Parmi les municipalités de la région, Dolbeau-Mistassini a obtenu la plus grande part du gâteau, soit 632 000 $.

Peu d’argent du MAMOT pour les budgets

Les municipalités de la région ont reçu très peu d’argent du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) pour préparer leurs budgets en 2018. Ensemble, elles ont touché 3,3 millions de dollars. En comparaison, à elle seule, la Ville de Shawinigan, en Mauricie, a reçu une somme de 3,5 millions de dollars.

L’enveloppe annuelle du programme de péréquation du MAMOT est de 60 millions de dollars en 2018. La part du Saguenay-Lac-Saint-Jean atteint donc un maigre 5,5 %. Plusieurs municipalités dont Alma, Chambord, Saguenay et Saint-Honoré n’ont rien reçu. 

Ce programme gouvernemental vise à aider les municipalités dont le potentiel fiscal est peu élevé à offrir les services de base à leurs citoyens sans trop augmenter leurs taxes. De nombreux critères sont pris en compte dans ce calcul notamment la population, la richesse foncière, le nombre de logements et l’écart de chaque municipalité en fonction de la valeur moyenne des logements québécois.

Parmi les municipalités de la région, Dolbeau-Mistassini a obtenu la plus grande part du gâteau, soit 632 000 $. Elle est suivie d’Albanel (200 000 $), de Girardville (195 000 $), de Normandin (182 000 $) et de Lac-Bouchette (167 000 $). 

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, estime que depuis la fusion municipale, la Ville doit gérer en double des infrastructures comme les réseaux d’aqueduc et d’égouts, ce qui a probablement aidé dans le calcul du transfert de péréquation selon lui.

La mairesse d’Albanel, Francine Chiasson, indique quant à elle que la somme attribuée par le MAMOT est « assez stable » année après année. 

« C’est arrivé une année que la péréquation était beaucoup moins importante et ça nous a posé problème. On se fie sur cette somme dans le budget. On espère toujours que ça ne changera pas ou que ça ira en montant. S’il fallait qu’on coupe la poire en deux, on serait atterrés », souligne Mme Chiasson. 

Albanel dispose d’un budget annuel de 2,7 millions de dollars. Les taxes municipales ont été maintenues à 1,03 $ par tranche de 100 $ en 2018. Les agriculteurs ont quant à eux vu leurs taxes baisser à 0,95 du 100 $. 

Desbiens a par ailleurs obtenu 137 000 $, en plus d’une subvention de 60 000 $ de la MRC Lac-Saint-Jean-Est par l’entremise du Fonds du développement des territoires. 

« Pour nous, les petites municipalités, notre marge de manœuvre est presque inexistante. À Desbiens, on gère un budget annuel de 1,49 million de dollars. On a baissé nos taxes cette année pour donner du souffle à nos citoyens, mais il faut trouver d’autres sources de revenus », explique le maire de Desbiens, Nicolas Martel. L’an dernier, le village d’un peu plus de 1000 habitants a malgré tout réussi à dégager un surplus budgétaire de 15 000 $. 

La marijuana au secours ?

Nicolas Martel cite l’exemple du cannabis pour exprimer le fait que les petites municipalités québécoises doivent bénéficier des grands projets qui rapportent. « Le cannabis, ça aurait été un bon moyen pour faire des transferts aux municipalités plutôt que de laisser des firmes privées s’enrichir », déplore M. Martel. 

Le maire de Desbiens, Nicolas Martel