner ce nombre à 7500 par année jusqu'en 2022. Le nombre d'immigrants économiques, lui, passerait de 29 190 en 2018 à environ 34 000 quatre ans plus tard.

En juin dernier, le premier ministre François Legault s'est justifié en déclarant qu'«on fait plus que notre part du côté humanitaire». Or, le Canada et le Québec peuvent et doivent accueillir davantage de réfugiés, a soutenu M. Beuze en entrevue téléphonique de son bureau d'Ottawa.

Le Canada accueille actuellement environ 25 000 réfugiés sur une population de 37 millions d'habitants. En comparaison, au Liban, une personne sur cinq est réfugiée, et même si les Libanais manquent d'eau potable, «ils ont accueilli ces gens à bras ouverts», a fait valoir M. Beuze.

Le représentant du Haut Commissariat déplore la montée au Canada d'un discours «nocif», «très dangereux» et empreint de «racisme» entourant les réfugiés depuis 2017, année où des milliers de migrants irréguliers sont arrivés au Canada par le chemin Roxham, au Québec.

«On est en train de stigmatiser des populations, a-t-il déclaré. On l'a vu à travers les campagnes électorales au niveau provincial, en particulier au Québec et en Ontario.

«On a peur de certaines personnes et on se réfugie en pensant qu'en choisissant les nouveaux arrivants, on peut éviter des choses qui ne sont pas réelles, telles que penser que les réfugiés sont forcément un fardeau pour les services sociaux, que les réfugiés ont du mal à s'intégrer, qu'ils ne contribuent pas immédiatement à la société qui les accueille.»

Craintes injustifiées

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, les craintes de la population ne sont pas justifiées; on n'a qu'à regarder les résultats socioéconomiques et culturels d'intégration des réfugiés.

«On essaye d'apporter un narratif différent sur ces questions-là basé sur des faits, par exemple le fait que la plupart des réfugiés très rapidement trouvent un travail et donc ne sont pas un fardeau pour le contribuable québécois», a soutenu M. Beuze, en citant des données du recensement de 2016 de Statistique Canada.

Les chiffres démontrent également que les réfugiés sont ceux qui ont le plus tendance à rester dans les régions, et que les enfants des réfugiés ont de meilleurs taux de réussite scolaire que les enfants nés au Canada, a-t-il renchéri. «Ils ne sont pas des criminels, ils ne mettent pas en danger la sécurité des Québécois.»

Le représentant des Nations unies croit que le Québec devrait s'efforcer de changer la perception du public, comme quoi les réfugiés ne sont que des «assistés», et le stigma social, en acceptant certains réfugiés par l'entremise du programme d'immigration économique.

«Les réfugiés ont des qualifications, (...) pourquoi ne pas les considérer quand vous regarder à faire venir des gens pour des raisons économiques, tout en prenant compte qu'être un réfugié vous met dans une situation un peu spécifique et que donc il faut des accommodements pour que ces réfugiés soient compétitifs.»

Le Plan d'immigration du Québec pour l'année 2019 prévoit l'admission de 40 000 personnes immigrantes au Québec, ce qui constitue une diminution de plus de 20 pour cent par rapport au nombre total de personnes immigrantes admises ces dernières années dans l'ensemble du Québec et dans chacune des catégories d'immigration.

L'intention du gouvernement est d'augmenter progressivement le nombre de personnes immigrantes admises au cours de la période pour atteindre 49 500 à 52 500 personnes en 2022, et d'atteindre, en fin de période, une proportion de personnes admises dans la catégorie de l'immigration économique de l'ordre de 65 pour cent.

Politique

Sondage Mainstreet: Bernier dans une course à deux

Le député sortant Maxime Bernier et le candidat conservateur Richard Lehoux se livreront une chaude lutte en Beauce cet automne. Les deux hommes sont à égalité avant le début de la campagne électorale fédérale.

