Félicia Harvey participera à la finale pancanadienne de l'Expo-sciences et à l'Expo-sciences internationale qui se tiendra en août au Brésil.

Une découverte scientifique à 15 ans

Le titre de Personnalité du mois d'avril Le Progrès - Radio Canada est attribué à Félicia Harvey, une élève de troisième secondaire de l'école l'Odyssée / Dominique-Racine de Chicoutimi qui s'est taillée une place dans la délégation québécoise qui se rendra à l'Expo-sciences internationale, à Fortaleza, au Brésil, du 7 au 12 août.
Félicia Harvey, à 15 ans seulement, a fait une découverte permettant de mieux comprendre l'hypercholestérolémie familiale. L'élève de troisième secondaire de l'école l'Odyssée / Dominique-Racine de Chicoutimi a raflé les honneurs en avril à l'Expo-sciences provinciale grâce à son projet, qui l'enverra maintenant en finale pancanadienne et à l'Expo-sciences internationale, au Brésil, avec les sept autres jeunes de la délégation québécoise.
L'adolescente n'en est pas à son premier projet d'expérimentation à l'Expo-sciences. Elle en était cette année à sa troisième participation en finale provinciale.
Dès sa première participation à la finale régionale, en 2015, elle avait remporté la médaille d'argent dans la catégorie junior (secondaires 1 et 2). En deuxième secondaire, elle est montée sur la première marche du podium de la catégorie junior, en plus d'obtenir le Premier prix Hydro-Québec, remis au meilleur projet de la finale régionale. Un exploit qu'elle a reproduit cette année en mettant à nouveau la main sur le premier prix de la compétition régionale avec son projet «Une clé APOrtant la longévité?».
Pour la première fois, elle a été sélectionnée parmi les 125 projets de la finale québécoise pour participer à la finale pancanadienne, qui aura lieu à Régina, à la mi-mai, en plus de remporter la médaille d'argent dans la catégorie intermédiaire (secondaires 3 et 4). Une autre surprise l'attendait lors de la remise de prix qui s'est déroulée à Saint-Hubert.
«J'étais déjà super contente d'avoir ma médaille d'argent, mais quand j'ai entendu mon nom pour l'Expo-sciences internationale, je ne m'y attendais pas!», lance l'adolescente de 15 ans, rencontrée par Le Progrès, vendredi, à son école secondaire.
Une découverte
Depuis septembre, Félicia travaille sur son projet d'Expo-sciences qui lui a permis de contribuer aux connaissances scientifiques sur l'hypercholestérolémie familiale.
Cette maladie héréditaire fait partie des maladies génétiques à forte prévalence dans la région. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une personne sur 80 en est atteinte, tandis que la prévalence est de 1/270 au Québec et de 1/500 au Canada.
«Je me demandais pourquoi des personnes de 25 ans atteintes d'hypercholestérolémie familiale en étaient à leur deuxième arrêt cardio-vasculaire, alors que d'autres, à 70 ans, se portaient très bien en ayant la même maladie, et si c'était relié à l'alimentation ou à la génétique», a-t-elle expliqué.
Elle a approché le Centre d'études cliniques Écogène-21, et sous le mentorat de la coordonnatrice scientifique Diane Brisson, Félicia Harvey a porté son attention sur le gène apolipoprotéine E2 (APO E2). Au terme de ses recherches menées grâce aux informations colligées dans la biobanque de Chicoutimi, elle a remarqué que les personnes atteintes d'hypercholestérolémie familiale et porteuses du gène AP0 E2 ont un taux de mauvais cholestérol plus bas.
«C'est un lien qui n'avait jamais été établi, a précisé Félicia. C'est une information qui pourra amener un médecin à comprendre pourquoi un patient peut avoir un taux de mauvais cholestérol plus bas qu'un autre, de permettre une approche de précision en médecine, et d'évaluer de nouvelles pistes de traitement, comme l'infusion d'APO E2, qui pourrait agir comme un gène protecteur qui amène la longévité aux patients atteints d'hypercholestérolémie familiale», a détaillé Félicia avec aplomb, elle qui connaît son sujet du bout des doigts après l'avoir présenté autant devant des chercheurs que des enfants.
Félicia participera à l'Expo-sciences internationale, au Brésil, avec son frère William. Les deux adolescents tiennent à remercier leurs mentors respectifs qui les ont soutenus dans la réalisation de leur projet d'expérimentation.
Avec son frère au Brésil
L'Expo-sciences est une affaire de famille chez les Harvey. Félicia se rendra au Brésil pour l'Expo-sciences internationale avec son grand frère William, qui avait été sélectionné au sein de la délégation québécoise l'an dernier.
L'Expo-sciences internationale se tenant aux deux ans, trois jeunes, dont William, avaient été sélectionnés lors de l'Expo-sciences provinciale, en 2016, auxquels se sont ajoutés cinq autres élèves choisis cette année.
William, 17 ans, aujourd'hui en cinquième secondaire à l'école l'Odyssée/Dominique-Racine, est aussi un habitué de l'Expo-sciences. Pendant son secondaire 2, 3 et 4, il s'est rendu jusqu'aux finales pancanadiennes, et a remporté son lot de médailles et de prix.
À vrai dire, Félicia et William ont de la difficulté à énumérer tous les prix et bourses d'études qu'ils ont remportés aux Expo-sciences. C'est tout dire !
Les deux adolescents, qui font tous deux partie du programme excellence de leur école secondaire, maîtrisent leur sujet et s'expriment avec aisance. Ils n'ont pas compté les heures mises sur leur projet, qu'ils améliorent constamment chaque fois qu'ils participent à une nouvelle finale. Pour sa part, William présentera au Brésil son projet d'expérimentation « Muscle tes satellites », qui porte sur l'effet de l'activité physique chez les personnes atteintes de dystrophie myotonique de type 1, sous le mentorat de la professeure-chercheuse Élise Duchesne.
« Ce sera vraiment une belle expérience, il y aura des représentants de 30 pays, et en plus des présentations, il y a plusieurs activités prévues pour découvrir le pays », s'est réjoui William.
L'annonce de la participation de Félicia à l'Expo-sciences internationale a été une belle surprise pour toute la famille. Leurs parents songent d'ailleurs à en profiter pour les accompagner au Brésil et visiter le pays.
La pomme n'est d'ailleurs pas tombée loin de l'arbre : la recherche scientifique fait partie des discussions familiales, leur mère travaillant elle-même sur les maladies neuromusculaires comme chercheuse.
William poursuivra ses études l'an prochain au Cégep de Chicoutimi en sciences de la nature. Lui et sa soeur sont intéressés par des carrières dans le domaine des sciences de la santé.