Le major Maxime Renaud, son épouse Geneviève Hamel et leurs deux fils, Alexis et Charles, devant un Beaver de la marine américaine.

Pilote de CF-18: l'exploit de Maxime Renaud

Le Jonquiérois Maxime Renaud vient d'accomplir tout un exploit. Pilote de CF-18 dans l'Aviation royale canadienne (ARC), il a obtenu la plus haute note au terme de sa formation d'un an à l'école de pilotage d'essai naval des États-Unis (United States Naval Test Pilot School), située à la station de Patuxent River, au Maryland.
Le major Maxime Renaud (au centre) lors de la cérémonie de graduation de sa cohorte de l'école de pilotage d'essai naval des États-Unis. Il est entouré du capitaine à la retraite Stephen Schmeiser (à droite), vice-président de l'Association de l'aviation navale, et du lieutenant-colonel Timothy A. Davis, commandant de l'école de pilotage d'essai naval des États-Unis.
Le major Maxime Renaud.
Lors d'une cérémonie tenue le 16 décembre dernier, le major de 33 ans a reçu un prix prestigieux : le Commander Willie McCool Outstanding Award. Cette distinction a officialisé le couronnement de Maxime Renaud au titre de meilleur élève de sa cohorte, formée de 31 militaires provenant de nations alliées comme l'Australie, le Royaume-Uni, l'Italie et les États-Unis. Le Jonquiérois était le seul Canadien choisi pour prendre part à ce cours visant à former des pilotes d'essai. Cinq formations du genre sont dispensées dans le monde. Outre celle de la station de Patuxent River, offerte par la marine américaine, la base aérienne d'Edwards, en Californie, l'Empire Test Pilots' School de Salisbury, en Angleterre, l'École du personnel navigant d'essais et de réception, à Ivres, en France, et la National Test Pilot School à Mojave, en Californie, sont spécialisées dans ce domaine.
Maxime Renaud savait depuis qu'il était tout petit qu'il souhaitait devenir pilote. À l'âge de 12 ans, il a grossi les rangs de l'Escadron 634 des cadets de l'air de Jonquière, où il est demeuré quatre ans. Il a jugé l'expérience extrêmement enrichissante et profitable et c'est son passage dans les cadets qui a pavé la voie à une carrière de pilote. À 16 ans, il s'est enrôlé dans les Forces canadiennes, ce qui lui a permis de faire des études en Génie mécanique au Collège militaire royal du Canada (CMRC) à Kingston, en Ontario. Après avoir complété sa formation de pilote aux bases canadiennes de Moose Jaw et de Cold Lake, il a été muté à la 3e Escadre de Bagotville, dans la région qui l'a vu naître. L'officier a passé cinq ans à la base baieriveraine, au sein de l'Escadron de chasse 425, avant d'être déployé au Koweït à l'été de 2015. C'est lorsqu'il prenait part à cette mission qu'on lui a offert une place à l'école du Maryland. Il faut dire que Maxime Renaud avait signifié son intérêt pour le métier de pilote d'essai en se soumettant à une formation condensée, dispensée par le Centre d'essais aériens de la base albertaine de Cold Lake. Pendant ce cours de deux semaines, il a pu faire valoir l'étendue de ses compétences. Les pilotes qui prennent part à cette formation à petite échelle sont exposés au regard intéressé des officiers représentant les trois grandes écoles spécialisées dans ce domaine. C'est celle de la marine américaine qui a mis le grappin sur Maxime Renaud.
Maxime Renaud était le seul Canadien dans sa cohorte à l'école de pilotage d'essai naval des États-Unis, au Maryland. La formation a pris fin en décembre et le major Renaud a obtenu la plus haute note, ce qui lui a valu le Commander Willie McCool Outstanding Student Award.
Une formation pointue offerte à cinq endroits dans le monde
Maxime Renaud, son épouse Geneviève Hamel et leurs deux garçons ont élu domicile au pays de l'Oncle Sam l'an dernier, avant que ne soit donné le coup d'envoi du cours de pilote d'essai. Il s'agit d'une formation très exigeante et hautement technique, pour laquelle le Jonquiérois a dû s'investir à hauteur de 12 à 14 heures par jour pendant un an. Sauf les samedis, une journée précieusement réservée à la petite famille.
« C'est une formation en trois volets : l'académique, le vol et l'écriture technique. Une journée typique commençait vers 6 h 30 et habituellement, j'avais des cours en avant-midi et des heures de vol en après-midi. Je retournais à la maison vers 18 h et je passais du temps avec ma femme et mes enfants. De 20 h à 23 h, je me concentrais habituellement sur l'écriture technique. La clé de la réussite, c'était vraiment la discipline », raconte le papa d'Alexis, quatre ans, et de Charles, deux ans.
Le major Renaud a dû se soumettre à une série d'examens, tout au long de sa formation. Il signale que la partie la plus éprouvante a été, sans contredit, le projet final. Cette ultime épreuve imposait aux membres de la cohorte l'évaluation d'un aéronef étranger qu'ils n'avaient jamais piloté. Le militaire s'est donc rendu en France. Il y a séjourné deux semaines, au cours desquelles il s'est retrouvé aux commandes d'un Mirage 2000, un avion de chasse conçu par la firme française Dassault Aviation et utilisé par le ministère de la Défense de l'Hexagone. Par la suite, le major Renaud a bénéficié de 10 jours pour étayer un argumentaire technique de 110 pages.
Surpris, mais humble
Le fils de Jonquière a appris avec surprise qu'il a obtenu la plus haute note lors de la collation des grades de sa cohorte de pilotes d'essai il y a un mois. Devant cette haute distinction, il demeure très humble.
« C'est un bel honneur, mais c'est avant tout le fruit d'un travail d'équipe. N'importe qui dans le cours aurait pu avoir ce prix », pense celui qui se dit animé d'un immense sentiment de fierté lorsqu'il évoque ses racines saguenéennes.
Au moment de l'entrevue, que le major Renaud a accordée au Progrès-Dimanche depuis l'aéroport d'Edmonton, avant son retour chez nos voisins du sud (il s'est rendu en Alberta pour acheter une maison), le principal intéressé s'est dit heureux de rentrer au pays à la mi-février. En plus du défi professionnel qui l'attend au Centre d'essai aérien de Cold Lake, où il testera de nouveaux appareils et équipements acquis par les Forces canadiennes, il pourra bénéficier d'une stabilité fort attendue au plan personnel et familial. Maxime Renaud ne manque d'ailleurs pas de rendre hommage à sa conjointe sans qui, assure-t-il, rien de tout cela n'aurait été possible.
« Le rôle de Geneviève a été essentiel. Elle m'a soutenu et elle a tenu le fort à la maison et avec les enfants. Sans elle, je n'aurais jamais passé le cours. Elle a été solide », a fait valoir celui qui n'exclut pas un retour à Bagotville d'ici à la fin de sa carrière militaire.
Huit pilotes canadiens formés depuis 2013
Depuis janvier 2013, huit pilotes ont été envoyés à des écoles de pilotage d'essai par le Canada. De ce nombre, quatre ont pris part à des formations dispensées par la marine. Maxime Renaud n'est pas le premier Canadien à terminer premier de sa cohorte. Le major Jameel Janjua a obtenu les meilleurs résultats de son groupe à l'école de l'aviation américaine, tandis que le capitaine David LeBlanc est arrivé au premier rang à l'école de Mojave, en Californie.