Petite enfance: les syndicats réclament un investissement majeur

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) profitent de la Semaine des services éducatifs à la petite enfance pour interpeller les élus de la région et revendiquer un investissement majeur de 7,5M$ dans le réseau public de la petite enfance au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier, et Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) soutiennent que « tous les partis politiques au Québec doivent prendre l’engagement ferme de renforcer notre réseau public de services éducatifs à la petite enfance. Ce réseau a durement souffert sous le règne des libéraux depuis 2014, avec des compressions de 220 millions de dollars, et il faut absolument redresser la situation sans plus tarder.»

Elles estiment que le réinvestissement doit notamment passer par l’utilisation des transferts fédéraux dédiés aux services de garde et par les montants provenant de la modulation des tarifs. Les leaders estiment ainsi qu’un montant de 249M$ pourrait être récupéré pour l’ensemble de la province, dont plus de 7,5 millions$ au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Soyons clairs : la CSQ et la FIPEQ maintiennent leur revendication de mettre fin à la modulation des tarifs. Mais aussi longtemps que ça ne sera pas fait, cet argent versé par les parents doit absolument être réinvesti dans notre réseau public », explique Sonia Éthier, soulignant que le ministre Fortin a déclaré à de multiples reprises qu’il s’engageait à réinvestir ces sommes dans le réseau. 

Les leaders syndicales évoquent le dossier de l’Observatoire des tout-petits rendu public le 22 mai dernier qui dénote un manque de qualité dans les garderies privées. Certains intervenants ont affirmé que le réseau public doit être favorisé. 

« Pourtant, le gouvernement Couillard a préféré pousser les parents vers le secteur privé avec la modulation des tarifs et le crédit d’impôt. Pire encore, il a profité de cette contribution financière provenant de la poche des parents pour réduire d’autant son propre financement en petite enfance », dénonce Sonia Éthier.

La présidente de la FIPEQ-CSQ affirme que ces sommes doivent prioritairement servir à répondre aux enfants à besoins particuliers. « Pour l’aide aux enfants à besoins particuliers, nous demandons que le gouvernement bonifie substantiellement la contribution actuelle de 40 dollars par jour, qui est nettement insuffisante. Cet effort supplémentaire permettrait notamment de réduire les ratios, d’offrir davantage de services spécialisés et l’accès à plus de formation pour les intervenantes en petite enfance », explique Valérie Grenon, qui demande également que les sommes servent à revaloriser la profession. 

« Ces femmes sont des professionnelles qui méritent d’être reconnues pleinement. Elles contribuent chaque jour au développement de nos enfants et elles devraient pouvoir travailler dans des conditions favorables. De plus, elles doivent pouvoir compter sur l’appui des ressources spécialisées dont elles ont besoin », ajoute Julie St-Arnaud, présidente de l’ADIM Saguenay.