Une décroissance majeure dans la demande de papiers est observée.

Planification forestière: PFR « ne panique pas »

« On ne panique pas parce que ce n’est pas la chose à faire. Mais la situation est très, très préoccupante. »

C’est ainsi que le président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu (PFR), Yves Laflamme, a qualifié la situation qui persiste et s’accentue au Québec concernant les problématiques de la planification forestière et de la disponibilité de la fibre. Il s’agit d’une tuile de plus qui s’abat sur l’industrie, laquelle doit aussi gérer une décroissance majeure dans la consommation de papiers et des problèmes de prix découlant des relations tendues avec la Chine pour le marché de la pâte kraft.

« Depuis un an, on fait des efforts pour attirer des gens dans notre industrie et on se retrouve encore une fois avec de l’incertitude », explique le patron de Résolu, dans le cadre d’une entrevue accordée au Quotidien, jeudi, dans la foulée de la publication des résultats financiers du second trimestre de 2019.

« Le problème se pose surtout quand on fait les analyses et que l’on prend des décisions pour le futur. On regarde les projets et on se demande si nous allons pouvoir compter sur de la fibre à un prix concurrentiel et à long terme », soulève M. Laflamme, qui souhaite une mobilisation de tous les acteurs sociaux économiques pour faire comprendre au gouvernement les enjeux actuels, comme le fait l’Alliance forêt boréale.

Les critères utilisés pour analyser les projets d’investissement sont exactement les mêmes que ceux pris en compte dans la gestion de la décroissance. Résolu est confrontée à une baisse de consommation de l’ordre de 15 % dans le papier. De plus, la disponibilité et le coût de la fibre sont des enjeux importants, selon Yves Laflamme.

Yves Laflamme, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu, remarque l’impact de la disponibilité de la fibre, entre autres, dans la prise de décision.

À titre d’exemple, la machine à papier numéro 7 de Kénogami aurait besoin d’une nouvelle caisse d’arrivée, un investissement de l’ordre de 15 M $. Résolu évalue les options pour améliorer la performance de l’usine, mais l’entreprise se bute au contexte du marché. « Si j’arrive au conseil d’administration avec un projet de 15 M $, on va immédiatement me demander si nous avons les approvisionnements en fibre à long terme. On peut toujours dire que le problème de disponibilité de fibre va se régler avec la fermeture de capacité, mais ce n’est pas une façon de construire », persiste le président de Résolu, qui doit malheureusement faire le constat que le Québec suit la même trajectoire que la Colombie-Britannique pour l’industrie des pâtes et papiers.

« Il y a à peine quelques années, tout le monde voulait avoir des scieries en Colombie-Britannique. La province a adopté un nouveau régime forestier et aujourd’hui, les grands scieurs de l’Ouest ont préféré acheter des scieries aux États-Unis. Petit à petit, ils délaissent la Colombie-Britannique. Ils annoncent régulièrement des fermetures temporaires et permanentes d’usines. Le Québec a adopté un régime forestier calqué sur celui de la Colombie-Britannique », évoque-t-il.

Résultats financiers

En ce qui concerne les résultats financiers du dernier trimestre, Yves Laflamme estime que l’entreprise se tire bien d’affaire malgré une performance inférieure à celle de la même période l’an dernier. Le secteur des pâtes et papiers, à l’exception du papier tissu, traverse une période difficile alors que les prix sont en baisse dans les secteurs des pâtes, des différentes gammes de papiers autres que le papier tissu et le bois d’oeuvre.

« Pour ce qui est du bois d’oeuvre, les prix que nous avions ont été gonflés l’an dernier par les feux de forêt et le problème de disponibilités de wagons pour le transport », rappelle Yves Laflamme.

« Avant les éléments hors gestion courante, la société a enregistré un bénéfice net de 11 M $, soit 0,12 $ par action, après dilution, contre 66 M $, soit 0,71 $ par action, après dilution, pour le deuxième trimestre de 2018 », stipule le communiqué officiel publié jeudi matin.

Le bois d’oeuvre, qui a atteint des plafonds historiques l’an dernier, a rapidement dégringolé. Les mises en chantier aux États-Unis atteignent à peine 1,2 million d’unités, signale Yves Laflamme, alors qu’il en faudrait 1,4 million pour permettre une reprise dans les prix.

« En ce moment, plusieurs entreprises font des chèques pour scier du bois », résume le président de Résolu.