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Politique

Plomb dans l’eau à l’école: les partis d’opposition dénoncent le laxisme du gouvernement

Le gouvernement Legault fait preuve de laxisme et de négligence, en se montrant incapable de garantir la qualité de l’eau bue par les enfants dans les écoles et les garderies, selon les partis d’opposition, inquiets des concentrations de plomb détectées par les chercheurs.

La situation est «très grave», selon la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, convaincue que le gouvernement a manqué à son devoir «essentiel et fondamental» de protéger la santé des enfants.

«Où est le ministre de l’Éducation?» a renchéri la députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, persuadée que le gouvernement pourrait s’exposer à des poursuites pour ne pas avoir pris ses responsabilités quant à la salubrité de l’eau dans le réseau scolaire et celui des garderies. «Ils sont imputables», a-t-elle commenté, en parlant des membres du gouvernement.

La présence de plomb dans l’eau des fontaines de certaines écoles, telle que rapportée dans les médias, dont Le Soleil, a semé l’émoi dans les rangs de l’opposition et placé le gouvernement sur la défensive, jeudi.

Le gouvernement a tenté de se faire rassurant, en disant qu’il avait agi, tout en minimisant la gravité de la situation.

Le premier ministre François Legault a indiqué, en mêlée de presse, que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait commandé cette semaine une vérification de la qualité de l’eau dans toutes les écoles.

«On va fermer les abreuvoirs, s’il y a un risque» pour la santé des enfants, a-t-il commenté.

Mais dans l’intervalle, les enfants et leurs parents demeureront dans le doute, ne sachant pas si l’eau qui sort de la fontaine de l’école est exempte de plomb.

Le journal Le Devoir rapportait jeudi que trois chercheurs avaient claqué la porte d’un projet de recherche mené dans 36 écoles, VisezEau à l’école, l’hiver dernier, à la suite de la décision du ministère de la Santé d’abolir le volet visant à vérifier la qualité de l’eau.

Recherche en cours

Interpellée, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a dit jeudi que le gouvernement avait agi ainsi parce qu’il ne voulait pas dédoubler le travail déjà entrepris par l’Institut national de la santé publique (INSPQ) qui «est en train de faire un portrait totalement exhaustif» de la situation. Elle n’a pas fixé d’échéance pour obtenir et divulguer les résultats de cette recherche.

Tel que rapporté par Le Soleil jeudi, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a confirmé avoir émis une directive pour que des tests soient effectués dans tous les services de garde, Centres de la petite enfance (CPE), et garderies privées, subventionnées ou non.

En juin, dans un avis, l’INSPQ avait sonné l’alarme, en révélant que le niveau de plomb détecté dans l’eau des écoles et des garderies du Québec était si élevé qu’il pouvait affecter le quotient intellectuel des enfants.

Politique

Trop-perçus d’Hydro : l’opposition vote contre le principe de la loi

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale se sont ligués, jeudi, et ont voté contre le principe du projet de loi 34 sur les trop-perçus d’Hydro-Québec.

Il s’agit d’un geste hautement inhabituel, puisque les oppositions votent normalement en faveur du principe d’un projet de loi, afin de le faire cheminer à l’Assemblée nationale, quitte à voter contre à l’étape de l’adoption.

La semaine dernière, une coalition regroupant le Parti libéral du Québec, Québec solidaire, le Parti québécois ainsi que des entreprises et des groupes de protection des consommateurs avait exigé le retrait du projet de loi 34 qu’elle considère bâclé.

La pièce législative remettrait 500 millions $ aux clients d’Hydro dès 2020, mais abolirait le système annuel d’évaluation des tarifs d’électricité par la Régie de l’énergie. Les tarifs seraient plutôt gelés lors de la première année, puis fixés en fonction de l’inflation.

Elle a été déposée le 12 juin dernier par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, pour tenter de clore la saga des trop-perçus d’Hydro-Québec qui place son parti dans une position inconfortable.

Dans l’opposition, la Coalition avenir Québec (CAQ) estimait que les Québécois avaient payé 1,5 milliard $ de plus que ce qu’ils auraient dû sur leur facture d’électricité entre 2008 et 2016. Elle exigeait le remboursement complet des trop-perçus. Mais une fois arrivée au pouvoir, la CAQ n’en a rien fait.

La proposition du ministre Julien a été «bricolée sur un coin de table», selon les partis d’opposition, qui craignent qu’elle n’avantage injustement Hydro-Québec et qu’elle n’augmente les tarifs d’électricité au lieu de les réduire. En outre, ils rappellent que les 500 millions $ allaient de toute façon, selon la loi, être remis aux Québécois sur deux ans.

Le gouvernement Legault a refusé d’abandonner son projet de loi. Jeudi, il lui a d’ailleurs permis d’atteindre la prochaine étape du processus législatif, soit celle de l’étude détaillée.

Le processus d’adoption d’un projet de loi est le suivant : la présentation, les consultations en commission, l’adoption du principe, l’étude détaillée, la prise en considération du rapport de la commission, l’adoption puis la sanction. 

Politique

Projet de loi sur le taxi: le bâillon évité

La menace de bâillon sur la réforme de l'industrie du taxi a finalement été écartée: le gouvernement caquiste et l'opposition sont parvenus à s'entendre pour adopter le controversé projet de loi 17 jeudi soir.

Le projet de loi pourrait bien ne pas mettre fin à la crise qui secoue ce secteur depuis plusieurs années, en raison de l’arrivée de la multinationale Uber. Les 800 millions $ promis en indemnisation ne suffisent pas pour apaiser les joueurs du taxi.

«C’est la fin de l’industrie, a déclaré Omar Berri, un des représentants du monde du taxi, au sortir de la commission parlementaire. [...] La crise, elle est là, et elle va durer longtemps.»

Mercredi, le premier ministre François Legault avait menacé de recourir au bâillon pour forcer l’adoption expéditive de la pièce législative de 275 articles avant l’échéance d’un projet pilote avec Uber la semaine prochaine. En cas de vide juridique, Uber serait devenu illégal.

Jeudi, Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont pu obtenir des concessions du gouvernement, par conséquent ils ont consenti à raccourcir les procédures pour une adoption rapide.

«Il y a toujours un risque à se rendre en bâillon, a justifié le leader parlementaire péquiste, Martin Ouellet, en conférence de presse en début de soirée. Le gouvernement aurait pu retirer des choses du projet de loi et l’industrie aurait été encore plus perdante, alors que la durée des débats est verrouillée.»

Des gains «théâtraux»

QS a notamment pu obtenir un rapport sur le projet pilote d’Uber, ainsi qu’un engagement pour électrifier la flotte de taxis d’ici à 2050. Le rapport qui a été distribué par la suite est largement caviardé : on relève que les redevances versées par Uber pour moderniser l’industrie s’élèvent à 30 millions $ au total sur près de trois ans, mais beaucoup de données sont oblitérées.

«Les gains de Québec solidaire sont théâtraux, a tranché le porte-parole libéral en matière de transports, Gaétan Barrette. Je pense plutôt que le ministre [des Transports, François Bonnardel] a gagné sur QS en lançant en pâture trois pièces documentaires.»

«Le rapport ne permet pas de juger de l’impact des nouveaux joueurs, il est inutile pour bonifier le projet de loi», a déploré le porte-parole péquiste, Joël Arseneau.

Le Parti libéral s’est vanté d’avoir fait des «vrais gains», notamment en faisant augmenter les indemnisations aux propriétaires de permis de taxi, leur versement forfaitaire rapide aussi, ainsi qu’une partie des contrats gouvernementaux.

L’opposition officielle libérale a néanmoins résolu de voter contre ce projet de loi «mal rédigé», qui fait entrer dans une «ère pleine d’inconnues».

De son côté, le PQ a obtenu que le ministre présente un bilan de la déréglementation dans trois ans. Aussi, autre gain: la table de concertation aura comme mission de se pencher sur l’effet de la multiplication des permis de taxi sur les territoires.

Le nouveau cadre législatif, adapté à l’arrivée d’Uber sur le marché, bouleversera l’industrie. En guerre avec le gouvernement, le monde du taxi a manifesté dans plusieurs villes et condamné encore jeudi le projet de loi.

Le gouvernement Legault s’est engagé à verser plus de 800 millions $ aux propriétaires de permis de taxi pour les indemniser pour la perte de valeur de leurs permis depuis l’arrivée d’Uber. Toutefois les propriétaires demandaient plus 1 milliard $.

