Plus de demandes d'aide médicale à mourir sont acceptées

Au cours des six derniers mois, 17 patients en fin de vie ont fait une demande d’aide médicale à mourir au Saguenay-Lac-Saint-Jean. De ce nombre, 13 demandes ont été acceptées et administrées, pour un taux de 76,7 %. Le pourcentage de demandes acceptées a presque triplé, alors que pour les six premiers mois de l’année 2017, sur les 15 demandes reçues, seulement six s’étaient soldées par une aide médicale à mourir, soit 26,7 %.

« Vous vous demandez peut-être pourquoi il y a davantage de demandes qui sont acceptées comparativement aux années précédentes. Je dois dire qu’on est de plus en plus à l’aise et que nous comprenons de mieux en mieux le protocole. Mais attention, on n’administre pas l’aide médicale à mourir comme on administre une injection d’insuline. Mais, au fil des mois, on comprend beaucoup mieux la notion de souffrance psychologique du patient, qui était difficile à quantifier au tout début. Nous avons reçu des formations et la souffrance psychologique est un critère important à prendre en considération », a expliqué la directrice adjointe à la direction des services professionnels au CIUSSS, Dre Céline Benoît, qui présentait son rapport lors de la séance du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), mercredi soir, à Jonquière. 

Donc, entre juin et décembre 2017, 13 personnes sont décédées grâce à l’aide médicale à mourir. Sur les quatre demandes qui ont été abandonnées, un premier patient ne répondait pas au critère, un second a changé d’idée, un troisième est décédé naturellement et le dernier est devenu confus durant le processus. La loi exige que le patient reste apte jusqu’à la fin.

1230 personnes en fin de vie

Soulignons qu’environ 1230 personnes sont actuellement en fin de vie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, que ce soit dans les hôpitaux, à domicile, en CHSLD ou dans les maisons de soins palliatifs.

Lors des premiers six mois où l’aide médicale à mourir a été instaurée, soit de décembre 2015 à juin 2016, une seule demande avait été formulée puis avait été acceptée. Les demandes avaient nettement augmenté entre juin 2016 et décembre 2016, avec 15. Seulement quatre avaient été acceptées.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne semble pas échapper à la tendance nationale. En effet, entre le 1er janvier et le 30 juin 2017, 1176 Canadiens ont fait la demande et le tiers des demandes n’avaient pas été acceptées.

Une inhalothérapeute forcée à accomplir des tâches 

Le personnel soignant des établissements de santé est de plus en plus épuisé. Alors que le temps supplémentaire obligatoire chez les infirmières avait fait la manchette la semaine dernière, des représentants syndicaux ont tenu à interpeller directement la présidente et directrice générale du CIUSSS, Martine Couture, mercredi soir. Une inhalothérapeute a également dénoncé le fait que des tâches ont été imposées à l’une de ses collègues sans qu’elle soit formée pour les accomplir. 

« Une inhalothérapeute qui a 25 ans d’expérience en bloc opératoire à Alma a été obligée par un directeur de garde d’effectuer le transfert d’un patient qui avait des difficultés respiratoires. Elle n’avait jamais effectué cette tâche et n’était pas apte à le faire. Elle a tout de même suivi les ordres, mais ce n’est pas normal et ça ne devrait pas arriver. Elle a dû utiliser des appareils qu’elles ne connaissaient pas », a affirmé la vice-présidente de la FIQ pour les secteurs d’Alma et de Jonquière, Julie Boivin. La dame, elle-même inhalothérapeute, s’est présentée devant Martine Couture pour partager son mécontentement. La PDG du CIUSSS a admis avoir été mise au courant de la situation et qu’elle ne devrait plus se reproduire. 

Julie Boivin n’était pas la seule à partager son épuisement face aux directives du personnel-cadre. D’autres intervenantes syndicales, notamment des infirmières, ont parlé d’un épuisement généralisé chez le personnel soignant. Et le temps supplémentaire obligatoire est souvent revenu sur le sujet, lors de la séance du CIUSSS de mercredi. Certains se demandaient d’ailleurs s’il ne s’agissait pas d’un nouveau mode de gestion.

Martine Couture a écouté les intervenants, mais a nié catégoriquement que le temps supplémentaire obligatoire était devenu un mode de gestion. Elle a parlé d’une situation exceptionnelle et difficile. « Ça tend à s’améliorer. Alors qu’il y avait 69 personnes en temps supplémentaires par jour la semaine dernière, elles sont 11 en date d’aujourd’hui pour l’ensemble de la région. La crise de l’influenza semble s’améliorer. Les lits de débordement se vident », a affirmé Mme Couture, ajoutant que la santé psychologique des travailleurs était une priorité pour l’organisation.