Politique

Agnès Maltais «brûlée» par 20 ans de vie politique

La seule représentante du Parti québécois dans la région de la capitale, Agnès Maltais, quittera la vie politique au terme de son mandat. Elle se dit «brûlée» par 20 ans de vie politique intense.

Élue la première fois en 1998, la députée de Taschereau, qui a tenu le fort péquiste à Québec, a confirmé mardi après-midi qu’elle entend tourner la page. Une décision qu’elle a prise avant Noël, mais qu’elle a finalement décidé d’annoncer quelques heures seulement avant d’en faire part publiquement.

Elle a appelé son chef, Jean-François Lisée, qui était dans le secret depuis quelques semaines et ils ont ensemble convenu de profiter de cette journée particulière pour le Parti québécois pour ajouter officiellement son nom à la liste des députés péquistes qui ne solliciteront pas d’autre mandat.

Plus tôt en journée, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier (lire plus bas), et sa collègue de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, ont eux aussi annoncé qu’ils ne solliciteront pas d’autre mandat électoral lors des prochaines élections générales, en octobre.

Pour le PQ, il valait mieux y aller d’une journée noire de démissions plutôt que de trop égrener les annonces du genre, ce qui aurait entretenu l’effet d’une désagrégation.

D’autres députés péquistes annonceront toutefois bientôt qu’ils tireront leur révérence à la fin de la présente législature. C’est le cas du doyen de l’Assemblée nationale, François Gendron, qui siège sans interruption depuis 1976; et aussi de Claude Cousineau.

L’ex-ministre des Finances, Nicolas Marceau, fait partie de ceux qui sont en réflexion. M. Marceau n’a pas retourné les appels du Soleil.

Jean-François Lisée a confié que cinq élus de son aile parlementaire réfléchissent à leur avenir.

Plusieurs ministères

«Je n’ai plus l’énergie pour me consacrer à la vie politique à 100%, a expliqué Agnès Maltais. On serait à 45% dans les sondages, je partirais pareil.»

Elle n’a pas caché sa fierté d’avoir fait reculer le gouvernement Couillard sur l’encadrement des discours haineux. Un tel projet portait atteinte à la liberté d’expression, selon elle. M. Lisée a dit qu’elle avait sauvé la clinique d’infirmières SABSA.

Agnès Maltais a été élue à six reprises, bien qu’avec une moins forte avance en 2014. Elle n’a récolté que 451 voix de plus que le libéral Florent Tanlet cette fois-là.

Mme Maltais a entre autres été ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, du Travail et responsable de la Condition féminine. Elle est actuellement porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications.

À Québec, elle est surtout connue pour son rôle de porte-parole du Parti québécois pour les dossiers de la capitale. Elle a été ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale de septembre 2012 à avril 2014.

Politique

Le salaire minimum à 12 $

EXCLUSIF / Des employeurs grinceront des dents, mais le salaire minimum bondira cette année de 75 ¢ l’heure au Québec. Il sera porté à 12 $.

Le salaire minimum passera de 11,25 $ à 12 $ l’heure le 1er mai, a appris Le Soleil. La hausse du salaire minimum au Québec n’a jamais été aussi importante que celle à venir. Des associations d’employeurs le noteront certainement.

Les hausses ont parfois été de 50 ¢ l’heure. La plupart du temps, elles ont cependant été de 25 ¢, voire de 15 ¢. Certaines années, le salaire minimum a été gelé.

L’an dernier, après avoir annoncé une hausse de 50 ¢ pour 2017-2018, la ministre du Travail, Dominique Vien, avait donné des indications de ce que pourrait être le salaire minimum au cours des prochaines années. Elle avait affirmé que si l’économie continuait d’afficher une bonne performance, le «taux général» du salaire minimum pourrait par exemple grimper de nouveau de 50 ¢ l’heure en 2018-2019, ce qui l’aurait porté à 11,75 $.

En conférence de presse, elle avait fait savoir que son objectif était de faire en sorte que le salaire minimum corresponde à la moitié du salaire horaire moyen au Québec en 2020-2021 — et qu’il demeure à ce niveau par la suite.