Élections 2019

Propos Anti-islam de candidats bloquistes: les excuses suffisent à Blanchet

OTTAWA — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’excuse au nom des cinq candidats qui ont tenu ou partagé des propos anti-islam dans un passé récent, mais il ne voit pas la nécessité de leur montrer la porte.

Le Journal de Montréal a rapporté que les candidats Caroline Desbiens (Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix), Lizabel Nitoi (Marc-Aurèle-Fortin), Valérie Tremblay (Chicoutimi-Le Fjord) et Claude Forgues (Sherbrooke) ont tenu ou partagé des propos anti-islam sur les médias sociaux entre 2013 et 2019.

Mme Desbiens, par exemple, mentionnait en 2013 la nécessité de faire avancer la charte des valeurs du Parti québécois, de peur que les femmes du Québec soient toutes obligées de porter le voile islamique dans un futur proche. M. Forgues a partagé en avril dernier une vidéo accusant l’islam d’être une «maladie».

À cela s’ajoute la candidate dans Saint-Maurice-Champlain, Nicole Morin, qui avait partagé en 2017 une vidéo du groupe identitaire La Meute.

Aux électeurs de juger

En arrivant au Musée canadien de l’histoire, jeudi en fin de journée, pour participer au dernier débat des chefs, M. Blanchet a réitéré, comme il l’avait dit plus tôt dans un communiqué, que ce serait aux électeurs québécois d’être les juges ultimes de cette affaire.

«Je suis très confiant que les autres chefs de parti vont accepter les excuses comme étant une démarche acceptable», a-t-il dit aux journalistes, en pointant vers les autres formations politiques qui ont eu leur lot de candidats problématiques.

«Il y a des candidats qui sont présentement candidats qui ont fait des erreurs de jugement, qui se sont excusés et qui sont toujours candidats», a-t-il fait remarquer.

Dans le communiqué transmis plus tôt, M. Blanchet a dit qu’il a «parlé personnellement» à ses cinq candidats et qu’ils «regrettent tous d’avoir partagé dans le passé des vidéos ou messages contenant des propos inappropriés».

Il n’a mentionné à aucun moment que la cible des attaques de ses candidats était la religion musulmane.

Les cinq candidats éclaboussés ont partagé le même message d’excuses, à quelques mots près et à quelques minutes d’intervalle.

«Je tiens à réitérer mon appui total et complet aux valeurs et au programme au Bloc québécois qui d’aucune façon ne prône des mesures allant à l’encontre de quelque communauté que ce soit, culturelle ou religieuse», ont-ils écrit.

«Si mon geste a pu offenser, je m’en excuse sincèrement, telle n’était pas mon intention. Ceci illustre la nécessité de réfléchir sur notre façon d’exercer notre liberté d’expression dans ce nouveau mode de communication et sur la responsabilité que nous avons tous à cet égard compte tenu de la très grande facilité à partager sur les réseaux sociaux», ont-ils répété en chœur.

«Troublants»

Jagmeet Singh estime que les propos anti-islam des candidats du Bloc québécois sur les réseaux sociaux sont «troublants».

Appelé à réagir, jeudi matin, le chef néo-démocrate a dit qu’il faut dénoncer toutes les formes de haine, peu importe le groupe visé. Il revient cependant au Bloc de décider de garder ces candidats ou non, estime M. Singh.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, s’est dite «terriblement déçue» des excuses des candidats, qui sont insuffisantes à son avis.

Mme May croit que le prédécesseur de M. Blanchet, Gilles Duceppe, n’aurait jamais accepté de tels propos de la part de ses candidats. «Ce n’est pas le Bloc que j’ai connu», a-t-elle lancé à son arrivée au débat des chefs.

«On pensait que ce serait le Parti populaire de Maxime Bernier qui aurait des candidats qui auraient fait des déclarations racistes et haineuses», a accusé Mme May.

M. Bernier n’y voit aucun lien avec sa propre formation politique. «Dans notre parti, on ne tolère pas les propos comme ça», a-t-il affirmé, ajoutant qu’en fin de compte, «l’important, c’est qu’ils s’excusent de leurs propos tenus dans le passé».

Politique

Libéraux, néo-démocrates et verts appuient l’idée d’une instance pour juger les erreurs judiciaires

TORONTO - Trois des quatre grands partis nationaux appuient l’idée d’une instance indépendante, de type britannique, qui serait chargée de se pencher sur de possibles erreurs judiciaires, a soutenu cette semaine un groupe de pression.

Selon Innocence Canada, seuls les conservateurs n’ont pas encore pris d’engagement pour la création d’un tel mécanisme, qui serait, estime l’organisme, bien plus efficace que le système actuellement en vigueur au Canada: une demande de révision auprès du ministre de la Justice.

Une fois que tous les recours judiciaires sont épuisés - et même si de nouvelles preuves, cruciales, sont recueillies -, la seule option pour une personne reconnue coupable d’un crime qu’elle n’aurait pas commis est de demander au ministre de la Justice d’intervenir personnellement, au motif qu’il y aurait eu déni de justice. Le ministre peut alors exiger la tenue d’un nouveau procès ou demander à une Cour d’appel de décider de la suite des choses.

Élections 2019

Les résistants de la «vague orange» espèrent survivre

TROIS-RIVIÈRES — Des 58 députés élus par surprise lors de la «vague orange» de 2011, ils ne sont plus que sept à trimer dur pour leur réélection en 2019. Ils espèrent faire mentir les sondages nationaux qui prédisent leur quasi-extinction dans la province.

À l’entrée d’un magasin à grande surface à Trois-Rivières, le député sortant néo-démocrate Robert Aubin multiplie les poignées de mains et distribue des tracts. Des électeurs, qui le reconnaissent, lui donnent une accolade ou lui disent «bonne chance» de manière bien sentie.

M. Aubin, un ancien enseignant, a été élu contre toute attente en 2011 avec une écrasante majorité de 53,6 % des voix, loin devant sa plus proche adversaire du Bloc québécois Paule Brunelle, qui récoltait 23,8 % des voix.

En 2015, il a su résister à la «vague rouge» des libéraux qui a balayé une partie de la province. Le néo-démocrate a obtenu 31,8 % des voix, devançant à peine son adversaire libéral Yvon Boivin, à 30,2 %.

«J’ai souvent dit que j’avais l’impression d’être la petite maison blanche au Saguenay le soir de l’élection en 2015. Mais la petite maison blanche est encore là et moi aussi», rigole M. Aubin.

«Campagne de candidats»

En cette journée pluvieuse de campagne électorale, un homme plus âgé s’arrête pour aborder M. Aubin : «Quelle couleur?» «Néo-démocrate!», lui répond le candidat. «Ah, vous avez des chances!» lance l’homme avant de s’engouffrer dans le magasin pour faire des achats.

Jean-Claude Dubuc n’est pas de la circonscription. Mais il suit de près la politique et partage ses impressions avec M. Aubin. «Vous autres, je vous en donne deux : Mme [Ruth Ellen] Brosseau pis [Alexandre] Boulerice, analyse-t-il. C’est de valeur pour vous, mais...»

«Je vais avoir un immense plaisir à vous faire mentir le 21», répond le candidat du tac au tac.

Les plus récents sondages nationaux indiquent que le Nouveau Parti démocratique (NPD) performe moins bien au Québec qu’ailleurs au pays. Les néo-démocrates sont en quatrième position dans la province, derrière les libéraux, les bloquistes et les conservateurs.

À Trois-Rivières, la lutte s’annonce d’autant plus intéressante que les conservateurs misent sur l’ancien maire de la Ville, Yves Lévesque, et les libéraux sur celle qui était vue comme sa successeure, Valérie Renaud-Martin.

La remontée du Bloc, après la performance du chef Yves-François Blanchet aux derniers débats, vient pour sa part brouiller les cartes.

Malgré tout, M. Aubin se dit «convaincu d’être encore dans la course» dans sa circonscription. «Cette campagne-ci n’est pas une campagne de chefs, c’est une campagne de candidats», martèle-t-il. Ses électeurs le connaissent depuis les huit dernières années, et ça pèsera dans la balance, dit-il.

Politique

Manif sur le pont Jacques-Cartier: Legault blâme Québec solidaire

Le gouvernement Legault a condamné mercredi le refus de Québec solidaire de dénoncer sans ambiguïté le geste d’éclat des militants écologistes qui ont escaladé le pont Jacques-Cartier, mardi, à Montréal, paralysant la circulation pendant des heures.

