Mélanie Lapierre, intervenante au Centre de prévention du suicide 02, souligne l’importance des bénévoles au sein de l’organisme.

Les yeux et les oreilles de la prévention

Le Centre de prévention du suicide 02 compte sur une équipe de bénévoles qui lui permet de répondre aux appels de détresse 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Ses bénévoles, qui sont à la base même de la mise sur pied de l’organisme, contribuent à sauver des vies, mais ils font aussi la particularité du centre qui est l’un des seuls au Québec à compter sur eux pour mener à bien sa mission. Mélanie Lapierre, intervenante, représente l’équipe de bénévoles du centre qui reçoit le titre de personnalité du mois décerné par Le Progrès et Radio-Canada.

Ils sont jeunes ou plus âgés, retraités, travailleurs ou étudiants. Ce sont des gens de coeur, à l’écoute, qui entrent facilement en contact avec les autres et qui font preuve d’empathie, sans repartir à la maison avec les problèmes des autres sur leurs épaules.

Les bénévoles du Centre de prévention du suicide 02 (CPS02) se relaient afin d’assurer une écoute aux personnes du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Chibougamau-Chapais qui ont besoin de parler. Chaque année, 40 personnes de la région s’enlèvent la vie. Eux, ils tentent d’améliorer les statistiques.

« Ils ont un savoir-être et une volonté de venir en aide aux autres », résume Mélanie Lapierre. Cette dernière a joint le CPS02 à titre de bénévole et de stagiaire il y a huit ans, avant de devenir intervenante au sein de l’organisme, poste qu’elle occupe depuis maintenant cinq ans. Elle est à même de témoigner de l’importance de ces gens qui oeuvrent bénévolement.

« Ils ont toute l’importance du monde pour nous. Ils sont à la source même de notre centre qui a ouvert en 1986 grâce à une belle petite équipe de bénévoles. »

Depuis 2015, les bénévoles du CPS02 sont jumelés avec des intervenants professionnels, afin de se conformer à une demande de l’ex-ministre Gaétan Barrette.

« Il voulait que ce soit uniquement des intervenants qui travaillent dans les centres, mais nous n’étions pas d’accord. Les bénévoles font fonctionner le service. Ils sont les yeux et les oreilles de la prévention du suicide à travers la population. Il n’y a que deux centres au Québec qui fonctionnent toujours avec des bénévoles et du personnel de soutien. Les autres fonctionnent uniquement avec des intervenants rémunérés », explique Mélanie Lapierre.

Plus de 40 personnes oeuvrent bénévolement au centre de prévention du suicide régional. « On a parfois jusqu’à 60 bénévoles, ça dépend des périodes de recrutement. On n’exige pas que les gens soient déjà dans le domaine de l’intervention. Beaucoup d’étudiants viennent toutefois chercher de l’expérience chez nous. »

Les volontaires reçoivent d’abord une formation de 28 heures étalée sur deux fins de semaine. « Ils apprennent à répondre à partir du moment où le téléphone sonne jusqu’au moment où ils raccrochent en s’assurant que la personne est en sécurité. Ce n’est pas une formation qu’on apprend à l’école. Ils reçoivent la même formation que les intervenants professionnels. »

Pour recruter ses précieux bénévoles, le CPS02 se rend notamment dans les cégeps et à l’université, là où des gens étudient dans le domaine d’intervention. Il organise également des rencontres dans des associations de retraités. Il collabore aussi avec le Centre d’action bénévole de Chicoutimi qui connaît bien ses besoins.

Le recrutement est parfois plus difficile. « C’est sûr que recruter des bénévoles est plus difficile pour toutes les organisations, mais ça ne compromet pas nos activités. »

Le travail des bénévoles peut sembler difficile, mais Mélanie Lapierre assure que ces derniers reçoivent aussi beaucoup.

« Ils viennent aussi chercher quelque chose de très gratifiant. Les appels finissent toujours bien. Les gens qui appellent demandent de l’aide. On travaille avec l’espoir qui est toujours en eux. Ces gens ne veulent pas mourir, ils ne veulent plus souffrir. On ne termine jamais un appel sans s’assurer que la personne est en sécurité et les intervenants sont là pour encadrer les bénévoles quand un appel les secoue plus. »

Mélanie Lapierre compare également l’équipe à une petite famille. Deux bénévoles sont là depuis 16 ans, d’autres depuis 10, 12 ou 6 ans. « Les gens restent. On devient amis, on organise des activités, on leur offre des cadeaux. Il y a aussi beaucoup de liens intergénérationnels. »

Mélanie Lapierre, intervenante au Centre de prévention du suicide 02, souligne l’importance des bénévoles au sein de l’organisme.

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POUR DEVENIR BÉNÉVOLE

Les personnes intéressées à devenir bénévoles ou à en apprendre davantage sur le centre peuvent communiquer avec Mélanie Lapierre au 418 545-9110 poste 2235, visiter la page Facebook Centre de prévention du suicide du SLSJ - CPS 02 ou encore le www.cps02.org.