Or, la croissance économique a été plus forte que prévu. Le salaire moyen pour l’année en cours sera plus élevé qu’anticipé. D’après le ministère des Finances du Québec et les instituts statistiques, il sera de 24,25 $ et non pas de 23,73 $, comme prévu. C’est ce qui expliquerait que le nouveau salaire minimum ne sera pas fixé à 11,75 $, comme on pouvait le croire, mais à 12 $.

«Pour que le salaire minimum corresponde à 50 % du salaire moyen au Québec en 2020, il a fallu décider de l’augmenter de façon plus importante cette année que dans le plan de match de départ, puisque le salaire horaire moyen croît plus fortement que prévu», explique un interlocuteur du Soleil en faisant référence à cette décision du conseil des ministres. Elle a été prise en décembre.

Le salaire minimum des employés à pourboire augmentera aussi le 1er mai. Il passera de 9,45 $ à 9,80 $.

Beaucoup de gens concernés

Selon des données disponibles, près de 353 000 personnes seront concernées par ces hausses, dont quelque 214 000 femmes. Ce chiffre de 353 000 inclut les salariés travaillant au salaire minimum, ainsi que ceux gagnant moins que les 12 $ à venir. Eux aussi verront leur salaire croître.

Québec solidaire et les syndicats réclament que le salaire minimum au Québec soit de 15 $ l’heure. Ils citent l’exemple de l’Ontario où il sera à ce niveau dans un an. Le gouvernement Couillard refuse en arguant que le coût de la vie au Québec n’est pas le même qu’en Ontario. Il fait valoir que ce seuil sera atteint lorsque le salaire horaire moyen québécois sera de 30 $.

Éducation

Un dossier numérique suivra chaque élève du Québec

Tous les enfants du Québec auront bientôt un dossier numérique personnalisé qui les suivra tout le long de leur parcours scolaire, question d’assurer une meilleure transition entre la garderie et l’école, entre le primaire et le secondaire et lors des déménagements.

L’idée évoquée il y a plus d’un an par le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx devient réalité. Elle fait partie de la soixantaine de mesures de la Stratégie 0-8 ans dévoilée mardi au Musée national des beaux-arts de Québec. La Stratégie, qui vise à agir tôt pour détecter et prévenir les difficultés scolaires des enfants, coûtera 1,4 milliard $ d’ici 2022.

Le ministre Proulx souhaite qu’il y ait moins de «ruptures» dans le parcours scolaire des enfants au Québec. Il veut aussi que les parents aient accès à davantage d’information sur leur enfant. Ce dossier numérique unique serait un peu à l’image du dossier santé qui suit chaque patient. 

Peu de détails ont filtré mardi sur les coûts de ce dossier informatique, sur les informations qui s’y retrouveront et sur l’échéancier prévu. Le ministre Proulx a dit vouloir consulter des experts en informatique et en pédagogie, afin de ne pas manquer son coup. «On va prendre le temps de faire les choses comme il faut», a-t-il soutenu, persuadé toutefois qu’«on peut faire davantage que ce qu’on fait, c’est-à-dire à peu près rien.»

M. Proulx dit vouloir s’inspirer de ce qui se fait ailleurs. La France a par exemple développé une application utilisée dans toutes ses écoles publiques. Au Québec, ce sont aux parents de transmettre verbalement de l’information sur leur enfant à la nouvelle école. 

Un dossier standardisé sur chaque enfant est aussi prévu pour juin 2019 dans tous les Centres de la petite enfance (CPE) et les services de garde régis. Celui-ci ne sera pas informatisé toutefois et lorsque le tout-petit atteindra l’âge de 5 ans, il sera remis aux parents, qui auront le choix de le remettre ou non à l’école, a expliqué le ministre de la Famille Luc Fortin.

Ottawa

Nathalie Des Rosiers promue ministre

EXCLUSIF / Quatorze mois jour pour jour après son élection, la députée d’Ottawa-Vanier Nathalie Des Rosiers prendra du galon mercredi alors qu’elle sera nommée ministre des Richesses naturelles et des Forêts à l’occasion d’un remaniement ministériel, a appris Le Droit en primeur.