Il craint même que les méthodes employées par ces «agitateurs» puissent inspirer les députés solidaires, qui se montrent déterminés à forcer le gouvernement à s’attaquer avec vigueur à la crise climatique dans les mois qui viennent.

Mais loin de s’amender, Québec solidaire (QS) est passé en mode attaque, mercredi, en assumant sa différence et en réaffirmant son refus catégorique de condamner le geste d’éclat commis par les militants écologistes d’Extinction Rébellion, dont une des personnes arrêtées est une organisatrice de Québec solidaire.

Québec solidaire est d’ailleurs le seul des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale à ne pas avoir dénoncé le moyen d’action choisi par les organisateurs pour faire valoir leur point de vue.

«Contrairement aux autres partis politiques, on ne va pas cracher sur ces gens-là», a dit d’emblée le leader parlementaire de Québec solidaire et député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, en point de presse, contrarié de voir le premier ministre et plusieurs ministres attaquer sa formation politique de front sur ce point.

Une des trois personnes arrêtées par la police pour avoir escaladé le pont en vue de sensibiliser la population à la crise climatique est une militante et organisatrice électorale de QS dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, Chantal Poulin, une enseignante au secteur primaire.

Quel modèle cette enseignante offre-t-elle aux enfants? s’est demandé le premier ministre, en mêlée de presse mercredi.

M. Legault a demandé à la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, de «clairement condamner» le moyen d’action pris par les militants écologistes, «un geste illégal» et dangereux. Il l’a exhortée à prendre ses responsabilités.

«Climato-passivité»

Mais selon Gabriel Nadeau-Dubois, le gouvernement ne cherche qu’à faire diversion en agissant de la sorte, pour faire oublier sa «climato-passivité» dans la lutte contre les changements climatiques.

«La planète est en train de cramer», et tout ce qui importe pour le gouvernement «c’est l’attitude de Québec solidaire», a-t-il fait valoir.

La position de Québec solidaire consiste à dire que si le moyen d’action est «pacifique», il est réputé acceptable.

«Quand c’est pacifique et que ça ne vandalise rien, on ne dénoncera pas ça», a tranché le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, en disant souhaiter revenir au débat de fond, soit le plan de lutte aux changements climatiques promis par le gouvernement et attendu de pied ferme par QS.

D’ailleurs, Québec solidaire ne s’en cache pas : dans les prochains mois, le groupe des 10 parlementaires solidaires entend prendre tous les moyens à sa disposition pour faire bouger le gouvernement, «s’il continue d’être climato-passif».

«On va utiliser les règlements du Parlement pour faire en sorte qu’il ne puisse plus continuer à ignorer les 500 000 personnes qui ont marché dans les rues de Montréal» le 27 septembre, a commenté M. Zanetti, sans préciser jusqu’où QS était prêt à aller pour obtenir gain de cause.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, soutient que les députés solidaires ont laissé entendre ces derniers temps qu’ils allaient privilégier «l’obstruction systématique» en Chambre, voire le «blocage» des travaux parlementaires, en vue de «ralentir» l’activité au parlement.

Selon lui, chose certaine, le geste d’éclat de mardi à Montréal n’est «certainement pas la bonne approche pour rallier les gens à une cause».

«Cette forme-là de désobéissance civile, dans une certaine mesure, démobilise les gens, bien plus qu’elle les rallie à l’idée de se mobiliser pour la cause environnementale», selon le ministre Charette, déplorant que certains automobilistes coincés sur le pont Jacques-Cartier mardi «ont manqué un rendez-vous à l’hôpital».

«Il faut condamner Québec solidaire», a renchéri le ministre des Transports, François Bonnardel, en mêlée de presse.

Il reproche à la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, de «ne pas être capable de mettre ses culottes et dire : “C’est pas la façon de faire valoir ses droits”», a-t-il ajouté, déplorant lui aussi que «des milliers et des milliers de personnes» avaient été «prises en otage» par les militants écologistes mardi, un fait inacceptable.

Politique

Le Bloc québécois attaqué par les conservateurs et les libéraux [PHOTOS]

OTTAWA - À 12 jours du scrutin du 21 octobre, le Bloc québécois est la cible d’attaques plus insistantes de la part des libéraux et des conservateurs.

Justin Trudeau décrit la formation québécoise comme impuissante tandis que Andrew Scheer la dit obsédée par la souveraineté.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc, s’en amuse.

«Il y a, dans cette stratégie hautement prévisible des autres partis, une admission et une crainte que le Québec donne pas mal de sièges au Bloc québécois», a analysé M. Blanchet lors d’un point de presse à Gatineau, mercredi.

«Le Bloc ne peut pas mener un plan pancanadien contre les changements climatiques», avait dit plus tôt, à Markham en Ontario, un chef libéral qui en appelait aux intérêts environnementaux des Québécois qui, d’après lui, sont «encore plus que beaucoup d’autres Canadiens» préoccupés par l’environnement.

Le chef conservateur, lui, en appelait aux préoccupations financières des Québécois.

«Notre priorité, c’est de rendre la vie plus abordable et laisser plus d’argent dans les poches des Québécois et Québécoises. La priorité de M. Blanchet, c’est de travailler avec le Parti québécois pour la souveraineté», a affirmé Andrew Scheer lors d’un arrêt à la frontière canado-américaine.

«Les Québécois et Québécoises ont fait un choix l’an dernier. (Ils ont) choisi un nouveau gouvernement. Et maintenant, c’est le temps pour (un) nouveau gouvernement au niveau fédéral qui va renforcer la nation québécoise», a plaidé M. Scheer.

Politique

Chrystia Freeland au Saguenay-Lac-Saint-Jean jeudi

La ministre des Affaires étrangères sortante, Chrystia Freeland, sera de passage dans la région jeudi et vendredi. Celle qui a dû négocier avec Donald Trump sillonnera les circonscriptions en compagnie des candidats, dont Vincent Garneau. Le candidat dans Jonquière, rappelons-le, était le chef de cabinet de la ministre Freeland.

La députée ontarienne n’en sera pas à sa première visite dans la région. En tant que ministre des Affaires étrangères, elle était venue à la rencontre des travailleurs de l’aluminium pour annoncer la levée des tarifs douaniers. Une victoire qui a été célébrée dans les installations de Rio Tinto. La ministre a également d’autres liens importants avec la région, notamment en raison de la négociation sur les droits imposés sur le bois d’œuvre. 

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, c’est elle-même qui aurait manifesté le désir de revenir au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il a cependant été impossible d’en savoir davantage sur son horaire de tournée. 

Élections 2019

Scheer promet à Québec plus de contrôle sur l’immigration

SAINT-BERNARD-DE-LACOLLE — Andrew Scheer a pris une page du livre du Bloc québécois pour venir parler d’immigration au chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle, mercredi.

Le chef conservateur s’est en effet placé devant les nouvelles installations temporaires d’accueil des migrants irréguliers au petit chemin frontalier pour s’engager à «recevoir avec intérêt» les demandes du gouvernement Legault d’exercer un plus grand contrôle sur la sélection des nouveaux arrivants sur son territoire.

«J’appuie (...) la volonté du premier ministre (François) Legault d’exercer plus d’autonomie dans la sélection et les conditions d’accueil de ceux et celles qui veulent immigrer au Québec», a déclaré M. Scheer.

«Je vais donc recevoir avec intérêt les demandes de modifications de l’accord Canada-Québec sur l’immigration», a-t-il promis, sans parler explicitement du test de connaissance des valeurs que veut imposer le gouvernement Legault, ni du désir du gouvernement caquiste de contrôler le nombre de réfugiés et le nombre d’immigrants qui viennent rejoindre leurs familles.

M. Scheer a aussi promis d’agir pour faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers, prenant l’exemple de médecins ou d’ingénieurs qui ne peuvent pratiquer, sans toutefois pouvoir expliquer comment il pensait intervenir, alors qu’il s’agit là d’un domaine de compétence provinciale d’une part et d’une chasse gardée des ordres professionnels, d’autre part.

Resserrement de la frontière

Ironiquement, le chef conservateur a commencé son allocution quelques minutes après l’arrivée de nouveaux demandeurs d’asile au point de passage. Son propos, outre l’ouverture aux demandes du Québec - exprimée également par le Bloc québécois - visait justement à proposer des mesures pour fermer la faille qui permet aux migrants d’entrer au Canada sans être refoulés à la frontière.

