PFR et Saguenay : une rencontre à l’ordre du jour

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le projet de fibre cellulosique à l’usine de papier de Kénogami et le bail de la rivière Shipshaw (projet de loi 50) reviendront rapidement à l’ordre du jour. Une rencontre doit avoir lieu entre la haute direction de la papetière et une délégation de la Ville de Saguenay.

Cette délégation sera composée du président de Promotion Saguenay et conseiller municipal Michel Potvin, de son homologue Jean-Marc Crevier, également membre du conseil d’administration de l’organisme de développement économique, et de la mairesse Josée Néron. La rencontre, dont la date n’est pas connue, découle d’une démarche conjointe initiée par les deux conseillers municipaux il y a un peu plus d’un mois.

Selon ce que Le Quotidien a appris, les deux conseillers municipaux ont considéré l’annonce du choix de l’usine de Kénogami comme site de production de fibre cellulosique assez importante pour justifier une demande de rencontre. Ils considèrent, comme le mentionnait Jean-Marc Crevier dans sa sortie en marge de la commission parlementaire sur le renouvellement du bail de la Shipshaw, qu’il s’agit d’un rendez-vous à ne pas manquer pour relancer l’industrie des pâtes et papiers au Saguenay et dans le secteur Kénogami, que la Ville ne peut se permettre de bouder.

Au cours d’un entretien avec Le Quotidien vendredi, Jean-Marc Crevier a confirmé avoir reçu plusieurs messages d’appui provenant de citoyens et également de travailleurs et représentants syndicaux œuvrant dans les installations de Résolu concernant la justesse de la proposition faite à la direction de la papetière, mais qui n’aurait pas nécessairement plu au cabinet de la mairesse Josée Néron.

Dans le mémoire déposé en commission parlementaire, la mairesse a réclamé une révision du bail en 2028. Le projet de loi 50 fait état d’un bail d’une durée de 20 ans comme le souhaite la papetière afin de soutenir ses projets de développement, dont celui de la fibre cellulosique qui nécessitera des investissements importants pendant toute la phase du développement commercial du produit. Elle avançait également la notion de plancher d’emplois qui serait difficile à accepter en raison de la fluctuation des marchés, principalement pour tout ce qui concerne la production des papiers à impression et du papier journal.

Le mémoire de Saguenay a été supervisé par Me Stéphane Bédard, qui agit comme conseiller auprès du cabinet, et produit par l’attaché politique Simon Lespérance, qui agit également comme conseiller auprès du cabinet.

Lors des consultations qu’il a menées auprès de spécialistes du domaine, Me Bédard aurait été mis en garde contre la question sensible de la durée du bail pour la direction de Résolu et surtout le message qu’il envoyait au conseil d’administration de la papetière qui devra être soutenu pendant plusieurs années avant d’atteindre la rentabilité.

Jean-Marc Crevier a réitéré au Quotidien que son intention n’a jamais été de se dissocier du mémoire de Saguenay. Il a simplement jugé qu’en se contentant de réclamer un fonds comme d’autres l’ont fait, selon la bonne volonté du gouvernement qui perçoit les redevances sur l’utilisation de l’eau et tout en imposant des contraintes sur la durée du bail, la Ville se privait selon lui d’une fenêtre intéressante pour aller plus loin avec l’entreprise dans une perspective de collaboration et surtout d’un partenariat technologique pour tout le domaine de la chimie verte qui constitue l’avenir de l’industrie forestière.

Pour le conseiller municipal, qui entend explorer cette avenue dans les discussions à venir avec l’entreprise, il est primordial d’intégrer les représentants des organismes économiques du gouvernement du Québec dans cette démarche. Le premier ministre François Legault, a conclu Jean-Marc Crevier, a mandaté ses principaux ministres économiques d’identifier les projets d’intérêt dans le contexte de la relance de l’économie québécoise.

La papetière a pris connaissance de la proposition du conseiller jonquiérois qui a été publiée dans Le Quotidien puisque Jean-Marc Crevier n’a pas participé à la commission parlementaire. Le porte-parole Louis Bouchard a émis des commentaires prudents en lien avec cette proposition en affirmant que l’entreprise est toujours disposée à entretenir le dialogue avec les communautés.

Louis Bouchard a rappelé l’importance pour Résolu d’obtenir un bail de longue durée. Le projet de loi 50 fait état d’un bail prenant fin en 2031 avec l’obligation de réaliser des investissements structurants de 100 M $ dans ses installations de la région à compter de 2018.

Le bail comprend en plus l’obligation pour Résolu d’exploiter les usines de Kénogami, Alma et Saint-Félicien (pâte Kraft), pendant les 10 prochaines années.