À moins de cinq mois des élections provinciales, prévues le 7 juin, celle qui occupait les fonctions d’adjoint parlementaire aux ministres de l’Énergie et des Affaires intergouvernementales hérite du ministère qui était dirigé par Kathryn McGarry, qui hérite du portefeuille des Transports.

Le caucus libéral de la capitale fédérale comptera donc dorénavant quatre ministres, Mme Des Rosiers rejoignant ses collègues Marie-France Lalonde (Affaires francophones, Sécurité communautaire et Services correctionnels), Bob Chiarelli (Infrastructure) et Yasir Naqvi (Procureur général) au sein du cabinet Wynne. 

Au terme du remaniement, qui doit être annoncé mercredi en milieu d’après-midi par la première ministre Kathleen Wynne, huit femmes occuperont des « rôles clés au sein du gouvernement », affirme-t-on.

En plus de Nathalie Des Rosiers, élue avec 49 % des suffrages en novembre 2016 à la suite de la démission de Madeleine Meilleur, deux autres députées font leur entrée au conseil des ministres. Daiene Vernile et Harinder Malhi sont respectivement nommées à la tête du Tourisme, de la Culture et des Sports ; ainsi que de la Condition féminine. 

« Dans une conjoncture économique en évolution, notre plan veille à ce que tout le monde en Ontario ait de bonnes chances de réussite. C’est la raison pour laquelle il est si important pour moi que le Conseil des ministres remanié continue à représenter la diversité et la géographie de notre province », a réagi la première ministre Wynne par voie de communiqué.

D’autre part, un jeu de chaises musicales est rendu nécessaire en raison du retrait du cabinet de trois ministres ayant annoncé dans les derniers mois qu’ils ne brigueraient pas les suffrages en juin. 

Il s’agit de Deb Matthews (vice-première ministre, Enseignement supérieur et Formation professionnelle), Brad Duguid (Développement économique et croissance) et Liz Sandals (Conseil du trésor). 

Mitzie Hunter passe de l’Éducation à l’Enseignement supérieur et à la Formation professionnelle, alors qu’Indira Naidoo-Harris ajoute l’Éducation à son portefeuille actuel de la Petite Enfance et de la Garde. 

Quant à Kathryn McGarry, elle hérite des Transports, un poste qui était occupé par Steven Del Duca, lequel prendra la relève au ministère du Développement économique et de la Croissance. 

La présidence du Conseil du trésor est confiée à Eleanor McMahon, aussi nommée ministre responsable de l’Action pour un gouvernement numérique, tandis qu’Helena Jaczek conserve le ministère des Services sociaux et communautaires tout en devenant présidente du conseil des ministres. 

Avocate, spécialiste du droit constitutionnel et ex-doyenne de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, Nathalie Des Rosiers a reçu au fil de sa carrière plusieurs distinctions dont l’Ordre du Canada, l’Ordre de l’Ontario et deux doctorats honorifiques. 

Mère de quatre enfants, la femme de 57 ans est entre autres reconnue à Queen’s Park comme étant la députée ayant présenté en mai dernier un projet de loi privé sur le bilinguisme officiel de la Ville d’Ottawa. 

Son projet, qui s’avérait l’une de ses promesses électorales, a cheminé dans les mois suivants et a été repris comme projet de loi gouvernemental. Au fil du temps, même le maire Jim Watson a fini par changer son fusil d’épaule en ne s’opposant plus à cette désignation officielle.

La mesure sur Ottawa bilingue était incluse dans un projet de loi omnibus qui a été adopté le 14 décembre à Toronto. Elle a permis d’enchâsser le règlement sur le bilinguisme de la capitale dans la Loi sur la Ville d’Ottawa. Dans le futur, un autre maire ne pourra abroger des services en français sans revenir devant la législature. 

Malgré des appels et des courriels répétés, il n’a pas été possible pour Le Droit de s’entretenir avec Mme Des Rosiers mardi soir.

Politique

Justin Trudeau lance la réflexion sur un «nouveau Katimavik» pour les jeunes

Le premier ministre Justin Trudeau, par ailleurs ministre de la Jeunesse, lance une nouvelle initiative nationale de service pour les jeunes, un peu à l’image du programme Katimavik, boudé par les conservateurs.