Un sondage Mainstreet mené pour le compte de Groupe Capitales Médias et de iPolitics indique que M. Lehoux récolte 33,5 % des intentions de vote, alors que Maxime Bernier a la faveur de 33 % des électeurs. «Ce sera une course à deux, excessivement serrée. À l’heure actuelle, c’est réellement une égalité statistique», commente Luc Fortin, président de Recherche Mainstreet au Québec.

En 2015, alors qu’il se présentait sous la bannière des conservateurs, Maxime Bernier avait été réélu facilement, avec 58 % des votes. C’est ce même pourcentage de votes — et même un peu plus —, qui est aujourd’hui réparti entre M. Lehoux et lui.

Représentant la Beauce depuis 2006, Maxime Bernier jouit d’une grande notoriété et d’un capital de sympathie. Sondés sur le niveau de satisfaction quant au travail effectué par le député, 66 % des répondants se sont dits satisfaits ou très satisfaits. «Tous les espoirs sont permis pour Maxime Bernier en raison de ce haut taux de satisfaction», indique M. Fortin.

Les Beaucerons sont déchirés à cette élection-ci étant donné que Maxime Bernier a claqué la porte du Parti conservateur du Canada il y a un an pour fonder le Parti populaire du Canada, dont il est le chef. 

Échelle nationale

M. Fortin croit que la tendance du vote à l’échelle nationale influencera le choix des électeurs à la fin de la campagne. «Maxime Bernier a plus de chances de gagner si on prévoit, à la veille des élections, un gouvernement libéral. Tant qu’à se retrouver dans l’opposition, aussi bien d’avoir un député qui va amener de la visibilité à la Beauce. Mais si on prévoit un gouvernement conservateur, l’attrait du pouvoir va peser en faveur de Richard Lehoux.»

Agriculteur de formation, M. Lehoux a été maire de Saint-Elzéar et président de la Fédération québécoise des municipalités. 

Dans ce même sondage, mené le 5 août auprès de 640 personnes vivant dans la circonscription de Beauce, Mainstreet a voulu savoir si les idées de Maxime Bernier rejoignent les Beaucerons.

«On a sélectionné des sujets qui ont davantage défrayé la manchette. Des idées qui ont été perçues comme controversées par certains commentateurs. Pour ne pas influencer les répondants, on n’a toutefois pas mentionné qu’elles viennent de Maxime Bernier», explique M. Fortin.

Des idées qui rejoignent...

Sur les cinq idées sondées, trois ont la faveur d’une grande proportion des électeurs de Beauce. «Ça démontre qu’en général, Maxime Bernier représente bien ses citoyens à la Chambre des communes.»

Dans ce sondage, 67 % des répondants croient que «la parité entre les hommes et les femmes dans un Conseil des ministres n’est pas une priorité» et 56 % d’entre eux pensent que «l’immigration de masse et le multiculturalisme extrême mèneront à des conflits sociaux et potentiellement à la violence».

En agriculture, 42 % des répondants sont d’avis qu’il faut abolir le système de la gestion de l’offre, alors que 37 % sont d’avis contraire. Des résultats qui surprennent M. Fortin, étant donné que les agriculteurs beaucerons s’étaient mobilisés en 2017 contre Maxime Bernier lors de la course à la chefferie du Parti conservateur, qu’il a finalement perdue aux mains d’Andrew Scheer.

... et d’autres moins populaires

D’autres idées de Maxime Bernier n’obtiennent toutefois pas la faveur de la majorité de ses concitoyens. Seulement 31 % des répondants croient «pertinent de rouvrir le débat sur le droit à l’avortement au Canada», alors que 44 % croient que «le gouvernement fédéral n’a rien à faire concernant les changements climatiques parce que l’environnement, c’est une compétence partagée, et les provinces, elles ont des programmes pour ça.»

Le sondage a été réalisé à partir d’appels faits par réponse vocale interactive, sur des lignes téléphoniques terrestres ou cellulaires. La marge d’erreur du sondage est de 3,87 %, à un niveau de confiance de 95 %.

