La passion de Jean Delisle pour le tennis l’a amené à organiser des tournois d’envergure provinciale, nationale et internationale dans la région, principalement au Saguenay.

Jean Delisle, le grand manitou du tennis

La passion de Jean Delisle pour le tennis l’a amené à organiser des tournois prestigieux dans la région depuis quatre décennies. Avec son équipe, il vient de clore la 13e édition du Challenger Banque Nationale de Saguenay qui attire l’élite du tennis féminin et ses étoiles montantes. Président du comité organisateur du Challenger, Jean Delisle est la personnalité du mois d’octobre Radio-Canada – Le Progrès.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean Delisle fait partie des grands manitous du tennis depuis les années 70. « C’est ma folie. Il faut bien que je l’admette, convient-il en riant. Ça fait 40 ans que j’organise des tournois ! »

Président du comité organisateur du Challenger Banque Nationale de Saguenay, Jean Delisle vient de clore une 13e édition de ce tournoi qui attire l’élite internationale et les étoiles montantes du tennis féminin. À 77 ans, il fait partie des organisateurs chevronnés de tournois de tennis d’envergure régionale, provinciale, nationale et internationale tenus dans la région.

Né à Port-Alfred, Jean Delisle a grandi à proximité d’un terrain de tennis. « On demeurait à côté du Palais municipal où il y avait deux terrains de tennis extérieur. J’ai commencé à jouer là vers l’âge de huit ou neuf ans. » Après un séjour de trois ans à Sainte-Anne-de-Beaupré, il est revenu poursuivre ses études au Séminaire de Chicoutimi où il a continué de croiser la raquette contre les bons joueurs d’ici, dont Jean-Claude Basque, Michel Dufour, etc.

« J’ai commencé à m’impliquer vraiment quand les terrains de tennis situés à côté de l’hôtel de ville de Chicoutimi ont disparu. C’était là que se tenait l’Omnium régional, un tournoi qui existait depuis longtemps. Dans les années 70, on l’a remplacé par l’Omnium Wells qui était commandité par Gilles Carrier », raconte le retraité de l’enseignement en français et latin du Séminaire de Chicoutimi.

Après avoir oeuvré au sein de l’organisation de la Finale provinciale des Jeux du Québec de Chicoutimi de 1972, il s’est aussi impliqué dans la bonne marche du club de tennis La Bulle, sur la rue Dréan à Chicoutimi, et de l’ancien Club de racquetball et de tennis de Chicoutimi (CRTC) qui abrite maintenant l’usine de la Voie Maltée.

Tournois d’envergure

La région a vraiment été privilégiée dans la tenue de tournois d’envergure en tennis. Les années 80 ont été particulièrement florissantes. En compagnie de Michel Dufour et Michel Martin, M. Delisle a obtenu la présentation d’étapes de la Coupe Alcan. Avec leurs contacts, le trio avait convaincu André Massé d’Alcan de commanditer l’événement et ils avaient pu compter sur l’appui de Richard Legendre qui était à Tennis Canada.

« C’était un circuit qui avait une tranche à Alma, une à Québec et le Grand Prix était disputé à Chicoutimi, se souvient M. Delisle. « C’était du très gros calibre. Ça se jouait sur les trois terrains en terre battue du parc Rosaire-Gauthier. Les meilleurs Canadiens étaient tous là : Glenn Michibata, Stéphane Bonneau, Martin Laurendeau, etc. J’en ai hébergé plusieurs chez nous. »

Saguenay a aussi accueilli la Petite Coupe Alcan, aussi appelée le Grand Prix Pepsi et le tournoi Coca-Cola, un tournoi provincial qui est un peu l’équivalent du Championnat québécois des 14 ans et moins. « Mais en plus gros parce qu’il y avait plusieurs catégories. Encore là, c’est nous qui avons été les instigateurs de remises de bourses aux gagnants dans les années 85. Notre plus haut fait d’armes de ces tournois, ç’a été l’obtention d’un championnat canadien junior. C’était fort le tennis à ce moment-là et ça venait de partout au Canada. On avait réussi à convaincre Tennis Canada pour obtenir une sorte de passe-droit qui faisait en sorte qu’on donnait le double de points. C’était un incitatif parce qu’on savait qu’on restait loin. »

Saguenay peut aussi se targuer d’avoir été l’une des rares villes du Québec à avoir présenté la Coupe Davis. Dans les années 1980, Chicoutimi avait été l’hôte des duels entre les Caraïbes et le Canada. « Ça avait eu lieu au Centre Georges-Vézina sur des installations qui laissaient à désirer. Puis, ça avait été le Mexique contre le Canada au parc Rosaire-Gauthier et là, c’était quelque chose ! À l’époque, c’était à l’extérieur, sur terre battue, dans les grosses chaleurs. »

Avec autant d’expertise, pas étonnant que Tennis Canada lui ait proposé de tenir le Challenger Banque Nationale à Saguenay. La première édition a eu lieu en 2006 et n’a cessé de croître depuis, passant d’un tournoi de 25 000 $ US à 60 000 $ US.

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TOUJOURS BIEN ENTOURÉ DANS SES PROJETS

Les contacts et l’entourage de Jean Delisle ont largement contribué à l’obtention de prestigieux tournois de tennis au Saguenay. Encore aujourd’hui, il n’hésite pas à partager le succès de ces événements avec les membres des comités organisateurs, les bénévoles et ses proches qui l’ont toujours appuyé dans ses projets. Et bien sûr, les spectateurs qui répondent à l’invitation.

« Si (ma fille) Caroline (pro au CTIS) n’avait pas été là, peut-être que j’aurais mis moins de zèle », avoue en entrevue celui qui pensait avoir pris sa retraite avant l’offre de Tennis Canada pour le Challenger féminin. Confiant, il a décidé de relever le défi et convaincu d’autres passionnés d’embarquer dans l’aventure. 

« Je savais aussi que je pouvais me fier à Caroline et Jean-Arnaud Poirel, mais il fallait en trouver d’autres. Mais on était quand même épaulés par Tennis Canada et Alain Beaupré au début. »

Depuis la première édition, M. Delisle peut compter sur les membres fidèles et dévoués de son comité organisateur dont la majorité y oeuvre depuis le tout début. « Ma plus grande réussite, c’est peut-être le comité, avance-t-il. Ce sont des gens dynamiques, tellement que je n’ai pas besoin de leur dire quoi faire ; ils le savent et ils le font. » Une centaine de bénévoles gravite autour de ces piliers.

Comme tout événement d’envergure, le financement est le nerf de la guerre. Outre le gouvernement du Québec et Saguenay, incluant Promotion Saguenay, M. Delisle peut compter sur l’appui de commanditaires régionaux.