Politique

Troubles du développement: dépistage précoce en place d’ici 2020

D’ici la fin de l’année 2020, chaque région du Québec pourra compter sur une équipe d’intervenants en CLSC qui dépisteront les troubles de développement et d’apprentissage des tout-petits de 0 à 5 ans.

C’est ce que prévoit le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux Lionel Carmant, dont le plan est déjà bien avancé. Cette stratégie de dépistage précoce, promise en campagne électorale, se trouve «en haut de la pile» de ses dossiers, a-t-il confié en entrevue au Soleil.

Neurologue à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, M. Carmant a lui-même testé la stratégie qu’il veut maintenant déployer à la grandeur du Québec. «On devrait voir une chute drastique du temps d’attente» pour les services, prévoit-il. 

Parce que les parents n’auront plus à attendre un rendez-vous chez le médecin et un diagnostic formel avant d’avoir le droit de voir une orthophoniste, par exemple. Ils n’auront qu’à répondre à un questionnaire en ligne, qui prend environ 15 minutes, afin de savoir si leur enfant présente un retard.  

Cette plate-forme nommée Approche interactive au développement de l’enfant (AIDE) est une adaptation de celle de l’hôpital Johns Hopkins, à Baltimore. M. Carmant croit qu’elle représente l’avenir, étant donné qu’elle réfère l’enfant au bon professionnel, avec le bon niveau de soins. 

À l’heure actuelle, les parents doivent attendre jusqu’à deux ans avant que leur enfant qui ne parle pas ou très peu ait accès à une orthophoniste dans le réseau public. Certains se tournent vers le privé, alors que d’autres n’en ont pas les moyens. «Jusqu’à présent, même si on dépistait, on intervenait après deux ans. Et ça c’est poche», commente M. Carmant, qui se donne comme objectif que ce délai d’attente passe à «trois mois maximum». 

Suivi en CLSC

Le ministre fera en sorte que tout le suivi de l’enfant se fasse en CLSC. Chaque centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS ou CIUSSS) aura droit à deux équipes de professionnels, pour un total de 20 intervenants dédiés à la petite enfance. Chaque équipe serait composée de deux physiothérapeutes, d’une ergothérapeute, d’une psychologue, de deux orthophonistes, d’une psychoéducatrice, d’une nutritionniste, d’une travailleuse sociale et d’une coordonnatrice, énumère le Dr Carmant. La composition de ces équipes pourra varier un peu, afin de s’ajuster aux besoins des différentes régions. Le ministre Carmant veut faire en sorte qu’au Québec, il y ait un ratio d’un intervenant pour 40 enfants présentant des troubles du développement. 

À l’heure actuelle, l’enfant est vu en CLSC, il est envoyé dans un hôpital pour recevoir un diagnostic, puis il est renvoyé à une ressource locale pour le traitement. «Il y a un bris de service majeur et l’enfant est comme perdu là-dedans», se désole M. Carmant. 

Taux de diplomation

En intervenant aussi tôt, le gouvernement caquiste se donne à terme la mission d’augmenter le taux de diplomation des jeunes Québécois. «Ce que chaque enfant veut, c’est du succès. Et c’est vers ça qu’on les accompagne», commente le neurologue, qui veut profiter de la grande plasticité que présente le cerveau des enfants de moins de 6 ans pour agir. 

M. Carmant est conscient que certains troubles plus sévères vont subsister une fois que l’enfant sera sur les bancs d’école. Sauf qu’il espère que son plan, combiné à la création de classes de maternelle 4 ans partout au Québec, fera chuter le nombre d’enfants qui ont besoin d’un suivi particulier en classe. 

Environ 17 % des enfants du Québec présentent des troubles neurodéveloppementaux, comme les troubles de la communication, du spectre de l’autisme, de l’attention, de la coordination et des apprentissages. À cela s’ajoutent 10 % d’enfants qui ne souffrent d’aucun trouble, mais qui affichent un retard parce qu’ils sont sous-stimulés. 

M. Carmant raconte que certains collègues du réseau de la santé craignent de le voir se buter à un manque de ressources humaines. Il se fait rassurant. «Je ne me serais pas lancé dans un projet irréalisable». Dans les mois qui ont précédé la campagne électorale, le ministre a fait le tour des ordres professionnels et «eux étaient confiants qu’on allait pouvoir combler les postes demandés». 