M. Scheer s’est ainsi engagé, s’il est élu, à embaucher 250 officiers de plus pour patrouiller à la frontière. Et sans en préciser le nombre, il a dit qu’il déploierait à la frontière, «vers les points chauds des migrants illégaux», des juges de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié afin qu’ils traitent plus rapidement les demandes d’asile.

Le chef conservateur a également promis de renégocier avec les États-Unis l’entente des tiers pays sûrs et, si la négociation n’aboutit pas comme il le désire, d’imposer le principe de cette entente sur toute la frontière canado-américaine.

Cette entente, en ce moment, prévoit qu’un candidat réfugié demande l’asile dans le premier pays sûr où il arrive. S’il tente de passer d’un pays sûr à un autre, en l’occurrence des États-Unis au Canada, pour demander le statut de réfugié, l’entente fait en sorte qu’il sera refoulé aux États-Unis. Cependant, l’entente prévoit le refoulement seulement dans les cas de postes frontaliers et douanes portuaires et aéroportuaires et non pas dans les cas de passages irréguliers, comme le chemin Roxham.

Revoir les niveaux d’immigration

Andrew Scheer a cependant aussi tenu un discours à saveur populiste en parlant d’immigration, tout en demeurant très prudent dans le choix des mots.

Ainsi, il a promis de revoir et fixer les niveaux d’immigration annuellement «selon les intérêts et les besoins du Canada» tout en tenant compte «de notre capacité à accueillir convenablement des réfugiés humanitaires».

Interrogé sur les niveaux actuels, toutefois, il a offert une réponse à la fois neutre et chargée politiquement. «Je ne veux pas, pour des raisons politiques, présenter des chiffres plus élevés ni plus bas. On va arriver à un niveau basé sur les données, basé sur l’information, basé sur les besoins de notre pays», a-t-il répondu, afin d’assurer que, dans l’avenir «les Canadiens (puissent) avoir confiance que nos cibles sont basées sur les preuves, sur les besoins économiques, sur les besoins basés sur la population».

Le chef conservateur a néanmoins joué la carte de l’inquiétude, faisant référence à «une profonde crise de confiance dans l’immigration depuis quelques années», ajoutant qu’une «majorité de Canadiens ont maintenant une impression négative de l’immigration».

Politique

Maxime Bernier présente sa seule mesure environnementale

SAINT-GEORGES-DE-BEAUCE - Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a présenté mardi la seule mesure de sa plateforme électorale pour protéger l’environnement.

Il a l’intention d’accorder plus d’argent à Environnement Canada pour resserrer la réglementation de la protection des eaux et mener des «enquêtes nécessaires» pour s’assurer de la bonne qualité des cours d’eau au pays.

M. Bernier n’a pas précisé combien d’argent il donnerait au ministère pour mener à bien ses enquêtes, mais il a l’intention de payer cette promesse en coupant dans l’aide internationale envoyée aux pays en développement.

Le chef du Parti populaire a fait cette annonce, en Beauce, au lendemain d’un débat où il a fait rire de lui quand il a dit que son parti était le seul défenseur de l’environnement.

Dans sa plateforme sur l’environnement, le Parti populaire promet qu’il se retirerait de l’Accord de Paris, abolirait la taxe libérale sur le carbone et abolirait les subventions aux technologies vertes.

M. Bernier conteste également les consensus scientifiques qui disent que les changements climatiques sont causés par l’activité humaine.

Politique

Scheer frustré par le format du débat

OTTAWA — Au lendemain du seul débat en anglais de la campagne fédérale où six chefs de parti ont pu s’affronter, les uns et les autres sont revenus sur leur performance de la veille.

À Markham, Andrew Scheer s’est plaint du format de l’exercice. À Toronto, Jagmeet Singh a dû expliquer, une fois de plus, sa position concernant la loi québécoise sur la laïcité. À Gatineau, Yves-François Blanchet a exprimé sa lassitude d’avoir eu à discuter, encore, de laïcité. Et à Iqaluit, Justin Trudeau a dit ne pas croire que sa position sur ce sujet lui coûterait des votes au Québec.

«J’étais déçu que je n’ai pas eu beaucoup d’opportunités pour les échanges directs avec Justin Trudeau. [...] Mais ça, c’est le format», a protesté M. Scheer, en arrêt de campagne dans la région torontoise, mardi matin.

M. Scheer ne croit pas avoir raté une occasion de présenter son programme aux électeurs qui, pour la plupart, n’auront pas d’autres débats des chefs à regarder. Répondant à une question de journaliste, il a dressé la liste des promesses qu’il croit avoir bien décrites au débat de lundi.

Le chef conservateur avait entamé ce débat en insultant le premier ministre sortant, l’affublant de deux épithètes — phony et fake — qui ont mené à différentes traductions : faux jeton, faux, poseur ou hypocrite.

Laïcité

Politique

Litige dans le taxi: Bonnardel proposera de nouvelles mesures

Pour tenter de régler le litige qui persiste dans l’industrie du taxi, le ministre des Transports, François Bonnardel, proposera de devancer le paiement des compensations financières.

Ces compensations devaient être étalées sur une période de cinq à six ans, au grand dam de l’industrie. Le ministre parle maintenant d’un «devancement rapide».

Lundi à Québec, il a formulé également d’autres propositions, comme la bonification de 10 à 40 millions $ du programme d’aide pour des besoins particuliers de propriétaires de permis de taxi, qui provient de sommes qui sont actuellement disponibles dans le Fonds de modernisation de l’industrie.

De même, il a proposé la création d’une table de concertation de l’industrie du transport rémunéré de personnes par automobile. Celle-ci verra à conseiller le gouvernement sur les questions reliées au projet de loi 17 qui réforme l’industrie.

M. Bonnardel a réitéré le fait que l’industrie du taxi traditionnel aurait l’exclusivité des contrats de transport adapté conclus avec les organismes de transport «tout en préservant ce service essentiel pour les personnes handicapées».

Il a aussi réitéré que l’industrie du taxi aurait l’exclusivité des courses demandées oralement par téléphone, à un poste d’attente ou hélées dans la rue. Ces taxis continueront d’avoir la possibilité de s’équiper d’un lanternon et d’un taximètre.

Le ministre a toutefois précisé que «certaines de ces nouvelles propositions seront sous réserve de l’adoption d’amendements au projet de loi».

Sa réforme n’est toujours pas adoptée. Et tant Gaëtan Barrette, de l’opposition libérale, que Joël Arseneau, de l’opposition péquiste, ont affirmé lundi qu’il appartenait au ministre de régler rapidement la question de la compensation financière à verser, ainsi que d’autres points en litige, car le temps presse.

Reprise des discussions

Les discussions ont récemment repris entre des représentants de l’industrie du taxi et le gouvernement du Québec dans l’espoir d’en arriver à une entente, alors que le projet pilote qui a permis à Uber de continuer ses activités arrivera bientôt à échéance.

L’Association des taxis des régions du Québec a fait savoir, lundi, qu’elle avait eu des «discussions sérieuses» avec le ministère des Transports. Le ministre Bonnardel l’a d’ailleurs confirmé, évoquant lui aussi des «discussions constructives».

La question des compensations à verser est toujours au cœur du litige, tant pour le montant à verser que pour l’équité dans la distribution.

L’ATRQ, qui représente des intermédiaires du taxi et des propriétaires de permis de taxi dans les régions urbaines et des municipalités rurales, affirme bénéficier de l’appui d’autres regroupements de l’industrie à Montréal et à Québec. Elle estime représenter environ les trois quarts des 8000 titulaires de permis de propriétaire de taxi au Québec.

L’ATRQ revendique une compensation plus importante pour les titulaires de permis de propriétaire de taxi. Elle revendique également une distribution plus équitable.

Elle demande aussi un encadrement «plus concurrentiel» face aux autres acteurs de l’industrie du transport rémunéré de personnes.

Politique

Fermes et chantiers de construction: Boulet exigera plus de prévention

Les employés agricoles et de la construction doivent travailler dans des milieux plus sécuritaires, plaide le ministre du Travail Jean Boulet. Il se prépare à exiger davantage de mesures de prévention pour ces deux secteurs dans un projet de loi qui sera déposé en décembre.

En entrevue au Soleil, le ministre Boulet confie avoir été «ébranlé» par trois accidents de travail mortels survenus au cours des derniers jours. 

