Les représentants syndicaux, dont Stéphane Aubry et Debi Daviau, estiment que le rapport du vérificateur général démontre qu’Ottawa fait la sourde oreille.

Phénix: Ottawa a fait la «sourde oreille»

Le rapport accablant du vérificateur général, Michael Ferguson, sur le système de paye Phénix démontre que le gouvernement a fait « la sourde oreille » face aux nombreux avertissements lancés par les syndicats. Il doit donc « immédiatement » donner suite aux recommandations en embauchant plus de conseillers en rémunération, en affectant plus de ressources pour régler les problèmes et en cherchant une solution durable à long terme, estiment les dirigeants syndicaux du secteur public fédéral.

« L’AFPC a averti le gouvernement à chaque étape qu’il y avait de graves problèmes et qu’il devrait les résoudre avant d’aller de l’avant. Nous l’avons avisé qu’il était insensé de mettre à pied tous ces conseillers et conseillères en rémunération. Le gouvernement a fait la sourde oreille et nos membres ont souffert de son irresponsabilité », a commenté Robyn Benson, présidente nationale de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) à la suite du dépôt du rapport du Vérificateur général Michael Ferguson sur le système de paye Phénix.

À l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), on se dit « content » des conclusions du rapport qui permet d’avoir une image plus claire de l’ampleur des problèmes. 

« Nous avions dit à nos membres de vérifier chacune de leur paye, et avec raison. Selon les derniers chiffres, on parle désormais de plus de 520 000 mouvements de paye en attente dans le système, ce qui ne tient pas compte des autres cas provenant de 55 autres ministères pas encore connus », a souligné Stéphane Aubry, vice-président de l’Institut professionnel, lui aussi touché par les « fluctuations » de paye qui créent beaucoup de stress et d’inquiétudes chez 300 000 employés fédéraux. 

Dans son rapport, le vérificateur général précise qu’il faudra des années pour arranger Phénix et qu’il en coûtera beaucoup plus que les 540 millions $ prévus par le gouvernement. 

Si le Vérificateur général Ferguson semble croire qu’il faut continuer avec Phénix en injectant plus d’argent pour régler les problèmes, l’Institut professionnel se réjouit d’entendre que le gouvernement semble ouvert à toutes les options, incluant celle qu’il a proposé la semaine dernière de créer un nouveau système en parallèle, qui pourrait être basée sur une nouvelle version 9,2 de logiciel PeopleSoft utilisé dans Pbénix. 

« Nous croyons qu’en moins d’un an, nous serions capables d’y arriver », a rappelé M. Aubry.