Le lancement de cette stratégie aura lieu dans les premiers mois de 2019. Elle se déploiera de façon progressive dans les différentes régions pour qu’à la fin de l’année 2020, tout soit en place. M. Carmant évalue qu’elle coûtera 40 millions $ chaque année à l’État. Des sommes seront prévues au budget de mars 2019, assure-t-il. 

Alors qu’il travaillait à l’hôpital Sainte-Justine, M. Carmant a présenté la plate-forme AIDE ailleurs au Canada. D’autres provinces souhaitent y avoir accès, mais le ministre compte faire aboutir le projet au Québec d’abord. «Le Québec a toujours été innovateur en petite enfance. Qu’on pense à notre système de garderie, au congé parental. Ça s’aligne dans cette innovation québécoise et prise en charge de nos petits.»

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Politique

Élections fédérales: Ottawa prévient les électeurs qu’ils seront la cible de cyberattaques

HALIFAX — À moins d’un an des élections fédérales, le ministre de la Défense prévient les électeurs qu’ils seront la cible de cyberattaques et de fausses nouvelles alors que la Russie intensifie ses efforts pour saper les démocraties occidentales.

Harjit Sajjan a affirmé en entrevue à La Presse canadienne que le gouvernement avait pris cette menace «très au sérieux dans sa politique de défense».

Le ministre a ajouté qu’il fallait sensibiliser davantage les citoyens à l’impact des fausses nouvelles, et que «personne ne souhaite être dupé par quiconque».

M. Sajjan a fait ces commentaires lors d’une conférence sur la défense et la sécurité à Halifax, au cours de laquelle des experts, des officiers militaires et des responsables politiques représentant des démocraties à travers le monde ont longuement discuté des menaces en ligne.

M. Sajjan a déclaré que «nous sommes pris pour cibles [lorsque nous défendons les droits de l’homme et lorsque] nous nous tenons debout face à des nations comme la Russie qui vont à l’encontre de l’ordre fondé sur des règles».

Il a souligné que la décision du Canada de protester contre l’annexion de la Crimée par la Russie a également soulevé l’ire de Moscou.

Le ministre a fait valoir que le gouvernement canadien avait mis en place un plan de cybersécurité incluant notamment la création du Centre canadien pour la cybersécurité au sein du Centre de la sécurité des télécommunications, qui se consacre à la collecte de renseignements par signaux étrangers.

Rapport de l’OTAN

Rose Gottemoeller, secrétaire générale adjointe de l’OTAN, a souligné que la Russie n’était pas le seul pays à utiliser Internet pour diffuser de la désinformation, citant un rapport de l’OTAN dévoilé dimanche qui attire l’attention sur la Corée du Nord, la Chine et l’Iran.

Le rapport, présenté dimanche à une assemblée parlementaire de l’OTAN à Halifax, a été examiné par le comité scientifique et technologique de l’OTAN.

Susan Davis, membre démocrate du Congrès américain, a affirmé au comité que l’ingérence de la Russie avait persisté dans les débuts des récentes élections américaines de mi-mandat, bien que ce ne fut pas de l’ampleur de l’élection de 2016 ayant porté Donald Trump à la présidence.

Mme Gottemoeller, qui était auparavant sous-secrétaire à la sécurité internationale du département d’État américain, a déclaré que les démocraties doivent être prêtes à se défendre, sur le champ de bataille ou dans le cyberespace.

«Il y a beaucoup de créativité chez les personnes malveillantes», a-t-elle souligné, en entrevue dimanche.

À titre d’exemple, Mme Gottemoeller a évoqué le groupement tactique de l’OTAN en Lettonie dirigé par le Canada, qui a été soumis à un flot continu de fausses informations visant à saper la mission en activité depuis un an.

«Les Russes diffusent de nombreuses nouvelles sur le comportement supposément déplorable des troupes canadiennes et sur le coût du groupement tactique pour la Lettonie», a-t-elle déclaré, ajoutant que les soldats canadiens ont pris des mesures proactives en informant les résidants locaux des motifs de leur présence sur le terrain.

«C’est un excellent exemple de la façon dont le Canada [...] a réussi à lutter contre la désinformation», a-t-elle soutenu.

