L’auteur de ces lignes a profité de sa visite chez Plasmavie pour faire un don de plasma, au centre fixe de Chicoutimi.
L’auteur de ces lignes a profité de sa visite chez Plasmavie pour faire un don de plasma, au centre fixe de Chicoutimi.

Plasmavie manque de plasma

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
La demande de plasma est continuellement en hausse. Héma-Québec et sa filière pour le plasma, Plasmavie, peinent à combler cette demande. Tout compte fait, l’organisation est en mesure de fournir les quantités pour les transfusions, mais seulement 21,3 % de la demande pour les produits plasmatiques.

Héma-Québec est en mesure de fournir les hôpitaux à 100 % pour ce qui est des produits de transfusion, lors d’un don de sang. Cependant, Plasmavie doit acheter près de 80 % de la quantité de plasma nécessaire pour produire les produits plasmatiques, dans plusieurs cas essentiels à la vie de quelqu’un.

« Quand vous faites un don de sang, il y a le don des plaquettes, des globules rouges et du plasma. Ces trois éléments servent aux transfusions. Le plasma que l’on donne chez Plasmavie, c’est une tout autre chose. Ce plasma-là, on s’en sert pour faire des produits plasmatiques à base des protéines contenues dans le plasma, un peu comme des médicaments », explique la conseillère en recrutement de donneurs chez Héma-Québec, Brigitte Bernier.

Au cours des quatre dernières années, le volume de plasma récolté a augmenté d’environ 25 %, à peu près au même rythme que la hausse de la demande. « Quand on a ouvert notre premier Plasmavie, en 2013, à Trois-Rivières, on était à 13 % et on s’était donné comme objectif d’atteindre 30 % en 2020. Nous y sommes, en 2020, et nous sommes toujours bloqués à 21 %. Le 30 %, c’est parce que c’est le pourcentage qui est utilisé pour sauver des vies. L’autre 70 %, c’est pour la qualité de vie, mais ce qu’on veut, c’est être autosuffisant pour les gens où c’est une question de vie ou de mort », raconte Mme Bernier.

Le plasma est composé à 90 % d’eau. Il est donc possible de faire des dons aux six jours, soit une cinquantaine par année. Seulement 3 % des 18 ans et plus sont des donneurs, incluant les dons de sang, chacun à la fréquence désirée.

Il n’est pas possible de faire un don de plasma dans les collectes mobiles, mais bien uniquement dans les centres fixes, dont à Chicoutimi, sur le boulevard Talbot, parce que les globules rouges sont redonnés au donneur et que la centrifugation doit être faite sur place.

« Quand on demande au 97 % restant, il y a trois réponses qui reviennent. La première, c’est que la personne ne respecte pas les critères. Bon, ça, on ne peut rien faire. La deuxième, c’est la peur des aiguilles. Dans ce cas, je réponds qu’il n’y a personne qui aime ça et qui va faire un don pour se faire piquer. La troisième, c’est que ça n’a jamais adonné, que la personne n’a jamais pris le temps. Bien là, c’est le temps ! Si les gens prennent conscience du geste et de son impact, on passerait facilement de 3 % à 15 %, mais les gens n’ont jamais été interpellés à donner du plasma », avoue Mme Bernier.

Pour prendre rendez-vous, il suffit de se rendre au jedonne.hema-quebec.qc.ca, de téléphoner au 1 800 343-7264 ou d’envoyer un courriel à jedonne@hema-quebec.qc.ca.

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DESJARDINS LANCE UN DÉFI À SES MEMBRES

Pour venir en aide à Plasmavie, les six Caisses Desjardins de Saguenay récidivent cette année en mettant au défi leurs employés d’aller donner du plasma. Et elles invitent maintenant leurs membres et les autres entreprises de la région à emboîter le pas.

À la première édition, l’année dernière, seulement les employés et les administrateurs de Desjardins étaient invités. Au total, 81 donneurs ont fait 101 dons sur une période de trois semaines. De ce nombre, 35 personnes sont devenues des donneurs réguliers, qui ont totalisé 241 dons depuis la fin du défi. « C’est un succès pour nous parce que ça n’a pas été des dons uniques. C’est un héritage à long terme. Quand on parle de petits gestes de mobilisation qui peuvent faire la différence, on en a un exemple patent », amorce le directeur des communications et stratégies d’affaires de la Caisse Desjardins de la Rive-Nord du Saguenay, Patrice Vachon.

Cette initiative a été très bien reçue chez Plasmavie. 

Pour la conseillère en recrutement de donneurs chez Héma-Québec, Brigitte Bernier, l’implication des Caisses Desjardins de Saguenay est exemplaire. « C’était un record pour moi, pour une seule entreprise. On est vraiment ouverts à recevoir les entreprises qui se lancent un défi. Les entreprises sont toujours très fières et elles ont à coeur d’essayer d’augmenter le nombre de donneurs et le nombre de dons. Il y a une petite compétition saine qui s’installe et tout le monde y gagne. Je mets les entreprises du Saguenay au défi et j’espère que mon téléphone ne dérougira pas », lance Mme Bernier.

M. Vachon croit d’ailleurs que le temps est bien choisi pour passer à l’action et faire mieux que l’année dernière. « Aujourd’hui, plus que jamais, on est conscientisés aux besoins de notre réseau de santé et à l’importance d’être solidaires avec les personnes aux prises avec de grands problèmes de santé. On a donc rembarqué immédiatement, sans se poser de questions. On a choisi, cette année, de faire un mois complet. Seulement nos employés à Saguenay, ça représente 500 donneurs potentiels. Au cours des trois premiers jours, on est déjà à 21 donneurs. »

M. Vachon a lui-même participé cette année, sans toutefois pouvoir donner pour des raisons médicales. « À la seconde où je suis entré chez Plasmavie et que j’ai parlé au premier bénévole, j’ai eu l’impression que je participais à changer des vies. C’est très spécial comme sentiment », raconte-t-il.

De son côté, sa directrice générale, Manon Tremblay, a fait comme ses cinq homologues de Saguenay. Elle a participé, elle qui était déjà une donneuse depuis quelques années. « On est traités aux petits oignons. On se sent importants. L’équipe est adorable et tu n’as pas l’impression d’être dans un centre de santé. C’est un climat familier et c’est toujours un plaisir d’y retourner. Même quand je l’ai fait en temps de pandémie, ça demeure un endroit accueillant et une expérience enrichissante. »

Cette année, Desjardins souhaite que ses employés fassent une différence, mais on veut aussi sensibiliser les gens au message de Plasmavie. « On ne veut pas se mettre en valeur, mais utiliser notre porte-voix. On invite donc nos 115 000 membres à participer et nos membres entreprises à lancer le défi à leurs employés. On est dans une période de solidarité, et c’est une façon d’aider et de sauver des vies. Ça ne coûte absolument rien. Les besoins sont là et en tant qu’êtres humains, on peut faire la différence », confie M. Vachon.

Pour Mme Bernier, une mobilisation du genre pourrait changer la donne. « Quand les gens goûtent au don de plasma, ils y prennent goût. On voit leur sourire, pas en ce moment avec les masques, mais on voit quand même leur sourire dans leurs yeux. Il ne faut pas oublier qu’il y a seulement 3 % de la population de 18 ans et plus qui sont des donneurs. Si on prend l’exemple de Desjardins et des 81 personnes sur 500, c’est 15 %. Si toutes les entreprises sont capables de motiver seulement 5 ou 10 % de leurs employés, on va plus que doubler nos dons », conclut-elle.