Vendredi, une employée en communication du ministère de l’Agriculture a perdu la vie lors d’un tournage sur une ferme produisant des canneberges à Shawinigan. Samedi soir, un employé de l’entreprise Margarine Thibault a été électrocuté à Trois-Rivières, alors que dimanche, un jeune homme de 19 ans de Sherbrooke est mort coincé dans l’engrenage d’un tracteur sur une ferme de Val-Joli.

«Cette conjoncture-là me démontre l’importance de notre réforme en santé et sécurité», lance M. Boulet. Depuis son élection il y a un an, le ministre travaille à dépoussiérer les lois sur les accidents de travail et les maladies professionnelles, qui n’ont pas été réformées en profondeur depuis plus de 30 ans. 

Par exemple, des articles de la Loi sur la santé et la sécurité du travail qui concernent le milieu de la construction ne sont jamais entrés en vigueur. Tout comme les fermes, les chantiers de construction ne sont pas tenus à l’heure actuelle d’appliquer un programme de prévention des accidents. Pourtant, 31 % des 226 décès enregistrés à la suite d’un accident de travail en 2018 se sont déroulés dans le domaine de la construction. «Je trouve particulier qu’il n’y ait pas d’exigences pour ces milieux-là», dit le ministre. 

Réécrire la loi

En 1979, lorsque cette loi a été écrite, le gouvernement avait ciblé des milieux prioritaires, comme la pétrochimie, les mines et les forêts. Aujourd’hui, M. Boulet veut réécrire la loi afin de s’assurer qu’elle soit équitable pour toutes les entreprises, et que les exigences varient en fonction du «niveau de risque» auquel sont confrontés les employés. «Il ne faut pas que ce soit cristallisé dans le temps. Il va falloir tenir compte de l’évolution des risques dans tous les secteurs, parce que le marché du travail change constamment», commente-t-il. 

Prévu pour l’automne, le projet de loi de M. Boulet sera déposé en décembre, avant la fin de la session parlementaire. Il s’y est engagé par une motion la semaine dernière, après que la FTQ, la plus grande centrale syndicale du Québec, ait fait une sortie publique sur l’urgence de cette réforme. «On suit les échéanciers qu’on s’était fixés. Ça avance bien», indique le ministre. 

La rareté actuelle de la main-d’œuvre devrait encourager les entreprises à prendre soin de leurs employés, croit M. Boulet. «Les études démontrent que chaque dollar investi en prévention rapporte jusqu’à 5 $ à une entreprise. Parce que les employés sont plus motivés, que son taux de roulement est plus bas, qu’il y a moins de perte de temps, entre autres.»

Malgré les nombreuses campagnes publicitaires payées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le nombre d’accidents travail est en augmentation au Québec. Il s’établit aujourd’hui à une moyenne de 251 accidents du travail par jour. Il y a quelques mois, le ministre Boulet avait révélé qu’il souhaitait que sa réforme englobe non seulement les maladies physiques, mais aussi les maladies psychologiques.

Politique

Sur le radar cette semaine

Que nous réserve l’actualité cette semaine? L’équipe de sur le radar se penche sur la question.

Élections fédérales

La campagne électorale fédérale se poursuit tout au long de la semaine. À surveiller cette semaine : les deux débats télévisés des chefs de parti, en anglais lundi, et en français, jeudi.

Enfants canadiens en Syrie

L’avocat Stéphane Handfield, spécialisé dans les causes d’immigration, tiendra une conférence de presse concernant le sort d’enfants canadiens qui se trouvent dans des camps en Syrie.

Maternelle 4 ans

La Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale poursuit son étude de la loi 5 concernant la maternelle dès l’âge de 4 ans.

Procès Fradette

Les plaidoiries s’amorceront jeudi au procès d’Ugo Fradette accusé de deux meurtres au second degré, dont celui de son ex-conjointe Véronique Barbe.

Canadien de Montréal

Le Tricolore amorcera sa saison locale en affrontant jeudi les Red Wings de Detroit et samedi, les champions de la coupe Stanley, les Blues de St. Louis, au centre Bell. Auparavant, ils auront fait face mercredi aux Sabres à Buffalo.

Politique

Québec veut interdire le «Bonjour-Hi!» dans les commerces et services publics

Québec cherche le moyen d'interdire la formule «Bonjour-Hi!» pour faire en sorte que le français soit la seule langue d'accueil dans les commerces et les services publics.

C'est ce qu'à affirmé vendredi le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, au terme d'une interpellation de deux heures à l'Assemblée nationale sur le «renforcement de la loi 101».

«Les gens souhaitent être accueillis en français», a-t-il déclaré en mêlée de presse, sans toutefois préciser comment il entendait procéder, concrètement.

Le ministre, qui se dit pragmatique et pour qui les lois québécoises doivent être facilement «applicables», a néanmoins affirmé vouloir donner suite aux motions adoptées unanimement à l'Assemblée nationale.

La plus récente de ces motions, présentée par le Parti québécois (PQ), invitait «tous les commerçants et tous les salariés qui sont en contact avec la clientèle locale et internationale à l'accueillir chaleureusement avec le mot "bonjour"».

Il a cité des données de l'Office québécois de la langue française (OQLF), selon lesquelles l'accueil en français à Montréal serait passé de 84 pour cent à 75 pour cent entre 2010 et 2017.

L'Assemblée nationale tient à l'accueil uniquement en français, a poursuivi le ministre, «et je pense que je vais devoir traduire ça dans des mesures au cours des prochains mois avec la réforme que je vais proposer».

«Il y a un consensus que lorsqu'on se fait accueillir dans un endroit public, c'est le terme "bonjour" qui est utilisé, alors je réponds à la volonté de l'Assemblée nationale», a-t-il ajouté, en assurant ne pas être «dans une logique de police de la langue».

La députée libérale Christine St-Pierre s'est montrée ouverte, vendredi, en affirmant que si le gouvernement présentait un projet de loi en ce sens, elle et son parti l'étudieraient.

«Je suis pour la promotion et la protection du français, a-t-elle déclaré en impromptu de presse. Je suis prête à écouter toutes les propositions que le ministre va mettre sur la table. Je suis prête à discuter avec lui, à travailler de concert avec lui pour faire en sorte que le français puisse être bien protégé au Québec.»

Elle a nuancé son propos en disant que son parti allait toujours défendre les droits et libertés individuelles.

La peur comme moteur de l'action

Plus tôt, le député péquiste Joël Arseneau avait dénoncé le «silence radio» du gouvernement Legault en matière de langue française. Il s'était prononcé en faveur d'une interdiction du «Bonjour-Hi!», en particulier au sein des sociétés d'État.

«On est ouvert à toute mesure qui va permettre de renforcer l'idée que le français est la langue d'usage en milieu de travail et dans la société québécoise», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Il a rappelé la déclaration fracassante de François Legault en campagne électorale, selon laquelle il disait craindre que «nos petits-enfants ne parlent plus français».

«On ne peut pas à la fois dire qu'on a peur pour l'avenir et être paralysé par l'immobilisme. Normalement, la peur doit être un moteur de l'action, et s'il est sincère dans sa volonté d'améliorer les choses (...), je pense qu'il est plus que temps d'aller de l'avant avec un plan d'action.»

Le PQ demande donc au gouvernement Legault:

  • d'étendre l'application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés;
  • d'interdire aux entreprises d'exiger la connaissance de l'anglais lors d'une embauche quand ce n'est pas nécessaire à l'emploi;
  • de mettre en vigueur l'article 1 de la loi 104 qui veut que l'État communique uniquement en français avec les personnes morales.

De son côté, la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire, a dit souhaiter en outre que le gouvernement s'attaque à la protection de la culture québécoise face aux géants du web, applique la loi 101 aux entreprises de juridiction fédérale agissant au Québec, fasse relever l'OQLF de l'Assemblée nationale et interdise la dispensation de programmes en anglais dans les universités francophones.

«Le français, c'est la cinquième langue la plus parlée au monde. On n'a pas besoin d'être gênés de nos programmes», a-t-elle déclaré.

Réagissant à ces demandes, M. Jolin-Barrette a répondu que «tout est sur la table».

Simon Jolin-Barrette a hérité du dossier de la langue française le 4 septembre dernier, lorsque le premier ministre François Legault a choisi de retirer ces responsabilités des mains de la ministre de la Culture, Nathalie Roy.

Politique

Aide aux médias: Legault se défend de créer deux classes de journalistes

Le premier ministre François Legault s'est défendu jeudi de créer deux catégories de journalistes, ceux ayant droit au soutien financier de l'État et les autres.