Politique

Billet de 10$: la soeur de Viola Desmond espère un «pas de géant» vers l'égalité

Le nouveau billet comportant une photo de Viola Desmond sera mis en circulation lundi, et la sœur de la militante des droits civiques sera la première personne à l'utiliser.

Wanda Robson effectuera le premier achat officiel avec le nouveau billet de 10 $ à l'occasion d'une cérémonie qui se tiendra au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg.

Politique

Francophones: la décision revenait à Ford, souligne Andrew Scheer

Le chef du Parti conservateur fédéral, Andrew Scheer, a dit avoir exprimé ses préoccupations au premier ministre ontarien Doug Ford à la suite de l’abandon du projet d’une université de langue française, mais il ne lui a pas demandé de revenir sur sa décision.

Lors d’une conférence de presse, M. Scheer a déclaré aux journalistes qu’il avait abordé le sujet avec M. Ford à l’occasion du congrès du Parti progressiste-conservateur de la province, mais que la décision incombait au premier ministre de l’Ontario.

«C’est à M. Ford de gérer ce genre de chose, a-t-il commenté. Je lui ai dit que lorsque je serai premier ministre en 2019, je vais oeuvrer avec mes homologues provinciaux pour d’assurer que les services en français ne seront pas affectés par ce genre de changement.»

Le gouvernement Ford a annoncé cette décision jeudi dans sa première mise à jour économique depuis son entrée en fonction. Il a décidé d’abolir le Commissariat aux services en français de l’Ontario. Queen’s Park n’a pas dit combien d’argent il espérait épargner de cette façon.

Les plans de l’université de langue française avaient été annoncés en juillet 2017 par le précédent gouvernement libéral en Ontario.

Politique

La CAQ interpellée sur le registre des prédateurs sexuels

Le père de Julie Surprenant, cette jeune fille disparue depuis près de 20 ans, interpelle le gouvernement caquiste pour qu'il réalise sa promesse de créer un registre québécois public des prédateurs sexuels, signalant que d'autres enfants pourraient subir le même sort que sa fille.

Michel Surprenant participait dimanche à une conférence de presse en compagnie de son avocat, Marc Bellemare, et du cinéaste Stéphan Parent, qui réalisera un documentaire pour les 20 ans de la disparition de l'adolescente de 16 ans, survenue en novembre 1999.

M. Surprenant affirme que «ce qui le fâche le plus» dans son drame, c'est qu'il «aurait pu être évité».

C'est pourquoi il espère que la Coalition avenir Québec (CAQ) donnera suite à sa promesse de tenir un registre public des prédateurs sexuels. Selon lui, à l'image de ce que l'on trouve aux États-Unis, les Québécois devraient pouvoir savoir si des délinquants sexuels habitent près de chez eux.

En ce moment, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) tient un registre des délinquants sexuels, mais seuls les policiers ont accès aux informations.

La CAQ avait promis de mettre sur pied un registre québécois des prédateurs sexuels, mais pendant la campagne électorale, le chef et désormais premier ministre François Legault avait laissé savoir que ce n'était pas une priorité, même s'il disait ne pas avoir changé d'idée sur le sujet.

Selon l'avocat Marc Bellemare, il faut créer un registre public au Québec «au plus sacrant» afin de donner priorité au droit des parents, plutôt qu’à ceux des condamnés, insiste-t-il.

«Quand un individu est condamné au palais de justice de Montréal à faire cinq ans de prison, on a sa face, on a son nom, on a ses origines, on a des articles de journaux, des topos à la télé, c'est partout, parce que la justice est publique», a-t-il expliqué.

«Le registre, ce n'est pas dans le but de faire connaître la condamnation, elle est déjà connue. Elle est dans le journal le lundi, mais le mercredi, on l'a oubliée. Le registre, c'est la mémoire, ce n'est pas l'information.»

Nouvelles informations

Lors de la conférence de presse, le réalisateur Stéphan Parent a révélé certaines informations de sa propre enquête sur le dossier, qui, selon lui, justifieraient de nouvelles expertises dans l'appartement de Richard Bouillon, le suspect numéro un dans cette affaire, qui est décédé en 2006.

En 2012, après une enquête, la coroner Catherine Rudel-Tessier avait conclu que le voisin de la famille Surprenant, à Terrebonne, était vraisemblablement lié au décès probable de la jeune fille.

