Le cinéaste de Saguenay, Sébastien Pilote, a le vent dans les voiles.

Sébastien Pilote sur une lancée

PERSONNALITÉ DU MOIS / Le cinéaste de Saguenay, Sébastien Pilote, joue maintenant dans la cour des grands. Son tout récent long métrage, La disparition des lucioles, qui met en vedette Karelle Tremblay et Pierre-Luc Brillant, est sur toutes les lèvres des cinéphiles. Il raconte l’histoire d’une jeune fille qui finit son secondaire. Elle vit des relations tumultueuses avec son père, son beau-père et un nouvel ami plus âgé qui lui donne des leçons de guitare. On la suit dans son quotidien où elle cherche de l’espoir et le sens de la vie, ce qui n’est jamais facile pour elle. C’est le troisième long métrage du cinéaste.

Le réalisateur s’est toujours intéressé au cinéma. Au cégep, il avait choisi un cours complémentaire dans ce domaine, ce qui lui avait donné la piqûre. Il a ensuite continué ses études en arts avec une concentration en cinéma. Il a maintenant à son actif quatre films, qui ont été présentés dans les plus grands festivals de cinéma du monde, tels que Sundance, Cannes et Barcelone.

Sébastien Pilote avait donc une forte pression avec son plus récent long métrage et il n’a pas déçu. Il était très fier que son film ait été choisi au Festival international du film de Karlovy Vary, en juillet 2018. « On a reçu une invitation. C’est moins connu en Amérique du Nord, mais c’est un festival qui est important pour l’Europe-de-l’Est et l’Europe centrale. Ça m’a permis de montrer le film à 2000 personnes », a raconté le cinéaste.

Il a reçu un excellent accueil et le public a bien répondu au film, même qu’il y a eu une ovation debout. « Il paraît que c’est très rare ! » a-t-il avoué.

Festival international du film de Toronto

Le réalisateur savait qu’il serait difficile d’être sélectionné au Festival international du film de Toronto, puisque le long métrage avait déjà été présenté ailleurs. « Nous avons tout de même été sélectionnés. Nous étions probablement le seul film qui avait déjà joué ailleurs », a soulevé le réalisateur. Le simple fait d’être sélectionné représentait un honneur pour le Saguenéen, mais il était loin de s’attendre à ce qu’il rafle le prix du meilleur film canadien. « C’est une belle reconnaissance. Je ne m’y attendais pas, il y avait vraiment de gros noms dans la section canadienne, comme Xavier Dolan, Denis Arcand, Maxime Giroux... », a noté Sébastien Pilote. Le film a continué de tourner dans différents festivals, comme celui d’Haïfa en Israël, et ira bientôt sur les écrans de ceux de Tokyo et de Chicago.

À l’écran, chez nous

Le film a été choisi pour ouvrir le Festival du film de la ville de Québec, un autre bel honneur pour le cinéaste. De plus, depuis une semaine, le film est à l’affiche dans les cinémas du Québec. La réponse a été impressionnante. « Nous avons vu que le film était le premier à Montréal, Sherbrooke, Québec et probablement à Saguenay », s’est réjoui le cinéaste. Il a conseillé à ceux qui ne l’avaient toujours pas vu de se rendre au cinéma le plus prêt de chez eux, puisqu’il a été fait pour être vu en salle.

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DÉJÀ SUR UN NOUVEAU FILM

Un nouveau projet est déjà enclenché pour Sébastien Pilote. Il travaille pour la première fois avec Pierre Even sur une adaptation du livre Maria Chapdelaine de Louis Hémon.

Dans tous ses autres projets, le cinéaste travaillait avec Bernadette Payeur et Marc Daigle. Cette fois, le cinéaste a décidé de travailler avec quelqu’un d’autre. Pierre Even est très connu dans le milieu et a déjà collaboré avec Jean-Marc Vallée sur son succès Crazy. Maria Chapdelaine devrait être le projet le plus ambitieux de Sébastien Pilote à ce jour.

Le scénario de cette adaptation est prêt. « J’ai finalisé le scénario en même temps que je travaillais sur La disparition des lucioles », a affirmé le réalisateur. Le projet sera maintenant à l’étape de la recherche des acteurs et des futurs lieux de tournage. 

Un appel à tous avait été fait pour trouver la Maria Chapdelaine. Les critères étaient simples, la jeune femme devait avoir entre 17 et 22 ans et un regard intense et touchant. Des milliers de filles ont envoyé leur candidature afin de faire partie du film. « Je ne m’avancerai pas trop là-dessus, car nous avons eu amplement de candidatures », a révélé le réalisateur. Il voulait donner la chance au maximum de candidates possible, même à celles qui n’avaient peut-être pas fait les écoles de théâtre, afin de trouver sa perle rare.