Il commentait le plan d'aide financière annoncé la veille par deux de ses ministres, Éric Girard, aux Finances, et Nathalie Roy, à la Culture et aux Communications, visant à offrir à certains médias diverses mesures dont un crédit d'impôt de 35 pour cent sur la masse salariale des journalistes et autres employés des salles de rédaction.

Le programme est cependant réservé aux médias écrits, quotidiens et hebdos, de même qu'aux médias web comme La Presse ou le Huffington Post.

En sont donc exclus les médias électroniques, radios et télévisions, et les agences de presse, nommément La Presse canadienne.

Interpellé jeudi matin par la presse parlementaire, le premier ministre a justifié le choix du gouvernement en faisant valoir que, selon lui, la crise qui secoue présentement le monde des médias affectait davantage les médias écrits.

«On a une crise dans les médias écrits qui est plus urgente», a dit M. Legault, faisant référence au Groupe Capitale Médias, présentement sous respirateur artificiel et dont les six quotidiens sont à la recherche d'un acquéreur à très court terme.

Questionné à savoir s'il allait tenir compte du fait que la crise frappait tous les médias, il n'a pas rejeté l'idée d'adopter des mesures universelles, destinées à toutes les entreprises de presse, dans un deuxième temps.

«On ne l'exclut pas», s'est contenté de dire le premier ministre.

Il a rappelé qu'une commission parlementaire s'était penchée dernièrement sur l'avenir des médias, qu'elle remettrait son rapport et que ce dernier serait analysé par la ministre Nathalie Roy.

«Il faut s'assurer que notre démocratie est en santé et ça passe par les médias», a-t-il ajouté, tout en disant vouloir respecter «la capacité de payer des Québécois».

Il s'est dit «très conscient» des «défis importants» rencontrés par les médias électroniques.

Dans une déclaration écrite, le président de Québecor, propriétaire de TVA, Pierre Karl Péladeau, a jugé que «le crédit d'impôt, tel qu'établi actuellement, crée une discrimination envers les journalistes de la télévision».

Québec calcule que quelque 200 médias auraient droit de se prévaloir du crédit d'impôt annoncé, dont pourraient bénéficier, au total, 1200 employés des entreprises de presse.

Le programme vise surtout à compenser l'exode des revenus publicitaires des journaux, au profit des géants américains du web que sont Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA).

En mêlée de presse, le ministre des Finances, Éric Girard, s'est défendu lui aussi d'adopter une approche ayant pour effet de créer une hiérarchie arbitraire entre journalistes des différents types de médias.

Mais il a insisté pour dire qu'il fallait aider les journaux, pour privilégier «l'information de qualité».

«Les médias écrits sont la source de l'information générale de qualité dans notre démocratie», a-t-il soutenu, tout en niant «dénigrer le travail des autres» médias.

Politique

Autochtones: Legault veut garantir l'intégrité du territoire québécois

Le premier ministre François Legault veut garantir l'intégrité du territoire du Québec avant d'adhérer à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Québec solidaire (QS) a demandé au premier ministre, jeudi, de s'engager à «reconnaître et mettre en oeuvre» la Déclaration, comme le recommande le rapport de la commission Viens sur les services gouvernementaux dispensés aux communautés autochtones.

En réponse à la co-porte-parole de QS, Manon Massé, M. Legault a affirmé qu'il voit dans l'adhésion à la Déclaration un risque pour l'intégrité du territoire et le droit à l'autodétermination du Québec.

«Il y a des implications juridiques, a-t-il déclaré en Chambre, à la période de questions. (...) Le droit à l'autodétermination et de s'assurer que le Québec est indivisible, il faut être certain de protéger ça. (...) Donc il faut être prudent. D'accord avec les principes, mais on veut garder le territoire québécois de façon indivisible, protéger l'autodétermination.»

Le principe de l'intégrité du territoire québécois est reconnu depuis le volumineux rapport de la commission Dorion dans les années 1960. Il a été fréquemment invoqué durant tout le débat sur la question nationale, notamment pour répondre au risque de partition de régions souhaitant leur rattachement au Canada.

L'intégrité territoriale est un principe de droit international reconnu, et en vertu de ce principe, l'État du Québec devrait conserver ses frontières si un jour il accède à l'indépendance.

La demande de QS a été formulée au lendemain des excuses présentées par M. Legault aux peuples autochtones, dans la foulée du dépôt du rapport Viens.

Plusieurs articles de la Déclaration de l'ONU ont trait aux territoires occupés par les Autochtones. On peut notamment y lire que «les peuples autochtones ont le droit aux terres, territoires et ressources qu'ils possèdent et occupent traditionnellement ou qu'ils ont utilisés ou acquis», et qu'ils ont le droit de définir leurs priorités pour leur mise en valeur.

Toutefois, il est également stipulé qu'«aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être (...) considérée comme autorisant ou encourageant aucun acte ayant pour effet de détruire ou d'amoindrir, totalement ou partiellement, l'intégrité territoriale ou l'unité politique d'un État souverain et indépendant».

En avril, tous les partis à l'Assemblée nationale, sauf QS, avaient voté en faveur d'une motion rappelant que le territoire du Québec est indivisible et les lois du Québec s'appliquent sur tout son territoire.

La motion avait été déposée par le Parti québécois (PQ) dans le contexte où certaines municipalités avaient menacé de ne pas appliquer la loi sur la laïcité.

Élections 2019

Justin Trudeau à Québec vendredi

Le premier ministre sortant et chef du Parti libéral du Canada Justin Trudeau sera à Québec vendredi, pour ce qui pourrait être sa seule visite dans la capitale québécoise au cours de cette campagne électorale.

M. Trudeau visitera la circonscription de Louis-Hébert, plus précisément un restaurant de Cap-Rouge. Cette circonscription est représentée depuis 2015 par son candidat Joël Lightbound.

M. Trudeau n’avait pas encore mis les pieds dans la région de Québec depuis qu’il a déclenché la 43e élection générale fédérale, le 11 septembre.

En après-midi, M. Trudeau s'arrêtera à Saint-Anaclet, près de Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent.

Par ailleurs, le ministre des Finances Bill Morneau sera à son tour à Québec dimanche.

Élections 2019

Avortement: Scheer se dit pro-vie; les candidats conservateurs de Québec sont pro-choix [VIDÉO]

Après avoir passé deux heures de débat à refuser de dire tout haut sa position personnelle sur le droit à l’avortement, et avoir maintenu ce refus durant le point de presse qui a suivi le débat télévisé au réseau TVA mercredi, Andrew Scheer, jeudi matin, s’est ravisé.

«Je suis personnellement pro-vie», a-t-il dit lorsqu’il est apparu à un événement de campagne dans le sud du Nouveau-Brunswick.

Lorsqu’il a répété, à la demande des journalistes, cette déclaration en anglais, la petite foule de militants l’a applaudi.

«Mais [la] chose important[e] pour tous les Canadiens, tous les Québécois et Québécoises, c’est le fait que j’ai fait un engagement que comme premier ministre, je ne vais pas ouvrir ce débat et je vais voter contre n’importe quelle mesure qui essaie de réouvrir ce débat», a-t-il rappelé, en français.

En anglais, il a dit qu’il avait toujours répondu à cette question de manière «ouverte et honnête» depuis la première fois qu’il s’est porté candidat aux élections fédérales en 2004, en passant par sa campagne au leadership en 2016, et depuis.

Lors de cette campagne au leadership,

M. Scheer n’avait pas voulu joindre sur scène les autres candidats qui s’opposent au droit à l’avortement lors de la manifestation qui envahit la colline parlementaire chaque printemps. Il y avait cependant délégué des députés qui appuyaient sa course à la chefferie pour dire à la foule qu’il était dans son camp.

«Ma position personnelle a toujours été ouverte et cohérente», a-t-il déclaré en anglais, jeudi à Kingsclear.

Mercredi soir, alors que des centaines de milliers de téléspectateurs québécois regardaient le Face-à-face du réseau TVA, M. Scheer avait choisi de ne pas étaler cette «position ouverte».

«Criminel du climat!»

De son côté, le chef libéral Justin Trudeau s’est offert un minuscule bain de foule dans un café où étaient réunis bénévoles et candidats montréalais.

«Hier soir, c’était clair dans le débat», leur a-t-il dit, grimpé sur une chaise. Ce qui était clair, selon lui, c’est le refus du chef conservateur de lutter contre les changements climatiques.