Selon les nouvelles informations obtenues par M. Parent, Julie Surprenant aurait été kidnappée, séquestrée et agressée sexuellement pendant plusieurs jours avant d'être assassinée et enterrée quelque part.

M. Parent est certain à «95 %» que Richard Bouillon était impliqué dans l'enlèvement. Selon ses recherches, M. Bouillon aurait eu un complice.

Politique

Francophones: Trudeau «déçu» de Doug Ford

PORT MORESBY, Papouasie-Nouvelle-Guinée - Le premier ministre Justin Trudeau se dit «profondément déçu» de la décision du gouvernement ontarien de Doug Ford d’abandonner le projet d’université francophone et de dissoudre le commissariat aux services français de la province.

S’exprimant à la fin du sommet de l’APEC, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, M. Trudeau a assuré que la protection de la langue française à travers le pays était pour lui «très importante». Le premier ministre a indiqué que la ministre fédérale responsable des langues officielles, Mélanie Joly, avait été mandatée pour rencontrer le gouvernement ontarien «pour mieux comprendre la décision».

Par ailleurs, Mme Joly a envoyé une lettre à la ministre ontarienne déléguée aux affaires francophones et procureure générale, Caroline Mulroney, pour lui exprimer «[sa] grande déception face aux décisions du gouvernement de l’Ontario».

«Mon inquiétude est d’autant plus grande qu’au cours des 20 dernières années, l’Ontario a joué un rôle de leader pour la promotion de la francophonie au Canada, notamment au sein de la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne», écrit Mme Joly.

Des «jeux partisans»

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a indiqué que son gouvernement n’imitera pas l’Ontario. Selon lui, les libéraux ne font qu’essayer de faire des gains politiques. «Je suis tellement déçu que les libéraux et Mme Joly aient choisi de jouer à des jeux partisans. L’enjeu des langues officielles est trop important pour le politiser», a-t-il fait valoir. 

Actualités

Stéphanie Desmeules se joint à Gilles Bélanger

Stéphanie Desmeules, qui a affronté le caquiste Gilles Bélanger dans la circonscription d’Orford lors des dernières élections provinciales, fait maintenant partie de l’équipe de ce dernier. Celle qui s’est présentée sous la bannière du Parti vert du Québec s’est récemment jointe à son ancien adversaire et est devenue son attachée en matière d’environnement.

Mme Desmeules rappelle qu’elle n’a jamais eu l’intention d’être élue lors des élections d’octobre dernier. « Je me suis présentée par défaut. Il y a quatre ans, personne ne s’était présenté dans Orford pour le Parti vert et je voulais que les gens puissent se prévaloir du droit de voter pour l’environnement. C’est avant que je sache que Québec solidaire allait porter là-dessus. Je m’étais donné comme mandat de peinturer dans le coin les candidats pour qu’ils se manifestent, qu’ils soient obligés de parler d’environnement », explique-t-elle.

« Je n’ai jamais vraiment eu l’intention de gagner cette élection, poursuit-elle. Je savais que je n’avais pas beaucoup de chances de remporter ça. Cependant, j’ai tout de suite vu qu’il y avait des ouvertures. J’ai proposé aux candidats de voler nos idées, de s’inspirer des autres provinces et des autres pays. J’ai senti cette ouverture avec Gilles Bélanger. Il a continué d’en parler et de vouloir coopérer. »

Mme Desmeules se sent à l’aise de travailler avec la Coalition avenir Québec. « Je pense que l’idéologie de la CAQ, c’est plus par ignorance que par réelle volonté d’occulter toute la partie de l’environnement. Je pense qu’ils sont eux-mêmes emportés par la vague. Moi, je crois qu’ils vont de plus en plus s’ouvrir. J’ai l’impression que M. Bélanger est différent. Son ouverture environnementale a été prouvée par le passé. Pour moi, pour la région, c’était une évidence que je pouvais m’intégrer là-dedans », analyse celle qui a également une entreprise.

