Marc Petterson

Pettersen accuse le maire de favoritisme

À l'approche de l'élection municipale à Saguenay, le conseiller du district 10, Marc Pettersen, a lancé quelques balles en direction du maire Jean Tremblay lors de la séance du conseil de ville, lundi. Il a dénoncé le processus d'embauche d'une cadre de la Division Environnement de Saguenay, Julie É. Guérin, qui est également la belle-fille de Ghislain Harvey, bras droit de longue date du maire.
Lors de la période de questions réservées aux conseillers, M. Pettersen a raconté qu'il était intervenu il y a quelques jours auprès d'un citoyen qui se plaignait des balles de baseball, softball et même de golf provenant du parc de la Colline. En discutant avec le citoyen, M. Pettersen a appris qu'il y a plusieurs mois, un poste de cadre avait été ouvert à la Division Environnement. Selon les prétentions du conseiller, lors du processus d'embauche, plusieurs candidatures de personnes oeuvrant déjà à la Ville auraient été écartées et le nom de Mme Guérin aurait été ajouté à la liste en vue de son embauche sur recommandation de M. Harvey. M. Pettersen a effectué sa sortie en affirmant que le processus était non transparent et que des employés de la Ville dotés de compétences sont embauchés à temps partiel. M. Pettersen a même invité le maire à le poursuivre en justice s'il estimait qu'il tient des propos diffamatoires.
 « Faites-vous adopter si vous voulez être engagé à la Ville », a lancé M. Pettersen.
En entrevue après le conseil, M. Pettersen a mentionné avoir invité le maire à le poursuivre parce que s'il procède, toute la « magouille entourant la gestion municipale va sortir lors d'un éventuel procès puisque des gens lésés par le processus osent maintenant parler ».
Le maire Tremblay a répliqué séance tenante qu'il avait choisi personnellement d'embaucher Mme Guérin au poste de coordonnatrice de projet en raison de ses compétences et du fait qu'elle détient un doctorat. « Je voulais l'avoir parce qu'il n'y a pas beaucoup de personnes qui sont docteurs en environnement. Même Claude Villeneuve n'a pas de doctorat en environnement. Mme Guérin a même un postdoctorat. C'est sûr que j'ai dit oui », a déclaré M. Tremblay.
En point de presse, M. Tremblay a déclaré qu'il avait insisté au début du processus de sélection pour accorder le poste à Mme Guérin. « J'ai fait ça pour tous les employés-cadres. Ce n'est pas pour rien qu'on a le meilleur directeur général, le meilleur chef des pompiers et autres. C'est notre rôle de choisir. Quand t'es compétent, tu embauches les meilleurs. Tu ne laisses pas ça entre les mains d'un comité. Je suis certain que vous constatez que je suis bien entouré. Ce n'est pas seulement mon entourage d'amitié, c'est aussi l'entourage de la Ville », a déclaré le maire.
Quant au lien de parenté qui unit Mme Guérin à Ghislain Harvey, M. Tremblay rejette l'argument du revers de la main en affirmant que personne n'a édicté qu'il était interdit de les embaucher.
Du côté de la chef de l'opposition, Josée Néron, cette dernière a affirmé n'avoir rien contre les gens qui possèdent des doctorats, mais s'interroge sur le processus qui a conduit à l'embauche de Mme Guérin. « Il faut savoir si des candidats évalués ont fait l'objet d'une bonne évaluation ou si Mme Guérin a été prise pour d'autres considérations », a dit Mme Néron.