L’ex-directeur exécutif de Saguenay, Louis Coulombe

«Poignardé dans le dos»

(Stéphane Bégin) – L’ex-directeur exécutif de Saguenay, Louis Coulombe, estime avoir été « poignardé dans le dos » et se dit « assommé » d’apprendre que son rôle était inutile même s’il a travaillé sur plus de 700 dossiers au cours des six dernières années.

Le Quotidien a obtenu une entrevue exclusive avec le dernier employé de l’ancienne organisation de Jean Tremblay à se voir montrer la porte par la nouvelle administration de la mairesse Josée Néron.

« Je ne m’attendais pas à ça. Depuis l’élection de Mme Néron, j’ai demandé à 15 reprises à la rencontrer afin de lui démontrer mon intérêt à continuer à travailler pour la Ville. Mais je n’ai pas pu », lance Me Coulombe, lors d’un entretien dans les bureaux du Quotidien.

« Lorsque j’ai appris que le conseil municipal avait décidé d’abolir mon poste (jeudi passé), j’ai été assommé. C’est comme si on m’avait poignardé dans le dos. On m’a fait une job de bras et en règle à part de ça », ajoute-t-il.

Louis Coulombe a d’ailleurs rédigé une lettre où il s’interroge sur la manière de gérer de l’administration Néron.

L’ancien directeur exécutif, qui avait été avocat au privé durant 20 ans, ne comprend donc pas la volonté de la mairesse de vouloir se défaire de lui de cette façon. 

« Moi je ne voulais pas partir. Je n’ai jamais travaillé pour le Parti des citoyens de Saguenay (PCS) et je n’ai jamais eu d’emploi politique. Je relevais du directeur général. Oui je devais rencontrer le maire Jean Tremblay, de même que tous les élus. Mais je n’ai jamais été dans un cabinet politique. »

« Je ne peux pas dire si Mme Néron estimait que je faisais partie du clan à Jean Tremblay. Elle ne m’a pas parlé. Pourquoi n’est-elle pas venue me voir pour en discuter, pour comprendre ce que je devais faire ? Ça n’aurait pas été compliqué. Elle n’a pas voulu me voir. J’ai vu que ma présence n’était plus souhaitée. J’aurais pourtant voulu discuter afin de trouver une solution », ajoute-t-il.

Sur la table

Louis Coulombe dit avoir tout mis sur la table pour convaincre la nouvelle administration municipale de sa volonté à vouloir poursuivre son travail.

Il estime qu’il lui est difficile de savoir si la mairesse n’avait pas confiance en lui étant donné qu’ils ne se sont pas adressé la parole depuis le 5 novembre dernier (journée de l’élection), selon lui. 

« Est-ce qu’elle craignait que je lui tende un piège ? Avec la loi, tu n’as pas le choix. Tu dois donner les bonnes indications. C’est ce que je faisais depuis mon entrée en poste en 2011. J’ai validé la légalité des décisions de la Ville, j’ai travaillé sur des dossiers juridiques, les investissements et divers projets. Je devais m’assurer que tout était conforme aux lois », d’exprimer Me Coulombe.

S’il touche une indemnité de départ (520 000 $ plus les vacances, pour un total de 560 000 $), Louis Coulombe précise que c’est en raison de l’abolition de son poste avant la fin de son contrat (jusqu’en 2026 avec possibilité de prolongation de cinq ans avec l’accord des deux parties).

« Est-ce que c’est parce que c’est l’argent des autres qu’on agit comme cela ? Nommez-moi une entreprise qui a les moyens de se payer un pareil ego trip ? », déclare-t-il. 

Il ajoute que pour ceux qui croient qu’il a accepté un pont d’or en quittant la firme d’avocats Caïn Lamarre, « ils se trompent ». En 2011, celui qui était associé senior a déclaré des revenus de plus de 400 000 $ aux gouvernements et a signé un contrat à 149 700 $ à la Ville de Saguenay, a-t-il affirmé au Quotidien, papiers en main.


Lorsque j’ai appris que le conseil municipal avait décidé d’abolir mon poste, j’ai été assommé. C’est comme si on m’avait poignardé dans le dos. On m’a fait une job de bras et en règle à part de ça .
Louis Coulombe

L’avocat quitte avec 560 000 $

(Denis Villeneuve) – La ronde des départs à la tête de Saguenay se poursuit. La Ville a conclu une entente à l’amiable avec Me Louis Coulombe à la suite de l’abolition de son poste de directeur exécutif, prévention et éthique, ce qui lui permettra de toucher une indemnité de départ de 520 362 $, soit l’équivalent de 36 mois et demi de salaire.

À ce montant s’ajoute le solde de la banque de vacances accumulées de plus de cinq semaines et demie (223 heures), ce qui représente 20 962 $, ainsi que la banque de vacances pour l’année en cours, qui s’élève à 18 800 $.

En entrevue, Mme Néron a mentionné que le départ de Me Coulombe n’a jamais été guidé par des objectifs de vengeance envers celui qui a été nommé sous l’administration de l’ex-maire Jean Tremblay, mais plutôt par des mesures d’économie.

« Après mon élection, j’ai rencontré le directeur général de la Ville, Jean-François Boivin, et j’ai demandé à voir l’organigramme. Je me suis alors questionnée à savoir quels postes pouvaient être remaniés, voire abolis. Les tâches du directeur exécutif, prévention et éthique, et de la responsable des dons et subventions pouvaient être transférées à d’autres employés. L’abolition de ces deux postes est donc une décision administrative en vue de réaliser des économies dans le futur », a expliqué la mairesse de Saguenay, Josée Néron, par voie de communiqué.

Les conditions de départ offertes à Me Coulombe reviennent à celles du premier contrat signé. « On s’est assis avec Me Coulombe pour une indemnité qui le ramenait au premier contrat, soit 30 mois de salaire, plus un mois par année d’ancienneté plus ses heures de vacances accumulées et celles de 2017. »

Rappelons que le dernier contrat signé avec l’administration Tremblay devait se terminer en 2026 avec possibilité de prolongation jusqu’en 2031, ce qui aurait amené Me Coulombe à la retraite à 65 ans.

La mairesse affirme qu’à la suite de la divulgation des conditions de travail de Me Coulombe, la Ville avait mandaté Me Joël Mercier de Casavant Mercier Avocats pour analyser la légalité de son contrat. Celui-ci s’est avéré conforme aux lois.

« Le contrat de Me Louis Coulombe est légal, certes, mais il est amoral et généreux. Nous veillerons à ce qu’aucun autre contrat du genre ne soit signé à l’avenir et j’ai demandé à Me Caroline Dion qu’elle nous présente un projet de règlement. Nous allons ainsi modifier le règlement intérieur pour nous assurer que l’histoire ne se répète pas », a ajouté Mme Néron. 

Elle a ajouté que cette même politique s’appliquera maintenant à Promotion Saguenay.

Aux citoyens qui trouvent que les contrats d’employés et professionnels signés sous l’administration Tremblay coûtent cher, Mme Néron croit qu’il aurait été beaucoup plus coûteux d’aller en procès et risquer de perdre et avoir à assumer les frais de cour ainsi que ceux de Me Coulombe.

Danielle Godin

Anciennement directrice de l’arrondissement de Jonquière, Danielle Godin a quant à elle été mutée au département communautaire et évènement où elle y assumera le rôle de conseillère.