Le couple formé par Serge Provencher et Guylaine Girard espère vivre pour toujours dans leur maison qui est un lieu de rassemblement pour la famille et les amis.

Pointe Langevin: «c’est un deuil à faire»

Des résidants de la pointe Langevin du secteur Vauvert de Dolbeau-Mistassini profitent de leurs derniers moments dans leur maison. Le couple qui habite dans le secteur problématique a notamment fait le deuil de ses projets de retraite alors qu’il s’attend, un jour, à être exproprié en raison de la forte érosion du secteur. Leur propriété fait maintenant face à une dévaluation de 100 000 $.

Pour la prochaine année, le rôle d’évaluation de la résidence appartenant à Serge Provencher et Guylaine Girard encaisse une baisse de 30 %. L’évaluation de 274 000 $ de leur résidence principale a diminué de près de 100 000 $. Les propriétaires se sont prévalus de leur droit de contestation de ladite évaluation.

Au courant des prochains mois, le périmètre de sécurité situé sur ce qui reste de la plage atteindra pratiquement la résidence. Le déplacement de la clôture d’une distance de 20 mètres vers la maison pourrait augmenter la dévaluation.

Le décrochement de terrain survenu la semaine dernière a ravivé l’inquiétude auprès des résidants. « La nouvelle érosion, c’est comme un retour à la réalité. On est rendus là. Tant que ça ne se rapproche pas trop, on ne pense pas qu’un jour, ça sera à nous d’évacuer. Ce qui s’est passé, la semaine dernière, c’est assez important », explique Guylaine Girard.

En cas d’expropriation, un programme d’aide financière de la Sécurité civile permettrait au couple d’obtenir 200 000 $ pour leur résidence principale dont la valeur marchande est d’environ 400 000 $.

Au cours des prochains mois, le périmètre de sécurité situé sur ce qui reste de la plage atteindra pratiquement la résidence.

« C’est un deuil à faire. On se demande où on s’en ira. On pensait être ici toute notre vie. C’est un paradis, ici », fait valoir Serge Provencher, appuyé par sa conjointe.

Le couple doit se rendre à l’évidence, il sera presque impossible de retrouver la même chose. « Nous avons été 15 ans à l’extérieur. Nous sommes revenus parce que nous sommes tombés en amour avec le Lac-Saint-Jean pendant nos vacances. Les terrains disponibles étaient rares et nous avons trouvé celui-ci », raconte Mme Girard.

Ceux qui devront encaisser une perte financière avaient de grands projets sur cette propriété. Il s’agit d’un lieu de rencontre pour la famille, les enfants et petits-enfants, ainsi que les amis.

À travers cette épreuve, ils soulignent la collaboration du maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier. Selon eux, il ne fuit pas la problématique, mais travaille plutôt à l’élaboration de solutions.

Alors que l’incertitude plane quant au sort de la pointe Langevin, les propriétaires qui ont vu la plage diminuer d’une trentaine de pieds lors des 15 dernières années ont déjà pris une décision.

Au courant des prochains mois, le périmètre de sécurité sera aggrandi. Celui-ci devrait rejoindre la résidence du couple qui n’aura plus accès à la plage ni au point d’eau.

« On attend au maximum. Lorsqu’on sera évacués, on espère louer une maison, pour environ un an, afin de bien gérer la transition et ensuite prendre une décision. On souhaite continuer d’habiter le secteur de Vauvert », raconte M. Provencher.

« On fait attention de ne pas se rendre malade avec ça. Il ne faut pas être trop émotifs, c’est dangereux. Toutefois, ça reste un drame », conclut-il.