Plus de cas retenus au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Le nombre de cas retenus par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au Saguenay-Lac-Saint-Jean est à la hausse, tandis que le nombre de signalements a connu un recul de 2,4 %. C’est ce qui ressort du dernier bilan annuel de l’organisme, présenté mercredi.

La directrice régionale de la DPJ, Caroline Gaudreault, explique que l’augmentation des signalements retenus n’est pas attribuable à un seul facteur. Il est déjà arrivé, par le passé, qu’un événement comme une fermeture d’usine provoque des augmentations, mais pour la dernière année, la hausse s’explique par une détérioration des principaux déterminants de santé. Mme Gaudreault a reconnu que cette augmentation de 4,2 % (160 dossiers) est importante puisque chaque signalement retenu est un signalement de trop.

Elle a de plus confirmé que la mise en place d’une nouvelle grille d’analyse des signalements, découlant du rapport de la Commission des droits de la personne rédigé à la suite du décès d’un enfant, a certainement influencé les signalements retenus. La DPJ de la région affichait généralement un taux de signalements retenus inférieur à la moyenne provinciale.

Caroline Gaudreault, directrice régionale de la DPJ (à droite), a présenté le bilan annuel de l’organisme, mercredi, en compagnie de Danie Gauthier, éducatrice, et de Clément, qui a déjà bénéficié des services du centre jeunesse.

En plus d’une grille d’analyse plus sévère, la DPJ exerce un suivi plus accentué des dossiers lorsqu’il s’agit d’enfants de moins de 5 ans. À plusieurs reprises pendant le point de presse, Mme Gaudreault a rappelé que la protection de la jeunesse comprenait une part importante de gestion de risque dans des situations parfois difficiles en raison de problèmes de plus en plus complexes comme les situations où la santé mentale est en cause.

En ce moment, la DPJ régionale a dans ses cartons 37 dossiers en attente. Le temps de traitement de ces dossiers est de 15 jours. La directrice soutient que ce nombre constitue un risque acceptable dans les circonstances et qu’en cas de situation où l’enfant est à risque, il est tout simplement retiré du milieu familial.

La travailleuse sociale Valérie Pilote, qui occupe une fonction de réviseuse pour les dossiers de la DPJ, explique pour sa part que l’évolution des problématiques rend le travail des intervenants plus difficile. « On se retrouve aujourd’hui dans des situations où il n’y a aucun outil pour venir en aide à un enfant. Il n’existe pas de solution », soutient la travailleuse sociale.

Cette dernière apporte des nuances quant au lien entre le nombre de personnes déployées sur le terrain pour répondre aux différents cas et leur traitement. Chaque cas est particulier et leur complexité a aussi une influence sur la capacité des intervenants de traiter les dossiers. Certains cas sont plus lourds et exigent une charge de travail plus importante.

Hommage aux professionnels

Le bilan annuel de la DPJ était accompagné d’un outil spécifique pour signaler le travail réalisé par les différents professionnels. Un document vidéo intitulé La cause des enfants tatouée sur le coeur permet à des intervenants des quatre coins du Québec de livrer leur vision de leur travail. Avant de livrer les statistiques sur les signalements annuels, Caroline Gaudreault a prononcé une allocution solennelle dans laquelle elle a rendu hommage au travail dans l’ombre des dizaines d’intervenants d’un peu partout dans la région qui, jour après jour, protègent des enfants, trouvent des solutions pour assurer leur sécurité et font face à des situations déchirantes. Elle a même évoqué le fait que ces intervenants ne peuvent faire autrement que de garder en tête ces situations difficiles quand ils reviennent à la maison après leur journée de travail.

Effectifs stables

Quant aux effectifs, les services régionaux de la DPJ sont en ce moment dans une situation stable. L’exercice en cours de dotation de postes permettra d’ajouter 25 professionnels, au cours des prochaines semaines. Le défi de l’organisme est de retenir le personnel, principalement dans le nord de la région.