Le premier ministre Philippe Couillard s’inquiète de la volonté des partis d’opposition de réformer le mode de scrutin.

Philippe Couillard s’inquiète pour la région

(Denis Villeneuve) – Le premier ministre du Québec et député de Roberval, Philippe Couillard, s’inquiète de la volonté des partis d’opposition de réformer le mode de scrutin. Selon son interprétation, cette décision mènerait à l’abolition de deux circonscriptions du Saguenay–Lac-Saint-Jean, « contribuant ainsi à diminuer le poids politique de la région à l’Assemblée nationale ».

M. Couillard s’en prend ainsi à l’engagement fait le 9 mai dernier par les trois partis d’opposition qui vise à déposer un projet de loi dès la première année de leur mandat respectif, faisant passer le nombre de circonscriptions de 125 à 75. Ainsi, selon la lecture du Parti libéral, la proposition de la Coalition Avenir du Québec, du Parti québécois et de Québec solidaire éliminerait cinquante circonscriptions électorales pour les remplacer par des sièges qui seraient déterminés à l’aide d’une liste choisie par le parti politique. Ceux-ci seraient regroupés en huit régions, ce qui représente un nombre considérable d’électrices et d’électeurs, et couvriraient des territoires immenses.

En entrevue avec Le Quotidien, Philippe Couillard a dénoncé cette proposition qui, selon lui, a été « carrément fomentée par des gens des villes qui ne connaissent pas la réalité des régions avec leur réalité et leur immense territoire ». « Si vous collez la carte des circonscriptions fédérales sur celles que donnerait cette réforme, ce serait exactement pareil. Ce sont les régions qui écoperaient. Il faut que les régions réagissent face à ce projet. »

Le député de Roberval convient qu’aucun système électoral n’est parfait, mais il juge que le système actuel uninominal à un tour est celui qui assure le mieux la représentativité des régions.

Selon lui, contrairement à certains pays d’Europe plus petits et plus densément peuplés, le Québec constitue un vaste territoire avec une faible population dispersée, ce qui constitue un argument pour conserver le système actuel.

« Les oppositions ont la responsabilité d’être transparentes et de jouer franc-jeu avec les électeurs. Elles doivent aller sur le terrain auprès des élus locaux ainsi que des citoyens pour leur dire clairement quelles circonscriptions électorales seraient abolies ou fusionnées. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que seul le Parti libéral du Québec défendra toutes les régions du Québec. »

+ «De la pure démagogie», dénonce Sylvain Gaudreault

(Pascal Girard) – « C’est de la pure démagogie. Ils font peur au monde en contexte préélectoral. »

Voici ce qu’avait à déclarer le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, lorsqu’il a été appelé à réagir aux propos des députés libéraux qui se sont exprimés mardi sur une éventuelle réforme électorale qui a été proposée récemment par les trois partis d’opposition à Québec.

Selon lui, les libéraux ont fait une lecture alarmiste de leur proposition. « Il est hors de question que les régions-ressources perdent des députés à l’Assemblée nationale. (...) Le but, c’est d’ajouter un élément de proportionnalité et de garder la représentativité régionale », a-t-il poursuivi.

Il faut savoir que la proposition des trois partis n’est pas détaillée au point de pouvoir calculer précisément ce qui arriverait.

Déjà, lors de la présentation, les représentants du PQ, de la CAQ et de Québec solidaire ne s’entendaient pas sur la répartition des députés. 

Selon l’hypothèse défendue par le Parti québécois, le nombre de députés demeurerait sensiblement le même. Environ 75 seraient toujours élus de la façon actuelle. 

Pour ce qui est de la cinquantaine de députés restants, ils seraient répartis selon les votes pour les partis dans chaque région, a expliqué Sylvain Gaudreault. Ainsi, une telle situation permettrait de rééquilibrer la représentation. 

Si par exemple un parti remportait de justesse les trois sièges élus, il serait alors possible de donner les deux sièges restants au parti qui serait tout juste deuxième.

« Mais il reste encore tellement d’éléments à déterminer », a-t-il poursuivi, indiquant que la proposition engageait seulement à déposer, une fois au pouvoir, un projet de loi à l’automne 2019.