Mère de trois enfants, Josée Gagnon est revenue au Saguenay il y a maintenant 14 ans, où elle mène un rythme de vie qui la comble.

Josée Gagnon et les Clowns thérapeutiques: catalyseurs d’émotions

Comédienne professionnelle, Josée Gagnon est la personnalité du mois. Passionnée et entière dans tout ce qu’elle entreprend, elle est la cofondatrice de Clowns thérapeutiques Saguenay, qui célèbre ses 10 ans d’expérience, en plus d’entretenir sa passion pour les arts de la scène.

Il y a 14 ans, Josée Gagnon a quitté Montréal pour revenir s’installer dans la région, afin d’élever ses enfants et vivre son métier de comédienne autrement. Après tout ce chemin parcouru, la Jonquiéroise est toujours demeurée impliquée, notamment en fondant Clowns thérapeutiques Saguenay avec sa bonne amie Moïra Scheffer-Pineault, en 2007.

Dix ans plus tard, l’organisme est doté d’une belle crédibilité au sein de la communauté et du corps professoral de la santé. La clientèle, jeune ou moins jeune, a appris à connaître et surtout, à apprécier les services des Clowns thérapeutiques, spécialisés dans le soutien moral envers les personnes bénéficiant de soins. Si les mots clown, rire et blague font partie du même champ lexical, la mission de Clowns thérapeutiques Saguenay n’est pas de mettre des lunettes roses aux patients et familles qui traversent des moments éprouvants.

« C’est vraiment de voir ce que la personne qu’on rencontre a besoin d’exprimer », explique Josée Gagnon, comédienne professionnelle, mais avant tout, mère de trois enfants.
« Si c’est de la colère, on va aller au bout de ce sentiment, poursuit l’artiste, exilée pendant 12 ans dans la métropole. Le clown, lui, peut se permettre d’aller au bout de tout. L’idée n’est pas faire rire à tout coup, mais d’aller chercher les émotions, quels qu’elles soient. »

Humanisation des soins

Clowns thérapeutiques Saguenay n’est peut-être pas à l’origine d’un tournant, mais il en est certainement un acteur de premier plan. En mai dernier, Josée Gagnon et Moïra Scheffer-Pineault participaient au congrès annuel du Réseau de soins palliatifs du Québec.

Invité par les professionnels de la santé, le duo a été appelé à présenter une conférence portant sur la mission et les services offerts par Clowns thérapeutiques Saguenay.

« On se demandait un peu ce qu’on allait faire là, que personne n’allait être intéressé, mais au contraire, on a eu droit à la plus grande salle, c’était plein à craquer, se souvient Josée Gagnon. Ça a finalement été un immense succès. Les gens ont pleuré, ils nous ont applaudis et ils ne voulaient plus partir ! »

Ce succès inattendu a permis à la comédienne de faire un important constat.

« Ça dénote à quel point on est dans un tournant au niveau de la santé, porté sur l’humanisation des soins, souligne Mme Gagnon. On en parle et il y a plein de professionnels qui veulent entrer en contact avec leurs patients parce qu’ils comprennent l’importance du rapport humain, mais plusieurs ne savent pas comment.

« Avant de mourir, il y a quelque chose qu’on peut débloquer chez une personne. Pour nous, c’est notre plus grande réussite. »

Même si Clowns thérapeutiques Saguenay fait du bruit à l’extérieur de la région, il n’est pas question d’expansion ailleurs au Québec pour les deux fondatrices. Toutefois, le service fera son entrée à l’unité pédiatrique de l’hôpital d’Alma au cours de l’automne. « On est des mères de famille avant tout, et ce qu’on veut, c’est de faire du bien dans notre communauté et on croit en notre région, met en relief Josée Gagnon. On fait ça dans notre coin et on veut aussi s’occuper de nos enfants et de nos familles. Prendre soin de tout le monde, mais pas des nôtres, ça serait un peu étrange. »


Avant de mourir, il y a quelque chose qu’on peut débloquer chez une personne. Pour nous, c’est notre plus grande réussite.
Josée Gagnon

La flamme brûle toujours

Comblée dans ce qu’elle accomplit avec son équipe des Clowns thérapeutiques Saguenay, Josée Gagnon garde sa passion pour la scène bien vivante en enchaînant les différents projets.

La comédienne vient de débuter une série de 12 représentations de la création Moule Robert ou l’éducation comique, une production du Théâtre La Rubrique composée de sept comédiens locaux. La pièce est présentée à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, entre le 4 et le 21 octobre.

« On a un ‘‘show’’ hallucinant et il faut vraiment inviter les gens à venir nous voir, lance Josée Gagnon avec enthousiasme. Sérieusement, on est vraiment content et c’est une pièce hyper moderne, avec une signature, un éclairage et des textes très contemporains. » Un autre projet auquel a participé l’artiste régionale a également reçu une belle dose d’amour de la part du public. Le long-métrage Tadoussac, mettant en vedette Camille Mongeau et Isabelle Blais, a reçu le prix du public au Festival de Namur, en Belgique. Le film raconte l’histoire d’une jeune adulte habitant à Montréal qui décide de quitter vers Tadoussac à la recherche de ses racines.

« Elle va apprendre beaucoup de choses et ça va remettre sa vie sur les rails », exprime Josée Gagnon.
Une chose est sûre, cette dernière n’arrête pas une seconde. Elle est ravie de pouvoir élever sa petite famille dans son patelin, tout en faisant ce qu’elle aime. Ou plutôt, ce qu’elle adore.

« Je fais du théâtre avec à peu près toutes les compagnies de théâtre de la région », indique Josée Gagnon, animée d’une grande passion pour les arts de la scène.