«On comprend, les autres partis pensent qu’il faut agir sur les changements climatiques, évidemment. Mais ça prend un gouvernement pour le faire. Andrew Scheer ne veut pas lutter contre les changements climatiques et le Bloc ne peut pas mettre en place un plan pancanadien pour lutter contre les changements climatiques», a argué M. Trudeau, applaudi par ses militants.

Sorti à l’extérieur du café où se tenait son point de presse du jour, il a été accueilli par les cris d’un manifestant. «Criminel du climat!», a-t-on entendu hurler en anglais à quelques reprises.

«La menace, c’est que Andrew Scheer arrive au pouvoir et on se retrouve dans les années Harper où rien ne se fait pour l’environnement», a offert aux micros des journalistes le chef libéral.

Puis, il a justifié son acharnement sur la question de l’avortement et sur l’opinion personnelle d’Andrew Scheer sur cet enjeu.

«Le débat qu’on est en train d’avoir dans cette campagne, c’est parce qu’on a un chef qui refuse de répondre à une question simple. Est-ce qu’il croit que les femmes ont le droit de choisir, oui ou non?», a-t-il demandé pour la énième fois.

Deux heures plus tard, dans le sud du Nouveau-Brunswick, Andrew Scheer a répondu... non. «Cette idée de s’en remettre à la loi comme il le fait, quand un gouvernement a le pouvoir de changer les lois, est tout simplement irresponsable», disait M. Trudeau, le matin.

«Je pense que les femmes peuvent voir que Andrew Scheer ne sera pas là pour défendre leurs droits», concluait-il.

«Il a eu la chance de le dire mais il ne l’a pas dit», a fait remarquer le chef néo-démocrate Jagmeet Singh à propos de l’admission tardive de M. Scheer. «Ça montre un manque de courage», de l’avis de M. Singh.

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Affaires

Hydro-Québec: éviter le gaspillage en augmentant les tarifs?

Après avoir dénoncé pendant des années la hausse des tarifs d’électricité, François Legault accuse maintenant ses adversaires de vouloir baisser les tarifs d’Hydro-Québec.

«Je trouve ça assez spécial que le Parti libéral, qui supposément est proenvironnement, demande de baisser les tarifs d’électricité, donc de donner des incitatifs pour gaspiller l’énergie. Ce n’est pas une bonne idée», a déclaré M. Legault, jeudi, lors d’un échange avec le chef intérimaire libéral, Pierre Arcand.

Le premier ministre a également rappelé que les Québécois bénéficient déjà des tarifs d’électricité parmi les plus bas au monde.

Pourtant, dans l’opposition, M. Legault estimait que les Québécois avaient payé 1,5 milliard $ de plus que ce qu’ils auraient dû sur leur facture d’électricité entre 2008 et 2016. Il exigeait le remboursement complet des trop-perçus, estimant qu’ils correspondaient à une «taxe déguisée».

Son gouvernement a donc déposé, le 12 juin dernier, le projet de loi 34 censé remédier à ce problème, mais qui affaiblirait les pouvoirs de la Régie de l’énergie au profit d’Hydro-Québec.

Coalition contre la CAQ

Jeudi, une coalition regroupant le Parti libéral du Québec (PLQ), Québec solidaire (QS), le Parti québécois (PQ), ainsi que des entreprises et des groupes de protection des consommateurs, a dénoncé le projet de loi qui non seulement ne permet pas au gouvernement de redonner aux Québécois 1,5 milliard $, mais qui risque de rehausser les tarifs, selon elle.

«Le gouvernement a vraiment réussi tout un tour de force en coalisant toute sorte de monde qui, d’habitude, ne sont pas d’accord, a déclaré la députée Ruba Ghazal, de QS. Ce projet de loi est extrêmement mauvais pour les Québécois.»

«Non seulement ce projet de loi est mal rédigé, il a été improvisé, il a été bricolé sur un coin de table, mais [...] il avantage seulement une seule institution, et c’est Hydro-Québec», a ajouté le député libéral Saul Polo.

La coalition a exigé le retrait immédiat du projet de loi, faute de quoi elle menace d’avoir recours à toutes les tactiques possibles pour bloquer son adoption. «Le gouvernement est en train de commettre une erreur majeure, a affirmé le péquiste Sylvain Gaudreault. Ça vient menacer non seulement le revenu disponible des ménages, mais ça vient menacer également les projets d’investissement dans les régions du Québec.»

Suivre l’inflation

Ensemble, ils ont brandi un sondage Angus Reid réalisé pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) qui suggère que la grande majorité des répondants croient que la Régie de l’énergie doit continuer à approuver chaque année les hausses de tarifs d’électricité.

Selon 84 % des répondants, la Régie devrait continuer à valider annuellement les tarifs d’électricité d’Hydro-Québec. Quelque 80 % des personnes interrogées voudraient que Québec accorde à la Régie encore plus de pouvoir de surveillance sur la société d’État, et 59 % se disent prêtes à payer 1 $ de plus sur leur facture pour financer une meilleure surveillance du monopole d’État.

S’il est adopté, le projet de loi 34 remettrait 500 millions $ aux clients d’Hydro dès 2020, mais abolirait le système annuel d’évaluation des tarifs d’électricité par la Régie de l’énergie. Les tarifs seraient plutôt gelés lors de la première année, puis fixés en fonction de l’inflation.

Au cours des quatre dernières années, les hausses de tarifs se sont plutôt situées en deçà de l’inflation, passant de 0,7 % en 2016, à 0,7 % en 2017, à 0,3 % en 2018 et à 0,9 % en 2019.

Après 2025, en vertu du projet de loi, Hydro-Québec devra demander à la Régie de l’énergie de fixer de nouveaux tarifs tous les cinq ans, et non chaque année, comme c’est le cas actuellement.

Jeudi, QS a présenté cette motion en Chambre : «Que l’Assemblée nationale prenne acte de l’unanimité des oppositions au sujet du projet de loi 34, [...] qu’elle prenne acte du rare front commun entre organisations patronales, organismes de protection des consommateurs et grands industriels contre ce projet de loi, et que l’Assemblée nationale demande au gouvernement de retirer ce projet de loi.»

Le gouvernement Legault a refusé de débattre de la motion.

Politique

Les images de Trudeau maquillé pourraient servir à désinformer avant le vote

OTTAWA — Une nouvelle étude américaine prévient les Canadiens que les photos et la vidéo de Justin Trudeau le visage couvert de maquillage noir ou brun risquent d'être exploitées par des gens qui cherchent à semer la confusion, la division et la haine avant le vote du 21 octobre.

Des chercheurs du centre Shorenstein de la Harvard Kennedy School ont déclaré qu'ils voyaient déjà de fausses images liées à la controverse circuler en ligne et être partagées parmi des individus ayant déjà amplifié la désinformation dans le passé.

Les chercheurs soulignent qu'il existe un risque réel pour les élections canadiennes. Certaines personnes, incapables de discerner le vrai du faux, pourraient tout simplement se désengager complètement de la politique, redoutent-ils.

«Le résultat est que l'on retrouvera beaucoup moins de voix et que l'on aura des élections et des démocraties moins dynamiques et saines», conclut le projet de recherche sur la technologie et le changement social.

Politique

Ring de boxe et turban avant le premier débat complet de la campagne

Les quatre chefs fédéraux se préparent à croiser le fer pour la première fois mercredi soir pour le débat «Face-à-Face» de TVA, alors qu’un sondage met les libéraux et les conservateurs à égalité.

En matinée, le chef libéral Justin Trudeau s’est entraîné à la boxe avec l’entraîneur Ali Nestor, alors que le chef néodémocrate Jagmeet Singh s’est rendu au Marché Atwater pour y acheter des collations pour son équipe de préparation de débat.

Les deux autres chefs, Andrew Scheer et Yves-François Blanchet, ont préféré faire profil bas pour se préparer au débat.

Politique

Les conservateurs s’engagent à empêcher le rejet d’eaux usées non traitées

MONTRÉAL - Un gouvernement conservateur travaillerait avec les provinces et les municipalités pour empêcher le rejet d’eaux usées non traitées dans les cours d’eau.

Le chef Andrew Scheer ne fait pas campagne, mercredi, afin de pouvoir se préparer au débat en français à TVA en soirée. C’est donc son lieutenant québécois Alain Rayes qui a fait l’annonce.