La question posée était la suivante : «Si l’élection fédérale avait lieu aujourd’hui, pour quel parti voteriez-vous?» Les choix de réponse étaient les noms des partis, suivis du nom de leurs chefs respectifs. Les noms des candidats n’ont pas été mentionnés aux répondants, étant donné qu’à ce stade-ci de la précampagne, tous les candidats n’ont pas été choisis. Le nom de Maxime Bernier a donc été mentionné, en tant que chef du Parti populaire.

Politique

Contrat militaire avec Riyad: la pression monte sur Justin Trudeau

OTTAWA —Justin Trudeau subit des pressions de la société civile pour informer les Canadiens, avant les élections d’octobre, sur la révision par son gouvernement d’un contrat militaire de plusieurs milliards de dollars conclu par une entreprise privée avec l’Arabie saoudite.

À la suite du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite en Turquie, les libéraux avaient décidé de revoir le permis d’exportation fédéral lié à ce contrat de 15 milliards $, qui prévoit la vente de centaines de véhicules blindés légers au royaume.

Politique

Duceppe croit qu’une fenêtre s’ouvre pour le Bloc

MONTRÉAL — L’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe croit qu’une fenêtre s’ouvre pour le parti indépendantiste à l’approche des élections fédérales prévues cet automne. Celui qui a été le tout premier député élu de l’histoire du Bloc participait, mercredi soir, à l’inauguration du local électoral de son ancienne circonscription montréalaise.

Le candidat Michel Duchesne, défait dans Outremont lors de l’élection partielle de février dernier, aura l’occasion de tenter sa chance à nouveau dans Laurier-Sainte-Marie. Son local aura pignon sur rue tout près de la station de métro Beaudry, au cœur du village gai.

En entretien téléphonique tout juste avant l’événement inaugural, Gilles Duceppe a expliqué qu’il n’avait pas d’intention précise concernant son implication dans la prochaine campagne électorale, mais qu’il était content d’offrir son aide au parti.

«Quand on me demande, si le national est d’accord, j’y vais», a-t-il résumé.

Un peu plus tôt cette année, on a pu le voir à Alma, au Lac-Saint-Jean, où il entend donner un coup de main à la campagne de son fils Alexis Brunelle-Duceppe.

Puis, la fin de semaine dernière, il s’est rendu à Saint-Liboire pour appuyer le candidat Simon-Pierre Savard-Tremblay, qui effectuait une tournée de porte-à-porte dans sa circonscription de Saint-Hyacinthe-Bagot. Un contact avec la population qu’il a qualifié de «très positif».

Observations

«C’est toujours si le national est d’accord. C’est leur stratégie, ce n’est pas la mienne, je n’ai pas de stratégie à faire là», a-t-il insisté. Son implication risque cependant de ralentir plus on s’approchera de la véritable campagne électorale, puisque M. Duceppe agira à titre d’analyste à Radio-Canada, à CTV et à La Presse.

«J’aurai moins de temps à ce moment-là, bien évidemment!» a commenté celui qui a représenté le Bloc à Ottawa de 1990 à 2011. En ce qui concerne son observation de la scène politique fédérale, l’homme qui a dirigé le parti de 1997 à 2011 avant de revenir pour l’élection de 2015 estime que le Bloc peut profiter du fait que «les autres partis vont être en contradiction sur beaucoup de sujets».

Constitutionnalité contestée

Il cite notamment la laïcité et le droit du Québec à décider de son avenir. Gilles Duceppe rappelle que le gouvernement fédéral conteste toujours la constitutionnalité de la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec.

Cette loi, qui a fait l’objet d’une motion unanime à l’Assemblée nationale du Québec, prévoit qu’aucun autre gouvernement ne peut contraindre «la volonté démocratique du peuple québécois à disposer lui-même de son avenir».

Par ailleurs, il croit que le Bloc a aussi un avantage dans la qualité de sa plateforme en matière d’environnement ainsi que dans sa défense des intérêts du Québec avant ceux du Canada.

«Le Bloc n’est pas pris avec ce problème qu’ont les autres députés québécois d’être en minorité dans leur propre caucus. Il y a toujours deux discours de l’autre côté», constate-t-il, sans toutefois vouloir se prononcer sur toute forme de prédiction.