« J’ai à cœur que les projets se concrétisent de la façon la plus verte possible, continue-t-elle. Je ne suis pas attachée à un parti, je ne suis pas attachée à une personne, je suis attachée politique de l’environnement. M. Bélanger va faire ce qu’il peut avec l’information que je vais lui donner. »

Stéphanie Desmeules ne sent pas d’animosité entre elle et le parti pour lequel elle s’est présentée. « Au Parti vert, ça a été accueilli favorablement en ce sens que les idées vont continuer de cheminer. M. Tyrrell a mentionné qu’il aurait aimé me garder dans son équipe. Ils vont continuer leur chemin pour les quatre prochaines années. Ils ne pouvaient pas continuer avec moi, car ils ont des règlements spécifiques là-dessus. Je pense qu’ils ont peur des transfuges », indique la nouvelle attachée de presse en matière d’environnement.

Pour couronner le tout, Mme Desmeules aime l’ambiance de travail. « C’est positif et convivial. M. Bélanger a toujours un sourire. Il est très disponible. Ce n’est pas l’image que j’avais de la politique et je me rends compte que c’est possible de faire de la politique autrement. Je suis très heureuse de ça », assure-t-elle, mentionnant qu’elle travaille actuellement sur le dossier de Coventry.

Politique

Bilan de campagne du PQ: Lisée ne pense pas avoir fait d’erreur

MONTRÉAL - Jean-François Lisée estime que le Parti québécois (PQ) a «gagné la campagne» et ne croit pas avoir personnellement commis d’erreur, même si le parti a encaissé l’une des pires défaites de son histoire aux dernières élections québécoises.

«Moi, j’assume complètement les choix que j’ai faits», a déclaré M. Lisée, samedi, dans le cadre de la Conférence des présidents du Parti québécois, à Montréal, qui visait à réfléchir sur le bilan du parti aux élections du 1er octobre dernier.

«On peut toujours faire mieux», a finalement concédé le chef démissionnaire.

Le PQ n’a obtenu que 17 pour cent des suffrages et n’a fait élire que 10 députés. Jean-François Lisée a lui-même perdu sa circonscription de Rosemont aux mains de Québec solidaire.

Près de sept semaines après la défaite cuisante de son parti, M. Lisée faisait part de sa réflexion, samedi, dans le cadre de cet événement, qui réunissait également des députés du PQ et des candidats défaits aux élections.

Mais devant les journalistes avant l’événement, M. Lisée ne pensait pas avoir commis d’erreur, par exemple, en confrontant la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, lors du troisième débat des chefs.

Selon lui, en soulevant des questions sur la gouvernance de QS, le PQ «a évité le pire».

«C’était nécessaire, parce que si rien n’était fait, ça aurait été pire», a-t-il martelé.

Cette stratégie avait attiré des critiques au chef pendant la campagne. M. Lisée avait même laissé entendre que la vice-chef, Véronique Hivon, n’était pas d’accord.

Le chef intérimaire, Pascal Bérubé, ne partageait pas l’analyse de son prédécesseur. Interrogé en anglais si le Parti québécois (PQ) avait fait une bonne campagne à la lumière de cette défaite, il a répondu: «Évidemment, non».

M. Bérubé a insisté pour dire que le PQ allait travailler à «ouvrir les portes» pour accueillir plus d’électeurs sous sa tente et «ouvrir les fenêtres aux courants nouveaux qui traversent notre société».

Il a toutefois prévenu que les militants voulant faire partie de la «maison politique du PQ» devraient être des indépendantistes convaincus.

«Le Parti québécois a été créé pour réaliser l’indépendance du Québec», a-t-il affirmé.

«On est indépendantistes, pour le reste, tout le monde est le bienvenu.»

Une bonne campagne, mais...

Marc Laviolette, un militant de longue date du PQ, croit quant à lui que M. Lisée a mené généralement une bonne campagne, mais selon lui, attaquer Québec solidaire était une erreur.

«En fin de campagne, parler de constituante, les électeurs ne savent pas c’est quoi la constituante. La même chose avec le Politburo et qui qui décide...», a-t-il analysé.

Or, cela n’a pas fait une différence dans le résultat, selon lui. Il croit que le PQ n’a pas su se poser comme la solution alternative aux libéraux.

«Les électeurs, ils sont allés à ce qu’il y avait le plus urgent pour eux, c’était de se débarrasser pour les libéraux», a-t-il conclu.

Réflexions d’anciens députés

Certains membres du PQ ont fait part de leurs réflexions sur le passé et avenir du PQ.

