Karine Bouchard, Alexandre Brassard et Jocelyn Tremblay espèrent trouver une solution pour la survie du planchodrome.

Planchodrome à Saint-Nom-de-Jésus: plus de 7000 signatures

Plus de 7000 personnes ont signé une pétition pour la survie du planchodrome (skatepark) situé dans l’ancienne église Saint-Nom de Jésus à Rivière-du-Moulin. Les usagers souhaitent faire pression sur l’administration municipale afin de pouvoir continuer à pratiquer leur sport dans un lieu sécuritaire et sain.

Alors que le planchodrome devait fermer ses portes à la mi-décembre, un sursis lui a été accordé jusqu’en avril. Mais les usagers souhaitent maintenant une solution à long terme. Beaucoup de rénovations devraient être faites pour remettre l’église en bon état. Les frais fixes (dont le chauffage) sont aussi élevés pour la municipalité.

« Il y a 20 ans, nous étions dix personnes dans la région à faire du BMX, note Alexandre Brassard, lui-même usager. L’arrivée du “‘skatepark”’ de l’église a fait que beaucoup de jeunes se sont mis à aimer ça. C’est un milieu sain, sécuritaire. L’accès est aussi à coût moindre, soit 5 $ - exactement le même tarif qu’il y a dix ans. Ici, c’est l’endroit idéal pour regrouper tous les sports. »

La Maison des jeunes a aussi ses locaux dans l’église. « Les jeunes vont faire leur sport et il y a toujours des intervenantes sur place. Il n’y a jamais de drogue ou d’alcool ici », constate la coordonnatrice de la Maison des jeunes, Karine Bouchard.

Cinq sports sont pratiqués au « skatepark de l’église », soit la planche, le patin, la trottinette, le BMX et le vélo de montagne. 

Pas aux normes

La Ville est consciente que le lieu est très intéressant pour les usagers. La Société d’art lyrique y est aussi installée, au sous-sol. « On sait que c’est une bonne idée de regrouper la Maison des jeunes et le “‘skatepark”’, convient le conseiller Jonathan Tremblay, aussi membre de l’exécutif et président de la Commission des arts. Nous avions un bail et il se termine. L’église n’est pas aux normes et ça coûterait une fortune en réparations et en entretien. (...) On sait par contre que ça répond à un besoin et la pétition vient nous le confirmer. Le dossier est présentement en évaluation, mais ce serait très, très, très surprenant que le “‘skatepark”’ reste dans l’église parce que nous n’en voulons plus, des endroits qui ne sont pas aux normes. »

Sain

Alexandre Brassard, qui est policier, est à même de constater à quel point le « skatepark » de l’église est un environnement sain par rapport à d’autres lieux où l’on pratique les mêmes sports, en été. « Les jeunes qu’on arrête dans les parcs publics, ce sont des jeunes qui n’ont pas de passions, pas d’activités à faire. Ceux qui viennent ici à l’église ont une passion. Tu fermes l’église, il y a de fortes chances qu’on en retrouve quelques-uns dans les parcs publics et ça va favoriser leur chute vers un milieu moins sain. D’autant plus que le quartier où se trouve l’église n’est pas considéré comme un quartier favorisé. »

Aucun lieu n’a été déterminé par les usagers ou par la Ville pour un éventuel transfert. 

Jocelyn Tremblay est lui-même usager et père de deux garçons qui utilisent aussi les installations. 

« J’ai essayé de leur faire faire du hockey, du soccer ; rien ne fonctionnait. Là, ils adorent ça venir ici. Je n’ai vraiment pas de misère à les amener. Ce serait vraiment dommage pour eux comme pour moi que ça ferme. »

Avec plus de 6500 signatures récoltées samedi, en moins de quatre jours, Alexandre Brassard est confiant. « Je ne sais pas ce que ça prendra à la Ville si 6500 signatures ne font pas. Si le “skatepark” devait fermer, il faudrait aller à Montréal pour pratiquer notre sport. Et ça, les plus jeunes et les moins favorisés ne pourront pas se le permettre. »

La pétition est disponible sur la page Facebook Skatepark de l’église. Vers 14 h dimanche, elle a atteint 7000 signataires.

Subvention

Contrairement à ce qui avait été écrit dans ces pages à la mi-décembre, le centre En équilibre, qui a aussi un planchodrome et qui est situé dans le parc industriel de Chicoutimi, n’a toujours pas reçu de subvention de la Ville. Le Quotidien s’était fié à une résolution adoptée à l’unanimité en août 2017 pour affirmer que l’organisme, qui a aussi un « skatepark », recevait un montant de 30 000 $ annuellement. Or, bien que la résolution a été adoptée, elle n’est toujours pas en vigueur. « Nous sommes toujours en évaluation. Ce sont deux dossiers différents », a affirmé Jonathan Tremblay, lorsque questionné à ce sujet.