Jérémy Diotte et Jérémy Fortin ont complété un diplôme d’études collégiales en sciences humaines, profil Économie et gestion, au Cégep de Chicoutimi.

Diotte et Fortin parmi l’exception

Sans trop s’en rendre compte, Jérémy Diotte et Jérémy Fortin ont réussi ce que bien peu d’étudiants-athlètes ont réussi à faire. En l’espace de trois ans, les deux joueurs des Saguenéens de Chicoutimi ont complété leur formation préuniversitaire au Cégep de Chicoutimi. Tout ça en même temps qu’ils vivaient leur rêve de hockeyeur.

Les deux Jérémy viennent d’obtenir leur diplôme d’études collégiales (DEC) en sciences humaines, profil Économie et gestion. Parmi les 15 joueurs des Sags inscrits au cégep en 2018-2019, Diotte et Fortin sont les deux seuls diplômés.

« On a mis les efforts pour réussir donc on ne voit pas ça comme un exploit. Si tu mets la main à la pâte, ça va finir par payer », met en relief Jérémy Diotte.

Les deux coéquipiers ont amorcé leur parcours collégial à l’automne 2016, et un an plus tard, ils se joignaient aux Saguenéens. Ils ont alors découvert toutes les commodités qu’offrait la formation de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, dont le programme d’encadrement scolaire est supervisé par Joanne Leblanc, une enseignante en économie à la retraite.

« Les Sags nous ont vraiment aidés, convient Jérémy Fortin. L’équipe, à commencer par Joanne, est tellement sur la coche que ça devient quasiment un suivi personnel avec chaque joueur. Les Saguenéens y sont pour beaucoup là-dedans et on en est conscients. »

Cette réussite académique a tout de même demandé une discipline pour les deux jeunes hommes, qui ont accepté de faire les compromis nécessaires, notamment pendant les nombreux voyages sur la route qui viennent avec la vie d’un joueur de hockey junior. Ils ont également suivi des cours d’été, payés par l’équipe.

« Ça serait facile de jouer aux cartes dans l’autobus ou écouter un film, mais quand tu aimes étudier, ça devient plus facile », souligne Jérémy Diotte, inscrit en administration et finances à l’Université de Sherbrooke, si jamais il ne revient pas dans la LHJMQ comme joueur de 20 ans la saison prochaine

« Jérémy et moi étions assis côte à côte dans l’autobus, donc on s’aidait mutuellement », ajoute Jérémy Fortin, qui aimerait poursuivre des études en droit.

Des ambassadeurs

Alors que les joueurs ayant accumulé des tonnes de points sont les têtes d’affiche des équipes de hockey, Jérémy Diotte et Jérémy Fortin vont devenir, de par leurs résultats académiques, des modèles chez les Sags pour les années à venir. Pour démontrer l’importance des succès des deux Jérémy à l’école, les Saguenéens ont préparé une vidéo mettant en vedette les finissants. La séquence sera remise à chacun des nouveaux joueurs sélectionnés par l’équipe, le 8 juin, au repêchage de la LHJMQ à Québec.

« Les joueurs sont souvent mis à l’avant-plan en raison de leurs performances sur la glace, mais ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir bien fait à l’école également, soutient Jérémy Diotte. Ça peut être flatteur de servir d’inspiration et de prouver que c’est possible de finir un DEC durant un stage junior. »

Selon les plus récentes données de l’Alliance Sports-Études, fournies par la conseillère pédagogique des Saguenéens Joanne Leblanc, 13,3 % des 44 nouveaux étudiants de la cohorte 2015 dans la LHJMQ ont obtenu un diplôme en trois ans, c’est-à-dire à la fin de la session printemps 2018.

Mme Leblanc précise toutefois qu’il est fort probable que d’autres d’étudiants-athlètes ont complété leur parcours préuniversitaire en quatre ou cinq ans.

Qui plus est, un étudiant « normal », qui ne pratique pas un sport d’élite en même temps que ses études, prend en moyenne 2,4 ans pour compléter son DEC préuniversitaire.

« Ce qu’on veut démontrer, c’est que oui, c’est possible de concilier le sport et les études, si tu as la volonté de le faire, d’autant plus que l’organisation met toutes les ressources pédagogiques à la disposition des joueurs. Ça se fait, mais ça exige une bonne organisation de travail », indique Joanne Leblanc.