«Nos cours d’eau ne devraient pas servir de décharges toxiques, et nous avons la responsabilité de protéger ces biens naturels vitaux pour les futures générations», a-t-il indiqué.

M. Rayes a fait cette annonce devant le fleuve Saint-Laurent, où la Ville de Montréal a déversé 8 milliards de litres d’eaux d’égout non traitées juste après l’élection de 2015, afin de pouvoir réparer une immense conduite.

Environnement Canada estime que de 2013 à 2017, plus de mille milliards de litres d’eaux usées non traitées ont fui ou ont été volontairement rejetés dans les cours d’eau du pays.

Politique

Le Bloc québécois propose des déficits plus modestes dans son cadre financier

MONTRÉAL - Le Bloc québécois ne propose pas de retour à l’équilibre budgétaire, mais estime pouvoir contrôler les déficits du gouvernement fédéral avec de nouvelles sources de revenus.

Le parti a dévoilé mercredi le cadre financier de sa plateforme électorale, alors que le chef Yves-François Blanchet se préparait à son premier débat électoral en français en soirée.

«C’est un plan qui respecte l’expertise et les champs de compétence de Québec, tout en correspondant à ses besoins réels», a déclaré M. Blanchet dans un communiqué.

Le Bloc propose des déficits stables oscillant entre 12 milliards $ et 18 milliards $ chaque année, mais prévoit à terme que le déficit sera de 5,5 milliards $ de moins que le solde budgétaire du directeur parlementaire du budget.

Politique

Libéraux et conservateurs toujours au coude à coude à mi-parcours, selon un sondage Léger

MONTRÉAL - Les résultats d’un nouveau sondage sur les intentions de vote des Canadiens semblent démontrer que les chefs fédéraux ont fait du surplace alors que l’on vient pourtant de franchir la mi-course de la campagne électorale. Libéraux et conservateurs sont toujours au coude à coude, loin devant leurs adversaires.

Les allers-retours d’un océan à l’autre, les controverses, les annonces et les attaques politiques n’ont eu que bien peu d’effet sur les électeurs, d’après la plus récente enquête menée par Léger pour le compte de La Presse canadienne, du 27 au 30 septembre.

Comme c’est le cas depuis le déclenchement de la campagne, le Parti libéral du Canada (PLC) et le Parti conservateur du Canada (PCC) demeurent à égalité avec chacun 34 pour cent des intentions de vote.

Loin derrière, le Nouveau parti démocratique (NPD), à 14 pour cent, et le Parti vert du Canada, à 11 pour cent, se battent toujours pour la troisième place au vote populaire. En queue de peloton, le Parti populaire du Canada (PPC) ferme la marche avec deux pour cent.

Au Québec toutefois, le Bloc québécois semble en voie de remporter son pari de brouiller les cartes alors qu’il s’immisce dans le peloton de tête. La formation menée par Yves-François Blanchet perd cependant un peu de terrain au profit du PCC.

Les électeurs québécois favorisent, eux aussi, les libéraux à 34 pour cent, mais ils ne sont que 25 pour cent à soutenir les conservateurs, contre 21 pour cent pour le Bloc québécois. Le NPD n’obtient que dix pour cent d’appuis au Québec, suivi du Parti vert avec huit pour cent et du PPC de Maxime Bernier avec deux pour cent des intentions de vote.

Politique

Le gouvernement du Québec aura son centre de cyberdéfense

Le gouvernement du Québec se dotera cet automne d’un centre de cyberdéfense. L’objectif est de mieux protéger les données qu’il possède de menaces venant autant d’employés à l’interne que de pirates informatiques externes.

«C’est clair que les mesures de protection qui sont en place ne sont plus suffisantes», constate Éric Caire, ministre délégué de la Transformation numérique gouvernementale, en entrevue au Soleil.

Politique

Absence de Legault aux funérailles de Chirac: malaise de l'opposition

L'absence du premier ministre François Legault aux funérailles de l'ex-président français Jacques Chirac, lundi, à Paris, n'est pas passée inaperçue, compte tenu des relations étroites et privilégiées entretenues depuis des décennies entre la France et le Québec.

Dans les rangs de l'opposition, le choix du premier ministre a étonné, voire choqué, alors que les chefs de gouvernements de quelque 80 pays ont convergé vers Paris pour rendre un dernier hommage à M. Chirac, réputé être un grand ami du Québec.

Élections 2019

Scheer couperait dans l’aide internationale

TORONTO — Sitôt présentée, sitôt critiquée. Les adversaires d’Andrew Scheer ont tourné au ridicule l’idée du chef conservateur de couper dans l’aide internationale du Canada s’il est élu premier ministre.

La campagne tournait au ralenti en cette 21e journée, mardi, alors que quatre chefs se préparent au premier débat en français organisé par TVA mercredi en soirée.

M. Scheer était le seul parmi eux à présenter une importante pièce de sa plateforme — coupant l’herbe sous le pied à ceux qui lui demandent comment il paiera pour ses promesses tout en retournant à l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans.

De passage à Toronto, le chef conservateur a annoncé son intention de réduire l’aide étrangère de 25 % — soit 1,5 milliard $ par année — pour offrir des baisses d’impôt et des crédits d’impôt aux Canadiens.

Il a justifié cette décision en disant que ces sommes sont versées «à des régimes corrompus et à des pays à revenu moyen et élevé» qui n’en auraient pas besoin.

Une part de 700 millions $ par année en aide internationale serait par ailleurs redirigée vers les pays qui en ont le plus besoin, comme ceux de l’Afrique subsaharienne. M. Scheer a soutenu que le Canada était trop généreux avec des «pays à revenus moyens et élevés» tels que l’Argentine, le Brésil et l’Italie. Et l’argent des contribuables canadiens, a-t-il ajouté, ne devrait pas aller à des «régimes répressifs», comme en Iran et en Corée du Nord, qui sont «hostiles aux intérêts et aux valeurs du Canada».

«Nous allons renforcer les allégeances traditionnelles avec les pays qui partagent les valeurs canadiennes», a-t-il dit.

Un gouvernement Scheer couperait également les vivres à l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), qui vient en aide aux réfugiés palestiniens au Proche-Orient — comme l’a fait l’an dernier l’administration américaine de Donald Trump.

«À une époque où les Canadiens travaillent plus fort que jamais, [le chef libéral Justin] Trudeau utilise l’argent des contribuables durement gagné pour soutenir des organisations antisémites et soutenir des dictatures étrangères», a déclaré M. Scheer.

Les dépenses du Canada en aide internationale représentent environ 0,27 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui est loin de la cible de 0,7 % fixée par l’Organisation des Nations unies (ONU). M. Scheer rétorque que son but n’est «pas de gagner l’appui des Nations unies», mais bien de venir en aide aux Canadiens d’abord. Il ne croit pas, par ailleurs, que son approche aura un impact sur les efforts du Canada pour obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le chef conservateur a déclaré que son gouvernement concentrerait ses efforts sur la construction d’un «nouveau consensus international [...] sur la protection des enfants dans les zones de conflit».

Trudeau et Singh répliquent

En banlieue de Toronto, le chef libéral Justin Trudeau y a vu une autre preuve qu’un gouvernement Scheer ne combattrait pas les changements climatiques de manière globale.

«Le plan sur le climat d’Andrew Scheer consiste à encourager de l’action dans d’autres pays autour du monde. Mais là, on voit qu’il veut limiter la capacité de ces pays-là de prendre des actions pour contrer les changements climatiques», a-t-il dit.

Politique

Conservateurs et libéraux insistent sur leurs différences

OTTAWA - À mi-chemin de la campagne électorale, lundi, le chef libéral utilisait le contrôle des armes à feu pour exposer la différence entre lui et son rival conservateur.

Pendant ce temps, le chef conservateur, de passage à Whitby, en Ontario, entamait son apparition médiatique par une critique sévère de la plateforme libérale dévoilée dimanche.

Et alors que Justin Trudeau et Andrew Scheer tentent de convaincre les Canadiens que le choix du 21 octobre se limite à voter libéral ou conservateur, Yves-François Blanchet continue de miser sur l’élection d’un gouvernement minoritaire. Le chef bloquiste invitait, lundi matin, le mouvement syndical à se rapprocher du mouvement souverainiste afin de faciliter l’obtention pour les bloquistes de la balance du pouvoir à Ottawa.

Le chef néo-démocrate, quant à lui, pataugeait encore dans les platebandes des provinces.

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