Pessamit réclame une aire protégée

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le Conseil des Innus de Pessamit demande au gouvernement d’attribuer une protection légale au réservoir Pipmuacan, le temps qu’un scénario de conservation fondé sur les connaissances traditionnelles et les aspirations de la communauté soit déposé.

Ce territoire est un lieu irremplaçable aux yeux de plusieurs communautés et pour la survie du caribou forestier, en déclin dans la province. En plus, cette mesure aiderait à ce que le gouvernement du Québec atteigne sa cible internationale de 17 % d’aires protégées en milieu terrestre, un objectif qu’il souhaitait réaliser d’ici 2020.

Par voie de communiqué, Éric Kanapé, conseiller politique pour la Première Nation de Pessamit, a exprimé son mécontentement. « Les Pessamiulnuat ont cessé depuis plus de dix ans le prélèvement de ce gibier, sacrifiant ainsi une partie importante de leur culture. En retour, quels ont été les sacrifices des forestières qui sont scientifiquement reconnues comme étant la principale cause du déclin de l’espèce ? Quelles ont été les actions concrètes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs durant ces années, où le déclin n’a fait que s’accentuer ? Il est grand temps que le gouvernement du Québec prenne ses responsabilités », a-t-il admis.

Selon lui, la solution passe par la création d’une aire protégée au Pipmuacan, un lieu privilégié pour la pratique et la transmission de la culture innue.

Inquiétudes

Alors que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a dernièrement annoncé qu’il lèvera certaines mesures de protection au profit de l’industrie, les craintes se sont aggravées chez les membres du Conseil. « Nous sommes extrêmement inquiets de la façon dont le gouvernement du Québec gère la biodiversité et les espèces menacées. Il y a urgence de trouver de meilleures façons de faire l’aménagement qui protégera notre culture. Nous n’acceptons plus que notre survie identitaire soit mise en danger », a continué le conseiller dans le communiqué de presse.

Selon eux, le déclin du caribou forestier au Québec est la preuve que la foresterie actuelle québécoise ne permet pas de maintenir la biodiversité d’origine des forêts. Les conséquences que cela apporte sur la faune se répercutent également sur leurs pratiques traditionnelles.

Le caribou forestier a une importance capitale pour cette communauté. Noyau de leur culture, le Conseil voit son déclin comme une perte culturelle inestimable. « Force est de constater que les enjeux de l’industrie forestière prennent toujours le dessus sur les enjeux de biodiversité et les enjeux autochtones. Il faut que cela change », a insisté M. Kanapé.