Et les projets qui seraient contraires au droit à l’avortement, ou à d’autres droits, ne pourraient pas obtenir de subvention du nouveau programme fédéral pour les jeunes, précise le gouvernement libéral.

M. Trudeau a lancé mardi cette nouvelle initiative nationale, Service jeunesse Canada, une promesse électorale des libéraux. Le nouveau programme, doté d’un budget de 105 millions $ sur trois ans, est destiné à permettre aux jeunes « d’être au service de leur communauté, tout en acquérant des compétences et une expérience précieuses », a indiqué le premier ministre.

Dans une vidéo diffusée sur la plateforme Instagram, populaire auprès des jeunes, M. Trudeau a d’abord lancé une « phase de conception » pour donner corps à Service jeunesse Canada. Le gouvernement libéral souhaite que ce programme soit bien en selle en 2019, après consultations avec des organisations nationales, régionales et locales, et bien sûr des jeunes.

En attendant, Service jeunesse Canada offrira son aide à une dizaine d’organismes déjà bien reconnus par le gouvernement — dont les Chantiers jeunesse, la Fédération canadienne de la faune, Katimavik, Repaires jeunesse du Canada, les YMCA, les 4-H Canada et Ocean Wise.

Des projets pourront ensuite être soumis par des écoles, des organismes sans but lucratif et des municipalités. Par ailleurs, Ottawa offrira aux jeunes Canadiens, par l’intermédiaire de l’organisation TakingITGlobal, un accès à du financement aux montants fixes de 250 $, 750 $ ou 1500 $ pour leurs projets de service dans leur communauté. Le gouvernement libéral croit que jusqu’à 4000 jeunes Canadiens de 15 à 30 ans pourraient recevoir un financement d’ici mars 2020.

Ottawa offre enfin un service de jumelage en ligne, par l’entremise de Bénévoles Canada, pour aider les jeunes à trouver des occasions de bénévolat dans leur communauté.

Respect des droits

Et tout comme le programme Emplois d’été Canada, Service jeunesse Canada ne financera pas de projets qui violeraient des droits individuels, y compris les droits liés à la procréation.

Ces projets pourront par exemple prendre la forme d’un jumelage entre un jeune et une personne aux prises avec un problème de santé mentale, ou d’un programme de quelques mois visant la protection d’un milieu humide. Priorité sera aussi donnée à des projets qui favorisent la réconciliation avec les Autochtones.

Mais contrairement à ce que prévoit le programme Emplois d’été Canada, les demandeurs ne seront pas tenus d’attester par écrit que leur mission première ne viole pas de droits individuels : ce sera à Emploi et Développement social Canada de trancher.

Des congrégations religieuses et des organismes de bienfaisance ont critiqué cette nouvelle règle du programme Emplois d’été Canada, qui les oblige à signer une déclaration qui va à l’encontre de leurs croyances. Cette obligation empêcherait par exemple une communauté religieuse d’obtenir une subvention pour payer les moniteurs dans sa colonie de vacances.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a accusé M. Trudeau d’imposer ses valeurs aux autres Canadiens. Dans une lettre au premier ministre, Jim Hughes, président de l’organisme antiavortement Campaign Life Coalition, plaidait quant à lui, plus tôt cette semaine, que l’avortement n’est pas « un droit de la personne », et n’est pas non plus protégé par la Charte canadienne des droits et libertés.

Par ce programme, les libéraux respectent finalement leur promesse électorale de consacrer 25 millions $ par année pour offrir aux jeunes Canadiens l’occasion d’acquérir de l’expérience de vie et des compétences, mais aussi pour aider les communautés. Dans son premier budget, en 2016, le gouvernement libéral promettait 105 millions $ sur cinq ans, et 25 millions $ chaque année par la suite. Le budget de 2017 prévoyait le lancement du programme à l’automne de 2017, un lancement maintenant reporté à 2019.

Politique

Les députés du PQ Alexandre Cloutier et Nicole Léger ne se représenteront pas

QUÉBEC - Deux députés du Parti québécois (PQ) ont annoncé, mardi, qu’ils quittent la vie politique.

Le député du Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a ouvert le bal en déclarant en conférence de presse à Alma qu’il terminera son mandat, mais qu’il n’en sollicitera pas un nouveau lors des prochaines élections générales en octobre.

