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Mélanie Houde, coordonnatrice à l’intervention à la Maison d’hébergement Le Rivage; Andréanne Nolin, agente du Bureau de prévention et communication au SPS; Nathalie Turcotte, directrice générale du CAVAC; Valérie Gobeil, coordonnatrice du Centre féminin du Saguenay; Dominic Simard, sergent au SPS; Josée Dakin, intervenante suivi externe et prévention au Centre féminin du Saguenay; et Joanie Caro, intervenante à la Chambrée.
Mélanie Houde, coordonnatrice à l’intervention à la Maison d’hébergement Le Rivage; Andréanne Nolin, agente du Bureau de prévention et communication au SPS; Nathalie Turcotte, directrice générale du CAVAC; Valérie Gobeil, coordonnatrice du Centre féminin du Saguenay; Dominic Simard, sergent au SPS; Josée Dakin, intervenante suivi externe et prévention au Centre féminin du Saguenay; et Joanie Caro, intervenante à la Chambrée.

Policiers et maisons d’hébergement: partenaires face à la violence conjugale

Simone Pilote
Le Quotidien
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Si le parcours d’une victime de violence conjugale s’avère, la plupart du temps, être rempli d’embûches, à Saguenay, les intervenants tentent que cela soit différent. En effet, le Service de police de Saguenay et les maisons d’hébergement ont uni leurs efforts dans un objectif commun : améliorer le service aux victimes de violence conjugale.

Le Progrès a rencontré cette semaine tous les membres de ce partenariat unique, après une rencontre réunissant le Service de police de Saguenay, le Centre féminin du Saguenay, le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), la Maison d’hébergement Le Rivage et la Chambrée.

Après quelques échanges, il est facile de comprendre que l’union fait la force et que tous ont à cœur d’aider les victimes de violence conjugale.

Fonctionnant depuis une dizaine d’années, ce partenariat veut favoriser une intervention rapide auprès de ces victimes de violence conjugale, pour les informer sur les ressources disponibles, leurs droits et les recours à leur disposition. Il a permis la mise en place d’un processus complémentaire, et individualisé pour chaque individu.

Une police municipale travaillant en partenariat

Si nous sommes familiers avec le travail « classique » des policiers, nous connaissons moins les actions qu’ils posent en prévention et surtout avec les liens qu’ils créent avec les organismes de la région.

« Ce regroupement est aujourd’hui essentiel afin d’améliorer les interventions des policiers en cas de violence conjugale. En 2021, les policiers de Saguenay sont sensibilisés et outillés face à la violence conjugale », a insisté Dominic Simard, sergent au Service de police de Saguenay.

Ainsi, le corps de police prévoit des formations afin de mieux préparer les patrouilleurs lorsqu’ils interviennent dans une situation de violence conjugale. Ces formations sont offertes par les représentants des maisons d’hébergement.

De plus, un intervenant du CAVAC est toujours présent à la centrale de police de Saguenay afin d’offrir un service spécialisé d’intervention et de l’information sur les droits et les recours des victimes d’un acte criminel.

Des outils de sensibilisation pour prévenir la violence conjugale auprès des jeunes sont aussi développés par la police municipale dans les écoles secondaires de la région.

Un obstacle en pandémie

La pandémie de coronavirus représente un obstacle supplémentaire pour les femmes qui souhaitent échapper à un conjoint violent. En effet, les mesures de confinement ont eu pour effet d’isoler davantage les femmes victimes de violence conjugale.

« Prisonnières » de leur résidence, il leur est encore plus difficile qu’en temps normal d’échapper à la vigilance de leur conjoint pour appeler à l’aide.

Le regroupement a fait preuve de créativité et a surtout mis beaucoup d’énergie afin d’offrir un accompagnement efficace aux victimes en temps de pandémie, ont exposé les intervenants. Les maisons d’hébergement de la région qui leur viennent en aide tiennent à leur assurer qu’elles sont prêtes à les accueillir en tout temps, et ce, malgré les difficultés liées à la crise sanitaire.

« S’il n’y a plus de place dans les centres d’hébergement, il y aura toujours moyen d’aider les victimes. La structure que nous avons créée permet à chaque victime de trouver une solution », a insisté Valérie Gobeil, du Centre féminin du Saguenay.

Une fois la décision prise de dénoncer et de porter plainte, une nouvelle lutte commence, pour de nombreuses femmes victimes de violence conjugale : le parcours judiciaire.

Le système de justice donne souvent l’impression qu’il ne s’adapte pas aux victimes, mais le travail de terrain, lui, progresse, soutiennent les intervenants rencontrés. La concertation entre les différents intervenants, la réflexion sur les réformes juridiques et la sensibilisation, font partie des stratégies mises de l’avant pour faire mieux.

« Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide, les ressources sont prêtes et la structure que nous avons créée à Saguenay en vaut la peine en tout temps », a soutenu avec assurance l’intervenante Josée Dakin.

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Les services et quelques statistiques

De la dénonciation à la demande d’information, les intervenants des organismes membres du partenariat avec le SPS accompagnent la victime. Ces experts maîtrisent le cycle de la violence conjugale. Chaque personne est prise en considération et selon sa volonté. 

Le CAVAC dispense des services de première ligne à toute personne victime d’un acte criminel et à ses proches, ainsi qu’aux témoins d’un acte criminel. L’organisme travaille en collaboration avec les intervenants du milieu judiciaire, du réseau de la santé et des services sociaux et des organismes communautaires.

Le Centre féminin du Saguenay est une maison d’hébergement à Chicoutimi pour les femmes victimes de violence et les femmes en difficulté, accompagnées ou non de leurs enfants. Les objectifs du Centre féminin de Saguenay sont de protéger et donner la sécurité aux femmes et enfants qui vivent une situation de violence, favoriser l’autonomie des femmes dans leur prise de décision et sensibiliser la population et les organismes du milieu à la problématique de la violence conjugale.

La Maison d’hébergement Le Rivage à La Baie est une maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale et pour les femmes en difficulté, de 18 ans et plus, accompagnées ou non de leurs enfants. La maison accueille les femmes vivant de multiples problématiques sociales (violence conjugale, difficulté familiale, dépendance, exploitation sexuelle, itinérance, trouble de santé mentale, etc.).

La Maison d’accueil et d’hébergement La Chambrée située à Jonquière a pour principale mission de venir en aide aux femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants. Elle offre des services gratuits en intervention, prévention et sensibilisation.

En chiffres

Selon les données du ministère de la Sécurité publique, en 2015, l’ensemble des services de police du Québec ont enregistré 19 406 infractions contre la personne ayant été commises dans un contexte de violence conjugale. Ces infractions représentent près du tiers (30,2 %) de tous les crimes commis envers la personne.

Les infractions commises dans un contexte conjugal sont majoritairement des voies de fait, suivi du harcèlement criminel et des menaces.

« La violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique. Elle peut être vécue dans une relation maritale, extra-conjugale ou amoureuse, à tous les âges de la vie », selon la définition du gouvernement du Québec dans son Plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale 2018-2023.