Plusieurs projets miniers en développement dans la région

Cinq projets miniers sont en développement dans la région. Christian Tremblay, un professionnel de recherche au Centre d’études sur les ressources minérales de l’UQAC, a dressé le portrait de ces projets lors du colloque Regard vers le nord, qui s’est tenu à Saint-Prime jeudi devant une centaine d’élus, d’entrepreneur et de manufacturiers d’équipements.

Arianne phosphate

Pour lancer son projet, Arianne Phosphate devra conclure des ententes pour vendre 3 millions de tonnes d’apatite, soutient Christian Tremblay. « Ils ont déjà deux ententes de signées, mais ils n’ont pas précisé les volumes, parce que ce sont des informations stratégiques », a-t-il expliqué, ajoutant qu’Arianne Phosphate produira moins de 10 % de la production mondiale, qui se chiffre actuellement à 45 millions de tonnes. Selon l’expert, l’apatite tirée du Lac-à-Paul, qui servira à la production d’engrais chimique, serait plus pure que ce qu’on retrouve à plusieurs endroits dans le monde, ce qui permettrait de séduire plusieurs clients qui ne souhaitent pas offrir des produits qui contiennent des concentrations plus élevées en cadmium et en uranium.

Periodic

Dans les monts Valins, un petit projet d’extraction de granulat dense est mené par la minière Periodic. « Ils ont déjà commencé l’extraction d’un petit volume l’an dernier, de quelques milliers de tonnes pour faire des tests », note Christian Tremblay, en ajoutant que l’entreprise continue de développer le marché cette année. Les granulats denses sont vendus sur des marchés de niche pour faire du béton spécialisé. Periodic réalise présentement des tests pour qualifier son produit comme étant efficace comme barrière aux radiations, ce qui permettrait de percer un marché médical.

Une centaine d’élus, d’entrepreneur et de manufacturiers d’équipements ont participé à l’événement Regard vers le Nord à Saint-Prime.

Vertical exploration

À Saint-Ludger-de-Milot, Vertical exploration, une entreprise de Vancouver, veut relancer un petit projet d’extraction de walastonite, un minerai utilisé dans l’industrie agricole. « Ils veulent développer le marché pour amender les sols et pour les propriétés insectifuges du matériel », soutient Christian Tremblay. La walastonite étant un silicate de calcium, le minerai permettrait d’apporter des suppléments de calcium et de magnésium, tout en temporisant le pH sur les terres agricoles. Une usine en Ontario ensache déjà ce produit à des fins d’horticulture. Le projet de Saint-Ludger-de-Milot est de la taille d’une gravière.

Nyobays Metal

Le projet Crevier, qui vise l’extraction de niobium tantale, est né dans les années 1980 et a repris de la vigueur au nord de Girardville. « Le prix du niobium a crû de 50 % au cours de la dernière année », explique Christian Tremblay, en ajoutant que le projet avance au gré du prix du minerai.

Métaux Black rock

Ce projet d’extraction et de transformation de vanadium-titane-magnétite suit son cours. Métaux Black Rock a récemment obtenu le feu vert pour son usine de transformation. L’entreprise travaille maintenant à amasser les 1,3 milliard de dollars nécessaires pour financer le projet.

Une centaine d’élus, d’entrepreneur et de manufacturiers d’équipements ont participé à l’événement Regard vers le Nord
à Saint-Prime.

Cobalt à venir ?

La Table régionale de concertation minière (TRCM) souhaite favoriser le développement minier régional en regardant ce que l’on retrouve sur le territoire. « Le cobalt est de plus en plus populaire sur les marchés, car c’est un métal utilisé dans les batteries, et on sait que l’on retrouve des indices de nickel-cuivre-cobalt dans la région, affirme Christian Tremblay. Avec la TRCM, on essaie de voir s’il n’y a pas un potentiel pour relancer l’exploration dans la région ».

Projets en périphérie

Certains projets en périphérie de la région, comme Nemaska Litium ou Cortical Element, pourraient également amener d’importantes retombées régionales, car l’entreprise est en train d’évaluer comment elles achemineront le minerai vers les usines de transformation ou sur les marchés internationaux.

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MINÉRAUX DU FUTUR

Selon Paul Bédard, professeur en géologie, département de Sciences appliquées et directeur par intérim du Centre d’étude des Ressources minérales à l’UQAC, il faudra produire de 3 à 7 fois plus de terres rares pour produire les éoliennes et les panneaux solaires d’ici 2050. 

« Niobec détient un gisement de terres rares inexploité », a-t-il souligné. 

Le lithium et le vanadium, que souhaitent extraire Nemaska Lithium et Métaux Black Rock, seront aussi des minerais forts prisés sur les marchés, avec l’augmentation de la demande pour les piles électriques, notamment dans les voitures. 

L’expert croit qu’il pourrait aussi exister des potentiels de développement économique pour l’extraction de sable de silice, car la demande explosera de 244 à 406 millions de tonnes entre 2015 et 2025, alors que le matériau servant à la fabrication du ciment se fait de plus en plus rare. 

Outre la captation de CO2 avec les forêts régionales, il existe aussi un potentiel stocker le CO2 dans les roches grâce à un procédé de cristallisation, imitant les processus naturels. Les résidus miniers riches en magnésium ont déjà démontré un potentiel de capture du carbone. 

Un projet de recherche avec les résidus de bauxite, alcalins, a aussi démontré que le minerai peut cristalliser naturellement les carbonates, soutient Paul Bédard. « On a aussi un puits potentiel pour récupérer du CO2 », dit-il.