Lison Rhéaume, directrice régionale de Services Québec, croit que la région dispose encore d’un réservoir de main-d’oeuvre disponible.
Lison Rhéaume, directrice régionale de Services Québec, croit que la région dispose encore d’un réservoir de main-d’oeuvre disponible.

Plusieurs solutions à la portée de la région

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Les entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont l’occasion de compenser la pénurie de main-d’œuvre en profitant du taux régional d’activité de la main-d’œuvre, qui est plus bas qu’ailleurs en province, tout en investissant dans les nouvelles technologies plus productives et dans des initiatives visant à rapatrier les 27 000 personnes ayant quitté la région depuis 20 ans.

Il s’agit là de solutions avancées par des experts présents mercredi midi, au premier Rendez-vous 2020 de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le Fjord, auquel ont participé Pierre Cléroux, vice-président recherche et économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC), Jean-Pierre Lessard, économiste chez Aviseo, et Lison Rhéaume, directrice régionale de Services Québec rattachée au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Environ 180 personnes ont répondu à l’appel de la chambre.

Après avoir dressé un portrait des perspectives économiques mondiales, canadiennes et québécoises, lesquelles devraient être marquées par un ralentissement de la croissance, M. Cléroux a participé à un panel de discussions animé par le rédacteur en chef du Quotidien, Denis Bouchard, où il a été question du comportement du marché du travail régional.

Mme Rhéaume a rappelé qu’en 1986, le solde migratoire régional était négatif, alors que le taux de chômage atteignait 15 % en raison d’un surplus de main-d’œuvre important. « En dix ans, 21 000 personnes ont quitté la région. Au net, ce sont 27 000 personnes qui ont quitté en 20 ans. Ces personnes ont aujourd’hui 45 ans », a expliqué Mme Rhéaume.

En 2020, le Saguenay-Lac-Saint-Jean demeure la 3e région avec le taux de chômage le plus élevé, à 5,3 %. Au fur et à mesure que le taux de chômage baisse, le taux migratoire s’améliore. Si on avait le même taux de chômage que le Québec, 5000 personnes de plus travailleraient, selon elle.

Pierre Cléroux, vice-président recherche et économiste en chef de la Banque de développement du Canada, prédit une croissance modérée de l’économie pour 2020.

Autre observation : les entreprises possèdent un avantage du fait que le pourcentage de postes vacants est l’un des plus faibles.

En 2019, on dénombrait 12 000 prestataires de l’assurance-emploi, 5000 assistés sociaux aptes au travail. Pendant la même période, 2800 postes étaient vacants.

L’une des solutions qui s’offrent à la région est de tenter d’attirer les personnes ayant quitté en leur offrant des emplois intéressants tout en misant sur le fait qu’elles ont encore des racines ici.

M. Cléroux mentionne que la pénurie de main-d’œuvre compétente a des conséquences importantes sur l’économie régionale puisque des entreprises limitent leur nombre de clients et refusent des commandes, entre autres.

Les investissements dans les nouvelles technologies représentent une autre avenue. À ceux qui croient que de tels investissements sont néfastes en termes de création d’emplois, M. Cléroux soutient que des études ont démontré que des entreprises ayant investi pour améliorer leur productivité ont connu une croissance annuelle de 10 % pendant cinq ans sans diminuer le nombre d’emplois.

Indices régionaux

Invité à commenter brièvement le comportement de certains pans de l’économie régionale, M. Cléroux prévoit que le prix de la tonne d’aluminium devrait demeurer stable en 2020.

Jean-Pierre Lessard, économiste associé chez Aviseo Conseil, a rédigé le livre Pour des régions économiquement dynamiques.

Également, la croissance des mises en chantier aux États-Unis devrait être favorable à l’industrie du bois, selon lui, et déjà, on assiste à une augmentation des commandes de bois d’œuvre.

La baisse récente du prix du gaz naturel liquéfié aux États-Unis n’inquiète pas M. Cléroux, concernant le projet GNL Québec. L’économiste affirme que ce type de projet doit être analysé sur une perspective à long terme. Il ajoute qu’on assiste à une croissance de la demande au niveau mondial en raison du fait que plusieurs pays veulent se débarrasser de leur dépendance aux combustibles comme le charbon.