La photographe Marilyn Bouchard est à l’origine de l’initiative Une pose pour le rose, qui est devenu un mouvement provincial.

Une pose pour le rose ne cesse de grandir

En mettant sur pied Une pose pour le rose, la photographe Marilyn Bouchard ne se doutait guère que trois ans plus tard, son initiative permettrait de remettre près d’un demi-million de dollars à la Société canadienne du cancer (SCC). L’objectif de 325 000 $ pour l’édition 2019 a été largement dépassé, pour atteindre 480 000 $. Les trois éditions de l’activité-bénéfice ont permis d’amasser plus de 800 000 $ afin de lutter contre le cancer du sein.

Le projet d’une personne est devenu, en l’espace de trois ans, celui de bien des gens. Cette année, pendant près de 10 jours, 270 photographes et des milliers de bénévoles ont immortalisé le portrait de 12 000 femmes. Celles-ci devaient remettre une somme de 20 $ en échange du cliché.

Marilyn Bouchard prend plaisir à se rappeler les balbutiements d’Une pose pour le rose. « La première année, je voulais être modeste. On a fixé un objectif de 3000 $, et c’est finalement 70 000 $ qui a été remis. Je voulais photographier 100 femmes. Je m’attendais à le faire avec un ou deux photographes. Il y en aura eu plus de 90 », se remémore-t-elle.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est un grand joueur dans ce qui est devenu une collecte de fonds d’envergure provinciale. Cette année, la quarantaine de photographes et de bénévoles ont récolté 112 000 $, soit près du quart du montant total.


«  Cela met nos photographes en vitrine. Les femmes sont contentes, alors qu’elles vivent une belle journée pour elles. On ramasse des sous pour lutter contre le cancer du sein. Tout le monde en ressort gagnant. C’est positif à tous les niveaux.  »
Marilyn Bouchard
Marilyn Bouchard, qui pose ici avec son chien, Goliath, espère atteindre le marché du Canada anglais en 2020.

La fondatrice explique simplement la magie qui entoure l’activité-bénéfice. « Cela met nos photographes en vitrine. Les femmes sont contentes, alors qu’elles vivent une belle journée pour elles. On ramasse des sous pour lutter contre le cancer du sein. Tout le monde en ressort gagnant. C’est positif à tous les niveaux », explique-t-elle.

La travailleuse autonome, de Pigment B, ne s’en cache pas : elle s’est littéralement développé une passion pour la philanthropie.

« Cela nourrit mon côté entrepreneur. Je me suis aperçue, avec le temps, que je suis une entrepreneure qui n’est pas à l’argent. J’adore tout mettre en place, dont le marketing. J’aime ça gérer le projet, l’équipe et les problèmes qui viennent avec, explique celle qui se mérite le titre de personnalité du mois remis par Le Progrès et Radio-Canada. Je trouve cela plus gratifiant qu’une entreprise qui ferait des millions. »

Une version anglaise

Force est d’admettre que cette idée née au Saguenay aura rapidement dépassé les limites de la région. Et c’est loin d’être terminé. La quatrième édition sera celle qui traversera les frontières du Québec. Les prochains mois permettront de traduire le nom du projet et le matériel promotionnel afin de rejoindre le Canada anglais.

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10 ANS DE PIGMENT B

Les prochains mois seront loin d’être de tout repos pour celle qui oeuvre professionnellement sous le nom de Pigment B. 

« En octobre 2019, ça fera 10 ans que je travaille sous le nom de Pigment B. Cela marque mes 10 ans comme travailleuse autonome en photographie dans la région », souligne Marilyn Bouchard. Celle dont le talent dépasse largement les frontières du milieu de la photographie affirme que la dernière décennie s’est écoulée à toute vitesse.

Cette étape coïncide également avec le retour en région de la photographe, qui détient un baccalauréat en design graphique. Un choix qu’elle ne regrette nullement. « Quand je pense à ma qualité de vie, au fait que je suis à cinq minutes de mon bureau et que je peux faire une différence dans ma région, je n’ai pas envie de déménager », confie-t-elle. 

Consacrant plusieurs mois par année à Une pose pour le rose, la femme impliquée continue d’exercer son métier avec passion. 

La photographe, qui oeuvre notamment dans le domaine corporatif, se plaît à tirer le portrait des gens en mode lifestyle. Elle se tourne ainsi vers ces séances photo qui mettent en scène les sujets à travers leur quotidien.

Afin de rejoindre davantage ce style de photographie, Marilyn Bouchard compte, au cours de l’année à venir, déménager son studio. L’objectif est qu’elle et ses sujets se retrouvent entourés de lumière naturelle.