Politique

Sondage Mainstreet: conservateurs et libéraux au coude-à-coude

À l’aube du début de la campagne électorale fédérale, la lutte entre les libéraux et les conservateurs s’intensifie alors que les deux rivaux sont au coude-à-coude selon ce que révèle le nouveau sondage de la firme Recherche Mainstreet réalisé pour le compte de Groupe Capitales Médias.

Les deux partis se trouvent présentement dans une quasi-égalité statistique à quelques mois des élections du 21 octobre. 

Le Parti libéral du Canada (PLC) occupe présentement 34,5 % des intentions de vote alors que et les appuis du Parti conservateur du Canada (PCC) se chiffrent à 34,1 %. 

Le PLC maintient donc une avance de 0,4 point de pourcentage sur son plus proche poursuivant.

Politique

Véronique Hivon ne sera pas de la course à la direction du PQ

La députée Véronique Hivon a annoncé mardi qu'elle ne se présentera pas à la direction du Parti québécois (PQ). Elle demeure toutefois députée de Joliette.

La politicienne d'expérience, reconnue pour ses qualités humaines, était jusqu'à présent favorite pour remplacer Jean-François Lisée, qui a démissionné en octobre dernier à la suite de sa cuisante défaite électorale.

Le PQ ne détient aujourd'hui que neuf des 125 sièges à l'Assemblée nationale. Il forme le troisième groupe d'opposition, derrière le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS).

«Je vis le moment où ma famille a le plus besoin de moi depuis que je suis en politique et où j'ai le plus besoin d'être là pour elle», a expliqué Mme Hivon sur son compte Facebook.

Pour cette raison, elle ne peut envisager de briguer la direction du PQ et de relever ces deux «niveaux de défis d'intensité supérieure», à la fois personnels et politiques.

«C'est évidemment une grosse décision, mais les conditions n'étant tout simplement pas réunies pour que je puisse me lancer en ce moment, c'est une décision qui s'est imposée clairement et qui est la seule que je peux prendre en toute sérénité», a-t-elle ajouté.

Véronique Hivon affirme qu'elle aura un pincement au coeur lorsque la course prendra officiellement son envol, car mener le PQ sur la voie du renouveau et de la reconnexion avec la population s'annonce un défi «énorme, mais extraordinaire».

Politique

Bernier: l'éducation sexuelle dans les écoles brime les droits des Québécois

OTTAWA — Maxime Bernier estime que les cours d'éducation sexuelle dans les écoles québécoises briment les droits individuels.

Dans une entrevue accordée à un pasteur baptiste montréalais, le chef du Parti populaire du Canada (PPC) encourage les parents québécois à se battre contre l'imposition de ces cours. Il ne veut cependant pas participer personnellement à cette bataille, question de respecter les champs de compétence; l'éducation relève de Québec et non pas d'Ottawa.

Le pasteur de l'Église baptiste de l'espoir du grand Montréal George Antonios a publié l'entrevue avec le chef du PPC samedi sur YouTube.

«Ce genre de programme va à l'encontre d'une manière très profonde des valeurs morales, religieuses, de plusieurs personnes», offre en entrée de matière M. Antonios avant de demander à son invité ce qu'il faut faire «pour au moins donner le choix aux parents de ne pas impliquer leurs enfants dans de tels programmes».

Aux premières protestations venant, celles-là, de l'église catholique en janvier dernier, le premier ministre François Legault a affirmé qu'aucun enfant ne pourra être exempté de ces cours.

«Je ne veux pas m'ingérer dans les champs de compétence des provinces», a commencé par répondre M. Bernier avant de choisir clairement son camp.

«Il y a une certaine partie de la population qui n'est pas encore au courant que cette législation-là brime les droits individuels des Québécois», a-t-il dit.

«Je vous encourage à faire cette bataille-là pour défendre vos propres droits», a-t-il conseillé aux pasteurs et à ses ouailles.

Dans l'entrevue avec le pasteur Antonios, M. Bernier a abordé une série de sujets chers aux groupes socialement conservateurs.

