À partir du 1er décembre, le centre commercial sera ouvert jusqu’à 21 h la semaine, ce qui représente de nouvelles plages horaires à combler pour les gérants de magasin.

Place du Royaume: encore plusieurs postes à pourvoir

À l’approche du temps des Fêtes, près de 25 commerces de Place du Royaume à Chicoutimi arborent toujours une affiche « Nous embauchons » dans leur vitrine. Aux dires de plusieurs employés interrogés par Le Progrès, la situation n’a pas changé depuis l’été dernier, et plusieurs postes sont encore à pourvoir.

Si plusieurs montrent du doigt la jeune génération pour expliquer la pénurie de main-d’oeuvre, les commerçants sont nombreux à souligner que les besoins sont surtout en semaine.

« On a vraiment de la misère à trouver, surtout la semaine. La fin de semaine, c’est plus facile à combler, parce qu’on a des étudiants», affirme l’employée d’un détaillant de chaussures, qui a accepté de parler au Progrès de façon anonyme, comme plusieurs autres employés et commerçants interrogés. 

« On essaie de commanditer les offres d’emploi sur Indeed et d’être très actifs sur les réseaux sociaux. »

Même son de cloche du côté d’une boutique de décoration, où la gérante explique : « Nous avons beaucoup d’étudiants, alors on est corrects pour les soirs et les fins de semaine. »

Questionnée à savoir si l’entreprise changeait son approche d’embauche pour attirer la main-d’oeuvre, elle précise : « On y va selon nos besoins à nous. C’est la réalité du commerce de détail. »

Nancy Bédard, gérante d’un magasin de vêtements, ne se contente pas de recevoir les candidatures. « Les CV se font rares, alors on compte sur le bouche-à-oreille ; on se réchappe comme ça. »

Assistante-gérante au même endroit, Karina Tremblay ajoute : « C’est souvent une question d’heures. Après les Fêtes, le travail est plus rare. »

Mme Bédard croit quant à elle que les jeunes peuvent davantage compter sur leurs parents, ce qui facilite leur recherche d’emploi. « Financièrement, les jeunes peuvent se fier à leurs parents jusqu’à ce qu’ils se trouvent une place qu’ils aiment vraiment. »

Beaucoup de magasins de Place du Royaume arborent une pancarte d’embauche dans leur vitrine. Lors de sa visite, Le Quotidien en a compté 25.

Fait plutôt inusité : le magasin d’Halloween temporaire de Boutique Première ne souffrait pas de la problématique, lorsque visité la semaine dernière. Guillaume, le gérant, explique que plusieurs employés des trois autres boutiques de la franchise acceptent de faire des quarts de travail à la boutique d’Halloween même si cela implique parfois des heures supplémentaires. « Il y a aussi beaucoup d’anciens employés de nos boutiques qui viennent nous dépanner », note-t-il.

Baisser ses exigences

France, assistante-gérante dans une boutique de vêtements, affirme pour sa part ne pas avoir de problème de main-d’oeuvre pour l’instant. « La pancarte d’embauche est toujours là, mais on n’en a pas besoin en ce moment. L’équipe est très stable ; trois employés sont là depuis 10 ans. C’est sûr qu’il y a des périodes plus difficiles, mais quand on engage, on connaît les horaires, on sait à quoi s’attendre. Il y a toujours moyen de s’arranger. Il faut aussi savoir baisser nos exigences. Plusieurs employeurs demandent de l’expérience, mais il faut être capables de s’ajuster. »

Selon l’employée, les salaires des commerces de détail ne sont pas des incitatifs à l’emploi. Elle croit que la baisse d’achalandage due à l’avènement du magasinage en ligne a causé une chute de profits, ce qui explique que la plupart des entreprises offrent le salaire minimum.

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« C'EST L'OCCASION DE BONIFIER NOS OFFRES »

Pour Caroline Leclerc, copropriétaire de la boutique Rose Bon Bon, la pénurie de main-d’oeuvre est l’occasion de faire les choses autrement. La femme d’affaires affirme que la situation a changé dans les dernières années, et que l’offre ne peut pas être la même qu’il y a cinq ans.

« C’est l’occasion de bonifier nos offres pour nous assurer de garder nos gens. Il y a quelques années, un temps partiel, ça travaillait le jeudi soir, vendredi soir, samedi et dimanche. L’offre devient inintéressante pour les chercheurs d’emploi. Aujourd’hui, un temps partiel travaille un soir et un jour de fin de semaine sur deux. »

Mme Leclerc explique que son magasin a la chance de bénéficier d’une belle ambiance, un aspect recherché par plusieurs. « Quand quelqu’un postule à un emploi, je demande pourquoi il ou elle veut travailler chez nous, et on me répond souvent que ç’a l’air le fun de travailler ici. Une offre, ce n’est pas juste le salaire. Il faut un climat de travail heureux ! D’ailleurs, quand la magie de Noël s’installe, beaucoup de gens reviennent pour faire le temps des Fêtes avec nous. »

Elle ajoute que ces aspects ont porté leurs fruits puisque, à l’aube du temps des Fêtes, elle ne remarque pas de difficulté supplémentaire causée par le manque de personnel. Pour Caroline Leclerc, un employé heureux, c’est un patron heureux. « Il faut avoir une culture d’entreprise et qu’il y ait un sentiment d’appartenance. Je le vis quotidiennement, parce qu’il y a plusieurs personnes qui prennent part au succès de l’entreprise. »

Caroline Leclerc, copropriétaire de la boutique Rose Bonbon, explique que le marché de l’emploi n’est plus le même aujourd’hui qu’il y a cinq ans.