Plus de 100 personnes ont marché dans les rues d'Alma, vendredi, pour la sauvegarde de la Maison Jean-Eudes Bergeron.

Plus de 100 personnes marchent pour la Maison Jean-Eudes Bergeron

« Pour nous, ça représente tout. Si on peut sauver la maison... C'est ça notre souhait le plus cher. Il faut que le gouvernement m'entende et qu'il vienne à notre aide. On veut garder notre chez-nous. Ils vont me sortir de force s'il le faut. »
C'est un véritable cri du coeur qu'a lancé Gino Lebel, l'un des résidents touchés par la fermeture de la Maison Jean-Eudes Bergeron d'Alma. Attristé, il demande à Québec de venir en aide à l'administration de la ressource intermédiaire dédiée aux personnes avec une déficience physique.
Celle-ci fermera ses portes en raison d'un manque de financement. La nouvelle a été annoncée lundi à la clientèle et au personnel de l'endroit par la Coopérative de services à domicile Lac-Saint-Jean-Est.
Alma s'est mobilisée pour la sauvegarde de la maison, vendredi après-midi, lors d'une marche tenue dans les rues de la ville.
Quelques-uns de la vingtaine de résidents, des employés et des élus y ont pris part. Le contingent était composé de plus de 100 personnes. Les participants souhaitent que leur message soit entendu.
À la ville d'Alma, le maire Marc Asselin a démontré sa solidarité à l'égard des personnes touchées. Le conseil municipal joint sa voix à la cause et se penchera sur le dossier. « Nous allons adopter des résolutions et les envoyer à qui de droit », a mentionné le magistrat.
« Lorsque l'on touche les plus démunis de la société, une société ne mérite pas de se faire appeler civilisée. (...) On a un certain poids politique que l'on va utiliser pour essayer de ramener les choses et faire comprendre à ceux qui nous gèrent qu'il peut y avoir des besoins d'ajustements de budgets. De s'en prendre à nos plus démunis de la société, ça ne passe pas. »
À l'Assemblée nationale, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, entend rencontrer les ministères concernés pour réclamer un sursis quant au déplacement des bénéficiaires. Leur déménagement doit se faire avant le 1er juillet. « Il faudra agir très rapidement et trouver une solution pour le financement de cette ressource. Ce n'est pas normal que le gouvernement du Québec n'assure pas sa pérennité. »
Mode de gestion
L'administration défend son mode de gestion, lequel a été critiqué publiquement par la ministre déléguée à la Réadaptation, Lucie Charlebois.
« La décision de fermeture s'est prise à la suite d'un déficit opérationnel de 170 000 $. La décision n'est nullement et aucunement liée à des raisons administratives comme le prétend Mme Charlebois. C'est vraiment lié aux heures de travail sur le plancher nécessaires pour répondre aux besoins de la clientèle. Et ce nombre d'heures ne rejoint pas les revenus qui nous sont accordés », a commenté le directeur général de la coop, Patrick Savard.
« Nous sommes prêts à ouvrir nos livres. Si on voulait respecter le budget qui nous est alloué, il aurait fallu donner 16 000 heures de services alors que dans la réalité, on en a donné 25 000 et ça ne répond même pas à l'ensemble des besoins. Il n'y a aucun problème administratif », a renchéri le président du conseil d'administration, Gilles Bergeron.
« Les propriétaires de ressources intermédiaires répondent à des appels d'offres afin d'offrir des milieux de vie à des personnes ayant une déficience physique ou mentale. Lorsqu'un propriétaire répond à un appel d'offres, il connaît les cadres financiers dans lesquels la ressource intermédiaire devra s'inscrire. Les montants versés aux ressources intermédiaires sont négociés dans le cadre d'ententes nationales. Il s'agit du choix du propriétaire de mettre fin à ses activités. À l'heure actuelle, le CIUSSS travaille à relocaliser les résidents dans des milieux de vie répondant à leurs besoins », a déclaré l'attachée de presse de la ministre Charlebois, Bianca Boutin.