Il a ainsi réitéré qu'il permettrait à un de ses députés de déposer un projet de loi sur le droit à l'avortement et qu'il y aurait un vote libre sur pareil texte législatif, s'il prenait le pouvoir.

Puis, il a une nouvelle fois dépassé par la droite son rival du Parti conservateur Andrew Scheer dans ce dossier.

«Je trouve ça un peu hypocrite si je regarde M. Scheer qui se dit pro-vie mais qui interdit à ses députés de déposer un projet de loi, qui ne veut pas avoir de débat», a-t-il critiqué.

M. Bernier, lui, a voté, par le passé, pour protéger le droit à l'avortement. Mais il dit maintenant ne pas vouloir se prononcer dans ce dossier tant qu'il n'y a pas un projet de loi à débattre.

Autre sujet cher au courant socialement conservateur, la loi C-16 qui interdit la discrimination en fonction de «l'identité ou l'expression de genre» a également été décriée par les deux hommes.

Cette loi, selon ses détracteurs, pourrait imposer un certain langage pour désigner les personnes transgenres.

«Cette législation-là doit être abolie parce que ça vient donner une direction à l'État en ce qui concerne la liberté d'expression», a tranché M. Bernier, promettant, s'il devenait premier ministre, d'abolir C-16 «le plus rapidement possible».

Politique

Denis Paradis quitte la politique

Le député fédéral de Brome-­Missisquoi Denis Paradis ne sera pas candidat aux élections d’octobre prochain et quitte la vie politique.

« J’étais en réflexion depuis un bout de temps, mais ce fut une décision difficile. La politique, c’est quelque chose que j’aime beaucoup et qui fait presque partie de mon ADN », confie le député sortant de Brome-Missisquoi en entrevue avec La Voix de l’Est, dimanche matin. 

Denis Paradis, qui cumule plus de 15 ans à la Chambre des communes en tant que représentant de Brome-Missisquoi sous la bannière du Parti libéral du Canada, a fait connaître la nouvelle au public dimanche matin. Son caucus politique n’en aurait été averti que la veille. 

« Ce qui m’a poussé à prendre cette décision, c’est que je viens d’avoir 70 ans et que c’est un mandat de quatre ans. Si c’était un mandat de deux ans, peut-être que j’aurais continué, mais pas pour finir mon mandat à près de 75 ans. »

Avocat de formation, vigneron et entrepreneur en restauration, M. Paradis assure qu’il ne « manquera pas de défis dans les prochaines années » même s’il n’a pas de plan précis pour le moment.

« Je veux pas être la marraine du parti, mais je vais continuer à être vigilant par rapport aux dossiers des lacs Champlain et Memphrémagog. Le côté environnement a été mon cheval de bataille dans les dernières années. J’ai pas dans l’idée de me renfermer dans mes terres et de rester à regarder la parade, je vais continuer à m’impliquer », assure-t-il. 

Denis Paradis souhaite que les dossiers qu’ils portent depuis plusieurs années en matière d’environnement soient repris par la personne qui lui succédera. 

Période trouble

Le mandat de Denis Paradis a été agité par des troubles à l’intérieur de l’association de comté dans les derniers mois. En août 2018, une « équipe du renouveau » avait tenté de s’emparer d’une majorité de postes à l’intérieur de l’association pour demander davantage de transparence au député. En octobre, une pétition réclamant une course à l’investiture en vue des prochaines élections fédérales avait récolté plus de 400 signatures. Guillaume Tétreault, leader de « l’équipe du renouveau », avait finalement été élu président de l’association avant d’être démis de ses fonctions en janvier dernier.

Rappelons qu’en raison des conventions du Parti libéral du Canada, Denis Paradis était automatiquement désigné comme candidat puisqu’il avait rempli les exigences des instances du PLC.

Aux dires de M. Paradis, la paix serait revenue entre les libéraux fédéraux de Brome-Missisquoi depuis plusieurs mois. « Ce n’est pas une situation qui a influencé ma décision de partir », indique-t-il. 