«Cette motivation qui a toujours été inébranlable m’a quitté progressivement récemment, a-t-il dit. Mon enthousiasme, surtout quand je traverse la réserve faunique des Laurentides pour me rendre à Québec, s’est effrité.»

L’annonce de son départ a été accueillie avec surprise à l’Assemblée nationale.

M. Cloutier, qui est âgé de 40 ans, représente les électeurs de Lac-Saint-Jean depuis 2007. Ancien ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, il est actuellement porte-parole du PQ en matière d’éducation, de recherche, de persévérance scolaire et d’alphabétisation ainsi que vice-président de la Commission des transports et de l’environnement. Il a échoué deux fois dans des tentatives de devenir chef du PQ.

Une autre députée péquiste, Nicole Léger, lui a emboîté le pas mardi.

«Il est temps pour moi de passer le flambeau, a-t-elle dit, en précisant qu’elle allait, elle aussi, terminer son mandat. C’est un choix personnel.»

Mme Léger a été élue une première fois dans Pointe-aux-Trembles lors d’une élection partielle, le 9 décembre 1996. Elle a été ministre de la Famille, déléguée de 1998 à 2001 et en titre de 2012 à 2014. Elle a aussi été ministre de la Lutte contre la pauvreté et l’exclusion de 2001 à 2003.

Mme Léger est aujourd’hui porte-parole de l’opposition officielle en matière de Conseil du Trésor et d’accès à l’information. Elle est aussi vice-présidente de la Commission de l’aménagement du territoire.

D’autres députés du PQ songeraient sérieusement à ne pas solliciter de mandat lors des prochaines élections générales, l’automne prochain.

Le Devoir rapporte que le doyen de l’Assemblée nationale, François Gendron, député d’Abitibi-Ouest, ne sera pas candidat en octobre. Il a été élu sans interruption depuis les élections du 15 novembre 1976.

Le député de Bertrand, Claude Cousineau, aurait également choisi de quitter la politique.

Pour sa part, Le Journal de Québec signale que la députée de Taschereau, à Québec, Agnès Maltais, et le député de Rousseau, dans Lanaudière, Nicolas Marceau, un ancien ministre des Finances, songent eux aussi à abandonner la politique.

Une réflexion similaire serait en cours au Parti libéral du Québec (PLQ). Plusieurs pourraient quitter la politique: les noms des députés de la région de Québec André Drolet (Jean-Lesage), Raymond Bernier (Montmorency), Norbert Morin (Côte-du-Sud), Michel Matte (Portneuf) circulent, ainsi que ceux de Jean-Marc Fournier (Saint-Laurent) et de Jacques Chagnon (Westmount-Saint-Louis).

À la Coalition avenir Québec (CAQ), on n’anticipe pas de départs cette année. «À ma connaissance, tout le monde se représente», a indiqué le député Simon Jolin-Barrette en mêlée de presse à l’Assemblée nationale, mardi.

Éducation

Québec investit 740 millions$ pour la rénovation des écoles en 2018

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a indiqué lundi qu’une somme de 740 millions $ sera injectée pour la remise en état des écoles primaires et secondaires du Québec en 2018, mais une bonne partie de cette somme avait déjà été annoncée.

Une somme de 655 millions $ avait déjà été annoncée; Québec en ajoute encore 85 millions $. De plus, il octroie 15 millions $ en fonds d’urgence pour les travaux qui pressent encore plus.

Le ministre Proulx assure qu’il s’agit tout de même de nouveaux investissements, puisque l’argent n’a pas encore été dépensé.

«C’est 740 millions $ de plus que l’an passé, parce que ce n’est pas le même argent. C’est une somme plus importante que l’an passé, mais c’est à chaque année des montants très importants. Cette année, c’est un montant historique», a commenté le ministre au cours d’une conférence de presse dans une école primaire de Montréal.

«C’est aussi l’année où on a été capable de répondre à tous les projets. Habituellement, un ministre vient vous voir et vous dire «j’ai été capable de répondre à un certain pourcentage du nombre de projets», parce qu’il y en a trop. Cette année, parce que nous avions la capacité, parce qu’on a fait le choix des infrastructures, on répond à l’ensemble des projets qui pouvaient être acceptés», s’est réjoui le ministre de l’Éducation.

