Chaque année, le départ du Grand défi Pierre Lavoie est donné à La Baie.

Pierre Lavoie: «Je vis dans un paradis»

CHOISIR LES RÉGIONS / Vivre en région, y développer ses talents, son projet ou son entreprise, c'est le choix de plusieurs personnes qui ont contribué à l'épanouissement de leur communauté. Les quotidiens du Groupe Capitales Médias présentent une série d'entrevues de personnalités qui rayonnent partout au Québec tout en cultivant leur attachement à leur milieu.
L'ambassadeur des saines habitudes de vie Pierre Lavoie fait l'aller-retour Montréal-­Saguenay quatre fois par semaine, en moyenne. Parfois, il arrive au beau milieu de la nuit et reprend la route au lever du soleil. Aussi bref soit-il, chaque passage au Royaume lui permet de recharger sa batterie dans son coin de paradis.
Le cofondateur du Grand défi Pierre Lavoie est constamment sur la route, et la force d'attraction vers Montréal, il a dû y résister. «La pression a été extrêmement forte pour que je m'installe à Montréal, surtout au début du Grand défi. Ç'a été mon plus gros défi, mais aussi mon plus beau choix», fait valoir Pierre Lavoie, au bout du fil, lors d'un autre déplacement entre Saguenay et la métropole.
«La route, c'est mon quotidien, admet-il. Je suis dans l'auto 40 heures par semaine. Je fais entre 120 000 et 150 000 kilomètres par année. Habiter à Montréal, je sauverais 80 000 kilomètres par année. Des fois, je reviens dormir trois heures chez moi, j'embrasse ma blonde et mon fils et je repars à Montréal. Ma blonde était convaincue qu'un jour, j'allais amener ma famille à Montréal. Mais j'ai décidé de continuer à vivre au Saguenay-Lac-Saint-Jean.»
«Aujourd'hui, je suis habitué, explique Pierre Lavoie. J'ai trouvé une façon de fonctionner. Je ne quitterai jamais la région. La décision a été prise. En plus, je fais ce qui me passionne, alors ça ne me dérange pas.»
«Un endroit exceptionnel»
L'homme d'affaires est un amoureux de son milieu de vie et de sa région. Il est né à L'Anse-Saint-Jean et vit à Saguenay depuis 38 ans. «J'aime les gens d'ici. On est des gens simples, vrais, authentiques et dynamiques. On fonce», lance-t-il.
«Je dis souvent que quand je vais à Montréal, je vais vider ma batterie, reprend-il. Et quand je reviens, je recharge ma batterie, bien que j'adore Montréal aussi. 
«J'ai choisi de vivre ici pour la qualité de vie, pour l'équilibre et la stabilité de ma famille, pour mon entourage, mes amis. J'ai été élevé dans la nature. Si je ne vois pas d'eau, je suis malheureux. Dans notre région, la nature est abondante. On a trois des plus beaux centres de ski de fond au Québec. Vraiment, quand tu traverses le parc, tu arrives dans un endroit exceptionnel. Je vis dans un paradis.»
Le père de famille, qui provoque et nourrit le changement en matière de saines habitudes de vie, «aime également les humains qui habitent la région». «La force des Bleuets, héritée de nos ancêtres, il faut la stimuler. Les gens de ma région ont hérité d'un grand dynamisme et d'un sens de l'entraide. Ils ont une volonté de réussir. Les Bleuets ont ça en eux. Ce n'est pas pour rien que dans les cinq têtes dirigeantes des entreprises, il y a toujours un Bleuet!» mentionne Pierre Lavoie, qui est grandement impliqué dans sa région natale.
L'Anjeannois aime parler de son coin de pays. «Chaque conférence, je commence en disant que je viens du Saguenay et que j'y vis encore, souligne M. Lavoie. Je suis fier de notre région. Je montre des photos, parle de mon village et invite les gens à venir nous visiter. Ma région, je vais toujours la défendre.»
Défis
Pierre Lavoie espère voir «sa région» évoluer dans les prochaines années. «Ma région a un grand potentiel. Il faut créer de la richesse et valoriser l'entrepreneuriat pour assurer la pérennité de la région. Il faut travailler davantage sur nos forces et miser plus sur notre dynamisme et sur les jeunes. Il faut mousser la réussite et applaudir les succès de ceux qui osent. Ça prend du consensus et du leadership rassembleur», plaide le triathlonien.
«Travailler ensemble.» Voilà des termes que Pierre Lavoie a répétés abondamment lors de l'entrevue. «Une des choses qui nuit beaucoup à la région, c'est l'esprit de clocher. Quand on s'éloigne, on crée un fossé. Il faut être ensemble, travailler ensemble», soutient l'Ironman.
Selon Pierre Lavoie, le retard en matière d'immigration et les coûts du transport aérien représentent d'autres freins pour la région, et «le plus beau cadeau a été la construction de l'autoroute dans le parc des Laurentides.»
«Osons! Nous sommes prêts pour des changements sociaux. Continuons de bâtir notre région, notre Québec!» a-t-il conclu.
Lieu de résidence: Saguenay
Se situe où: Saguenay-Lac-Saint-Jean
Depuis combien d'années: il n'a jamais quitté la région.
Comment s'est fait le choix: attachement à la région, choix familial
Un attrait: la nature abondante, les sites sportifs
Un inconvénient: les déplacements fréquents vers Montréal
Une idée pour améliorer le sort des régions: stimuler l'entrepreneuriat, abolir l'esprit de clocher, favoriser l'immigration et réduire les coûts du transport aérien