Le camping Saint-Félix-d’Otis est principalement occupé par des saisonniers.

Plus de place pour les touristes à Saint-Félix-d'Otis

La municipalité de Saint-Félix-d’Otis songe à redonner une mission touristique à son camping principalement occupé par des saisonniers. La direction du site de villégiature pourrait graduellement éliminer les campeurs annuels pour laisser plus de place aux voyageurs.

Des campeurs craignant d’être évincés ont contacté Le Quotidien pour dénoncer cette situation.

Jointe il y a quelques jours, la directrice du Tourisme à la municipalité, Brigitte Simard, a confirmé qu’une analyse est bel et bien en cours pour revoir la mission du site qui accueille en majorité des campeurs saisonniers.

« On veut redonner le caractère touristique au camping. Parce que Saint-Félix-d’Otis est la porte d’entrée du Bas-Saguenay. On doit jouer davantage notre rôle touristique. On a plusieurs projets qui se mijotent d’ailleurs. Mais en ce moment, le site est davantage un parc de roulottes. Il faut donc rééquilibrer les choses », précise-t-elle.

Cette dernière ne peut cependant donner d’échéancier précis sur les changements. Les responsables préparent actuellement le plan.

Mais depuis quelque temps, la direction du site ne permet déjà plus l’arrivée de nouveaux campeurs long terme. La surenchère des terrains a également été stoppée par une nouvelle mesure.

« Les gens vendaient leur roulotte 10 000 $ alors qu’elle en valait 4000 $. C’était pour le terrain évidemment. On a donc arrêté ça. Les gens qui quittent doivent quitter avec leur roulotte. On va donc éliminer, par attrition, le nombre d’espaces saisonniers », explique Mme Simard.

Le camping compte environ 200 espaces, dont 110 réservés aux saisonniers ou séjours long terme. La différence entre ces deux catégories est essentiellement le prix payé à l’année. Mais ces clients détiennent les mêmes droits sur les terrains, c’est-à-dire aucun. Les contrats de location sont annuels, ce qui permet à la municipalité de reprendre les lieux au moment désiré.

« Des saisonniers et des campeurs à long terme ont payé des fortunes pour aménager leur terrain et là, il y a un risque qu’ils perdent tout. C’est indécent. On n’a aucun droit », dénonce un locataire, qui a joint Le Quotidien.

Questionnée à ce sujet, la direction du site se montre empathique et promet de faire les choses dans le respect.

« Le plan n’est pas encore défini, aucune décision n’a été prise, il faut le préciser. Est-ce qu’on parle d’un plan en un an, trois ans ou cinq ans ? Toutes les idées sont sur la table présentement. Mais une chose est certaine, on va réaliser nos projets dans le respect de nos campeurs. »

De plus en plus de campings au Québec démontrent cette volonté de laisser plus de place aux passants. Le ratio visé par les attraits frôle normalement les 25 % saisonniers et 75 % touristes. Les saisonniers paient parfois le prix fort pour louer un emplacement. Mais selon des calculs effectués par Le Quotidien, en se basant sur les prix des campings, les espaces ont besoin d’être loués seulement 40 jours dans l’année pour arriver au même revenu qu’un saisonnier.

Mme Simard n’a pas voulu confirmer si le calcul représentait bien les chiffres de son camping, mais elle a admis que les saisonniers engendrent moins de retombées économiques dans le milieu que des touristiques.

« Ils sont plus sédentaires et amènent les choses de la maison. Ils vont moins se déplacer vers le Bas-Saguenay par exemple, pour visiter d’autres attraits. Le site appartient aux citoyens de Saint-Félix et il doit générer des retombées économiques intéressantes pour le milieu. C’est pour cette raison qu’une réflexion est actuellement en cours pour voir comment ramener le site à un mandat touristique et économique », insiste Mme Simard.