Dans l’Enquête de santé du Saguenay–Lac-Saint-Jean publiée en janvier, le directeur de santé publique s’est intéressé à la consommation de médicaments. Dans tous les cas, ce sont les femmes qui en prennent le plus.
Dans l’Enquête de santé du Saguenay–Lac-Saint-Jean publiée en janvier, le directeur de santé publique s’est intéressé à la consommation de médicaments. Dans tous les cas, ce sont les femmes qui en prennent le plus.

Plus de médicaments pour les femmes du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à consommer des antidépresseurs, des benzodiazépines, des somnifères et des opioïdes au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Dans plusieurs cas, la consommation peut également varier en fonction de l’âge.

Dans l’Enquête de santé du Saguenay–Lac-Saint-Jean publiée en janvier, le directeur de santé publique s’est intéressé à la consommation de médicaments. Dans tous les cas, ce sont les femmes qui en prennent le plus.

La différence est particulièrement marquée dans la consommation d’antidépresseurs. Au total, 12 % de la population de la région a déclaré en avoir pris au cours de l’année précédant l’enquête. Plus précisément, 16 % des femmes et 8 % des hommes en ont consommé. La proportion est aussi plus élevée chez les 18 à 44 ans (13 %) et les 45 à 64 ans (14 %) que chez les 65 ans et plus (8 %).

« Les antidépresseurs comptent parmi les médicaments les plus prescrits et leur consommation est en constante augmentation depuis quelques années au Québec », peut-on lire dans le rapport qui a été rédigé à la suite d’une enquête téléphonique au cours de laquelle 4032 personnes ont été sondées, du 7 mars au 22 juin 2018.

Chez les personnes couvertes par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), la majorité des prescriptions d’antidépresseurs vise à soigner la dépression (55 %) et les troubles anxieux (19 %). L’insomnie (10 %) et la douleur chronique (6 %) ne sont par contre pas à négliger.

Le rapport rappelle toutefois que malgré leur utilité dans plusieurs contextes, des effets indésirables sont également possibles, notamment le dysfonctionnement sexuel, le gain de poids, les problèmes liés au système gastro-intestinal, les céphalées et la fatigue.

Benzodiazépines

Les benzodiazépines, disponibles uniquement sur ordonnance et utilisées pour traiter les problèmes d’anxiété, de panique ou de sommeil, sont aussi consommées en plus grande partie par les femmes. Dans la région, 9 % de la population a déclaré en avoir pris dans l’année précédant l’enquête, soit 11 % de femmes et 6 % d’hommes. Ces types de médicaments sont parmi les plus consommés chez les personnes âgées.

Plusieurs études démontrent cependant qu’ils peuvent être la cause de nombreuses hospitalisations, car ils provoquent des chutes, et sont à risque de causer une dépendance physiologique et psychologique ou d’aggraver une maladie psychiatrique. Stabilité, mémoire et concentration peuvent aussi être affectées, alors que l’hypertension et des troubles coronariens et rénaux pourraient survenir.

Somnifères

La prise de somnifères a légèrement augmenté au cours des dernières années. Lorsque questionnée, 17 % de la population a dit en avoir consommé dans les douze mois précédant l’enquête, comparativement à 15 % en 2012. Encore une fois, ce sont les femmes qui en prennent le plus, dans une proportion de 20 %, comparativement à 13 % chez les hommes. Les 65 ans et plus en consomment davantage (22 %) que les 18-44 ans (12 %) et les 45-64 ans (18 %).

Les somnifères « peuvent contrer en partie les problèmes de sommeil, mais ils présentent certains inconvénients. Les plus couramment prescrits pour l’insomnie au Canada sont efficaces à court terme pour réduire le délai d’endormissement et augmenter la durée totale de sommeil. Cependant, la plupart d’entre eux réduisent le sommeil profond (stades 3 à 4) et augmentent l’activité rapide des ondes cérébrales en fin de nuit », indique le rapport.

Opioïdes

Un peu moins d’un adulte sur 10 (8 %) au Saguenay–Lac-Saint-Jean dit avoir consommé des opioïdes au cours de la dernière année, comme la morphine, l’hydromorphone, le fentanyl, l’oxycodone, la méthadone, la buprénorphine ou la codéine. La consommation ne varie pas selon l’âge, mais 10 % des femmes en ont pris comparativement à 7 % des hommes.

« Les opioïdes sont des substances, naturelles ou synthétiques qui ont des effets analgésiques et dépresseurs sur le système nerveux central, en plus d’avoir le potentiel d’induire de l’euphorie. Ils sont utilisés par voie orale ou par injection, principalement pour traiter la douleur », peut-on lire dans le rapport, qui rappelle toutefois que les opioïdes sont dangereux s’ils sont consommés en grande quantité, avec de l’alcool ou avec des sédatifs.

Polypharmacie

Un peu plus du quart (28 %) de la population de la région a consommé quatre médicaments prescrits différents ou plus la journée ayant précédé l’enquête. Il pouvait s’agir de pilules, d’injections, de crème, de gouttes, de pompes (inhalateur), de sirop ou de suppléments de vitamines. Cette donnée augmente selon l’âge, passant de 7 % chez les 18-44 ans à 27 % chez les 45-64 ans et à 56 % chez les 65 ans et plus. La proportion est encore une fois plus élevée chez les femmes (30 %) que chez les hommes (25 %).

« La consommation de médicaments a augmenté de façon significative au Québec depuis les années 1990 [...]. Avec le vieillissement de la population et l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques, la consommation de multiples médicaments devient une réalité pour de plus en plus de personnes ».