Le candidat défait et ancien député Jean-Martin Aussant a notamment suggéré en entrevue avec le «Journal de Québec» d’effectuer une refondation complète du parti, et de lui donner un nouveau nom.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dernier dans «Le Devoir», les députés défaits Alain Therrien et Nicolas Marceau ont jugé qu’il avait été erroné de reléguer la souveraineté au second plan.

«L’indépendance a toujours été le ciment de la coalition péquiste. En faisant de l’indépendance un objectif parmi d’autres et en remettant sa réalisation à plus tard, ce ciment qui nous lie s’est mis à craquer, et notre coalition à éclater», ont-ils écrit.

Politique

Les concitoyens de Bernard Landry font leurs adieux à Verchères

VERCHÈRES, Qc - Après les funérailles d’État de grande envergure de la semaine dernière, les concitoyens de l’ex-premier ministre Bernard Landry ont eu droit à une cérémonie plus intime, samedi, à Verchères, une ville au sud de Montréal que le défunt habitait depuis plus de 30 ans.

«J’ai un ami qui m’a rappelé que Verchères était connue pour trois choses: pour Madeleine de Verchères, pour les chaloupes Verchères, mais ensuite pour Bernard Landry», a déclaré le maire de la municipalité, Alexandre Bélisle, peu avant l’événement.

«Le fait qu’il nous a quittés change notre portrait momentanément.»

Une centaine de citoyens se sont rassemblés en matinée à l’Église Saint-François-Xavier, située à quelques kilomètres de la résidence de M. Landry, devant le fleuve Saint-Laurent qu’il aimait tant.

Au son des cloches, à 10 h, le cercueil de Bernard Landry a été transporté dans la petite église, et derrière marchaient la veuve de Bernard Landry, Chantal Renaud, ainsi que ses trois enfants nés de son union avec la défunte Lorraine Laporte.

Le député bloquiste de la région, Xavier Barsalou-Duval, ainsi que la députée caquiste de Verchères, Suzanne Dansereau, étaient présents aux funérailles.

Des citoyens de la région venaient saluer leur concitoyen, mais aussi leur ancien député de Verchères, qui les a représentés à l’Assemblée nationale de 1994 à 2005.

Si M. Landry a été un ministre puissant au sein du gouvernement, avant qu’il ne devienne premier ministre, les habitants de la région se souvenaient surtout de lui comme un député présent, qu’ils voyaient souvent marcher le long de la route Marie-Victorin.

Il avait aussi aidé ses voisins, qui avaient lancé une pétition pour diminuer la vitesse sur cette route principale de Verchères.

«C’est un homme respectable qui aimait beaucoup le fleuve comme nous. On avait fait une pétition et il avait accepté de la signer. C’était quelqu’un qu’on aimait bien», a témoigné Louise Valiquette, qui habite tout près de la maison ancestrale de l’ancien premier ministre.

Fernand, un résidant de Contrecoeur qui a préféré taire son nom de famille, était impliqué dans l’organisation locale du Parti québécois et il voyait toujours M. Landry aux événements de la région.

«Dans toutes les réunions du Parti québécois et du Bloc québécois, les rassemblements, les épluchettes de blé d’Inde (il était tout le temps là)», a relaté l’homme, qui avait un drapeau des Patriotes comme écharpe.

Le maire Alexandre Bélisle a lui aussi souligné l’apport local de M. Landry, qui s’est impliqué notamment dans l’agrandissement d’une résidence pour personnes âgées, en plus d’être présent chaque année, jusqu’à tout récemment, aux célébrations de la Fête des Patriotes.

Les députés de la région ont aussi souligné la contribution de M. Landry dans les dossiers locaux. Il a été «plus qu’efficace» dans la campagne de financement pour la Colonie des Grèves de Contrecoeur, en 2008, a affirmé dans son discours la députée Suzanne Dansereau, l’ancienne mairesse de cette ville.

«C’est un modèle d’implication, un modèle d’amour pour le Québec. À chaque fois que les citoyens lui demandaient de l’aide, il était toujours présent», a résumé Xavier Barsalou-Duval.

Le député fédéral a souligné que même après sa retraite politique, M. Landry s’était impliqué dans le projet visant à ériger le buste de Ludger Duvernay, un patriote originaire de Verchères. Le buste avait été inauguré il y a un an, en compagnie de l’ex-premier ministre.