De plus, le ministère devance les investissements dans l’année, ce qui permettra aux écoles de planifier leurs projets de rénovation plus tôt et aux entrepreneurs de réaliser plus de projets avant l’été.

CSDM

Cet aspect a été applaudi par la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Catherine Harel-Bourdon.

«Déjà, M. Proulx, vous avez livré ce qu’on vous demandait depuis plusieurs années, c’est-à-dire de donner plus tôt l’autorisation pour les travaux de rénovation. Ça peut paraître pas très gros, deux mois, mais pour les commissions scolaires, ces deux mois-là, c’est important pour aller en appel d’offres et pouvoir procéder aux travaux», a commenté Mme Harel-Bourdon.

Ce sont ainsi 1282 écoles qui pourront présenter leurs projets, qu’il s’agisse de mise aux normes des bâtiments, de réfection de toitures, de remplacement de fenêtres et portes, d’améliorations au système de chauffage, de plomberie, par exemple.

Pour les cinq commissions scolaires de l’île de Montréal, la somme représente 286,7 millions $ pour 414 projets d’infrastructures.

Syndicats prudents

La Centrale des syndicats du Québec, qui représente la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, de même que les professionnels de l’éducation et les employés de soutien scolaire, a applaudi au principe du réinvestissement, en rappelant toutefois que le monde scolaire a subi maintes compressions au fil des ans.

«Après avoir vu ce gouvernement compresser les investissements en éducation pendant des années, tant mieux qu’il manifeste enfin l’intention de réparer les dommages, notamment aux bâtiments. Cependant, c’est bien beau d’annoncer des centaines de millions de dollars en travaux, encore faut-il s’assurer qu’il y a du personnel en nombre suffisant pour les réaliser», a commenté la présidente de la CSQ, Louise Chabot.

Et la dirigeante syndicale estime que les sommes annoncées sont «encore en deçà des besoins réels».

Mairesse

«Prendre cette décision maintenant pour commencer les travaux le plus vite possible, c’est une très bonne nouvelle», a à son tour souligné la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

«Les besoins dans les écoles de Montréal sont grands. Trop d’élèves et de professeurs doivent encore évoluer dans des écoles vieillissantes qui ont grandement besoin d’amour», a-t-elle rappelé.

Politique

Dernier menu législatif avant les élections

La période des questions à l’Assemblée nationale ne reprendra que le 6 février, mais le dernier segment des activités parlementaires avant les élections générales au Québec débute ce mardi. Au menu de cette dernière étape: de grosses pièces législatives, mais aucune pour embarrasser sérieusement le gouvernement Couillard ou susceptible de lui faire mal. Du moins sur papier.

Le dernier coup d’envoi du gouvernement Couillard sera donné mardi matin avec la reprise de l’étude du projet de loi sur l’encadrement du cannabis, un exercice délicat que continue de piloter la ministre Lucie Charlebois. L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador figure parmi les groupes qui défileront au Parlement au cours des prochaines heures.

En tout, une cinquantaine de groupes auront été entendus d’ici la fin de ces audiences parlementaires, mercredi.

Dans ce dossier, le gouvernement n’est pas au bout de ses peines. Il doit encore s’entendre avec les municipalités québécoises pour déterminer la part de la taxe d’accise qu’elles recevront.

L’autre projet qui sera sous la loupe de députés dès ce mardi est porté par Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique. Il concerne le domaine municipal. C’est un fourre-tout grâce auquel, entre autres, lorsqu’il sera adopté, les maires du Québec ne seront plus tenus de consulter les citoyens par référendum pour établir un cimetière, un mausolée ou un columbarium.

En juillet, des citoyens de Saint-Apollinaire avaient refusé qu’un cimetière musulman soit installé sur le territoire de leur municipalité. Le maire Bernard Ouellet s’était montré favorable au projet, mais avait été contraint de tenir un référendum.

Dans le cadre de l’étude de ce projet de loi, les représentants de la Ville de Québec seront présents aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour réclamer davantage de pouvoirs afin d’agir contre des propriétaires négligeant un immeuble de façon éhontée et dangereuse.

