Cette carte montre l’anomalie de la température enregistrée en 2018 par rapport à la moyenne pour tout le XXe siècle, de 1901 à 2000. Elle est de 1,2 degré Celsius pour l’ouest, l’extrême sud (Estrie) et le Lac-Saint-Jean.

Plus chaud à l’ouest et au centre du Québec

Le réchauffement climatique touche bel et bien le Québec, ainsi que la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Selon un rapport rendu publique par le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques sur l’analyse des tendances des températures pour la Belle Province de 1961 à 2010, la température moyenne a augmenté de 1,3 °C dans le sud du Québec, secteur qui inclut la zone densément peuplée de l’Abitibi jusqu’à la Côte-Nord.

Toutefois, note l’étude, les variations des températures ne se sont pas manifestées uniformément sur l’ensemble du Québec méridional.

C’est dans l’ouest et au centre de la province, ce qui inclut le Saguenay–Lac-Saint-Jean, que l’augmentation a été la plus forte, avec un peu plus de 1,5 degré Celsius.

En revanche, elle fut moins importante ailleurs au Québec, avec une hausse se situant entre 0,9 et 1,5 °C.

Comme le montre ce tableau, la température moyenne a fléchi de 0,2 °C en 2018 par rapport à celles enregistrées depuis 1961. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu réchauffement, car la moyenne reste supérieure aux normales enregistrées au XXe siècle. On note également que la région a reçu des chutes de neige conformes à la moyenne, mais 21 millimètres de pluie de moins.

Fait intéressant, les données captées par 50 appareils répartis dans les régions du sud du Québec, dont trois dans la région, ont révélé que l’augmentation anormale des températures se produit surtout la nuit, faisant grimper les moyennes nocturnes jusqu’à 2,1 C dans certains secteurs.

« Ainsi, on pourrait dire qu’entre 1960 et 2003, les nuits sont devenues moins fraîches et les jours un peu plus chauds dans le sud de la province », affirme le rapport.

anomalie de 2018

L’année 2018 a été la plus froide du XXIe siècle au Québec. Malgré cela, sa température moyenne s’est située au-delà de celle du XXe siècle, portant à 21 le nombre d’années consécutives où la moyenne des températures a dépassé celle du siècle dernier.

Cependant, l’été dans le sud de la province aura été le plus chaud en 146 ans et si la moyenne pour l’année fut moins élevée que la moyenne cumulée du présent siècle, c’est en raison du froid extrême enregistré dans le nord.

En effet, dans le sud de la province, l’été fut si chaud qu’il réussit à compenser pour un printemps, un automne et un hiver sibériens pour ce même secteur. « L’été le plus chaud en 146 ans a pratiquement suffi à compenser le froid anormal de l’hiver, du printemps et de l’automne, en comparaison de la normale de la période 1981-2010. La saison de gel soutenu a pourtant été prolongée de près d’un mois (25 jours), la fonte printanière a été retardée de plus de deux semaines et poussée à un niveau record en mai et dès novembre, la neige abondante recouvrait hâtivement le sol du double de l’épaisseur normale », peut-on y lire.

« Alors que le monde, la Nouvelle-Angleterre et le sud du Québec enregistraient respectivement leur 4e, 18e et 26e année la plus chaude en plus de 100 ans, le nord du Québec subissait un froid exceptionnel, et ce, peu importe la période de référence. Dix des douze mois de l’année y ont été sous la normale de la période 1981-2010, et on y a enregistré le mois de mai le plus froid jamais observé dans l’Arctique québécois. La chaleur mondiale a visiblement délaissé le nord du Québec, alors qu’aux mêmes latitudes, l’Alaska vivait plutôt sa deuxième année la plus chaude. La portion nordique du Québec a également souffert d’un important déficit de précipitations. »

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean a aussi suivi la tendance et affiché un refroidissement de 0,2 °C par rapport à la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010. Ça ne veut pas dire que la région s’est refroidie. Sa moyenne est restée supérieure aux températures du XXe siècle, mais le réchauffement fut moins important cette année-là que ce qu’on a connu depuis le début du troisième millénaire.