Pianiste aux quatre coins du monde

Parcourir les mers du monde tout en vivant de sa passion, voilà ce que Claude Côté fait depuis 2004. Les bateaux de croisières sont devenus le lieu de travail du pianiste de Labrecque. Une carrière de rêve, mais qui est loin d'être des vacances.
Claude Côté a toujours été pianiste. Il a longtemps animé les soirées au bar Le Bordelais de l'hôtel Universel d'Alma, en plus d'avoir tenu le magasin Musique Claude jusqu'en 1998. En 2003, voulant parfaire son art, il s'inscrit en piano jazz au Collège d'Alma. Mais c'est en 2004 que le vent tourne.
«Mon beau-frère était allé travailler sur un bateau de croisière pour y faire de la rénovation. Il était revenu avec plein de cartes postales et je me suis dit que ce serait vraiment intéressant de jouer de la musique sur les bateaux. J'ai alors posé ma candidature pour la compagnie Carnival Cruise Line», raconte Claude Côté, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.
Il part en mer cette année-là pour un périple de plusieurs mois. Il oeuvrera sur 18 navires de la compagnie Carnival Cruise Line au cours des années qui suivront.
«Je crois que ce sont les plus belles conditions de travail pour un musicien. C'est très bien payé et je parcours la planète. Mais il ne faut pas penser que ce sont des vacances. Souvent, je ne mets pas le nez dehors durant des jours et je n'ai pas toujours le temps et l'occasion de visiter lors des arrêts», explique celui qui a arpenté tous les océans de la planète, plus d'une fois pour certains.
«C'est un travail. Je vis surtout de nuit et je joue souvent sept soirs par semaine. Le jour, j'essaie de dormir pour être en forme! Mais ce ne sont pas toujours des conditions de rêve. Disons que les employés n'ont pas les plus belles cabines du navire, mais je ne me plains pas. Les musiciens sont généralement très bien traités, même si certains publics sont plus difficiles que d'autres!», lance le pianiste, qui a d'ailleurs pris une pause de trois ans, n'en pouvant plus des voyages en mer de plusieurs mois et des conditions de travail parfois très difficiles.
Changement de cap
Cette pause, qu'il a prise après un long contrat de huit mois en Australie, lui aura permis de rejouer au Bordelais d'Alma, mais ce dernier ayant fermé pour faire place au Pacini, Claude Côté a repris le chemin des océans en 2015. Cette année-là, il est d'ailleurs parti en mer à bord d'un voilier de trois mats. L'une de ses plus belles expériences jusqu'à maintenant.
«Nous avons navigué en Europe. Nous avons entre autres accosté au Grand Prix de Monaco et au Festival de Cannes. C'était assez impressionnant de se trouver à côté de yachts de plusieurs millions de dollars. Disons que c'est un univers assez surprenant, pas mal déconnecté de la réalité», estime le pianiste, qui a un répertoire de près de 1000 chansons, allant d'Elton John à Billy Joel. Évidemment, la pièce Piano Man de ce dernier figure parmi ses favorites.
Il joue, au gré des humeurs de son public, environ quatre heures par soir.
Mal du pays
Bien qu'il adore son travail, Claude Côté avoue avoir le mal du pays régulièrement. Et il est toujours heureux de regagner la terre ferme lorsque ses contrats s'achèvent. S'ennuie-t-il des navires lorsqu'il se trouve chez lui, à Labrecque?
«Non! Je m'ennuie de jouer de la musique, mais j'adore être chez moi, à Labrecque. C'est là, ma vraie maison.»
Le pianiste, qui partait pour un périple de quatre mois à bord du Regatta, accostera d'ailleurs à La Baie le 2 et le 20 octobre. Une première pour le Jeannois.
«J'ai bien hâte de voir!», a lancé Claude Côté.