D’autres projets de loi présentés l’automne dernier seront soumis à l’examen des parlementaires au cours des prochains jours et des prochaines semaines. Notons celui de Kathleen Weil sur les services dont bénéficie un ancien premier ministre, celui de Carlos Leitão visant à améliorer l’encadrement du secteur financier, celui d’André Fortin modifiant le Code de la sécurité routière et celui de Sébastien Proulx réformant la taxation scolaire.

Après les polémiques…

Plusieurs projets de loi présentés depuis 2014 ont été mis de côté parce que trop controversés. D’autres ont fini par être adoptés après un processus long et laborieux. Présenté en juin 2016, celui sur l’ Unité permanente anticorruption (UPAC) devrait finir par l’être en février. Il n’a cessé de susciter des polémiques politiques.

Faute de temps ou de volonté politique, il n’est pas certain par ailleurs que le projet de loi concernant les chiens dangereux soit étudié et encore moins voté d’ici les prochaines élections générales, en octobre.

Le projet de loi phare à venir du gouvernement Couillard est sans conteste celui sur la révision des normes du travail. Il sera présenté le mois prochain par la ministre Dominique Vien.

Son collègue François Blais déposera pour sa part une pièce législative visant à transformer en «revenu de base» les sommes versées par l’État québécois aux prestataires de la «solidarité sociale» (à ne pas confondre avec l’aide sociale).

Santé

Barrette tassé aussi des négos avec les omnipraticiens

À l’instar de leurs confrères spécialistes, les médecins de famille négocieront l’application des lois 20 et 130 non plus avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, mais avec le comité formé en décembre par le premier ministre Philippe Couillard.

Lorsque la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a appris que le ministre Barrette venait de se voir retirer les négociations entourant l’application des lois 20 et 130 avec les spécialistes, elle n’a fait ni une ni deux et a écrit une lettre au premier ministre lui réclamant d’accorder «le même traitement» à ses membres.

Le 20 décembre, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a annoncé que Philippe Couillard avait décidé de confier au négociateur en chef du gouvernement, Maurice Charlebois, à la secrétaire associée du Conseil du Trésor, Édith Lapointe, et au secrétaire général sortant du Conseil exécutif, le Dr Roberto Iglesias, non seulement les négociations sur l’entente de rémunération et les conditions de pratique des spécialistes, mais aussi le dossier des lois 20 et 130. 

La présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francoeur, s’apprêtait à annoncer le dépôt d’une poursuite pour faire déclarer inopérantes certaines dispositions de la loi 130, qui impose de nouvelles obligations aux spécialistes pour conserver leurs privilèges de pratique en hôpital, lorsqu’elle aurait reçu un appel du premier ministre l’informant de sa décision, a relaté la Dre Francoeur en conférence de presse.

Dans sa lettre envoyée à Philippe Couillard au lendemain de cette annonce, le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, rappelle que sa fédération avait elle aussi transmis une «mise en garde juridique» au ministre Barrette et au sous-ministre Michel A. Bureau concernant les «potentielles violations contenues dans les lois 20 et 130 sur le droit des médecins omnipraticiens à la négociation des conditions d’exercice de leur profession». 

Engagements verbaux et écrits

Le Dr Godin rapporte également que lors des nombreuses discussions entre Québec et la FMOQ ayant mené au renouvellement, en juillet, de l’entente sur la rémunération et les conditions de pratique des médecins de famille, l’équipe de négociation du gouvernement aurait mentionné aux représentants de la Fédération que «toute modification qui pourrait être concédée favorablement aux médecins spécialistes serait accordée également à nos membres sur la base du principe de l’équité».

«Le ministre de la Santé […] a d’ailleurs confirmé par écrit cet engagement dans une lettre datée du 22 septembre dernier. De plus, le ministre de la Santé […] nous a récemment confirmé à plusieurs reprises, verbalement, qu’il n’entendait pas mettre en application la loi 20 considérant les efforts soutenus des médecins omnipraticiens dans l’atteinte des cibles», écrit encore le président de la FMOQ dans sa missive adressée au premier ministre.