Vieux routier

Le député de Shefford Pierre Breton, collègue et voisin de circonscription de Denis Paradis, souligne la qualité de l’homme politique.

« C’est quelqu’un avec qui j’ai vraiment eu un plaisir à travailler et à collaborer dans nos dossiers. Denis, c’est un routier de la politique, très proche de ses dossiers et toujours très loyal envers ses concitoyens », assure Pierre Breton. 

Ce dernier souligne que son collègue a été d’un précieux soutien à l’issue des élections d’octobre 2015, quand de nombreux novices politiques se sont retrouvés à Ottawa. « Il a été très généreux de son expérience. Il s’est assuré qu’on soit à l’aise avec nos nouvelles responsabilités et nous a donné de précieux conseils », ajoute Pierre Breton. 

15 ans 

Denis Paradis a d’abord été élu à l’issue de l’élection partielle enclenchée à la suite du décès du député bloquiste Gaston Péloquin, en 1995.

Réélu en 1997, 2000 et 2004, il a dû s’incliner devant Christian Ouellet en 2006 ainsi qu’en 2008.

Il a finalement retrouvé son siège à la suite de l’élection d’octobre 2015.

M. Paradis a occupé diverses fonctions an cours de sa carrière politique, ayant notamment occupé les fonctions de secrétaire parlementaire du ministre de la Coopération internationale, du ministre responsable de la Francophonie et du ministre des Affaires étrangères. 

Politique

Le doyen du caucus conservateur succombe à un cancer du foie

CALGARY — Le député conservateur Deepak Obhrai a succombé à un cancer du foie à l’âge de 69 ans.

Les proches du politicien albertain rapportent qu’il est décédé vendredi à Calgary. Il était alors entouré des siens.

M. Obhrai représentait la circonscription de Calgary Forest Lawn depuis 1997 et il était le doyen du caucus du Parti conservateur du Canada.

En tant que secrétaire parlementaire, il avait établi un nombre d’années record au service d’un ministre canadien des Affaires étrangères. Il est également le député indo-canadien à avoir siégé le plus longtemps au Parlement.

Né et élevé en Tanzanie, M. Obhrai a mené ses études sur trois continents avant de s’installer à Calgary avec sa famille en 1977.

Il était sur le point de se présenter à ses huitièmes élections fédérales à l’automne, mais un cancer du foie de stade 4 lui avait été diagnostiqué quelques semaines auparavant.

Un communiqué publié par ses proches samedi indique qu’ils ont été «choqués par son départ soudain».

«Nous voulons que tous ses amis, ses électeurs de Calgary Forest Lawn, ses partisans à travers le monde et tous ses collègues sachent que leur soutien et leur amour pour notre père continuaient de l’encourager à briser chaque plafond de verre et à surmonter tous les obstacles, afin qu’il puisse continuer de faire ce qu’il aimait le plus: défendre les droits de la personne», peut-on lire dans leur déclaration.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a salué la «bataille courte, mais courageuse» de son collègue et ancien rival dans la course à la direction du parti.

Sa campagne pour l’investiture «témoignait de ses solides croyances dans la liberté, la prospérité et l’inclusion», a-t-il ajouté.

«Deepak était une source de joie constante au sein du caucus conservateur. Il illuminait chaque pièce dans laquelle il entrait et apportait souvent de la chaleur, de la gentillesse et de l’humour dans nos délibérations», a souligné M. Scheer.

Le premier ministre Justin Trudeau a lui aussi tenu à rendre hommage à cet élu de l’opposition.

«Notre famille parlementaire pleure un collègue et ami exceptionnel aujourd’hui. Deepak Obhrai a consacré sa vie à servir la population avec la plus haute intégrité, et il va beaucoup nous manquer», a-t-il écrit sur Twitter.

M. Obhrai laisse dans le deuil sa femme Neena, ses enfants Priti, Kaajal et Amman ainsi que ses petits-enfants Davin Jacob et Evasha.

Les détails concernant les arrangements funéraires devraient être annoncés sous peu.

