Plus de 300 personnes ont participé à la marche visant à rendre hommage à Paul Fournier mort plus tôt cette semaine.

Plus de 300 personnes réunies pour un homme d’exception à Saint-Augustin

Les mesures visant à limiter la propagation de la COVID-19 n’ont pas freiné l’organisation d’un hommage visant à célébrer la mémoire d’un employé municipal de Saint-Augustin, au Lac-Saint-Jean. Plus de 300 personnes ont participé à la marche organisée en l’honneur de Paul dit Paulo Fournier, mort plus tôt cette semaine. C’est en respectant la distanciation physique que les participants se sont recueillis dans la localité de 350 personnes.

L’estime portée à l’homme à tout faire de la localité jeannoise s’est exprimée par la mise en place de cet événement en moins de quatre jours et par l’implication de plusieurs citoyens qui n’ont pas hésité à donner de leur temps. 

L’imposant cortège composé de membres de la famille de Paul Fournier, de représentants du conseil municipal, d’une trentaine de confrères pompiers, et de plus de 250 marcheurs, a parcouru la rue principale qui traverse la municipalité de la MRC de Maria-Chapdelaine. Encadrés par deux camions de pompier, les participants ont terminé leurs parcours devant la deuxième maison de Paul Fournier, l’hôtel de ville de Saint-Augustin.

« C’est un événement exceptionnel pour une personne d’exception. Je suis certain que d’où il est, il nous voit. Je suis pas mal certain qu’il ne pensait jamais être aussi important pour tant de gens. Paulo faisait partie de toutes nos familles », a mentionné en ouverture de cérémonie le conseiller municipal René Saint-Pierre. 

L’émouvante cérémonie a permis de constater la place qu’occupait Paul Fournier à Saint-Augustin et dans le cœur de ses citoyens. La directrice générale de la municipalité, Joane Dallaire et le directeur du Service de sécurité incendie de Dolbeau-Mistassini et du secteur est de la MRC de Maria-Chapdelaine, Daniel Cantin, ont rappelé ce qui caractérisait cet homme d’exception. Les enfants de M. Fournier ont, eux aussi, participé à l’événement en déposant son casque de pompier sur une croix érigée devant l’hôtel de ville. 

La trentaine de pompiers présents ont salué, une dernière fois, leur confrère qui était lieutenant depuis 2005. « 101 au 148. Parti pour sa dernière mission », a mentionné au micro Daniel Cantin avant que les sirènes des camions de pompier se fassent entendre. 

Respect des normes 

Solidaires, les citoyens de Saint-Augustin, les pompiers et la famille de M. Fournier ont respecté, tout au long de l’événement, la distance physique qu’oblige la crise de la COVID-19. À plusieurs reprises, le maître de cérémonie rappelait l’importance du respect de la consigne. 

Un ancien résidant de Saint-Augustin évoquait son impuissance face au caractère surréel de la situation qui empêchait tout contact physique avec les membres de la famille endeuillée et avec les autres citoyens. Les nombreuses marques de sympathie s’exprimaient à distance alors que les poignées de main et les étreintes ont dû être mises de côté en raison de la crise sanitaire.

« C’est tellement plaisant de voir ça. Je me doutais qu’il y aurait autant de gens. On voit à quel point il était apprécié dans la paroisse. Il n’y a pas beaucoup de gens qui ne se sont pas déplacés pour venir lui dire un dernier adieu. Tout était bien organisé. On ne pouvait pas avoir mieux », a mentionné le maire du village Philippe Lapointe grandement ému pour la cérémonie. Le représentant du conseil municipal se consolait de constater que les membres de la localité de 339 habitants se serraient les coudes à la suite de la mort de celui qui a vécu le drame de perdre un fils il y a quelques mois.

« On ne pouvait pas lui en donner plus étant donné les circonstances. Il n’en méritait pas moins, ça, c’est clair, il en méritait davantage », a ajouté la conseillère municipale, Annie-Claude Larouche. 

Une lourde perte 

L’influence de Paul Fournier dépassait largement les limites de son poste d’employé municipal. C’est toute la localité qui est touchée alors que les plus jeunes avaient l’habitude de le croiser un peu partout, notamment lors des journées portes ouvertes de la caserne. Il était un incontournable de la communauté alors qu’il répondait aux demandes en tous genres. « Ça va prendre deux-trois personnes pour le remplacer, il faisait tout. On a ses 200 clés et on ne sait pas où elles vont. C’était l’âme de la paroisse. On est désorganisé depuis mardi. Tous ensemble, on va travailler. Je suis chanceux, on a un bon conseil », confiait le maire Philippe Lapointe. 

Autre hommage

Le conseil municipal de Saint-Augustin ne compte pas s’en tenir qu’à cet événement. Un rappel permanent de Paul Fournier risque fort bien de naître au cœur de la municipalité au cours des prochains mois. 

« Il travaillait, il ne voulait jamais partir. On lui disait de prendre des vacances, il ne voulait pas, il restait. Il a donné sa vie à la municipalité. Je ne connais personne qui s’est autant donné pour Saint-Augustin. Il est parti alors qu’il n’avait pas terminé. C’est comme si c’était sa famille de 400 personnes. C’est le cœur de notre communauté, le noyau. Aujourd’hui, c’est la première étape. Plus tard, j’aimerais qu’il y ait autre chose. Dans ma tête, ça prend autre chose », témoignait le conseiller municipal, Yves Bouchard qui se remémorait l’embauche de M. Fournier il y a une trentaine d’années.