Pierre Picard est venu expliqué, à l’UQAC, comment la sécurisation culturelle pourrait améliorer les relations entre les Premières Nations et la communauté québécoise.

Picard mise sur la sécurisation culturelle

Le conférencier, chercheur, formateur et superviseur clinique Pierre Picard est venu présenter une conférence, jeudi, à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), où il expliquait le concept de la sécurisation culturelle des Autochtones. Organisée par le Centre des Premières Nations Nikanite, la conférence a attiré plusieurs personnes provenant du milieu de l’éducation, des organisations autochtones et des étudiants.

La conférence La sécurisation culturelle ou pourquoi tenir compte des différences identitaires propres aux autochtones ? était aussi présentée en direct dans une classe du Pavillon Alouette de l’UQAC, à Sept-Îles.

Sécurisation culturelle

Selon lui, pour bien comprendre les différences entre la société québécoise et les Autochtones, il faut détenir des connaissances culturelles.

Il explique que les facteurs sociohistoriques et les conditions générales de vie des Autochtones au fil des années seraient venus déterminer les processus relationnels complexes et les liens familiaux et communautaires que connaissent les Premières Nations aujourd’hui. C’est pour cette raison qu’il a consacré la première partie de sa conférence à présenter l’histoire des peuples amérindiens au Québec et des importants traités qui ont marqué leur passé.

Le conférencier Pierre Picard a expliqué aux auditeurs présents à l’UQAC sa théorie de la sécurisation culturelle et comment elle pourrait améliorer les relations entre la communauté québécoise et les Premières Nations.

Il expliquait, par la suite, que l’imposition de nos systèmes d’éducation, de santé et de justice, qui ne tiennent pas compte du caractère distinctif propre aux Autochtones, a eu, et a encore aujourd’hui, des conséquences sur l’état de santé global de ces derniers.

Il présentait donc son concept de sécurisation culturelle, un concept que les institutions et les personnes pourraient appliquer au profit des populations autochtones. « La sécurisation culturelle, ce n’est pas de changer la finalité d’un projet, mais c’est de demander “quels sont les moyens que nous pourrons prendre pour arriver à la même finalité, mais qui va cette fois-ci tenir compte des aspects associés à l’identité et la culture d’une nation et qui va la reconnaître et valoriser ? ” », explique M. Picard.

Lors d’un entretien avec Le Quotidien, il a avoué ne pas poursuivre un objectif précis. « Je ne veux pas changer la mentalité des gens. Mais si quelqu’un a à se construire une pensée, je préfère qu’elle se construise sur la connaissance et non la méconnaissance », a-t-il continué.

L’homme n’en est pas à son premier passage dans la région. Depuis deux ans, il est souvent appelé pour venir parler de sa théorie de la sécurisation culturelle, qui aiderait à mieux comprendre les différences entre la communauté québécoise et celle des Premières Nations.

« C’est une région qui est particulièrement effervescente au Québec, sur l’ouverture qu’elle démontre à l’égard des Premières Nations, surtout au Lac-Saint-Jean. Cela s’expliquerait par le fait qu’il y a de plus en plus de personnes de la communauté autochtone qui s’installent dans des villes telles qu’Alma et Roberval, ce qui mettrait une pression sur les services. »