Politique

Élections: le débat des chefs en anglais diffusé en même temps que d'autres débats

OTTAWA — Le débat des chefs en anglais à l'occasion des prochaines élections fédérales se déroulera le même soir qu'une centaine de débats organisés dans l'ensemble du pays pour discuter d'environnement.

GreenPAC, un organisme sans but lucratif et non partisan qui a pour objectif d'élire des candidats favorables à l'environnement, a annoncé au début du mois de juin qu'il contribuerait à organiser des débats environnementaux dans les circonscriptions en vue du 7 octobre.

Plusieurs semaines plus tard, le groupe apprenait la date du débat des chefs en anglais, aussi fixée pour le 7 octobre.

Tenir les débats en même temps obligerait les électeurs à diviser leur attention ou à ne regarder qu'un seul débat en direct, potentiellement au détriment des deux événements qui espèrent atteindre le plus large public possible.

La directrice générale de GreenPAC a indiqué qu'après une discussion avec la Commission aux débats des chefs, il est devenu clair que la date ne changera pas.

Sabrina Bowman a dit comprendre que la commission soit limitée par des contraintes, mais elle aurait espéré plus de flexibilité.

«Bien qu'ils se soient excusés, ils n'étaient pas vraiment disposés à bouger», a-t-elle indiqué en entrevue, jeudi.

Le directeur général de la commission a déclaré que celle-ci était disposée à contribuer au succès des débats de GreenPAC, «ou de tout autre débat», sans pour autant changer les dates.

Michel Cormier n'a pas précisé si la commission avait pris en compte les dates des autres débats pour en établir le calendrier.

Les deux parties tentent maintenant d'évaluer leurs options pour résoudre ce conflit d'horaire.

«En fin de compte, nous essayons tous les deux de faire la même chose: nous voulons que les Canadiens s'engagent dans la démocratie», a indiqué Mme Bowman.

Elle a dit que GreenPAC discutait avec les organisateurs locaux pour déterminer s'ils devraient déplacer les dates de leurs centaines d'événements.

Plus de 50 groupes locaux organisant des débats ont déjà réservé des salles pour le 7 octobre, et changer la date nécessiterait des efforts considérables, a souligné Mme Bowman.

Politique

La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Jocelyne Roy Vienneau, est décédée

FREDERICTON — La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Jocelyne Roy Vienneau, est décédée des suites d'un cancer, a annoncé son bureau vendredi matin.

Mme Roy Vienneau était lieutenante-gouverneure de la province depuis 2014. Avant son arrivée à son poste, la lieutenante-gouverneure a longtemps travaillé dans le milieu de l'éducation.

Elle a notamment été doyenne et directrice du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et vice-rectrice de l'Université de Moncton.

Cette ingénieure de formation a aussi occupé le poste de sous-ministre adjointe de l'éducation postsecondaire au gouvernement provincial.

Dans une déclaration, le premier ministre Blaine Higgs a salué cette «ardente défenseure de la province». «Durant son mandat de lieutenante-gouverneure, elle s'est fait la championne de l'alphabétisation, de la cause de la santé mentale, et de la nécessité de développer un nouveau sentiment de fierté à l'égard de l'endroit où nous vivons», a-t-il soutenu.

Il a également souligné son «leadership inébranlable» lors des dernières élections dans la province, qui avaient mené à l'élection d'un gouvernement minoritaire.

La lieutenante-gouverneure avait joué un rôle important dans cette période de transition.

Le premier ministre sortant de l'époque, Brian Gallant, avait tenté de s'accrocher au pouvoir, et la menace d'un second scrutin planait. Mme Roy Vienneau avait alors appelé les partis à s'entendre étant donné «qu'une autre élection provinciale ne serait pas dans l'intérêt supérieur des Néo-Brunswickois».

Quelque temps plus tard, la lieutenante-gouverneure avait permis à M. Gallant de rester en poste jusqu'à ce qu'il perde la confiance de la chambre. Le premier ministre libéral avait finalement été défait, et Mme Roy Vienneau avait invité le conservateur Blaine Higgs à former le gouvernement.