Pétition de 110 000 signatures: un non clair à GNL Québec selon ses opposants [VIDÉO]

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Les quelque 110 147 noms apposés à la pétition contre le projet de terminal méthanier GNL Québec sont une preuve de sa non-acceptabilité sociale, selon la coalition de groupes écologistes qui s’y oppose. Pour le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, le projet est «le VHS de 2020». La journée même, le premier ministre François Legault a annoncé que Québec n'investirait aucun argent public au projet.

«Imaginez, il y a 20 ans, si je vous avais dit avoir une belle idée d’investissement, si je vous avais dit ensemble on va investir dans une technologie d’avenir, celle des cassettes VHS. […]  GNL Québec, c’est le VHS de 2020. On n’a pas d’affaire à investir là-dedans, à autoriser ce projet-là dans une région qui a tout ce qu’il faut pour être un leader mondial de la transition énergétique», a déclaré le député lors du dévoilement de la pétition, mardi.

Plusieurs autres personnes étaient présentes pour l’occasion, afin de présenter ce qu’elles jugent être l’une des pétitions «les plus importantes de l’histoire du Québec» en matière d’environnement. 

La seule à avoir reçu davantage de signatures, c’est celle contre les gaz de schiste, souligne Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace, qui n’a pas manqué de dresser nombre de parallèles entre les deux.

«Et on sait la fin de l’histoire des gaz de schiste au Québec, ça a été bloqué parce qu’il n’y avait pas d’acceptabilité sociale, et c’est ce qui va se passer avec GNL Québec.»

À l'Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a confirmé que le gouvernement n'allait investir aucun montant d'argent. Il a donc fermé la porte à tout investissement public, lorsque questionné à ce sujet.

«C'est important de le préciser, le gouvernement du Québec a refusé qu'il y ait un financement public dans le projet GNL Québec. Donc, on parle de financement privé. Effectivement, il y a un grand défi puisqu'on parle d'un projet de 10 milliards si on inclut l'oléoduc de gaz», a déclaré François Legault, dont les propos ont été rapportés dans un article de Radio-Canada.

Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord, lui aussi sur place lors du dévoilement de la pétition, disait parler au nom des signataires qui ne pouvaient être présents vu les restrictions sanitaires. Il a quant à lui rappelé les huit manifestations de 200 à 3000 personnes tenues dans la région depuis deux ans, tout comme les 15 assemblées citoyennes et 17 conférences.

Alice-Anne Simard, directrice générale à Nature Québec, a spécifié que le projet aurait non seulement des impacts néfastes sur le climat, mais aussi sur la faune et la région elle-même.

«Il y a des impacts dévastateurs aussi pour les communautés locales qui sont déchirées présentement. Il va y avoir des impacts sur la biodiversité, alors que le projet va notamment fragmenter ou détruire l’habitat de plusieurs espèces, dont des espèces menacées ou vulnérables. Par exemple le carcajou, la paruline du Canada, les chauves-souris, et surtout le béluga du Saint-Laurent.»

Le document a été déposé mardi après-midi à l’Assemblée nationale. Selon les groupes environnementaux, les députés québécois ne peuvent pas reconnaître l’urgence climatique d’une part et, d’autre part, appuyer ce projet «qui serait un désastre pour le climat». La coalition demande au gouvernement Legault de ne pas investir un seul sou dans ce projet, qui éprouve actuellement des difficultés financières. 

GNL reste en retrait

Appelé à réagir sur la pétition, GNL Québec dit vouloir rester en retrait, précisant travailler en ce moment à l’analyse des mémoires déposés dans le cadre du BAPE pour ce projet dont elle dit la région en faveur.

«Depuis le début du processus d’évaluation environnemental du projet Énergie Saguenay, GNL Québec s’est fait un devoir de rester en retrait et de laisser les citoyens exprimer leurs questions et leurs pistes de bonification et d’amélioration. Il est dommage que certains militants anti-gaz ne fassent pas montre du même respect envers les institutions», a déclaré le groupe.

Selon un sondage commandé par des groupes environnementaux, près de la moitié des Québécois rejette le projet. 

L’enquête de Léger publiée la semaine dernière révèle que 46 % des Québécois se montrent défavorables au projet, contre 34 % qui l’appuient. Plus d’un Québécois sur deux serait contre un investissement financier du gouvernement. 

Le premier ministre François Legault a souvent exprimé son appui au projet, tout en ajoutant qu’il devait passer le test de l’acceptabilité sociale.

+