L’équipe de la plage Belley a amélioré sa façon de faire à la suite d’une intervention de sauvetage le 8 juillet dernier.

Plus de sécurité réclamée à la plage Belley

Deux mères de famille réclament plus de sécurité et de surveillance sur les plages alors qu’une journée à la plage du Camping Belley de Saint-Henri-de-Taillon, le dimanche 8 juillet, a bien failli tourner au cauchemar pour l’une d’elles et son fils. L’intervention du sauveteur et de deux pompiers qui n’étaient pas en fonction aura permis d’éviter le pire.

Selon leur récit, le jeune Zackary, qui portait une veste de sauvetage, s’amusait dans une partie peu profonde à la plage Belley. Estimant qu’il se trouvait un peu loin, sa mère, Cristelle Deroy, s’est mise à marcher en sa direction, malgré l’algoneurodystrophie réflexe dont elle souffre à une jambe, ce qui l’empêche de bien marcher. Plus elle avançait dans l’eau, plus les vagues poussaient son jeune de 5 ans à la dérive. « J’avais de l’eau à la taille. Cristelle n’avait plus ses fonds. Ils étaient vraiment loin. On commençait à perdre le petit derrière les vagues parce qu’il ventait fort. Je me disais qu’elle ne sera pas capable de revenir et je ne serai pas capable de ramener les deux », explique l’amie de la mère et marraine du jeune, Marianne Salesse-Côté, qui a été témoin de la scène.

C’est à cet instant que cette dernière s’est dirigée à toute vitesse vers le sauveteur. « J’ai couru vers lui. J’ai même grimpé dans la tour de sauvetage. Il était ben relax et m’a demandé s’ils étaient en détresse », explique celle qui ne souhaite absolument pas blâmer le jeune, qui en était à sa première intervention.

« Rendu près de l’eau, il ne voulait pas y aller, parce qu’il ne repérait pas mon amie et son fils. C’est justement la raison d’aller à l’eau. Je les ai vus entre deux vagues. C’était atroce », ajoute celle qui a vécu le choc au lendemain de la mésaventure, pleurant énormément.

L’ampleur du territoire à couvrir par le sauveteur est également pointée du doigt. « Ils étaient encore dans les limites. La délimitation de la zone de baignade est vraiment grande », dénonce Mme Salesse-Côté. « On avait lâché la corde pour essayer d’avancer », ajoute Mme Deroy.

Les deux femmes questionnent le peu de matériel utilisé lors du sauvetage. « Le sauveteur avait seulement une planche et un sifflet. Il avait laissé son masque de poche sur la plage. Si j’avais été inconsciente, jamais il n’aurait été en mesure de m’embarquer sur la planche », raconte Cristelle Deroy.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, deux pompiers en vacances auraient collaboré au sauvetage. Ceux-ci auraient d’ailleurs réclamé du matériel de sauvetage, dont de l’oxygène. Ce qui n’était pas disponible sur les lieux.

La mère a été conduite en ambulance au centre hospitalier pour traiter un choc nerveux. Quant à son jeune garçon, il s’en tire seulement avec une bonne frousse.

Heureusement, un peu plus d’une semaine après cette mésaventure, les choses se replacent tranquillement pour la mère et son fils. Dimanche, la famille est retournée à la plage Belley, accompagnée d’amis. Le jeune Zackary est même retourné à l’eau. Quant à sa mère, elle n’est pas encore prête à reprendre la baignade.

Plus de sécurité
En racontant cette mésaventure, Marianne Salesse-Côté souhaite plus de sécurité sur les plages alors que des milliers de personnes s’y trouvent. « Le but de notre intervention n’est pas de chialer contre le Camping Belley ou contre le sauveteur. Nous souhaitons plus de surveillance et de matériel de sauvetage. Les plages auraient tout intérêt à dire à quel point c’est sécuritaire », exprime-t-elle. Son amie abonde dans le même sens. « Cela aurait pu arriver n’importe où. Je ne veux pas que cela se reproduise et que ça se termine plus mal que pour nous », ajoute Mme Deroy.

+ LA FAÇON DE FAIRE AMÉLIORÉE

Le sauvetage du dimanche 8 juillet a amené l’équipe de la plage Belley à améliorer sa façon de faire. Le directeur du site, Michel Galarneau, avait toutefois une version divergente des faits.

« Cette intervention nous a poussés à repenser notre système. La prochaine fois, on sortira tout le monde de l’eau. On sera en mesure de se concentrer sur les personnes en détresse. Le sauveteur n’aura pas à nager entre des centaines de personnes », explique M. Michel Galarneau. 

Les commentaires étaient nombreux à la suite d’un message sur une page Spotted de Facebook relié à cette mésaventure. De son côté, M. Galarneau avoue tenir compte des suggestions. Toutefois, il n’est pas convaincu qu’une motomarine serait efficace et sécuritaire alors qu’il y avait près de 3000 personnes sur le site. 

La sécurité de la plage Belley a notamment été questionnée au lendemain de ce sauvetage. Le directeur du site rappelle que les normes obligent un seul sauveteur pour la zone de baignade qui est protégée. Cependant, M. Galarneau assure que l’équipe évalue la possibilité d’en ajouter un deuxième en vue des vacances de la construction, et ce, même si les normes ne le demandent pas. 

Le directeur du site a assisté à l’intervention. « Une dame est venue voir le sauveteur dans le mirador. Il avait déjà vu la dame en détresse. Elle se trouvait à plus de 200 pieds en dehors des limites. En allant vers son fils, la dame, qui était à mobilité réduite, s’est retrouvée mal prise. Le sauveteur a pris sa planche et est allé les chercher. Les vagues ont peut-être retardé l’intervention de trois ou quatre minutes. Pendant ce temps, nous avons fait un appel au 911. Les ambulances sont arrivées environ cinq minutes après. Nous l’avons amenée à l’ambulance avec notre chaise roulante Hippocampe pour les personnes à mobilité réduite. Le tout s’est déroulé en l’espace de 35-45 minutes. Ce qui a probablement paru une éternité pour cette dame », raconte-t-il. 

Michel Galarneau, qui a participé à l’intervention, rappelle à quel point les vagues étaient hautes lors de cette journée. « J’ai rarement vu ça sur le lac, ici. Il y avait des moutons de cinq pieds. Le lac était très agité », ajoute-t-il.

Malgré les critiques, Michel Galarneau est satisfait de l’intervention. « Je ne suis pas prêt à dire qu’on n’a pas fait du mieux possible. Je pense que cela s’est fait dans les règles », conclut-il.