Pascal Pilote s'est rendu au Palais de justice d'Alma pour plaider coupable à des accusations de voies de fait causant des lésions, de voies de fait et de propos menaçants.

Pilote règle tous ses dossiers

L'homme d'affaires almatois, Pascal Pilote a pris la décision de régler tous ses dossiers criminels d'un coup. Il a plaidé coupable à des accusations de menaces, de voies de fait causant des lésions et de voies de fait pour des événements survenus en juin et octobre 2016.
Les coups avaient été portés contre un homme sur le trottoir devant la Brasserie Mario Tremblay à Alma le 9 juin dernier.
L'individu de 40 ans devait subir jeudi son procès, au Palais de justice d'Alma, pour des coups qui ont été portés contre un homme sur le trottoir devant la Brasserie Mario Tremblay à Alma le 9 juin dernier. 
Mais comme son avocat l'avait laissé voir, l'accusé a renoncé à cette étape judiciaire. Il a reconnu les faits et a fait de même pour le dossier du 28 octobre 2016 au bar Le Perroquet, où il a administré une claque au visage d'une autre victime.
Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a enregistré les plaidoyers de culpabilité de l'accusé et a reporté les représentations sur sentence au 7 septembre, date à laquelle le rapport présentenciel sera présenté au tribunal.
Me Mélanie Paré, de la Couronne, a raconté les faits qui se sont produits en juin. « M. Pilote et la victime ont d'abord eu une discussion dans la salle de bain de la Brasserie Mario Tremblay. Elle était en lien avec la conjointe de M. Pilote à l'époque », indique Me Paré. « Les deux hommes ont quitté, mais M. Pilote est revenu sur place avec Jeffrey-Philippe Chénard. Ce dernier est allé chercher la victime dans la brasserie. À l'extérieur, l'accusé attendait la victime de pied ferme et lui a administré un coup de poing », a expliqué la procureure de la Couronne.
À la suite des plaidoyers de culpabilité de Pilote, Me Paré a demandé une suspension conditionnelle pour les accusations déposées contre Jeffrey-Philippe Chénard. Il a pu quitter le palais de justice sans casier judiciaire pour ce dossier.
Réaction
Interrogé par le juge Hudon à savoir s'il reconnaissait les faits et s'il était d'accord avec leur résumé, Pascal Pilote ne les a pas niés, mais a voulu apporter quelques précisions.
«Je n'avais pas l'intention de frapper qui que ce soit. Je voulais seulement discuter. Mais j'ai cru que la victime avait voulu me frapper. J'ai eu peur de recevoir un coup et j'ai réagi. Tout s'est passé très rapidement. Malgré tout je le répète, je veux me reprendre en main», a tenté d'expliquer l'accusé.
Quant à la bagarre au bar Le Perroquet d'Alma, une discussion a éclaté entre Pascal Pilote et la victime. Celle-ci a reçu une claque au visage. Des témoins sont intervenus pour séparer les deux hommes et M. Pilote a été expulsé du débit de boisson.
Démission
Pascal Pilote aura connu une semaine particulièrement occupée et difficile.
Mardi, il a plaidé coupable à des accusations de harcèlement criminel à l'endroit de son ex-conjointe, six jours après le dépôt des plaintes et après avoir passé cette période derrière les barreaux.
Et mercredi, il a remis sa démission au poste de conseiller municipal du quartier 7 d'Alma.
«Maintenant que les dossiers sont réglés, mon client entreprendra sa thérapie à La Futaie (Saint-Fulgence) à compter de dimanche. Il a déjà pris un rendez-vous avec son médecin, comme prévu par les conditions de remise en liberté», a souligné Me Charles Cantin.
Me Charles Cantin, avocat en défense.
L'accusé tourne la page et fait table rase
«Mon client a voulu éviter les procès et faire table rase de toute la situation. Ce ne sont pas de gros dossiers, mais ils sont tout de même importants compte tenu de l'enjeu, et de la situation de M. Pilote que tout le monde connaît maintenant.»
Me Charles Cantin, avocat en défense, et Me Mélanie Paré, de la Couronne, ont discuté à quelques reprises depuis une semaine dans le but de faire avancer les dossiers de l'ancien conseiller municipal d'Alma.
«Ces dossiers ont été très médiatisés quant à moi. Il a fait l'objet d'une publicité extraordinaire pour un simple conseiller municipal. Je trouvais que c'était beaucoup.»
«Le procès aura lieu sur sentence et c'est là que ça va se jouer. M. Pilote est un actif pour la société, un homme impliqué de façon positive. Il y aura de bons arguments à faire valoir et on tiendra compte des facteurs aggravants et atténuants. Il faudra faire la part des choses entre ces deux leviers au niveau sentenciel», note Me Cantin.
Ce dernier croit que son client se sent de mieux en mieux, surtout que Pascal Pilote semble vouloir se reprendre en main.
« Lorsque l'on règle des dossiers, c'est une étape qui est franchie sur le plaidoyer de culpabilité pour aller de l'avant. Il pourra tourner la page », indique le criminaliste.
Me Mélanie Paré est satisfaite d'avoir pu faire avancer les dossiers.
«Tous nos témoins étaient présents et nous étions prêts pour la tenue du procès. Mais monsieur a reconnu les voies de fait avec lésions et les propos menaçants. Avec un plaidoyer de culpabilité, la Couronne n'a rien à dire. Il s'agit d'une saine administration de la justice», précise Me Paré.
«Nous sommes satisfaits que dès 11 h ce matin la cause se soit réglée, que les plaidoyers soient enregistrés et de savoir que M. Pilote intégrera la thérapie», a repris Me Paré.
Celle-ci n'a pas voulu dire que la victime était soulagée, mais rappelle qu'elle était prête pour le procès.
Concernant Me Dominic Bouchard, avocat de Jeffrey-Philippe Chénard, il est satisfait du retrait des accusations. 
«J'ai toujours mentionné que M. Chénard n'était pas responsable du résultat final et qu'il ne savait pas ce qui se passerait entre les deux hommes», dit-il.