Plomb dans l'eau: aucun enjeu majeur adressé

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Aucun enjeu majeur n’a été adressé à la Direction régionale de santé publique en lien avec des problèmes de plomb dans l’eau potable à Saguenay. Un seul cas lui a été rapporté, celui de l’école Sainte-Bernadette, et un plan d’action a été mis en place. Le docteur Jean-François Betala Belinga, médecin spécialiste en santé publique pour le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, croit plutôt que la problématique est québécoise.

Selon lui, s’il y avait eu des enjeux majeurs de santé publique, ils auraient été adressés aux personnes concernées, ce qui n’a pas été le cas.

« S’il y avait eu un enjeu qui touchait toute la population, les interventions auraient été populationnelles. Et il n’y a pas eu d’interventions qui ont été faites. Par contre, on sait qu’il y a une école (Sainte-Bernadette), et c’est de notoriété publique, où ont été trouvées des problématiques de plomb dans l’eau. Ç’a été adressé, il y a eu un plan d’action. Ça ne se fait pas en une journée. C’était assez problématique pour qu’on aille assez vite. À Saguenay, s’il y avait eu des enjeux majeurs de santé publique, on les aurait adressés aux personnes concernées », a expliqué le Dr Betala Belinga.

Selon le Dr Jean-François Betala Belinga, s’il y avait eu des enjeux majeurs de santé publique liés au plomb dans l’eau, ils auraient été adressés aux personnes concernées, ce qui n’a pas été le cas.

Le service des communications du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean confirme toutefois qu’aucun examen médical particulier n’a été fait chez les élèves pour déceler de possibles problématiques.

Le problème à l’école est réglé depuis quelques semaines déjà. Selon les informations fournies par la Ville de Saguenay, le problème de plomb provenait des vieilles canalisations de l’école, et non du réseau municipal.


« On sait qu’il y a une école (Sainte-Bernadette), et c’est de notoriété publique, où ont été trouvées des problématiques de plomb dans l’eau. Ç’a été adressé, il y a eu un plan d’action. Ça ne se fait pas en une journée. C’était assez problématique pour qu’on aille assez vite. À Saguenay, s’il y avait eu des enjeux majeurs de santé publique, on les aurait adressés aux personnes concernées. »
Dr Jean-François Betala Belinga

Problématique provinciale

Le Dr Betala Belinga croit plutôt que la problématique du plomb dans l’eau est québécoise. Elle provient de la norme (10 microgrammes par litre) et du protocole d’échantillonnage. Par contre, il est déjà annoncé que la norme sera abaissée de moitié, Québec ayant décidé de suivre les nouvelles recommandations de Santé Canada.

« Déjà, il est recommandé de travailler avec la nouvelle norme », précise Dr Betala Belinga.

Ce dernier rappelle que la santé publique n’est pas la police du plomb. Le ministère de l’Environnement est celui qui doit faire suivre le règlement sur la qualité de l’eau potable.

« À Saguenay, comme pour tout distributeur d’eau potable, ils doivent respecter le règlement sur l’eau potable au Québec. Théoriquement, si le ministère de l’Environnement constate qu’un distributeur ne respecte pas la norme, donc qu’il y a une concentration qui dépasse la norme de plomb dans l’eau, il va le signaler à la santé publique. Y a-t-il un enjeu de santé publique associée à cette concentration-là ? Éventuellement, on prend des mesures. »

Selon les explications du Dr Betala Belinga, le plomb est un élément qui n’a pas de bénéfice pour la santé ; ce n’est donc pas un oligoélément. Avec les normes québécoises, la santé publique ne s’attend pas à ce que des personnes aient des problématiques liées au plomb ou des intoxications aiguës. Mais il faut le diminuer autant qu’on peut avec les moyens qu’on a », précise-t-il.