Les policiers belges Michel Terf et Bruno Vandervelden étaient en visite à Saguenay, cette semaine.

Policier belges en visite: La police de Saguenay comme modèle

Les policiers de Saguenay avaient de la grande visite, jeudi soir, au quartier général. Deux policiers belges, Bruno Vandervelden et Michel Terf, ont passé un quart de travail et ont patrouillé avec les agents saguenéens, afin d'en apprendre plus sur la façon dont est pratiqué le métier ici, au Québec. Ils en ont également profité pour découvrir le système de formation des apprentis policiers, qui est bien différent de celui enseigné en Belgique.
Bruno Vandervelden, Michel Terf, Marise Rossignol, Marc Simard, Christian Michaud et Alicia Germain ont passé la soirée ensemble au quartier général, afin d'échanger sur les différences entre les corps de police belge et québécois.
Le sergent Marc Simard de la Sécurité publique de Saguenay s'entretient avec les policiers Michel Terf e Bruno Vandervelden.
C'est un peu en mission que Bruno Vandervelden et Michel Terf sont débarqués au Québec, en début de semaine. « Le ministère de la Sécurité publique belge songe à modifier la façon dont on enseigne le métier à nos policiers. Comme nous avons déjà importé le système de police de proximité du Québec en Belgique, on s'est dit que ce serait bien de venir voir comment les apprentis policiers sont formés ici », a expliqué M. Vandervelden, qui est d'ailleurs directeur de l'École de police de Liège.
Il faut dire que la formation des policiers est très différente d'un pays à l'autre. « Ici, on parle d'enseignement, alors que chez nous, on parle de formation. Nos policiers apprennent sur le terrain et ils sont payés pour être formés. Il s'agit d'une formation de douze mois. Ici, les étudiants vont à l'école trois ans et ils suivent ensuite la formation à Nicolet. Ils paient pour étudier alors que chez nous, ils sont payés. Disons que c'est très différent ! », explique M. Vandervelden. 
Depuis leur arrivée au Québec, les deux agents ont notamment visité l'École nationale de police de Nicolet et le Collège d'Alma, où est enseignée la technique policière. D'ailleurs, deux étudiantes de troisième année d'Alma, Alicia Germain et Marise Rossignol, accompagnaient les deux policiers belges, mercredi. Elles s'envoleront à leur tour pour la Belgique en mars prochain, afin de conclure cet échange.
Jeudi soir, les deux étudiantes et les deux policiers belges avaient rendez-vous au quartier général d'Arvida, où ils ont pu en apprendre davantage sur la façon dont les policiers de Saguenay accomplissent leur travail. Le sergent Marc Simard et le lieutenant Christian Michaud les accueillaient. 
Jusqu'à 2 h du matin, ils ont patrouillé les quartiers de Saguenay et ont pu intervenir auprès de citoyens fautifs. 
« C'est intéressant de voir les différences entre les corps de police. Ça nous donne des pistes de réflexion et des idées qu'on pourrait ramener chez nous », a souligné Michel Terf. 
Alcool au volant
L'alcool au volant, par exemple, est traité bien différemment au Québec, par rapport à la Belgique. Là-bas, la conduite en état d'ébriété, qu'on appelle état d'intoxication alcoolique, n'est pas criminelle, mais plutôt pénale. C'est-à-dire qu'elle mérite un constat d'infraction plutôt qu'un casier judiciaire. 
« Il y a des suspensions de permis, évidemment, mais ça peut être une suspension de 15 jours par exemple, et la personne peut décider de prendre ces 15 jours en juillet ! Il y a des suspensions plus longues, tout dépendamment de la situation, mais ce n'est pas considéré comme un crime, mais plutôt comme un délit », a expliqué l'agent Terf.
La limite permise d'alcool dans le sang est cependant de 0,05 en Belgique, comparativement à 0,08 ici. Notons que la marijuana n'est pas légale là-bas, mais plus ou moins tolérée. 
Droits et libertés
Autre fait intéressant, en Belgique, il n'existe pas de Charte de droits et libertés, ce qui fait en sorte que les policiers n'ont pas à lire les droits des personnes arrêtées. « Ça, c'est très, très différent ! », a indiqué le sergent Marc Simard, en montrant la liste des droits que chaque agent se doit de lire aux personnes appréhendées. 
Bruno Vandervelden et Michel Terf ont également profité de leur passage pour visiter le champ de tir des policiers de Saguenay et s'exercer au 9mm. 
Leur séjour prendra fin dimanche, alors qu'ils reprendront l'avion pour la Belgique. Jusqu'ici, ils se sont dits ravis par leur expérience, qu'ils ont qualifiée de très intéressante. 
De mémoire, c'était la première fois que la Sécurité publique de Saguenay accueillait des policiers étrangers pour une telle activité.