«Considérant l’impact important des lois en cause sur les conditions d’exercice de la profession de nos membres ainsi que sur l’engagement convenu, nous vous demandons expressément de nous accorder le même traitement que celui offert aux spécialistes», réclame le Dr Godin.

Dans un message daté du 12 janvier adressé aux membres de la FMOQ, le Dr Louis Godin affirme avoir obtenu une réponse rapide de Maurice Charlebois, qui lui aurait confirmé que «le même cadre de discussion et de négociation serait mis en place avec les médecins omnipraticiens». 

«Dans les semaines à venir, nous amorcerons donc, sûrement dans un contexte beaucoup plus serein d’ailleurs, des discussions avec ce nouveau comité de négociation», conclut le Dr Godin.  

Politique

La position de Trudeau sur l’avortement irrite la droite américaine

WASHINGTON — Fait totalement inusité dans les annales des relations canado-américaines : le programme Emplois d’été Canada fait l’objet de critiques de... la droite américaine. Motif : les organismes canadiens opposés à l’avortement sont maintenant exclus du programme de subventions gouvernementales à l’emploi.

Un ancien conseiller de Donald Trump, plusieurs médias américains, et l’émission matinale favorite du président sur la chaîne câblée Fox News, ont tous pourfendu les explications de Justin Trudeau pour justifier une telle décision. En soutenant que ces groupes opposés à l’avortement ne sont pas au diapason de la société canadienne, le premier ministre a suscité une certaine indignation au sud de la frontière, où cette question demeure controversée.

L’avortement est d’ailleurs un enjeu central dans le processus de nomination des juges de la Cour suprême américaine. L’ex-conseiller de la Maison-Blanche Sebastian Gorka a écrit sur Twitter que M. Trudeau «est un homme répréhensible».

Ce n’est pas la première fois que M. Trudeau est la cible de la droite américaine. Alors qu’il jouit d’une couverture médiatique enviable dans les grands magazines, et de succès relatifs dans les sondages d’opinion américains, il a aussi par moments fait grincer des dents les conservateurs, notamment lorsqu’il a fait l’éloge de Fidel Castro ou salué l’entente à l’amiable conclue avec Omar Khadr. Lors d’un récent rassemblement partisan en Floride, on a entendu quelques huées lorsque M. Trump a prononcé son nom — même si le président a aussitôt défendu ce «bon gars».

La plus récente controverse est liée à une nouvelle directive du programme Emplois d’été Canada. Les organismes canadiens qui souhaitent obtenir une subvention pour embaucher des étudiants devront dorénavant attester que ni leur mission fondamentale ni l’emploi subventionné ne violeront les droits de la personne, dont les droits liés à la procréation. Les groupes antiavortement poursuivent d’ailleurs le gouvernement fédéral sur cette question.

L’affaire a fait l’objet d’un reportage lundi matin à l’émission Fox and Friends. La coanimatrice Rachel Campos-Duffy a plaidé que «ce qu’on voit au Canada arrive souvent chez nous par la suite».

«Il s’agit d’un effort pour museler les pro-vie [...] un signe d’intolérance. Si vous êtes pro-vie, vous ne pouvez pas en parler, sinon vous êtes exclu du programme.»

Concilier croyances et responsabilités

M. Trudeau a discuté de la controverse lundi matin, au cours d’une entrevue accordée à La Presse canadienne. Le premier ministre a expliqué qu’à titre de catholique, il avait rapidement dû concilier ses croyances religieuses avec ses responsabilités de chef politique : il a conclu que ces responsabilités politiques exigent de lui qu’il protège les droits individuels. Et dans ce cas-ci, le droit des femmes de disposer de leur corps l’emporte sur le droit d’obtenir une subvention, a-t-il plaidé.

«Un groupe dont le but avoué est de priver des Canadiens de certains droits, de priver les femmes d’un droit qu’elles ont obtenu de haute lutte pour déterminer elles-mêmes ce qui arrive à leur propre corps, c’est irréconciliable avec la Charte [des droits] ou avec le gouvernement du Canada», a soutenu M. Trudeau. «Le gouvernement du Canada n’est certainement pas tenu de subventionner des groupes qui sont déterminés à priver les femmes de droits qu’elles ont acquis de haute lutte.»